dimanche 6 janvier 2013

Philippe Besson : "L'arrière-saison" (Nighthawks/Hopper)

***** Réf géographique : France/Etats-Unis (2002) - Genre : Variation romanesque autour d'un tableau d'Edward Hopper (Ed. Pocket, 191p)

Ce n'est qu'après avoir visité l'expo Hopper au Grand Palais que j'ai découvert ce roman de Philippe Besson, inspiré du fameux tableau Nighthawks ("Les rôdeurs de la nuit" ou "Noctambules", 1942).
Voici comment l'auteur explique la genèse de son roman :
Au commencement, il y a cette peinture d'Edward Hopper qu'on peut voir à Chicago. J'ai dû l'apercevoir à plusieurs reprises avant de m'en procurer une reproduction, un dimanche d'ennui. Quand je l'ai installée dans mon appartement, elle m'a semblé curieusement familière. Du coup, je ne lui ai pas vraiment prêté attention. Elle a traîné, pendant plusieurs jours, dans son cadre posé contre un mur, à même le parquet (du reste, elle y est encore). Un soir, sans intention particulière, j'ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d'un café nommé Phillies, entourée de trois hommes. Je me suis souvenu aussi de la passion de Hopper pour les paysages de la Nouvelle-Angleterre. Alors, ça s'est imposé à moi, sans que j'aie rien cherché. J'ai eu l'envie impérieuse de raconter l'histoire de la femme à la robe rouge, et des trois hommes autour d'elle, et d'un café à Cape Cod. Oui, cela a été clair en un instant. (Philippe Besson)

J'ai apprécié ce livre grâce au tableau de Hopper : si je n'avais eu le repère de ce tableau, je me serais peut-être ennuyée.
Ce ne doit pas être aisé de tisser un roman autour d'un tableau. Forcément, l'auteur use et abuse de détails, de réflexions, de périphrases, pour parvenir à meubler quelques instants du tableau (un instantané).
Et il lui faut faire durer le récit sur au moins une centaine de pages, ce qui implique un huis-clos, dans ce café, aux scènes très longues, aux pensées des quelques (4) protagonistes  étirées au maximum et puisant à foison dans les souvenirs, aux descriptions du temps, du mobilier, des moeurs de la région très détaillées également.
Mais je pense que c'est le procédé incontournable pour bâtir un roman à partir d'une oeuvre figée en peinture... Cela me fait penser à un exercice de style intéressant pour étudiants.
Cela dit, peut-être que le choix de Philippe Besson de construire un récit très lent, articulé autour de phrases allongées et d'expressions souvent redondantes, et axé sur une histoire d'amour "ancienne" et un peu éculée, pourrait forcer l'ennui de certains lecteurs. 
Le roman :
Nous découvrons ainsi Louise Cooper, la jolie rousse à la robe rouge, élégante, dans la vie auteur de pièces de théâtre à succès. La 1e phrase du roman la met ainsi en scène :


"Donc, au début, elle sourit. C’est un sourire discret, presque imperceptible, de ceux qui se forment sur le visage parfois, sans qu’on le décide, qui surgissent sans qu’on les commande, qui ne semblent reliés à rien en particulier, qu’on ne saurait pas forcément expliquer. Voilà, c’est un sourire de presque rien, qui pourrait être le signal du bonheur."
Louise habite près de cette station balnéaire huppée de Cape Cod, non loin de Boston. Elle n'est plus toute jeune, 35 ans environ, célibataire toujours, sans enfant. Chaque soir, elle prend place au café Phillies, où Ben le serveur lui sert son Martini (sur le tableau, Louise est attablée devant un café).
"(…) Louise est entrée pour la 1e fois chez Phillies le jour exact où Ben y entamait sa carrière de serveur, il y a 9 ans de ça maintenant. Et c’est ainsi, il est toujours là, derrière son comptoir, qu’il astique mécaniquement avec un chiffon humide ; elle, elle vient toujours, avec la même régularité, dans ce café, qui est devenu son repaire autant que son repère. (…)Même sa robe rouge, il la connaît par cœur. Non qu’il la remarque souvent sur elle mais elle l’a achetée il y a longtemps déjà et elle la porte dans les occasions importantes ou quand elle a envie de plaire." (p13)
Il m'a fallu un certain temps pour déterminer si l'histoire que brodait P. Besson autour de ce tableau était contemporaine à la date du tableau (1942) ou non. Le 1er détail qui m'a orientée (et un peu perturbée !) fut la description du T.shirt que porte le voisin de Louise, alors que le tableau le montre chemisé/cravaté et coiffé d'un chapeau. Le 2e détail, imparable, ce fut quand Louise sortit son... téléphone portable. La 2e liberté que semble s'être accordée l'auteur concerne le lieu : Cape Cod en fin d'après-midi (où avaient certes l'habitude de séjourner le peintre Edward Hopper et sa femme) alors que le tableau dépeint un café de New York, la nuit tombée.
Revenons à Louise, qui :
"D’un regard long, elle embrasse le territoire du café, histoire de songer à autre chose, de se débarrasser de ses obsessions, de ses pressentiments. Pas grand-chose à contempler : comme à l’habitude, le dimanche soir, le café est désert. Juste Ben et elle. Et la lumière par la baie vitrée, la belle lumière de septembre." (p.15)
Louise se remet du rouge à lèvres, sirote son Martini, elle tue le temps, car elle attend un appel de son amant Norman qui a promis de quitter son épouse et ses enfants pour vivre avec elle et doit la rejoindre chez Phillies… C'est alors qu'arrive au café un homme, qui laisse Louise et Ben stupéfiés. Louise est décontenancée : il s'agit de Stephen Townsend, qui l'a quittée 5 ans auparavant pour épouser leur meilleure amie Rachel.
"Et aussi curieux que cela puisse paraître, il n’a pas du tout été étonné lorsque, après avoir garé sa voiture le long de la corniche, il s’est approché de la baie vitrée chez Phillies et a aperçu Louise de dos, assise sur un tabouret, accoudée au bar, conversant négligemment avec Ben. (…) Il a retrouvé avec bonheur les gestes anciens du serveur en train d’essuyer ses verres mais surtout cette façon qu’a Louise de remettre du rouge sur ses lèvres." (p59)
Stephen, père de deux garçons, a récemment divorcé d'avec Rachel. Il entend reconquérir Louise, comme ça, après ces 5 années d'abandon. Il me semble prétentieux et maladroit... Mais Louise, pour sa part, se remémore autant les moments de bonheur que la souffrance qui s'ensuivit. C'est un peu un dialogue de sourds qui se noue entre eux, avec Ben comme témoin mal à l'aise, et un client qui détone dans ce roman : un pêcheur rustre fidèle buveur de bières (qui ne colle pas du tout au personnage dépeint sur le tableau, en costume et chapeau).
"C’est cela qui leur est arrivé : plus personne pour les attendre. Ils sont seuls, comme ne le sont que les vieillards. Ils ont le regard hagard de solitude. Ils ont le souffle court des épuisés. Ils ont les gestes ralentis des plus démunis. Ils s’abritent dans un café improbable à l’extrémité d’un continent. Ils égrènent leur vie comme d’autres des prières en roulant leur chapelet entre leurs doigts osseux. Ils sont parvenus au terme de quelque chose, sans être en mesure de discerner encore ce qui pourrait commencer pour eux. Ils se sont égarés." (p154)
Alors la fin de cette histoire ? Elle est en accord parfait avec le déroulé lent, hésitant, les pensées intimes à l'infini, l'incertitude... l'attente, le thème de prédilection d'Edward Hopper : "Il est beaucoup trop tôt pour s’engager sur quoi que ce soit. L’important, c’est l’instant, sa fragilité et son intensité." (p185)

L'inspiration à l'origine du tableau de Hopper :
Le tableau Nighthawks de Hopper lui a été inspiré par la nouvelle d'Ernest Hemingway : "The Killers" (1927) qui se déroule dans la ville de Summit. Extraits :


"The door of Henry’s lunchrom opened and two men came in. They sat down at the counter."

(...) What do you do here nights? Al asked.
They eat the dinner, his friend said. They all come here and eat the big dinner.

(...) He didn’t look at Georges but looked in the mirror that ran along back of the counter. Henry’s had been made over from a saloon into a lunch-counter.

De cette même nouvelle fut adapté le film noir Les tueurs réalisé par Robert Siodmak en 1946, avec Burt Lancaster, Edmond O'Brien et Ava Gardner.  Le film (sublime...) en N&B s'inspire lui-aussi du tableau de Hopper : même café avec la grande fenêtre, le comptoir, le serveur...

Synopsis du film (bien plus d'action - et de violence - que le roman de P. Besson, mais c'est un autre genre ! et cela explique peut-être pourquoi Besson ne pouvait reproduire une histoire similaire) : "Deux tueurs débarquent un soir dans un restaurant d'une paisible commune du New Jersey, à la recherche du « Suédois », le pompiste de la station-service voisine...".

Voir le billet sur l'expo Hopper...

jeudi 3 janvier 2013

SCORPIONS, Still Loving You, Holiday - live 2012

Time, it needs time...
Still Loving You  (Love at First Sting, 1984) : 1ere chanson en rappel du concert de Scorpions, au Zenith d'Orléans le mardi 27 novembre 2012...
Sur fond de lumières bleu/rouge/violet.
Video de Still Loving You
Scorpions : Rudi et Matthias (Orleans 2012)
super complicité
Time, it needs time
To win back your love again
I will be there, I will be there
Love, only love -  Can bring back your love someday
I will be there, I will be there

I'll fight, babe, I'll fight -  To win back your love again
I will be there, I will be there
Love, only love -  Can break down the wall someday
I will be there, I will be there
If we'd go again All the way from the start
I would try to change - The things that killed our love
Your pride has built a wall, so strong -That I can't get through
Is there really no chance - To start once again
I'm loving you

Scorpions : Klaus, Matthias, Rudi et Pawel (Orleans 2012)
Try, baby try -  To trust in my love again
I will be there, I will be there

Love, our love -  Just shouldn't be thrown away
I will be there, I will be there
 If we'd go again All the way from the start
I would try to change - The things that killed our love
Yes, I've hurt your pride, and I know - What you've been through
You should give me a chance - This can't be the end
I'm still loving you
I'm still loving you, I need your love -  I'm still loving you



Still loving you et Wind of change en rappel.
En milieu de concert, Send me an Angel (Crazy World, 1990),  joué en 8e morceau, tout en jeux de lumière roses et bordeaux, chanson qui fut suivie de Holiday : deux slows qui ont mis le public In Trance !

Scorpions : Send me an Angel (Orleans, 2012)
HOLIDAY (Lovedrive, 1979) jouée en 9e morceau du concert, sur fond de lumières jaunes et vertes... et le public qui chante à fond. et bibi aussi. Et panne de batterie au début, avec changement ultrarapide comme je l'ai jamais fait, matter of life !
Video de Holiday

Let me take far away, youd' like a holiday...
Scorpions : Holiday
Exchange the cold days for the sun
A good time and fun
Let me take far away, youd' like a holiday...

Exchange your troubles for some love

Wherever you are

Let me take far away, youd' like a holiday... Longing for the sun you will come
To the island without name
Longing for the sun be welcome
On the island many miles away from home
Be welcome on the island without name
Longing for the sun you will come
To the island many miles away from home...


 Ah quel concert requinquant, une vraie cure de bonheur...




--> les autres billets du concert fabuleux de Scorpions, Orléans 2012 :

--> voir la suite de la rubrique "musique" du blog

mardi 1 janvier 2013

Mon jardin au 1er jour de l'année

1er janvier 2013, jour de l'An... 9° ce matin et joli soleil au sud de Paris.
Pas de neige, pas de grands frimas, pas vraiment d'hiver. J'ai aperçu 6 insectes (une mouche, un syrphe, une sorte de mini-araignée que je dois absolument identifier, et 3 coccinelles calfeutrées sous leur pot).
Et déjà ou même encore des fleurs, que des fleurs jaunes sauf l'hellébore blanche et des primevères violettes.

Une coreopsis verticillata jaune est en fleur (ce sont des semis sauvages, que je laisse s'installer où bon leur chante) : celle-ci pousse dans une jardinière près de la décoration faîtière récupérée de la maison de famille seine-et-marnaise.

L'arbuste "Medicago arborea" (Luzerne arborescente) montre aussi quelques fleurs jaunes. C'est un arbuste au feuillage persistant bleuté, qui se ressème partout dans le jardin, et dont je repique souvent les jeunes pousses. Aucun entretien, plusieurs floraisons, au printemps et en automne, il est entièrement couvert de fleurs jaunes...

Les touffes d'euphorbes sont devenues très imposantes... Mais quelle splendeur dans un jardin en hiver...

La perle du jardin en hiver : la rose de Noël ou hellébore.
 
J'en avais déjà une en pleine terre qui fleurit vers février/mars, et qui pointe ses fleurs et feuilles à travers la neige.

Cette année, hiver clément, mon hellébore a quand mêmes une fleur et plusieurs boutons se préparent...

mais elle est agressée par les escargots et limaces (bigre, en plein hiver quand même...).

La veille du réveillon, je me suis fait un plaisir : j'en ai acheté trois potées chez le petit pépiniériste de Draveil : des merveilles à 15€ le pied.



Les sedums, toujours vaillants ! 

Ces choux sont plantés dans une petite marmite en fonte et s'y plaisent bien.
Les achillées sont plus que fanées, j'ai laissé quelques têtes pour animer le jardin, ici une fleur fanée qui conte fleurette à une marguerite ou un dahlia en tissu.


Le mahonia prépare ses boutons floraux : en hiver il va nous régaler de ses superbes inflorescences jaune vif.

C'est aussi un très joli arbuste au feuillage persistant (dentelé un peu comme le houx mais sans vraiment piquer).
J'en ai un peu partout dans le jardin.
Certains pieds de mahonias meurent de je ne sais quoi mais tant d'autres apparaissent spontanément que la population est stable.
 

Ci-contre, petite vue d'ensemble de ma bordure de devant (hélas entourée de grillages pour cause de chien ravageur), et plantée ça et là de tuteurs décorés de bouteilles ou objets en verre bleu vif.


On aperçoit dans la plate-bande la grosse touffe de géranium sanguin, des pieds de rose trémière, de coréopsis jaunes, de giroflées, une primevère violette en fleur, de la camomille sauvage, des heuchères, des tiges de muscaris un peu précoces...

Cela fait un peu brouillon, vu comme ça sans les fleurs, mais voir toute cette verdure en plein hiver, le jour de l'An, ça sent si bizarrement le printemps...
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lundi 31 décembre 2012

David Foenkinos : "Nos séparations" (bof)

***** France (2008) - Genre : JH en perpétuelle instance de séparation
Vite lu, lecture facile. Pour le reste, une histoire bien résumée par la 4e de couverture :
"Alice et Fritz s'aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons: la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d'enfance, deux Polonais comme toujours, les cheveux et les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sûr."

Voilà, lecture légère, quelques bons mots, bien aimé le job de rédacteur pour le Larousse du personnage principal, Fritz. 
Sinon, déjà oublié le titre du bouquin, et sa couverture insipide... C'est tout dire. Pas le genre de livre que j'offrirais, au contraire de romans (français) qui m'ont vraiment marquée comme Naissance d'un pont, Les déferlantes, Le froid modifie la trajectoire des poissons, Une année étrangère, Le cas Sneijder, Un brillant avenir, La chambre sourde, Nitchevo, C'était notre terre, Ensemble c'est tout, L'élégance du hérisson... et que je peux offrir à tout va !
Pas sûre, donc, d'avoir envie de me précipiter sur La délicatesse... (Ed. Folio, 218 p.)

Retrouvez les autres avis ou chroniques de lectures de ce blog en cliquant sur : AUTEURS CITES

dimanche 30 décembre 2012

Deon Meyer : "A la trace"

***** Réf. géographique : Afrique du Sud / Zimbabwe - Genre : Polar multijoueurs sur l'Afrique du Sud sur fond de crime local et terrorisme international (Ed. du Seuil, 725 p.)
Dévoré en un rien de temps le dernier pavé de 725 pages du sud-africain Deon Meyer, un de mes chouchous.
A la trace est son 7e livre, et pour la 1e fois, des personnages de ses romans précédents se trouvent réunis dans ce récit qui se découpe en 4 « livres ».
Mais droit au but : pas son meilleur roman... car le récit-puzzle comportait trop de pièces difficiles à emboîter, censées se rejoindre et nous illuminer à la fin... sauf que la fin nous a été servie très tard et très vite, en fait trop tard et trop vite : je suis restée sur ma faim !

Conclusion (pour les amis pressés):
Un pavé que les fans de Deon Meyer liront de toutes façons, à vitesse grand V (comme bibi, on ne peut faire autrement, we are bound, c'est dear Deon...), mais qui laissera moins de traces que le précédent polar "13 heures"...
Toutefois, ce livre reste un exceptionnel documentaire sur l'Afrique du Sud actuelle, les dessous de la politique, l'administration (au travers du prisme de la police) qui essaie toujours de trouver sa place entre agents noirs, métis et blancs. La richesse (de mes séjours, je retiens ce qui est obligatoire dans les descriptions de D. Meyer : les barbelés et systèmes de videosurveillance dans les quartiers huppés - la jungle un peu ailleurs) côtoyant la misère et la violence des gangs, et fait nouveau dans l'oeuvre de Meyer : l'intégration de l'Afrique du Sud dans le périmètre international, les ramifications d'Al Qaida, la surveillance des eaux internationales et la subordination honnie au Big Brother US...
Et ce qui m'a passionnée : la description de la construction des itinéraires de bus, le contrôle aléatoire de ces routes (nombre de passagers et durée de chaque arrêt, incidents aux croisements, virages pris trop vite impliquant de griller un feu rouge...). J'ai trouvé cet univers inédit fort instructif, et j'imagine la dose de recherches pour inclure cela très fluidement dans le récit.

Les personnages :
- Il y a Lemmer, l’ancien garde du corps (cf. Lemmer l’invisible, 2006), qui accepte d’escorter 2 rhinocéros noirs depuis la frontière du Zimbabwe jusqu’au parc national du Karoo. Il croise ainsi la route de la mystérieuse pisteuse/vétérinaire Flea, un personnage qui ne m’a cependant pas accroché. Elle lui dérobe son Glock et malheur, ça en fait des histoires et des morts...
- Mat Joubert, le policier aujourd’hui passé détective privé (Jusqu’au dernier /1999), qui doit retrouver le mari disparu d’une jeune femme (travailleuse et « nissan »), un mari supposé modèle qui coordonnait partie des itinéraires de bus de la ville du Cap…
- on entr’aperçoit aussi son ancien collègue flic alcoolique Benny Griessel, (13 heures /2010, Le pic du diable /2007).
- au cœur du récit, nous sympathisons avec Milla Stracchan, cette quadra, mère au foyer trompée par son mari violent et primaire et malmenée par son fiston méprisant, qui a claqué la porte de sa demeure protégée de la banlieue résidentielle et trouvé un poste de documentaliste au sein de l’Agence présidentielle du renseignement.
Milla tient son journal intime, reprend ses cours de danse, tombe amoureuse de Lucas, un homme dont elle a été chargée de constituer le profil pour l’agence ! Eh oui, Lucas est beau, sympathique, baroudeur, bardé de diplômes en archéologie, agronomie et, en plus, ancien instructeur de plongée militaire ! (Indiana Jones, quoi).

L’action, qui nous transporte du Karoo à la ville du Cap, se déroule en septembre 2009 - un an avant la coupe du monde de foot, l'Afrique du Sud est déjà sous les projecteurs internationaux : saura-t-elle être à la mesure de cet enjeu en termes d'organisation mais surtout de sécurité ?
Le fil conducteur du récit, si j'ai bien suivi, c'est Milla, l'ex -femme au foyer reconvertie en apprentie espionne, naïve et sympathique. Elle découvre enfin l'amour avec Lucas, le bel ex-archéologue à qui il est arrivé une mésaventure colossale : à peine rentre-t-il de baroudages de tous les endroits chauds de la terre, qu'il se fait braquer et voler ses économies par un gang de noirs ultra violents à la solde d'un groupe islamiste.
Et très naïvement, Lucas se met en tête de filer le gang qui lui a volé ses économies (mais en passant d’où il tient ce butin de plusieurs millions de rands ?), à lui seul… Et bientôt notre Milla tout aussi naïve sera entraînée dans la danse. La scène de l'interception de la cargaison du cargo est l'une qui m'a le plus déçue...
Voilà, le roman met en scène des tonnes de pistes et de rebondissements : trafic de diamants pour le compte d’Al Qaida, trafic d’animaux protégés, guerre des gangs, terrorisme international, relations diplomatiques compliquées entre les EU et l’Afrique du Sud, émancipation de la femme, conscience policière, police publique et agences privées, mariage modèle, fonctionnement d’une compagnie de bus...
 
Le découpage en 4 parties oblige le lecteur à essayer d’assembler les pièces d’un puzzle bien compliqué, au risque de laisser de côté l’intrigue et les personnages d’un premier livre pour embrayer sur le deuxième et les suivants…
J’avoue avoir été un moment perdue dans l’intrigue, parmi tous ces personnages (surtout les membres des gangs) et avoir vraiment eu l’impression d’entamer un nouveau roman avant d’avoir pu connaître la fin du précédent. La toute fin du roman éclaire bien évidemment le puzzle, mais comme je l'ai dit, tout ça arrive plutôt comme un cheveu sur la soupe. 
 
Extrait du journal de Milla :
"Notre vie est composée de 22000 jours en moyenne. Combien nous restent en mémoire, nommés et datés ? 10, 12 ?... Anniversaires, mariage et divorce, séparations, décès, puis quelques Grandes Premières… Les traces des autres jours s’usent peu à peu. Résultat : la vie consiste en fin de compte en l’équivalent d’un mois de jours dûment enregistrés en mémoire et d’une poignée de souvenirs non datés. Il faudrait vivre en sorte que chaque jour laisse une trace. Mais comment faire ? " (p345)

--> Voir la rubrique "polars" et les Lectures d'Afrique

jeudi 27 décembre 2012

Prendre des photos de concert avec un compact numérique

Scorpions - Matthias Jabs, Rudi Schenker
Toujours armée de mon fidèle Panasonic Lumix TZ3, j’ai testé un certain nombre de réglages parfois catastrophiques avant de trouver l’oiseau rare lors du concert des Scorpions en novembre 2012
 
(voilà pourquoi j’ai posté tant d’articles de ce concert sur le blog : c’est le 1er concert où les photos sont dignes de ce nom !
et je reconnais que le groupe irradiait de bonheur en jouant - la der des ders, leur tournée d'adieu -et du coup super photogénique.

Donc, réglage tout simple :
  • surtout pas de flash (interdit)
  • mode "scène"
  • option "lumière bougie" !!
Si les jeux d’éclairage du concert sont énormes, on peut alors choisir l’option "feu d’artifice".


Scorpions - M. Jabs, R. Schenker, P. Maciwoda





En l’absence de mode scène, on peut se rabattre sur un réglage en mode "image normale" (P), ISO élevé 800 ou 1600. La photo aura du bruit mais l’image devrait au moins être nette.
 
En cas de photos surexposées ou sous-exposées :

... certains appareils permettent de compenser l’exposition grâce au petit bouton «+/-. 

En cas d’image surexposée, appuyer sur le bouton et diminuer l’exposition jusqu’à -1 voire -2.

Si les images sont trop sombres (sous-exposées), augmenter l’exposition jusqu’à +1 ou +2.


Scorpions : Send me an Angel (Orleans 2012)
Scorpions : Klaus, Rudi et Matthias (Orleans 2012)
Bonnes photos et enjoy the show !!!
 
--> voir la rubrique "musique" du blog

lundi 24 décembre 2012

Le jardin de décembre 2012 : Noël au balcon...

Aujourd'hui, 24 décembre 2012 : veille de Noël, soleil et températures douces (13°) en région parisienne. Petit tour au jardin :
Euphorbe et camomille sauvage (03/12)

Rose (un peu fanée certes), le 24/12
ça sent le printemps, des bourgeons, et même des pousses bien parties sur les pieds des fenouils...
Quelques fleurs ici et là au jardin : roses, camomille, une giroflée, des boutons de rose trémière, le jasmin d'hiver.
Et une rose de noël (hellébore) en bouton.

Les jolies baies du houx ont été croquées par les oiseaux depuis belle lurette, restent les baies noires du chèvrefeuille.
Voici un aperçu de mon jardin en ce mois de décembre, un peu de givre au petit matin en début de mois, les feuilles sont tombées des arbres, ne reste dans le platane que ses décorations d'hiver : des guirlandes de pommes de pin qui servent également de refuge aux araignées...
Et dans tout le jardin, place en hiver aux décos de jardin : bouteilles colorées, coquillages, animaux en résine, mobiles et tuteurs en fonte etc.

Un des derniers boutons
de rose trémière (03/12)
Rose trémière (24/12)
belle comme une sculpture




Jasmin d'hiver (24/12)

Gurilandes de pommes de pin

Araignée morte pendouillant de sa pomme de pin

Petites roses de rocaille (24/12/2012)
--> voir les autres billets de ma rubrique "jardin"... et la page "jardin" du blog !


SCORPIONS : Big City Nights - Rock You like a Hurricane, live 2012


Scorpions : Big City Nights (Orleans, 2012)
De l'album Love at first Sting (1984), au concert de Scorpions le 27/11/2012 au Zénith d'Orléans, nous avons eu :

- bien sûr Big City Nights (16e titre, photos prises durant le morceau, ci-contre) et les lettres ORLEANS clignotant dans la vidéo des BCN!

- Still Loving You (1er rappel, 17e titre)

- mais aussi Rock You like a Hurricane...  évidemment (dernier morceau du concert, 19e titre) !
C'était la dernière chanson de ce concert de la tournée d'adieu The Final Sting Tour... mince, dur dur quand même. Dire qu'ils raccrochent.
 
Rock You like a Hurricane est une chanson aux paroles composées par Klaus Meine et Herman Rarebell, et je pense que le ton très "hot" des paroles traduit l'influence de Herman plus que de Klaus.
La musique est bien sûr composée par Rudi Schenker.
C'est à la fin de cette chanson que figure le titre de l'album "Love at First Sting".

Ce fut donc le dernier des 19 titres d'adieu que nous offrirent les Scorpions à ce concert d'Orléans.
Un concert fantastique, on les aime nos Rudi, Matthias et Klaus, et les jeunots aussi.
Le groupe prend sa retraite, mais Matthias est encore jeune, quelle frite sur scène ! On le verra peut-être à nouveau, si ce n'est dans sa music shop à Munich (ce sera l'occasion !), quant à Klaus et Rudi, que de bonnes choses à leur souhaiter. Et les chansons de Scorpions continueront de nous rythmer ! Long live ...
NB : Michael Schenker (le frérot) sera en tournée en France en 2013...

Video de Rock You Like a Hurricane (Orleans, 27/11/2012)


Scorpions : après Rock You Like a Hurricane
End of the show...  (Orleans, 27/11/2012)
Les mediators et les baguettes pleuvent sur le public !
Rock You like a Hurricane :
It´s early morning - The sun comes out
Last night was shaking And pretty loud
My cat is purring And scratches my skin
So what is wrong With another sin
The bitch is hungry She needs to tell
So give her inches And feed her well
More days to come New places to go
I´ve got to leave It´s time for a show
Here I am, rock you like a hurricane x 2
My body is burning It starts to shout
Desire is coming It breaks out loud
Lust is in cages Till storm breaks loose
Just have to make it With someone I choose
The night is calling I have to go
The wolf is hungry He runs the show
He´s licking his lips He´s ready to win
On the hunt tonight For love at first sting

Here I am, rock you like a hurricane...

--> Les autres billets du concert fabuleux de Scorpions, Orléans, 27/11/2012 :

--> Voir la suite de la rubrique "musique" du blog !

dimanche 23 décembre 2012

SCORPIONS : Blackout - The Zoo, live 2012 Orleans

Deux morceaux cultissimes du rock des années' 80, et sans âge car intemporels (musique ET paroles). La grande époque, incroyablement restituée sur scène lors de la tournée d'adieu des Scorpions. 

Notre CD Blackout
customisé par mes soins...
 Blackout !

Album éponyme culte de notre jeunesse, en 1982.
Une pochette cultissime aussi... (autoportrait de l'artiste Gottfried Helnwein), que je me suis plu à photographier sur un fond un peu "space" (ci-contre).
Des paroles connues par coeur, même enfouies dans la mémoire qui resurgissent spontanément en plein concert. C'est ça, la musique culte.

La surprise du concert : Rudi Schenker qui arrive sur scène pour Blackout, grimé comme la figure de la pochette ! (voir la vidéo ci-dessous)
et, quelques brefs instants, toutes les lumières s'éteignent avant que retentisse le Blackout hurlé par Klaus... et nous, et moi à fond les poumons !!!

BLACKOUT :
I realize - I missed a day
But I'm too wrecked to care anyway
I look around and see this face
What the hell have I lost my taste
Don't want to find out... Just want to cut out !
My head explodes, my ears ring
I can't remember just where I've been

The last thing that I recall - I got lost in a deep black hole
Don't want to find out... Just want to cut out !

Blackout - I really had a blackout
I grab my things and make my run
On the way out, another one
Would like to know before I stop
Did I make it or did I flop
Don't want to find out, Just want to get out -
Blackout...
Video de Blackout, Orléans, 27/11/2012 


The Zoo : une chanson composée en 1980 sur l'album Animal Magnetism destiné à séduire le public américain.
La chanson évoque donc New York et l'Amérique... le zoo quoi !

Super morceau, super paroles de Klaus Meine. Super tout.

Vidéo de The Zoo (Orleans, 27/11/2012) 
 
Et le concert nous a permis de découvrir que le bruitage si célèbre en milieu de morceau ne provient pas d'une distorsion de guitare... mais de la voix ! (en l'occurrence au concert d'Orléans, c'est Matthias Jabs qui s'y colle à merveille).
Scorpions : Rudi et Matthias / The Zoo
Quelle complicité et quelle joie de jouer
Heureux public ! Orleans, 27 novembre 2012

THE ZOO :
The job is done and I go out
Another boring day
I leave it all behind me now
So many worlds away
I meet my girl
she's dressed to kill
And all we gonna do
Is walk around to catch the thrill
On streets we call the zoo
We eat the night, we drink the time
Make our dreams come true
And hungry eyes are passing by
On streets we call the zoo
Enjoy the zoo
And walk down forty second Street
You wanna be excited too
And you will feel the heat
We eat the night, we drink the time
Make our dreams come true
And hungry eyes are passing by
On streets we call the zoo
Enjoy the zoo...


Scorpions : Make it Real












Du même album Animal Magnetism,
Scorpions a aussi joué ce soir-là Make it Real (not fantasy...)
sur fond de jeux de lumières bleus
(voir photo ci-dessus prise durant le morceau).

--> les autres billets du concert fabuleux de Scorpions, Orléans 2012 :
--> Voir aussi le reste de la rubrique "musique" du blog !

mercredi 19 décembre 2012

Yasmina Khadra : "Ce que le jour doit à la nuit"

***** Réf géographique : Algérie / France (2008)
 
Je garde un sentiment mitigé sur ce roman d'un auteur que j'apprécie depuis longtemps. Si ce livre n'avait pas été tant encensé par les critiques, peut-être l'aurais-je certainement apprécié plus aisément. Mais je suis restée sur ma faim, avec cette histoire d'un enfant à cheval sur deux familles, deux religions, deux populations qui s'entre-déchirent, puis d'un ado et d'un homme qui rate les grands rendez-vous de sa vie.
- Le style de Yasmina Khadra est particulièrement éloquent dans ce livre, voire grandiloquent par moments. Plusieurs expressions érudites m'ont fait prendre le dictionnaire, ce qui est toujours instructif, mais à la longue, j'ai trouvé cela pesant (comme le dico...) : immarcescible, succube... Mais de belles descriptions des paysages aussi, et de la poésie tout de même.
- L'histoire m'a semblé plutôt tirée par les cheveux, depuis l'exil de la famille de Younes dans les bas-fonds de Jenane Jeto, la misère, le comportement du père, le bon oncle éduqué, riche et pharmacien... le changement de vie de Younes qui devient Jonas, s'intègre comme un poisson dans l'eau à la bande de copains pieds-noirs, tombe amoureux et se fait bêtement (dans une scène peu convaincante) interdire d'approcher Emilie. Plutôt qu'une belle histoire d'amour, c'est une histoire de rendez-vous manqué, d'indécision et d'hésitations. En revanche, ce livre est un bel hymne à l'amitié entre cette bande de garçons.
- NB : J'ai été surprise de la façon dont est évoquée la deuxième guerre mondiale dans le récit : de très loin, avec un focus sur un soldat américain inintéressant (Joe... eh oui, GI Joe !).

Cela étant dit, je ne déconseille pas la lecture de ce roman, mais d'aucuns risquent de le trouver, comme ce fut mon cas, longuet, et le personnage principal... un tantinet ennuyeux.
 
📜 "Oran était une ville magnifique. Elle avait un ton singulier qui ajoutait à sa jovialité méditerranéenne un charme immarcescible. Tout ce qu’elle entreprenait lui allait comme un gant. Elle savait vivre et ne le cachait pas. Le soir, c’était magique. Après la canicule, l’air se rafraîchissait et les gens sortaient leurs chaises sur le trottoir et passaient de longues heures à bavarder autour d’un verre d’anisette. De notre véranda, nous pouvions les voir griller des cigarettes et entendre ce qu’ils se racontaient. Leurs grivoiseries sibyllines fusaient dans le noir telles des étoiles filantes et leurs rires gras roulaient jusqu’à nos pieds, pareils aux vagues qui viennent nous lécher les orteils au bord de la mer." (p97)

📜 "Un éclair illumina les ténèbres. La pluie tombait doucement. Les carreaux étaient en larmes. Je n’avais pas l’habitude de voir pleurer les vitres." (p298)
📜  "Chaque matin, j’avais hâte de retrouver la nuit pour me soustraire au chaos des jours ; chaque soir, dans mon lit, je redoutais de me réveiller au cœur des absences." (p337)
📜 "Puis je rencontrai la guerre… la guerre grandeur nature, le succube de la Mort, la concubine féconde du Malheur..." (p338)

--> voir aussi la rubrique "Lectures d'Afrique" et "Sélection de lectures d'Algérie"

dimanche 16 décembre 2012

Space Invader : et de 4 ! et du Street Art rue des Pyrénées


Rideaux de fer animés rue des Pyrénées
et les chats de C. Marker - Paris 20e
M'en allant en RV dans le 20e, rue des Pyrénées, métro Maraîchers...
Tôt le matin, les commerces sont encore fermés et les rideaux de fer abaissés : belle surprise avec des peintures hautes en couleur de chaque côté de la rue...
La même signature d'artiste, pour une société d'enregistrement avec le message : "I love it raw" (1er jour : une affiche Titeuf sur la devanture de la boulangerie voisine, 2e jour : les yeux de Maria Callas !)
Une autre d'informatique, puis une pizzeria (artiste différent)...

Et me voici empruntant la rue des Orteaux, passant sous le petit pont de chemin de fer,
et tombant en arrêt devant un superbe Space Invader infirmier...

Space Invader infirmier
rue des Orteaux

Dans la rue Courat, une peinture murale des chats de Chris Marker.


Au moment du déjeuner, j'emprunte une autre rue (rue de Vitruve) et passe sous un petit pont de la même voie ferrée :

et voilà un deuxième Space Invader qui me fait coucou ! Un jour joyeux !

Space Invader rue de Vitruve
(pont voie ferrée)

J'adore l'idée de découvrir seule à l'aveuglette ces copines mosaïques, sans avoir visualisé à l'avance les adresses des Space Invaders. Bon, je n'en suis qu'à 4, mais 4 petits moments de joie enfantine ! A mon âge (adulte,what else...), je roucoule comme une gamine à chaque découverte d'un petit Space Invader !

--> voir la rubrique "Street Art" de mon blog, et la rubrique "ART" tout court...
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