jeudi 25 août 2016

P. Constant : "Des chauves-souris, des singes et des hommes"

***** 2016 (Ed. Gallimard, 166 p.)
Incipit : "Olympe pleurait. Les garçons ne voulaient pas d'elle."
Ce roman de Paule Constant est l'une de mes plus belles découvertes de cette année. J'ai souvent pensé en le lisant au roman "Notre-Dame du Nil" de Scholastique Mukasonga (Rwanda), dont les thèmes sont absolument distincts, mais qui tous deux m'ont marquée par leur approche particulière du sujet et le style d'écriture.

Initialement, j'avais été attirée par le titre peu banal du livre de Paule Constant : "Des chauves-souris, des singes et des hommes"... Puis j'ai appris que le thème du roman était la propagation du virus Ebola, raconté sous forme de fable. Je me suis bien demandé à quoi tout cela pouvait ressembler. 

J'ai été conquise par ce livre qui aborde énormément de sujets de fond en filigrane : l'histoire bien sûr, le passé colonial évoqué ici et là, les ressources naturelles qui s'appauvrissent, la culture de l'hévéa et les saigneurs de caoutchouc, la présence chinoise (évoquée par la seule mention d'un paiement en yuan...), la mondialisation, les pratiques de l'industrie pharmaceutique, les médecins humanitaires...
Tout cela en contrepoint de la vie dans un village congolais sis près de la rivière Ebola. Quelques cases, quelques familles, une bande de garçons qui jouent les gros bras et se moquent d'Olympe la gamine. La visite du vendeur de pacotilles. Les pirogues qui vont et viennent pour transporter voyageurs, paquets... ou cadavres vers leur dernière destination. Les croyances et coutumes. Le White Spirit à tout faire. La suprématie de la gente masculine dans les fratries. Le dispensaire et ses religieuses belges, dévouées et pragmatiques.

En fait, le roman est structuré autour de deux histoires qui convergent à la fin. 

  1. Nous suivons donc la vie du village, les gamins qui font les fiers et disent avoir tué le gorille "dos argenté" qu'ils rapportent au village : de la viande de brousse, quelle aubaine royale ! Ce sera un vrai banquet, quasi orgiaque. La petite Olympe pour sa part se console de sa solitude en ramassant une petite chauve souris, qu'elle ne quitte plus. A chacun son trophée : le gorille pour les gars et la chauve-souris pour la gamine.
    "Olympe se résigna, les garçons étaient les plus forts. Ils l'avaient complètement éclipsée, elle et la chauve-souris qu'elle tenait dans la main comme un éventail dont elle ouvrait et fermait les ailes mécaniquement, une marionnette qu'elle agitait entre ses doigts, qu'elle déployait, qu'elle pliait, qui se soulevait et s'effondrait. Un animal devenu un jouet déjà un peu usé, un jouet qui allait casser." (p.45)
  2. Parallèlement, Paule Constant met en scène Agrippine, une Belge médecin sans frontière, désabusée par le monde actuel et cette course à tout et rien, qui part en Afrique faire une campagne de vaccination. Elle est stoïque devant les petits aléas, s'inquiétant pourtant de la bonne conservation de ses vaccins coincés à la douane. En attendant, elle partage la vie du petit dispensaire où elle est effarée d'apprendre qu'il n'y a pas de seringues jetables. Partage aussi temporairement la vie de ce dispensaire : Virgile, jeune français normalien parti "méditer" sur les traces de son grand-père jadis médecin des armées. 

Le récit est remarquablement bien écrit : à la fois éthéré et d'une grande puissance évocatrice.
Il y a du suspense, car le roman est construit autour du mystère des premières contaminations par le virus et de sa propagation. Nous ne connaissons pas la date des événements du récit, qui s'achève sur cette phrase : "Les jours suivants, le nom d'Ebola se répandit en lettres rouges dans la presse du monde entier."

Après ma lecture, j'ai consulté le site de l'OMS, selon lequel "le virus Ebola a été nommé ainsi en référence à une rivière passant près de la ville de Yambuku, dans le nord du Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo). C'est à l'hôpital de cette localité que le premier cas de fièvre hémorragique Ebola est identifié, en septembre 1976." Le virus avait alors touché aussi le Soudan. La nouvelle flambée du virus depuis 2014 touche l'Afrique de l'Ouest et en particulier la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.
C'est en poursuivant mes recherches que j'ai appris que les chauves-souris frugivores sont les hôtes naturels ("réservoirs") du virus Ebola. "Celui-ci s’introduit dans la population humaine après un contact étroit avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques d'animaux infectés comme des chimpanzés, des gorilles, des chauves-souris frugivores, des singes, des antilopes des bois ou des porcs-épics retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale. (OMS)" 
Les populations humaines sont notamment infectées en consommant de la viande d'animal lui-même infecté.
J'ai fini par comprendre (ce n'était pas toujours explicite pour les néophytes) que la chauve-souris frugivore, qui est le "réservoir" du virus, contamine les mêmes fruits que mangent les gorilles. Eh non, les chauves-souris ne se mettent pas à chasser et mordre les gorilles... (pas encore du moins, dans un futur dystopique ?).

Le virus Ebola a fait plus de 11 000 victimes humaines et il a aussi particulièrement affecté la population de gorilles d'Afrique de l'Ouest, devenue espèce « en danger critique d'extinction ».

En conclusion : un roman passionnant, très bien écrit, qui nous interpelle sur un problème de santé publique sous un angle insolite mais instructif.

->> Mes lectures "africaines"...

La guêpe coucou est trop belle

Guêpe coucou : même individu sous différents angles
J'ai découvert la guêpe coucou alias chryside enflammée (Chrysis ignita) sur mes fleurs d'achillée en ce mois d'août 2016. Je ne pense pas l'avoir aperçue auparavant ou alors ne lui avais pas prêté d'attention.
Guêpe coucou le 22/08/2016
Mais à présent que j'ai fait sa connaissance, je sais comment la repérer et l'approcher. C'est une petite merveille de couleurs métallisées : rouge vif, vert vif... Absolument superbe.

J'ai donc pu prendre de nouveaux clichés bien meilleurs que ceux de ma première rencontre (voir ici)...
Cela étant, la belle porte le surnom "coucou" : ce n'est donc pas tout à son honneur... (voir mon billet du 18/08/2016)

mercredi 24 août 2016

Gisèle Pineau : "Fleur de Barbarie"

***** 2005 (Ed. Mercure de France)
Gisèle Pineau fait partie de mes écrivains incontournables : ceux dont je m'efforce d'essayer de lire tous les livres. Je l'ai découverte ... parce qu'elle est guadeloupéenne, et je suis tombée en amour de son écriture et de ses histoires.

Le roman "Fleur de Barbarie" surprend par son titre antinomique. Il raconte l'histoire de Josette, une fillette placée par sa mère dans une famille de la Sarthe à 4 ans, jusqu'à ses 9 ans où sa mère décide brutalement de la renvoyer au "pays", à Maire-Galante, chez grand-mère Théodora.
Ses plus beaux souvenirs d'enfance, Josette les tire de la vie à la ferme, en métropole, auprès de Tata Michelle ("la plus grande fan de Joséphine Baker", qui décide de surnommer Josette "Joséphine"), de Pépé Marcel et de Mémé Georgette.

"Je me souviens, Mémé Georgette a ouvert de grands yeux et elle est presque tombée à la renverse quand tu as retiré ta cagoule rouge et tes gants verts. Ça, pour être noire, t’es noire, ma Joséphine… Je te vexe pas, hein !… Je crois bien que c’était la première fois qu’elle voyait une Noire en vrai sous son toit, en chair et en os."
"Quand t’es sortie du bain, l’eau était si noire que Mémé a poussé un cri de stupeur, elle a pensé que c’était comme ça chez vous. Elle croyait que tu dégorgeais ton jus. Tu disais pas un mot tandis que je t’étrillais du mieux que je pouvais." "[Mémé] s’est habituée à toi et vous êtes de bonnes commères maintenant, pas vrai. Elle a aussi compris que c’était pas chrétien de t’appeler Bamboula ou la Noiraude et elle a plus recommencé, sauf une ou deux fois, ça lui a échappé…"
"Tata Michelle connaissait par cœur les chansons de la Baker. Et que j’avais bien été forcée de les apprendre pour les chanter avec elle. Et qu’elle m’avait déguisée en Joséphine Baker pour la fête du Mardi gras. J’étais vêtue d’un tricot blanc, d’un collant rose et d’une ceinture de bananes. Et elle avait cousu mon costume toute seule, juste en regardant la pochette d’un disque de Joséphine. Elle avait plaqué mes cheveux sur ma tête et sur mon front avec du blanc d’œuf, pour que je ressemble encore plus à la vraie."
Propulsée en Guadeloupe, coupée de ses liens avec sa famille d'adoption, Josette est d'abord une déracinée. Dans la maisonnette de la grand-mère, elle n'a pas de repères, il y a des non-dits, des mystères. La grand-mère va faire le ménage dans la demeure cossue d'une écrivaine célèbre, Margaret Solin, et ça aussi c'est tout un mystère. Mme Solin s'occupe d'enfants à distance, à Saint-Louis du Sénégal, tout comme Joséphine Baker s'occupait d'une grande bande d'orphelins. La suite du roman est la quête de Josette pour connaître le mystère de sa famille, et se construire une vie d'écrivaine, elle aussi, en s'efforçant de concilier ses racines antillaises et ses "régions" d'adoption, la Sarthe et Paris.

Un beau roman de Gisèle Pineau, comme tous ses autres livres ("La grande drive des esprits", 1993 - "L'espérance-macadam", 1995 - "L'exil selon Julia", 1996 - "L'âme prêtée aux oiseaux", 1998 - "Chair piment", 2002 - "Morne Câpresse", 2008 - "Un papillon dans la cité" 1992...).
Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire "Mes quatre femmes", 2007 ni "Folie, aller simple : Journée ordinaire d'une infirmière" 2010 (Elle a été infirmière psychiatrique), ni les plus récents depuis 2010.

--> la page de mes livres préférés...

Eric-Emmanuel Schmitt : "La nuit de feu"

***** 2015, Éd. Albin Michel, 183 p.
Éric-Emmanuel Schmitt a attendu près de 25 ans pour écrire ce récit de voyage très particulier. En 1989, à 28 ans, jeune professeur de philosophie, il se joint à un groupe de Français pour partir en randonnée dans le désert du Hoggar, sur les traces du père Charles de Foucauld. Cette expédition au sein d’un groupe hétérogène l’inquiète dans un premier temps, on sent qu’il manque clairement d’esprit aventurier. 
Mes chameaux à moi : au marché aux chameaux de Dawar/Egypte (2010)

"(…) - même de trop loin, les dromadaires ont la gueule d’une photo prise de trop près. Ici, chez eux en Afrique, les dromadaires me procuraient une impression différente. Calmes, libres, nantis d’une élégance nonchalante, ils arpentaient le pâturage d’une démarche élastique. Tandis que certains reposaient à l’ombre des acacias, d’autres cueillaient le chardon, écrêtaient les buissons, tendaient le museau jusqu'aux branchages. Précautionneusement, ils se contentaient d’une fleur par-ci, d’une feuille par-là, respectant les végétaux pour que leur vie se perpétue. Silencieux, quasi-immobiles, ils devenaient de grandes plantes parmi les arbustes, empreints d’une sérénité végétative, leurs longs cils évoquant des pistils et des étamines qui voileraient un regard débonnaire." (p.32)
"Chaque pas prodiguait une victoire. Chaque effort annonçait une défaite. Abayghur, lui, progressait sans souffrir. Ses trois dromadaires aussi. À eux quatre, placides, plus lents qu'ils ne l'auraient été sans nous, ils nous démontraient à quel point nous restions étrangers, étrangers au désert, étrangers au climat, étrangers au sauvage dénuement. Je soupçonnais même les dromadaires de hausser les épaules en se gaussant de nous."
Toutefois, grâce à la gentillesse d’Abayghur, le guide touareg, il va découvrir le désert, le silence, la beauté de cette nature particulière, l’amitié… 
"Nous montâmes jusqu'à un promontoire.Devant nous s’étendaient des centaines de kilomètres, les uns plats, les autres occupés par des reliefs. La nature jouait une symphonie sur ses grandes orgues : pour accompagner le majestueux panorama, elle multipliait les irisations, colorait le ciel de teintes rares, depuis l’orange piqué de bleu jusqu'au violet épais, en passant par le turquoise et le parme." (p.163)
Un soir, il s’égare dans la montagne et se trouve séparé du groupe. Transi de froid, sans vivres et sac de secours, il s’ensevelit dans le sable pour passer la nuit. Ce sera sa « nuit de feu » au cours de laquelle il vit une « extase mystique » et découvre « Dieu ».
"Cette hygiène spirituelle, j’en éprouvais désormais le besoin. Et, pour la première fois, gêné, timide, je me suis mis à prier."(p.163)
"Mon pays… En avais-je un ? Je savais maintenant que je venais de nulle part et que je n’allais nulle part. Je vagabondais. Je visai le soleil au zénith. Mon pays ? Le désert est mon pays car c’est un pays d’apatrides. C’est le pays des vrais hommes qui se défont des liens. C’est le pays de Dieu." (p.169)
"La perspective de quitter le Hoggar me fragilisait. A mesure que le temps passait, que le mont Tahat s’éloignait, je portais un regard critique sur ma nuit étoilée… Ne m’étais-je pas emballé trop vite ? N’avais-je pas interprété de façon mystico-religieuse des phénomènes purement somatiques ? La soif, la faim, l’épuisement avaient affecté mon corps et m’avaient conduit au délire. Et ce bien-être absolu dont je gardais le souvenir, ne le devais-je pas à mon hypothalamus qui avait secrété des endorphines ? Cette « foi » que je croyais apercevoir en moi, n’était-ce pas l’habillage spirituel de la confiance que mon système nerveux avait chimiquement générée pour me permettre de dominer ma terreur et ma fatigue ?" (pp. 173-174)
 "Au retour du Hoggar, l’écrivain larvaire qui sommeillait en moi depuis l’enfance s’est assis à une table pour devenir le scribe des histoires qui le traversent. Je suis né deux fois : une fois à Lyon en 1960, une fois au Sahara en 1989. " (p.178)"Face au questionnement sur l’existence de Dieu, se présentent trois types d’individus honnêtes, le croyant qui dit : « Je ne sais pas mais je crois que oui », l’athée qui dit : « Je ne sais pas mais je crois que non », l’indifférent qui dit : « Je ne sais pas mais je m’en moque »." (p.181) 
J’ai aimé le livre non pas pour sa partie « quête initiatique » ou pour le récit de sa rencontre mystique, car j’ai la corde moins sensible sur les récits de conversion mystique. J'ai aimé le roman d’Éric-Emmanuel Schmitt pour le cheminement dans le désert, remarquablement décrit, poétique, envoûtant. 
J’ai eu l’impression de marcher à ses côtés dans cette randonnée, et cela m’a rappelé les souvenirs précieux de ma randonnée dans le désert du Sinaï il y a moult années. Pas d’expérience mystique pour moi à l’époque mais un sentiment de béatitude et de sérénité incroyables au réveil, à l’aube, en même temps que le point du jour, avec toute cette immensité sableuse alentour, et le silence, et la beauté incommensurable. Je n’ai jamais revécu pareille expérience.  
Avec sa « Nuit de feu », Éric-Emmanuel Schmitt a écrit un récit de voyage captivant. Comme en son temps Pierre Loti et son « Désert », un de mes livres de chevet préférés...

NB : Pour les puristes... : J'évoque le marché aux chameaux de Dawar en Egypte en légende de ma photo : ce sont bien des camelidés dromadaires ! Il n'y a que des camelius dromedarius (1 bosse) en Afrique, au Proche-Orient et en Arabie. Le camelius bactrianus (2 bosses) se trouve en Asie Centrale et Chine.

Jean-Christophe Rufin : "Checkpoint"

***** 2015, Ed. Gallimard, 389 p.
Jean-Christophe Rufin nous livre un roadtrip humanitaire. Pendant près de 400 pages, le lecteur parcourt la Bosnie ravagée par la guerre (l'action se situe en 1995) au volant d'un des camions 15 tonnes du convoi organisé par une association humanitaire. Vers la fin, on se sent presque en plein tournage du film "Duel" de Spielberg (le camion fou) ou du "Salaire de la peur" de Clouzot.
Les cinq membres du convoi (Lionel, le chef qui ne voulait pas être chef, fumeur de joint à la masse, les deux anciens militaires Alex et Marc, le mécanicien fouineur Vauthier et Maud, la seule femme, obsédée à masquer son physique) obéissent à des motivations toutes différentes. Il n'y a dès le départ aucun esprit d'équipe, et l'ambiance va se plomber très vite. Le roman vire tout aussi vite au thriller. Jean-Christophe Rufin sait capter son auditoire. Il a pour lui le vécu de ces missions sans frontières.

L'histoire est intéressante en ce qu'elle pose la question de la teneur de l'aide humanitaire : apporter médicaments, vêtements, nourriture aux réfugiés ? Ou franchir une étape supplémentaire dans l'implication en fournissant des armes ?
"Le moteur ronflait mais n'avait pas l'air de faiblir et la pente restait régulière. Le ciel était énigmatique et ne laissait rien deviner de ses intentions. On y trouvait de tout, des paquets de nuages noirs, des trouées bleu pâle et, vers l'ouest, une lueur jaunâtre qui sentait la pluie." (p. 253)
Un roman prenant.
Sur le sujet de la guerre dans l'ex-Yougoslavie, je recommande :
- le très beau (et très dur) film réalisé par Angelina Jolie : "In the Land of Blood and Honey" (2011)
- le magnifique roman de Tea Obrecht "La femme du tigre" (qui relate l'histoire contemporaine de Natalia, médecin humanitaire partie vacciner des enfants dans un orphelinat d'une région bombardée)

dimanche 21 août 2016

D'autres guêpes en visite (Philanthe apivore, Polistes dominulus, Eumènes...)

Bon, je suis définitivement dans mon cycle "guêpes" en ce moment... non pas qu'on soit envahi dans le jardin : pas du tout ! Je crois n'en recenser que 6 (voir leurs bobines ci-dessous - cliquer pour agrandir ! : elles peuvent jouer dans Pointbreak ou un film d'horreur). Sauf erreur et l'erreur du néophyte est facile j'en conviens !
Guêpe Eumenes - Philanthe apivore, Polistes dominulus, Vespula vulgaris, Chryside enflammée, Isodontia mexicana
D'ailleurs, c'est si étonnant que je sois réconciliée avec les guêpes : enfant, c'était ma terreur et du coup j'étais une proie facile. Au camping, chaque année, j'étais terrorisée, je m'affolais à l'approche d'une guêpe et courais dans tous les sens et finissais par me faire piquer : ouah, ça faisait mal !
Aujourd'hui, j'ai grandi et mûri (ouf !) et prends du recul et ose même manier la tapette...

Alors qui sont les visiteuses guêpes de notre jardin de banlieue sud de Paris : 

- J'ai pu apercevoir ici et là (mais pas fréquemment) quelques guêpes solitaires, mais qui valent le coup d'oeil, Franchement, certaines ont autant l'air de guêpe que vous et moi, et au début je les prenais pour des fourmis volantes géantes (mea culpa auprès des experts...).
- Peu de guêpes communes : je les apercevais en général quand elles venaient s'abreuver dans l'eau des soucoupes de fleurs.
- Il faut dire qu'on a ralenti les barbecues et repas sur la terrasse avec le temps qui s'est rafraîchi, mais même au meilleur de notre activité "barbeuc", les guêpes étaient quasi absentes. 
En revanche, les mouches aux beaux reflets métalliques - vous voyez lesquelles... étaient pléthore ! mazette comme elles sont aimantées par les saucisses et la viande).

  • Après la guêpe coucou alias chryside enflammée (Chrysis ignita), et la guêpe fouisseuse "isodontia mexicana" dont j'ai parlé hier, qui d'autres a visité mon jardin ? ...
  • La guêpe commune Vespula vulgaris (furtive) : j'en ai parlé dans mon article sur le nid de guêpes trouvé au grenier (!) ... mais vraiment, à part les grandes années à barbecue et repas dehors où quelques individus nous énervaient à mort (merci bonne fée tapette, je m'excuse pour la population guêpe vulgaire), cette année je trouve qu'elle se fait très discrète.

    Guêpe Polistes dominulus
  • La guêpe Polistes dominulus, est, elle, une guêpe sociale. Ici photographiée (cliché de gauche) sur les feuilles d'une luzerne arborescente le 22 juin 2013. Elle tend à devenir considérée comme une espèce invasive en Amérique du nord et une espèce commune dans certaines régions de France.
Elle se distingue par ses antennes oranges alors que la guêpe commune les a noires.
Elle est peu agressive si on ne la titille pas (ce n'est pas elle qui va venir mettre le bazar à notre repas barbecue). 
Le nid est fabriqué à partir de cellulose prélevée sur du bois mort, comme le nid trouvé au grenier.







Guêpe solitaire Philanthe apivore
  • La guêpe solitaire Philanthe apivore (sp) - Philanthus triangulum 

Une guêpe solitaire mangeuse d'abeilles (European beewolf).

Taille très fine.
Jaune et noire.
Tête grosse et affreuse avec yeux représentant une sorte de masque vert clair effrayant.
Antennes renflées.

Cette Philanthe apivore, je ne l'ai vue qu'une seule fois sur une fleur de fenouil le 22 août 2013... 








Pour finir, une nouvelle venue que je pense être une guêpe "Eumènes"
(potter wasps , guêpe maçonne - Sous-famille de guêpes solitaires de la famille des vespidés)
Guêpe Eumènes (02/08/2015)

(laquelle exactement, j'ignore encore... Merci aux experts qui pourront m'orienter !) 


Franchement merci au mois d'août pour l'observation des insectes...
Ma méthode ?

J'accroche au jardin les lessives avec le Panasonic autour du cou et le lecteur mp3 dans la poche (sacré attirail tout ça) ! Prête à repérer les insectes alentour !

Ensuite, il faut trouver le temps d'identifier et de vérifier et de trier les clichés puis de préparer l'article : que du bonheur !!!

--> Ma chronique "insectes" et la page des "habitants de mon jardin"

jeudi 18 août 2016

Coucou les guêpes : la guêpe coucou et la guêpe fouisseuse

Tiens, je suis dans un trip "guêpes" en ce moment (cf. mon nid de guêpes découvert au grenier !)...
Le 15 août 2016, journée repos au jardin, et rencontre avec une nouvelle venue (pas forcément, elle est certainement déjà venue sans que je la repère...) : la guêpe coucou, alias chryside enflammée (Chrysis ignita).

D'abord, elle est si belle, avec ses reflets métalliques verts et rouges, mais il faut l'observer de près pour admirer sa belle parure, car elle n'est pas grosse (environ 1 cm, j'ai dû forcer sur le zoom). 

Guêpe(s) coucou ou chryside enflammée face à araignée crabe




































J'ai donc aperçu cet insecte voltiger aujourd'hui près de mes achillées jaunes et de mes marguerites. Le temps de sortir l'appareil photo, je me rends compte qu'il y a trois individus qui volettent en fait.
Pas craintifs ! Car ils se posent à tour de rôle voire deux à la fois (cf. photo) sur une fleur d'achillée jaune... déjà occupée par une araignée crabe (thomise) aux aguets
Mais l'araignée, qui campait en position de défense (les pattes levées à l'horizontale), n'aura pas réussi à se farcir une chryside enflammée. 

Cette chryside enflammée, qui est une guêpe solitaire, est appelée guêpe coucou car elle parasite le nid des abeilles solitaires pour y laisser ses oeufs qui seront ensuite nourris par ces dernières.

Visez ma taille de guêpe !
Quant à ma deuxième visiteuse guêpe, pour le coup, c'est la parfaite illustration de la taille de guêpe :

la guêpe fouisseuse "isodontia mexicana", noire, avec des ailes marrons aux reflets étonnamment bleus selon la lumière, et une taille quasi inexistante, Jessica Rabbit toute vêtue de noire quoi. Ses ailes (15 mm) sont brunes avec des reflets métalliques bleutés, son thorax et sa tête sont velues.

Comme la guêpe coucou, ma visiteuse guêpe fouisseuse s'est passionnée pour une de mes achillées, mais une de taille moyenne blanche cette fois (vraiment pas ma plus belle achillée !). La bestiole apprécie aussi la fleur de fenouil.
Guêpe fouisseuse "isodontia mexicana", vue en août






































--> Cf. mes p'tites chroniques "insectes", "araignées" et la page des "habitants de mon jardin"...

lundi 15 août 2016

Zarbi... drôle de découverte au grenier : un guêpier

C'est beau : c'est un nid de guêpes.
Cette photo à gauche pourrait faire penser à un tableau abstrait. Je le signerais bien par exemple du peintre allemand Gerhard Richter...

Mais que nenni, c'est du concret :

A l'occasion de ce que l'on appelle un grand nettoyage de printemps, nous avons déniché dans une soupente peu accessible et sombre un nid ressemblant fort à un nid de guêpes (guêpe commune : Vespula vulgaris / la furtive). Il était suspendu au plafond et mesurait une quarantaine de cm.

Vespula vulgaris vue au jardin
L'ensemble était très fragile, extrêmement friable, de couleur dominante beige/ocre. L'on pouvait voir les différentes strates et les alvéoles.


Au début, on s'est demandé si ce n'était pas un essaim d'abeilles, mais notre nid présentait l'aspect effectif du "carton", caractéristique des nids de guêpes et frelons, qui raclent et décollent des bouts d'écorces de bois pour construire le nid.

Aucun cadavre d'insectes alentour (autant qu'on puisse en juger dans cette zone très sombre du grenier).

Nous en avons déduit que le nid devait avoir une sacrée paire d'années, plus d'une dizaine à tout le moins.
Il est rapidement tombé en morceaux, et j'ai décidé de le recycler au compost...


Immense merci au site "Guêpes et frelons : informer, protéger" qui m'a guidée dans mes recherches.



--> Voir la chronique "insectes" de ce blog et la page des "habitants de mon jardin" (et maintenant de mon grenier !), 

et pour les amateurs de bizarreries ou choses insolites : 
--> ma petite rubrique "ZARBI" !

Une nouvelle punaise à mon arc

Et voici la punaise rouge et noire !
Punaise rouge et noire (même individu)
Comme je le relevais récemment, j'ai été étonnée de voir moins de gendarmes (pyrrhocore, Pyrrhocoris apterus) cette année que d'habitude... 
Et ce matin, 14 août, j'en croise un sur mon petit églantier, du coup je fais l'effort de m'arrêter pour lui accorder une petite attention... 
Et voilà qu'il s'envole sous mes yeux ! Or un gendarme ne vole pas, il n'a pas d'ailes ! Quel était donc ce faux gendarme ?

Corizus hyoscyami (famille des Rhopalidae), la punaise rouge et noire. Bienvenue au jardin fifille !
Gendarmes

Et pour ne pas tromper son monde, je remets une photo de deux vrais gendarmes (qui sont aussi des punaises) en train de picorer mes roses trémières.

--> Ma p'tite chronique "insectes" et la page des "habitants de mon jardin"...

jeudi 11 août 2016

Santana, une légende bien vivante

Le 5 juillet dernier, enfin vu la légende Carlos Santana à Bercy !
Alors tout d'abord, il est toujours cool à 69 ans (né le 20 juillet 1947) sous son chapeau de paille toute la soirée et mâchonnant tranquillement son chewing gum tout en jouant de façon féerique ses morceaux de guitare, pendant presque 3 heures de concert !.
Bien qu'il ait enregistré son dernier disque avec les musiciens de la formation d'origine, sur scène ce ne sont pas les anciens, mais des "jeunes". Dont Cindy Blackman, la batteuse que Santana a épousée en 2010. Et le bassiste qui a joué "Imagine" de Lennon entièrement à la basse : beau moment.

Santana : "Europa (Earth's Cry Heaven's Smile) + courte reprise de "La mer" de Charles Trenet

En préambule de "Maria Maria", Santana a fait un discours sur la liberté et la paix, envoyant paître les idiots de tous genres qui polluent la vie (je ne les citerai pas : écoutez son discours !). Au début, on a eu un peu peur que cela verse dans l'incantation religieuse ou type secte, mais non, il faut écouter !

Santana : Speech for Peace and Strength against Ignorance and Violence + "Maria Maria"

La setlist est variée, mais ouf il y a nos incontournables (j'aurais aimé "Havana Moon", "She's not there", "Se a cabo", "Let the Children Play", "Dance Sister Dance"...). mais bon, il faut de tout... Et puis F. avait prévenu : S'il ne joue pas Soul Sacrifice, je fais un scandale", Carlos en a tenu compte et l'a joué en premier.
Le public était éclectique : des pas tout jeunes, des quinquas, et des jeunes aussi ! Et tout le monde connaissait les paroles. Caramba

1. Woodstock Intro
2. Soul Sacrifice
3. Love Makes the World Go 'Round (Deon Jackson cover)
4. Freedom in Your Mind
5. Maria Maria
6. Foo Foo
7. Europa (Earth's Cry, Heaven's Smile)
8. Jin-go-lo-ba (Babatunde Olatunji cover)
9. Evil Ways (Willie Bobo cover)
10. A Love Supreme (John Coltrane cover)
11. Hope You're Feeling Better
12. I Just Want to Make Love to You (Etta James cover)
13. Corazón espinado (Santana feat. Maná cover) (with drum and bass solos)
14. Right On / Umi Says
15. Shine
16. Black Magic Woman/Gypsy Queen
17. Oye como va (Tito Puente cover)
Encore:
18. Smooth
19. Toussaint L'Ouverture

J'ai pris quelques vidéos mais le son est pas top ! Sauf pour celle de son discours d'appel à la paix.
Bon, même si Carlos réside à LA, il est né dans l'État de Jalisco au Mexique... Ça nous a fait un petit avant-goût pour la Toussaint, la fête des morts et Frida...

