samedi 25 mai 2013

Bug : Où sont donc passées les coccinelles cette année 2013 ?

Coccinelle 7 points, le 14/04/2013
Depuis le début de ce printemps 2013, et même durant l'hiver, je n'ai vu que quelques malheureuses coccinelles esseulées, ici et là.
Pourtant, leur nourriture est là :
'y a déjà plein de pucerons qui me narguent, et je vois les fourmis les "couver" sournoisement sous mon nez...

Il y a deux ans, les coccis animaient le jardin à elles seules, sur chaque plante.
Au mois de mars 2012, elles créaient de véritables embouteillages sur mes fleurs d'euphorbes ! C'était un spectacle hallucinant.


mon HLM de cet automne hiver : refuge de 4 coccis
+ 1 araignée noire (qui pointe en haut à droite)
+ sorte de cafard beige (se sauvant à gauche)
+ cocon , œuf d'araignée, et cadavre !




Elles se cocoonaient partout au jardin...

(NB : pas de produits chimiques chez nous).

Sur le pin de derrière, j'assistais fascinée par l'évolution des nymphes et des larves et me régalais de cette leçon de sciences naturelles en direct du jardin.

Cet hiver, je savais que plusieurs avaient installé leur quartier dès octobre sous une tasse qui chapeautait un poteau de jardin.

De temps en temps, je soulevais la tasse pour voir ce qu'il se passait là-dessous.

Bien souvent, tout le monde roupillait, mais plusieurs fois j'ai eu droit à quelques "mouvements", courses poursuites avec araignée noire - qui protège son œuf - et araignée courge, cafard beige, cf. la vidéo !)


Vidéo de la cohabitation hivernale de coccinelles/araignées/cafard

Aujourd'hui, les coccinelles semblent avoir disparu du jardin. Why ?


Coccinelle jaune 22 points noirs

Les dernières que j'ai aperçues, si la mémoire de ma carte SD est exacte, c'était le 14 avril 2013... Depuis, pas vu une seule en 1 mois et demi.

Ce fameux 14 avril, je pus contempler une de nos familières coccinelles rouges à 7 points noirs.

Puis je me fis un petit café dans ma belle mug représentant les roses trémières de Berthe Morisot. Et je laissai la tasse vide sur la table de la terrasse. 
A mon retour, je remarquai une petite coccinelle jaune à 22 points noirs (Thea vigintiduopunctata)   qui cheminait tranquillement sur la tasse, sans doute attirée par les superbes roses trémières de Mme Morisot !  Une cocci férue d'impressionnisme... au moins j'aurais eu l'honneur d'en croiser une dans ma vie.
Cette coccinelle jaune possède 11 points noirs sur chaque élytre, et c'est une espèce phytophage ou mycophage, qui se nourrit de champignons (rouille des végétaux, oïdium), mousse ou micro-algues qui se développent sur les végétaux.

--> Voir la rubrique "coccinelles / Ladybugs" de ce blog ... et la page des "Habitants de mon jardin"

vendredi 24 mai 2013

Chahdortt Djavann : "Je ne suis pas celle que je suis" (Iran)

***** Réf. géographique : Iran / France - Je ne suis pas celle que je suis – Psychanalyse I - Genre : (Auto)biographie dans le no woman's land iranien
(Flammarion, 2011, 536 p.)

J'ai aimé ce livre qui, aussi bien subtilement que crûment, dépeint la condition de la femme en Iran durant les années '80/90 sous le régime de Khomeiny. