vendredi 31 mai 2013

Victor del Arbol : "La tristesse du samouraï" (Espagne)

***** La tristeza del samurái (2011) - Genre : Roman policier sombre et magnifique
Voilà un roman qui m’a accompagnée partout, à la maison, en métro… L’histoire est captivante, émouvante, rebondissante, et teintée de noirceur.

Le livre refermé, il continue de nous habiter, pas tel ou tel personnage, le livre dans son ensemble. On revit l’histoire rétrospectivement, quand tout à la fin s’imbriquent les pièces du puzzle, et que l’on comprend enfin les liens qui relient les membres des trois familles ("Mola", "Alcala" et "Bengoechea") que l'on croise au fil des chapitres.

Et l’on n’oublie pas le destin de ces deux femmes, Isabel Mola qui s’apprêtait à monter dans un train pour le Portugal avec son jeune garçon Andrés en 1941… et Maria Bengoechea, la célèbre avocate de 35 ans ravagée par une tumeur au cerveau. La dernière page tournée, on se replonge dans le 1er chapitre pour relire de l’œil neuf de celui qui sait le début de ce roman complexe.

Ce roman de Victor del Arbol (et un de plus dans mes auteurs à suivre !) a le mérite de brosser, et sans dénaturer ou alourdir le récit - c’est une prouesse – l’histoire de l’Espagne sur 40 ans, depuis la guerre civile jusqu’à la tentative de coup d’Etat de 1981.
C’est passionnant d’un point de vue historique : une leçon de révision indispensable (la division Azul dans l’armée allemande par ex.) sur les affres qu’a connus le pays, incidemment distillée au fil du roman. Bravo. J’ai lu que l’auteur était historien de formation et membre de la police espagnole ; les chiens ne font pas des chats…

Pour qui cherche une lecture facile, passez votre chemin car ce roman débordant de suspense requiert concentration et implication tant foisonnent les personnages et les intrigues ! Pour les autres, foncez...mais gare au tournant, des scènes sont  très dures (Ed. Actes Sud, 352 p.)
  
Pour rester dans le contexte de l’Espagne des années franquistes et plus contemporaines, j’ai ensuite entamé la trilogie de Carlos Ruiz Zafon. Eh bien pour tout dire, au fur et à mesure de ma progression (c’est le terme, je faisais de gros efforts…) dans ces 3 livres, je ne pouvais que regretter de ne pas revivre La tristesse du Samouraï

4e de couverture : "Comme souvent au début des histoires il y a une femme sur un quai de gare au petit matin. Mise élégante, talons hauts, gants de cuir, elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et n’a rien à redouter de ces phalangistes arrogants qui arpentent la gare de Mérida en ce rude hiver 1941. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîné, qu’elle s’apprête à abandonner, les raisons de sa fuite. Le train de 4 heures en direction de Lisbonne partira sans elle.
L’enfant rentrera seul chez son père, appâté par le sabre de samouraï de ses rêves qu’un homme vient de lui promettre. Isabel disparaît pour toujours. Quarante ans plus tard une autre femme a commis un meurtre et doit comparaître devant la justice des hommes mais pour cette brillante avocate, cela n’a guère d’importance. Elle est atteinte d’une tumeur cérébrale et c’est à sa mémoire qu’elle doit des comptes.
Au cours d’un procès mémorable, quelque temps auparavant, elle a réussi à faire condamner un policier véreux, ouvrant sans le savoir la boîte de Pandore. Elle a été manipulée en raison d’une tragédie ancienne dont elle ignore tout. Les rejetons d’une famille maudite cherchent à lui faire payer quatre décennies de vengeance et de haine. Des premières années de l’après-guerre à la tentative de coup d’état de février 1981, après un détour par les steppes de Stalingrad, la saga familiale est lourde de complots, d’enlèvements, de trahisons.
Sous un léger vernis de démocrates, les ex-phalangistes continuent de tirer les ficelles. Les personnages et les situations se répondent, marquant trois générations au fer rouge. Les carences affectives ont transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel. La Tristesse du samouraï est un étonnant roman policier qui se joue à merveille de l’opacité d’un contexte historique et un intense thriller psychologique qui mène les personnages aux limites de leurs forces pour sauver l’honneur de la lignée." 
 

"Dos tramas se desarrollan de forma paralela; una en Extremadura en el año 1941; la otra en Barcelona en 1981.
Un crimen cometido durante la posguerra española produce consecuencias en tres generaciones de la familia Alcalá y en aquellos que se han cruzado en sus vidas durante cuarenta años. Complots, secuestros, asesinatos, torturas, violencia machista, son algunos ingredientes de esta fantástica novela. Con un estilo descriptivo pero no por ello lento, el autor narra los acontecimientos ocurridos y poco a poco va entrelazando los personajes de ambas tramas, entrando en la psicología de cada uno de ellos. El resultado es una magnífica novela de intriga e investigación, de sentimientos y rencores, de amor y odio, de ambición y dolor, de hipocresía y sobre todo de culpa, una lacra que se transmite de generación en generación, donde los hijos heredan los delitos de los padres y los nietos los de sus abuelos"
 

--> Voir la chronique "Polars" de ce blog... et du même auteur : "La maison des chagrins" et "Toutes les vagues de l'océan"

Arlette Cousture : "Tout là-bas" (Québec)


***** réf. géogr : Québec / Canada  
Genre : Dans l'intimité d'une bourgade au bout du bout du monde
(Ed. Albin Michel, 2003, 170 p.)

Un livre simple, rude et rocailleux comme ce bout de terre « tout là-bas » près du Labrador sur la Côte-Nord du Québec où se déroule l’action.
L’action ?... Ce n’est pas le mot juste : il s’agit plutôt du récit de la (sur)vie quotidienne des familles de ce bourg, qui n’a d’anglophone que le nom d’ailleurs (Harrington Harbour).

Les récits de vie souvent ordinaires, amusants, cocasses même, mais aussi les moments tragiques et les drames enfouis en chacun.

Ici, dans ce petit bout de bourg, doté d'une seule rue et de son fameux trottoir de bois, tout le monde se connaît depuis toujours, et finalement tout le monde forme en quelque sorte une grande famille même si des petits accrocs déchirent parfois le voile de brume…
D’emblée, le lecteur ressent de l’empathie pour cette poignée d’habitants, Luck, Lucy, Manny, Jim Emile… Le roman réserve quelques secrets qui éclateront au grand jour, les plaies se refermeront, le jour se lèvera de nouveau sur ce bout de pays balayé par les embruns et aux paysages si bien décrits par Arlette Cousture.

De cette auteure québecoise, j'avais déjà apprécié le style en lisant "Ces enfants d'ailleurs", et c'est avec un plaisir anticipé que je poursuivrai la découverte de ses autres ouvrages .

Je ne peux que conseiller cette lecture à qui aime le Québec et les récits de villages.

Et tous ceux qui auront vu avec bonheur le film québécois tiré de ce roman : « La Grande Séduction » (réalisé par Jean-François Pouliot) se régaleront encore plus de découvrir le vrai visage des différents personnages. Par « vrai », j’entends plus naturel et moins travaillé que dans le film.

Dans le film, le village d’Harrington Harbour (qui constitue vraiment le lieu du tournage) devient Sainte-Marie-la-Mauderne… 
La communauté villageoise vit essentiellement de l’activité de la pêche, et les temps sont bien difficiles. Le projet d’implantation d’une usine butte hélas sur un obstacle a priori saugrenu mais bien réel : l’absence de médecin sur l’île.
Le maire et ses troupes vont alors monter une opération de grande séduction pour attirer ici dans ce bout du monde un professionnel de santé montréalais passionné de jazz et de cricket ! A chaque visite du candidat pressenti, nous assistons à la conversion de la bourgade québécoise en terrain de cricket avec équipe officielle (quels moments d’hilarité que les passages où les habitants doivent s’échiner à comprendre les règles du cricket !!!).
Un film super drôle !!!

--> Voir mes "Lectures d'Amérique du Nord" ou les pages plus spécifiques "Québec"…

jeudi 30 mai 2013

Space invaders : les p'tits derniers... Et de 10 !

Space Invades Montgeron !
Tout d'abord, stupeur inouiiiiiiie... en découvrant deux space invaders faits maison sur les murs de la cité de La Forêt à Montgeron (banlieue 91).

Les jeunes - je doute que ce soit l'œuvre de papis ! - ont bien travaillé : ces Space sont à la fois élégants et discrets, un clin d'œil sympa en pleine banlieue aux happenings de la capitale !

A part ça, je suis loin de la pêche miraculeuse aux space invaders ces dernières semaines - il faut dire que je ne passe pas mon temps à arpenter les rues de Paris à cette seule fin.
Mais dès que j'ai l'occasion de sortir du quartier, je marche le nez en l'air, les yeux rivés aux murs (ce qui est fort dangereux, je le reconnais, surtout pour les têtes en l'air comme moi ;))).

Space invaders (de haut en bas et de gauche à droite) : métros Buzenval (20e) - Barbès face Cinéma Louxor (18e) - La Villette  (19e) - Pyrénées (19e/20e) - Barbès face Tati (18e) et ville de Montgeron (91)
Bless my latest concerts (Deep Purple @ Paris/Zenith, Jake Bugg and Eels à Paris/Le Trianon) qui m'ont permis de découvrir 3 nouveaux spaces... (1 Boulevard MacDonald à La Villette, et 2 au métro Barbès-Rochechouart).
Les 2 autres pris en photo viennent des métros Buzenval (chouette portrait de Dali sur la pic !) et Pyrénées (superbe station au demeurant).

Mon score est monté à 10 space invaders... Suis encore loin du millier répertorié... Me sens un peu comme Sisyphe... (mais il faut imaginer Sisyphe heureux... Bonne chance en passant à tous les candidats au bac !).

--> Voir la rubrique Street art...

mardi 28 mai 2013

Le grand bonheur du mois de mai... pour une bibliophile

Ce mois de mai 2013 est à marquer d'une pierre blanche : il s'est passé un événement qui me comble de bonheur...
J'ai intégré l'équipe des bénévoles de la bibliothèque du CE du siège où je travaille !!!
"Home" : Les livres envahissent un peu mon bureau...
('y en a aussi au salon, au grenier, à la cave...) 
Un rêve de petite fille qui se réalise...
Évoluer au milieu des livres, des étagères regorgeant de merveilles avec leur cote si affectueuse.
Le petit bonheur de replacer un livre égaré à sa bonne place 2 ou 3 volumes plus loin, avec le sentiment d'accomplir une œuvre noble.
Les joies du classement, du questionnement sur les nouveaux livres à commander, le budget à gérer, le logiciel des emprunts et retours à assimiler. Tout m'intéresse !
Faut-il privilégier un genre ? Peut-on tenter de nouvelles pistes de lecture ?
Mettre en place une liste de nos coups de cœur, écrire de petites chroniques de lecture, afficher les nouveautés...
Ouah, c'est le bonheur. Que de choses à faire autour du livre...
Notre vénérable Établissement Public compte au siège plus de 2000 lecteurs potentiels et notre stock avoisine les 8500 ouvrages (si je m'en tiens aux cotes comptabilisées...) ! Que de belles perspectives...

Et se faire de nouveaux amis bibliophiles au sein de l'équipe de bénévoles, comparer nos lectures, nos goûts, nos habitudes et s'abreuver de leurs préférences de lectures et de leurs coups de cœur, oh que oui, cela ajoute un sens des plus sympathiques aux relations de travail (vivement le prochain comité de pilotage de la bibli et le pot qui l'accompagne !).
Sans compter que la bibli possède un petit fond de CD de musique... pour lequel je sens que je vais vite me bénévoliser aussi ! (faudrait-y pas rock'n'rolliser un peu plus la fonction publique !
--> jetez un œil aux lectures déjà chroniquées sur ce blog

dimanche 26 mai 2013

Lavande papillon, ail ornemental, géraniums vivaces, heuchères : c'est rose et violet !

Ail ornemental
J'ai choisi les tons violets et roses pour illustrer cette semaine toujours tristounette... Mais le jardin ne semble n'en avoir cure et continue son petit bout de chemin, avec de nouvelles fleurs succédant aux précédentes.


Géranium sauvage
et luzerne arborescente
Les aulx se dressent majestueusement au-dessus des géraniums vivaces roses/violets. C'est du plus bel effet.

Quelques pieds de géranium sauvage (le géranium du pauvre, comme l'appelait ma grand-mère Cécile, qui l'appréciait beaucoup - et moi aussi) poussent au beau milieu du buisson de luzerne arborescente avec ses grappes de fleurs jaunes.


Lavande papillon et tuteur coquillage

Ma lavande papillon arbustive est déjà en fleurs en cette 3e semaine de mai (et pourtant vu le temps, je ne l'attendais pas avant l'été...). Sur la photo, un de mes tuteurs "coquillage de Guadeloupe" (que j'ai vernis, car il reste toute l'année dehors).

Heuchères roses

Je dois reconnaître qu'en ce dimanche 26 mai, nous avons eu...du soleil !
Quelle incongruité...
Cela a donc donné lieu à un bal incessant d'abeilles et bourdons, qui ne savaient plus où donner de la tête entre les fleurs des géraniums vivaces roses/violets et les délicates fleurs de mes heuchères roses.
Parfois dans leur précipitation certains s'approchaient des ombelles fleuries (violettes) de l'ail ornemental et rebroussaient vite chemin : l'ail ornemental sent tellement fort que personne ne vient le titiller !























Escargots en plein complot dans ma rocaille...
Allez je vous offre 2 instantanés d'abeilles amoureuses de mes belles heuchères : photos d'autant plus difficiles à prendre que l'heuchère est aussi connue sous le nom de "désespoir du peintre", et par extension, je vous confirme qu'elle constitue mon désespoir absolu de photographe !

Et pour finir cette semaine fleurie, au milieu de ces beautés, qu'aperçois-je : un conciliabule d'ennemis, des gastéropodes petits-gris (je pense voir un bourrelet blanc, donc cela écarte le gros-gris...).
Les chameaux  allaient se préparer une belle dégustation dans ma petite rocaille pleine de pousses de succulentes. Sans vergogne ! Ils sont vite allés voir ce qui se passe dans les taillis de l'autre côté du mur !

Leif Davidsen : "La chanteuse russe - Le danois serbe - L'ennemi dans le miroir" (polars)

Un polar à Moscou sur fond de Springsteen
(affiche métro Paris du Springsteen 2013 Tour )
La chanteuse russe ***** 1988 - Réf. géogr : Danemark / Russie - Genre : polar inlachable
Jack Andersen, diplomate danois en poste à Moscou est passionné par la Russie, mais n'a pas le profil traditionnel du diplomate occidental. Quand Sonia, une secrétaire de l’Ambassade, est retrouvée morte, Jack va mener son enquête personnelle. Il va croiser en chemin Lili, la soeur de la petite amie de Sonia, retrouvée morte elle-aussi. Lili chante des chansons à 2 sous dans un cabaret pour gagner sa pitance, mais sa passion pour la musique va bien au-delà. Lili est la "chanteuse russe"... elle aime Bruce Springsteen. Jack aussi. [moi-t'aussi !]

Nous sommes en 1985,  encore en "URSS", et à la veille de la mort de Tchernenko. (je me permets une citation un peu ironique (ah bon ?) de Libération : "L'URSS vous présente ses meilleurs vieux", relue récemment dans Limonov d'E. Carrère, car Tchernenko venait de succéder à Andropov qui venait de succéder à un Brejnev impotent...).
Le roman  de Léif Davidsen, écrit en 1988, évoque le quotidien soviétique oppressant, la corruption, la surveillance, les "accidents de personnes" inexpliqués...
J'avais lu le livre en oct. 2008 dans la très jolie édition Gaïa, aux pages roses...
4e de couverture : "Dans une chambre de Moscou, on découvre les corps de Sonia, employée de l'ambassade du Danemark, et de Véra, une prostituée russe, dans des circonstances qui ne laissent aucun doute quant aux jeux érotiques qui ont précédé leur mort. Autour d'elles : des vidéos pornos et des dollars - pièces à conviction des 2 plus graves délits reconnus par le régime en place.
Jack Andersen, le diplomate danois, ne croit pas à la thèse de l'accident suivi d'un suicide qui est rapidement avancée. Son ambassade comme les dirigeants soviétiques ont en effet tout intérêt à enterrer l'affaire, même si une assiette en trop permet d'imaginer que les deux femmes n'étaient pas seules dans l'appartement.
La quarantaine désabusée, pour penser à autre chose qu'à son divorce imminent, Jack commence une enquête qu'il croit discrète... Dans la grande tradition du roman d'espionnage, option déliquescence de l'empire soviétique, La Chanteuse russe propose une plongée aussi réaliste qu'oppressante dans le quotidien moscovite, des sous-sols mafieux aux moquettes d'ambassades." (Ed. Actes Sud, 2011).

Un extrait :
« Des serveurs, de beaux couverts et un menu d’une aune de long dont on a parfois la chance de pouvoir commander jusqu’au tiers des plats proposés». Il y avait foule de gens sur la place Pouchkine. Je voyais onduler les vagues des bonnets de fourrure. Les piétons se bousculaient pour descendre la rue Gorki.
(…) Pouchkine contemplait le spectacle du haut de son socle. »

Le Danois serbe ***** 1996
Réf. pays : Danemark / Serbie / Bosnie / Ex-Yougoslavie
Tout aussi prenant que la chanteuse russe. Suspense, sueurs froides sur fond de géopolitique internationale. Je recommande !!!
"Per Toftlund se doute que la venue de Sara Santanda à Copenhague ne sera pas de tout repos. La jeune femme, équivalent féminin de Salman Rushdie, est sous le coup d'une fatwa lancée par les autorités religieuses d'Iran. Sa tête est mise à prix. Les politiques ne veulent pas la rencontrer. La protection se fait sans grands moyens. Toftlund doit éviter l'attentat et gérer 24 heures de danger permanent alors que des fuites annoncent la présence d'un professionnel de la pire espèce.
Un contrat. Un isolé. Un homme jeune, blond, qui se fait appeler Vuk. Un homme qui, à 17 ans, a quitté le Danemark et des études brillantes pour revenir en Bosnie avec ses parents. Un Serbe qui a vu les siens massacrés d'horrible manière par des voisins et amis avant de devenir à son tour, traumatisé, harcelé de cauchemars, un impitoyable tueur. Il est l'homme idéal, il parle la langue, il est indétectable : il est le Danois serbe."  (4e de couverture Ed Folio, trad. M. Christiansen)

L'ennemi dans le miroir ***** 2004

Réf. géogr. : Danemark / Etats-Unis / Ex-Yougoslavie
Vous avez lu Le Danois serbe ? Voici la suite, haletante, inattendue, émouvante à ses heures, qui nous rapproche du personnage du Danois serbe...
Que dire de plus : un vrai page-turner...
"John Ericsson rentre du désert de Death Valley, Arizona, après une semaine passée à jouer au guide de survie pour touristes japonais argentés. Il se réjouit de retrouver femme et enfants dans sa petite maison d'Américain moyen.
Sauf que nous sommes le 11 septembre 2001 et que plus rien ne sera comme avant.
Sauf que John n'est pas américain. Il est Vuk, le Danois serbe, ancien mercenaire avec un mandat d'arrêt international aux fesses. Les services secrets occidentaux se liguent contre le terrorisme islamiste, y compris le Danois Per Toftlund, en pleine crise conjugale. Quant à Vuk, il n'a plus le choix et vend sa liberté contre une dernière mission." (4e de couverture Ed Folio, trad. M. Christiansen)
Bio express : Leif Davidsen est un écrivain danois né en 1950. Il a travaillé comme journaliste dès 1976 et fut notamment correspondant à Moscou, reporter dans les pays de l'Est pour Radio Danemark et rédacteur d'informations à la télévision.
--> Voir aussi la rubrique "POLARS" sur ce blog et celle des "LIVRES NORDIQUES" (dans laquelle il y a beaucoup de "polars" !)

Une coccinelle orange à 14 points blancs, enfin !

Hier je me plaignais de ne plus rencontrer de coccinelles au jardin (cliquez ici !)...

J'ai été entendue ! Puisque ce matin, j'ai observé une jolie coccinelle orange à 14 points blancs (soit 7 taches claires sur chaque élytre) posée su une feuille de framboisier.

Il s'agit de demoiselle Calvia quatuordecimguttata (en anglais : cream-spot ladybird). C'est une espèce commune, je ne l'avais pourtant pas encore repérée...
Dans son "jardin virtuel", Minouche précise que la Calvia quatuordecimguttata est une "coccinelle univoltine (une seule génération par an) dont les larves se développent au printemps - Celles-ci sont relativement polyphages et se nourrissent de psylles, de cicadelles, de chrysomèles et de pucerons" (j'espère qu'elle aura trouvé son content de bestioles).



 Larves de cicadelles et crachat de coucou
 Et puisque j'ai évoqué le mot cicadelle (une bestiole qui pompe la sève des plantes), l'une d'entre elles m'a laissé trace de son passage sur une de mes ancolies chéries : C'est ce qu'on appelle du "crachat de coucou" ou "écume de printemps" (trop joli pour ce que c'est !).
Larve de cicadelle

Kezaco ? "un mélange de cire et d'urine des larves de cicadelles, dans lequel elles ont insufflé de l'air pour qu'il mousse, ce qui les protège de la déshydratation et des prédateurs" (in "Les petits animaux des bois et forêts").
Regardez bien la photo, car je m'en vais de ce pas nettoyer ma tige d'ancolie de son écume de printemps !

Et pour la peine, je rajoute 2 clichés de ce même pied d'ancolie proie des cicadelles, aux si élégantes fleurs rose saumon. Allez chère cocci calvia quatuordecimguttata, abandonne le framboisier et viens faire un tour du côté des ancolies !

--> Voir la rubrique "coccinelles / Ladybugs" de ce blog ... et la page des "Habitants de mon jardin" 

samedi 25 mai 2013

Catherine Cusset : "Indigo" (Inde)... bof

Ma tunique "indigo" (qui déteint à mort)
un Club des 5 en Inde sauvé du grenier
une coupelle dorée offerte par un ami indien
les playmobils/legos des garçons
(dont le vilain chien d 'attaque)
et le Indigo de C. Cusset !
***** Réf. Géogr. France / Inde (2013) – Genre : Le Club des Cinq [grands intellos] dans le Kerala
(Gallimard, 2013, 512 p.)
 

L'écrivaine Catherine Cusset occupe une place de choix dans mon panthéon des livres avec 2 romans que je considère comme indispensables à mon espace littéraire : Le problème avec Jane, et Un brillant avenir.

Je me pourléchais donc les babines à propos de ce nouveau roman qui en plus promettait des effluves exotiques de l'Inde du Kerala. Tout pour me plaire, avec de surcroît des critiques fort enthousiastes !

Ben, ch'suis un peu gênée d'écrire, face à la Grande Catherine, que son roman Indigo ne fera pas date dans mes lectures. Je lui donne deux mois pour plonger dans l'oubli de la trame et des personnages.
Le style m’a déçue… j’ai trouvé l’écriture ordinaire, le comble pour un récit axé sur un festival de littérature…
Ex. "Elle ouvrit son paquet pour en extraire une cigarette. Il approcha le briquet de son visage. Le serveur apporta l’addition. Roland la régla. Srikala secoua la tête." /p.183)

"Il s'était enfui pour survivre, pour échapper au pot de colle néantisant qu'elle était, pour ne pas être englouti par sa nullité gluante". /p.207 : cette phrase m'a laissée pantoise, no comment.

Je me suis hélas vite emmêlée les pédales parmi les personnages (notamment féminins : je confondis rapidement Charlotte et Géraldine), car je n'avais pas réalisé que le livre alternait les chapitres « Charlotte / Roland / Géraldine » (ce que j'ai découvert en tournant la dernière page et tombant sur la toute simple table des matières).
D'où mon humble conseil suite à une récente formation en lecture rapide (hélas mise à mal au cours de cette lecture !) : se référer à la table des matières avant d'entamer le livre - merci Coach Isa...
Bon tout de même quelques moments sympathiques, l'attaque des chiens sur la plage, la description des festivals culturels portés parfois vainement par les Alliances Françaises de par le monde, comment choisir un châle pachmina (on vole très haut !), quelques instantanés de la vie quotidienne de la population indienne.. Cela est loin de transformer l'essai en livre de chevet.
Et puis une agréable description du paradis tel qu'il existe en Inde et peut-être partout :
"Au réveil, le jour tombait sur les eaux vertes. Sortant de l’enchevêtrement des canaux, ils avaient débouché sur une vaste étendue d’eau que traversaient au même moment des centaines de canards bruns poussaient par des indiens dans deux petites barques. A l’horizon, le ciel et la rivière se rejoignaient dans une sorte de brouillard bleuté. Il était difficile de se représenter le paradis sous une autre forme. (p. 160)"

 Vers la fin, une phrase du livre m'a soudain  et enfin interpellée alors que je venais de terminer les deux opus du Cimetière des livres oubliés de Carlos Ruiz Zafon... :
Raphael expliquant à Géraldine la réalité de la vie d'écrivain, il habite dans une "chambre de bonne du Ve dans un 32 m2 derrière le Père-Lachaise depuis 20 ans. Voilà ma vie. Sans autre aventure que celle des livres." (p.285)


Un des mes rares points d'attention cependant : Pourquoi ce titre "INDIGO" (au demeurant si poétique) ?

- "La vision du grand-père faisant ses mots-croisés : (…) "couleur du ciel avant l’orage… ? Elle s’était penchée par-dessus son épaule, avait vu le I et le G. "Indigo !". Son grand-père ronchonnait : "N’importe quoi. Le ciel est gris-noir avant l’orage – Chez nous [en Inde], pépé, il est bleu-violet. Tu verras, s’il y a un orage quand tu viens." (p.280)

- "(...) Raphaël était aussi coquet que Roland. Renata (...) le complimenta sur sa couleur : "Indigo, c'est ça ? - Je crois - c'est son adieu à l'Inde, dit Roland. Inde, I go ! " (p.231)
 
De fait, le roman a eu le mérite de m'interroger quant à ce terme indigo... (osé-je préciser que j'avais en son temps suivi avec passion la série "Terre Indigo" avec F. Huster et C. Reali...).

D'après mon proche compagnon Wiki, l'indigo est une couleur qui se situe entre le bleu et le violet dans l'arc-en-ciel. En pratique, l'œil humain le distingue difficilement des autres tons de bleu et de violet. La couleur indigo a été ajoutée par Isaac Newton après qu'il a décomposé avec un prisme la lumière visible qui est en réalité un continuum de fréquences. En fait, les couleurs qu'il a appelées bleu et indigo (cæruleus et indicus en latin) étaient plutôt le cyan et le bleu d’aujourd’hui. [NB : j'ai hésité en retenant ma tunique "indigo" en soie pour le fond de la photo, mais je pense qu'il s'agit d'un juste indigo !].
Le bleu indigo véritable (NB1) est à l'origine dérivé de la guède, plante tinctoriale aussi appelée Pastel des teinturiers, aux grappes de fleurs à pétales jaunes. Ce sont les feuilles qui sont récoltées pour la production de teinture." (source : Wikipédia)

--> Voir mes chroniques de livres sur ce blog, et la page sur les lectures d'Asie...

Bug : Où sont donc passées les coccinelles cette année 2013 ?

Coccinelle 7 points, le 14/04/2013
Depuis le début de ce printemps 2013, et même durant l'hiver, je n'ai vu que quelques malheureuses coccinelles esseulées, ici et là.
Pourtant, leur nourriture est là :
'y a déjà plein de pucerons qui me narguent, et je vois les fourmis les "couver" sournoisement sous mon nez...

Il y a deux ans, les coccis animaient le jardin à elles seules, sur chaque plante.
Au mois de mars 2012, elles créaient de véritables embouteillages sur mes fleurs d'euphorbes ! C'était un spectacle hallucinant.


mon HLM de cet automne hiver : refuge de 4 coccis
+ 1 araignée noire (qui pointe en haut à droite)
+ sorte de cafard beige (se sauvant à gauche)
+ cocon , œuf d'araignée, et cadavre !




Elles se cocoonaient partout au jardin...

(NB : pas de produits chimiques chez nous).

Sur le pin de derrière, j'assistais fascinée par l'évolution des nymphes et des larves et me régalais de cette leçon de sciences naturelles en direct du jardin.

Cet hiver, je savais que plusieurs avaient installé leur quartier dès octobre sous une tasse qui chapeautait un poteau de jardin.

De temps en temps, je soulevais la tasse pour voir ce qu'il se passait là-dessous.

Bien souvent, tout le monde roupillait, mais plusieurs fois j'ai eu droit à quelques "mouvements", courses poursuites avec araignée noire - qui protège son œuf - et araignée courge, cafard beige, cf. la vidéo !)


Vidéo de la cohabitation hivernale de coccinelles/araignées/cafard

Aujourd'hui, les coccinelles semblent avoir disparu du jardin. Why ?


Coccinelle jaune 22 points noirs

Les dernières que j'ai aperçues, si la mémoire de ma carte SD est exacte, c'était le 14 avril 2013... Depuis, pas vu une seule en 1 mois et demi.

Ce fameux 14 avril, je pus contempler une de nos familières coccinelles rouges à 7 points noirs.

Puis je me fis un petit café dans ma belle mug représentant les roses trémières de Berthe Morisot. Et je laissai la tasse vide sur la table de la terrasse. 
A mon retour, je remarquai une petite coccinelle jaune à 22 points noirs (Thea vigintiduopunctata)   qui cheminait tranquillement sur la tasse, sans doute attirée par les superbes roses trémières de Mme Morisot !  Une cocci férue d'impressionnisme... au moins j'aurais eu l'honneur d'en croiser une dans ma vie.
Cette coccinelle jaune possède 11 points noirs sur chaque élytre, et c'est une espèce phytophage ou mycophage, qui se nourrit de champignons (rouille des végétaux, oïdium), mousse ou micro-algues qui se développent sur les végétaux.

--> Voir la rubrique "coccinelles / Ladybugs" de ce blog ... et la page des "Habitants de mon jardin"

vendredi 24 mai 2013

Chahdortt Djavann : "Je ne suis pas celle que je suis" (Iran)

***** Réf. géographique : Iran / France - Je ne suis pas celle que je suis – Psychanalyse I - Genre : (Auto)biographie dans le no woman's land iranien
(Flammarion, 2011, 536 p.)

J'ai aimé ce livre qui, aussi bien subtilement que crûment, dépeint la condition de la femme en Iran durant les années '80/90 sous le régime de Khomeiny. Ce n'est pas le seul sujet, mais c'en est le fil conducteur. 
Et c'est aussi l'histoire d'une jeune femme très attachante, qui en a sacrément bavé, qui a failli tout laissé tomber, et qui se reconstruit entre passé iranien et présent français, se cherche dans les mots de farsi et la langue de Molière, balaie douloureusement les démons du passé pour enfin affronter le présent. Le roman s'arrête justement là, au présent, mais le lecteur attend forcément la suite !

Le roman est harmonieusement construit par séquences qui alternent et nous projettent d'une part auprès d'une jeune immigrée iranienne à Paris, en dépression et consultant un psychanalyste, et d'autre part auprès de Donya, jeune étudiante rebelle originaire de Téhéran et étudiant à Bandar Abbas.
Que fait cette jeune iranienne, la "3e intelligence surdouée d’Iran, enfermée dans une chambre de bonne à Paris, en proie à la folie" ?
... Elle se reconstruit après une tentative de suicide, seule, connaissant à peine la langue française, gardienne d'enfants au noir payée une misère, et qui se complaît à engloutir son maigre salaire dans des séances de psychanalyse hors de prix et surprenantes, mais finalement "opérantes". Car cette jeune femme, c'est Donya, la rescapée des geôles iraniennes, des abus sexuels et de de l'enfance violentée, d'une histoire familiale étriquée. 
- "J’avais bien choisi mon moment pour naître. J’ai raté ma naissance… Je ne pouvais pas tomber plus mal.
Silence.

Voilà, c’est ça, je rêve que je tombe. Depuis le jour de ma naissance, je suis mal tombée dans la vie." (p.314)

- "Quand je suis née, mon père commençait à tout perdre. Il avait eu un grave accident. Tout allait mal. Et ma mère est restée couchée plusieurs années après ma naissance. (…) J’ai été un peu élevée par tout le monde, sauf par elle.
. Un silence.
. En fait, je n’ai été élevée par personne. J’ai grandi parce que les mois et les années passaient." (p.198)

Donya, c'est la rebelle qui veut en découdre, qui n'acceptera jamais sa sous-condition ou celle de ses consoeurs et de toutes les femmes d'Iran.  
- "Toute une nation triche. C’est lamentable. Par notre soumission, nous sommes devenus, tous, des êtres méprisables et chacun en impute la faute aux autres. Si le matin, à l’université tous ensemble, on se disait bonjour entre filles et garçons, si on se serrait la main, qu’est-ce qu’ils pourraient faire, expulser tout le monde ? Emprisonner tout le monde ? Le problème,c’est que nous nous sommes résignés sans la moindre résistance à être traités pire que du bétail. Nous sommes des clandestins dans notre propre pays." (p.57)

Donya qui refuse de céder à une vie de paillettes undercover qui est celle qu'acceptent pourtant nombre de femmes :
"Être libre pour faire quoi ? Pour être obligée de se lever tôt et courir pour un salaire de misère ? Pour se battre dans une société où il faudrait rivaliser non seulement avec les femmes sur le plan de la beauté et de la compétence, mais aussi avec les hommes sur le marché du travail ? Oh, non merci ! Sans parler des difficultés d’une vie d’immigrée… », lui avait dit une de ses cousines qui, après plusieurs années passées en Allemagne, était rentrée en Iran, avait épousé un riche industriel et vivait dans une villa hollywoodienne au nord de Téhéran. » (p.338)
Donya l'intrépide propose donc à ses 3 copines d’université de renverser à elles 4 le régime en s’unissant aux « indigènes » de Bandar Abbas, en introduisant dans leurs produits de contrebande des tracts. A partir de là, la descente aux enfers, personnelle et politique...
Le roman m'a dévoilée une culture qui m'était inconnue : la population bandarie, sa musique particulière, mélange des musiques iranienne et arabe avec des emprunts à la musique africaine.


Alors oui, la Donya d'aujourd'hui ne jure plus que par ses séances régulières chez un psy parisien des plus "ordinaires", un genre beauf marié mais frustré, adultère, très ras les pâquerettes ce psy qui n'ouvre quasi jamais la bouche mais parvient à imposer vaille que vaille tel un rite le paiement des séances qu'elles soient honorées, manquées, ou stériles... Il ne cesse de penser à son amante, le psy, mais on sent tout de même qu'il témoigne d'une certaine empathie pour sa patiente étrangère... Il parvient à la faire puiser au tréfonds d'elle-même pour faire resurgir des bribes enfouies.


".Elle s‘allongea sur le divan, Ça ne marchera pas. Quand je regarde en moi, je vois un puits noir sans fond et j’ai l’impression que la psychanalyse va me jeter dedans, sans aucun secours.
. Vous ne serez pas seule.
. Quoi, vous allez sauter avec moi dans mon passé ?
. Je serai là pour vous écouter.
. Mais les mots ne peuvent rien…
. Vous croyez ?
. Quoi, je vais me construire une autre enfance, une autre adolescence avec les nouveaux mots ?
(…) La seule chose qui peut me réconcilier avec la vie, c’est l’oubli." (p.299)
"Je fais des rêves où tout se mélange, le passé et le présent, hier et aujourd’hui, l’Iran et Paris. Je suis chez moi à Téhéran, j’ouvre une porte et la pièce suivante est ma chambre de bonne à Paris… Je suis à la fois celle que j’étais là-bas et celle que je suis ici… En une fraction de seconde, je traverse des années… Je suis de tous les âges, enfant, adolescente, adulte… Et cette fraction de seconde, dans le rêve, contient tout, la quintessence de tout ce qui s’est passé dans ma vie… " (p.426)

J'ai aussi apprécié ce roman parce que j'ai brièvement séjourné en Iran au moment où se déroule le roman, en 1991 à titre professionnel... . Inquiétant, gare aux qqs cheveux qui voulaient tenter une sortie de dessous le foulard... les fouilles exhaustives dans les aéroports (côté femmes pour moi), tout y passait, même le tube de dentifrice était vidé... L'hôtel Azadi (liberté) à proximité de la triste prison.
Un épisode traumatisant à Téhéran, mais sinon de belles rencontres jusque dans l'Azerbaïdjan iranien.
J'avais lu avant mon départ le fameux "Jamais sans ma fille" de Betty Mahmoodi, en ayant du mal à imaginer une situation aussi terrible. Et je m'étais repue des textes de Saddeq Heddayat et Omar Khayyam... J'avais ensuite vu tous les Abbas Kirostami (ah!  le magnifique "Où est la maison de mon ami ?"...) Depuis, nous pouvons lire Persépolis de Marjane Satrapi...
L'auteur, Chahdortt Djavann, nous dévoile partie de ses ressorts intimes dans l'épilogue de de roman :
"En outre, la vérité de la fiction n’est pas celle de la réalité. Flaubert n’était pas plus Madame Bovary que Tolstoï n’était Anna Karénine, mais la phrase de Flaubert « Madame Bovary c’est moi » possède sa vérité, même irréelle.
Je suis mon personnage et je ne le suis pas. Je ne pourrais être mon héroïne, même si je le désirais, car elle existe dans le livre et à travers votre lecture va prendre sa place dans votre imaginaire, alors que moi, l’écrivain, j’existe ici-bas, sur terre, parmi vous. Je serai morte depuis longtemps qu’elle sera toujours jeune, toujours là, entre les pages, à rêver son avenir." (Epilogue, p.536)
--> voir les "Lectures d'Asie centrale et Moyen-Orient" de ce blog

mercredi 22 mai 2013

Paul Jacoulet et les coquillages


L'affiche retenue pour illustrer l'exposition consacrée à Paul Jacoulet est un jeune homme buvant dans un coquillage nautile. Elle est splendide, lumineuse et invite au voyage (surtout quand on a la découvre sur les murs du métro !).

Ce tableau s'appelle "Le Nautilus"  (Yap, avril 1958, gravure sur bois polychrome). Ce qu'en dit l'artiste : "Guiltamag, jeune homme de l'île de Yap (Carolines Ouest) buvant dans un coquillage "Nautilus" dont l'extérieur est de poudre de perle. Peigne et ceinture de célibataire. Il porte un collier de corail. Des oiseaux survolent une mer bleue tropique."

Ce que précise l'expo : "La qualité technique d'impression de l'estampe met en valeur la luminosité éblouissante des îles du Pacifique. Cette impression de clarté est bien rendue par le contraste des couleurs traitées en grands aplats. Les dégradés de rose des nuages sont obtenus quant à eux par les variations de pression du papier sur la matrice de bois, lors du tirage."
Méli-mélo perso d'œuvres présentées au Quai Branly
1/ Basillo, Jeune Garçon de Saipan tenant des coquillages, Marianes, 1933
2/ et 6/ détails de femme tatouée de Falalap, Ouest Carolines, 1935 (avec coquillages très rares "Cypris aufore")
3/ Conque et cauri de Micronésie
5/ et 7/ colliers en nacre sur homme et femme
Mon bracelet en nacre (très discret)
et mon collier "nautile"
J'ai choisi de photographier - ci-dessus - (ah la galère de prendre une photo derrière une vitre...) les deux personnages portant un collier de nacre, car ils m'ont fait penser à un surprenant (et énorme) bracelet de nacre que j'ai déniché dans un dépôt vente parisien pour 20 € (cf. photo contre)... 
Ce sera mon petit hommage personnel à P. Jacoulet quand je le porterai. Du reste, je pourrais aussi le porter en pendentif... L'un comme l'autre sont fort discrets... mais si beaux !


Ornements d’oreille, Îles Carolines

Fin du 19e siècle
écorce de noix de coco
, corail, perles et coquillages

Au sujet de l'utilisation des coquillages dans la vie quotidienne, le dossier de presse de l'exposition du musée Branly précise :
"Dans les archipels de Micronésie, Paul Jacoulet découvre des sociétés qui font de la parure une forme d’expression artistique majeure. Il s’émerveille devant ces cultures dans lesquels hommes et femmes ont un même souci d’embellissement du corps, à travers les tatouages, l’usage d’ornements de chevelure et de fleurs.


Chant des vagues, Ponape,
Est Caroline (1930)
Traditionnellement, le port des bijoux est aussi indissociable des danses cérémonielles. Transmis d’une génération à l’autre par les femmes, les colliers, ornements d’oreilles et bracelets constituent le plus précieux des héritages familiaux. Les coquillages, coraux et écailles de tortues utilisés pour leur fabrication figurent en effet parmi les grandes richesses pour les sociétés vivant de la proximité de l’Océan."

Pour en revenir à Paul Jacoulet et les coquillages, j'ai découvert sur le World Wide Web une gravure de l'artiste dépeignant un jeune éphèbe écoutant le chant des vagues dans un superbe coquillage.
Ce chant des vagues (1930) ne figurait pas à l'expo. J'aurais tant aimé admiré de près ce si beau coquillage...


--> Voir article sur l'exposition "L'univers flottant de  Paul Jacoulet et la rubrique "COQUILLAGES" de ce blog...
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