--> Ma chronique "musique" et la page de mes concerts

mercredi 10 août 2016

Quels insectes en mai au jardin ?

Coccinelle et mouches sur mon euphorbe
(mine de rien, y'a du monde sur la fleur !)
Oui, je sais, trois mois de retard dans mon relevé des habitants du jardin : on est en août et je m'attaque à mai...

Mouche noire poilue le 02052016
Quelques abeilles, pas autant qu'avant cependant. Quelques coccinelles aussi, mais que l'on pouvait quasi compter sur les doigts de la main.
De même, j'ai constaté une baisse de fréquentation des gendarmes, qui étaient pourtant innombrables (et pénibles tant ils étaient partout) auparavant.
Cette année, je n'ai vu que deux individus de chrysomèle du romarin, qui l'an dernier s'étaient en nombre joyeusement attaqué à ma lavande papillon. (sur la photo ci-dessous, il s'attaque à la tige de lavande en bas à droite du cliché).
Chrysomèle - Punaise verte - Bourdon roux - Acarien
Coccinelle - Malachie
En revanche, au moment des crues et fortes pluies, que de moustiques !!! Nous avons vu quelques individus tigrés notamment. Puis après le printemps l'invasion de moustiques s'est calmée. (je ne vous parles pas des troupeaux d'escargots et de limaces qui avaient aussi élu domicile chez nous...)
Tique sur le ventre de toutou

Mon teckel chéri a attrapé deux tiques dans le jardin, j'ai donc entamé une taille sévère des buissons et herbes hautes.

A part ça, que de mouches cette année, et des bleues et vertes, jolies j'admets mais qu'on aimerait pas trop voir.

--> chronique "insectes" et page des "habitants de mon jardin"...

mardi 9 août 2016

Street Art en perpétuel mouvement

Le petit square "Jean Le Bitoux", rue Paul-Bert à Montreuil a encore changé de look...
Heureusement, la fresque avec le petit train, l'éléphant qui barbote, le hippie chevelu etc. est toujours là... 


La nouvelle fresque du jardin Le Bitoux à Montreuil : femme oiseau...
J'avais eu la chance de passer par là par hasard un jour d'octobre, au moment où les graffeurs commençaient leur travail, et pu suivre en direct l'avancement des dessins. Je me dis que cela fait partie des moments privilégiés d'une petite vie : pas tous les jours qu'on assiste à ça, et au pied levé sans rendez-vous !





























Eh bien en repassant par là près de trois ans plus tard (mine de rien, eh oui...), j'aperçois une superbe demoiselle coiffée d'une tête d'oiseau (un... kiwi selon mon mari !) sur une façade adjacente à mon petit train et ses bestioles sympathiques.

A sa droite, une drôle de fresque sur le mur en coin (voir petite photo de droite), qui me plait moins, mais avec les chardons devant elle paraît plus sympathique.

--> Rubrique "Street Art" de ce blog

mardi 2 août 2016

B. Kernel : "Agatha Christie, le chapitre disparu"

2016 (Ed. Flammarion, 283 p.)
Abandon à la page 28 tout simplement parce que j'ai trouvé ce roman fort mal écrit. Brigitte Kernel écrit à la première personne se glissant dans la peau d'Agatha Christie, et lui fait tenir des propos peu dignes de cette grande dame de l'écriture. Un style simpliste, des répétitions à foison, des réflexions à la limite de la vulgarité (quand Agatha parle par exemple de la maîtresse de son mari).
"J'étais de glace, déterminée." (p.23) - "L'objectif que je m'étais fixé me rendait glaciale." (p.27) : Voilà, c'est comme ça tout le long... Insupportable !
Vraiment une grosse déception car l'histoire m'intéressait : j'en avais eu un charmant avant-goût dans la BD "La vraie vie d'Agatha Christie", autrement plus passionnante et mieux écrite que ce "chapitre disparu" de B. Kernel.
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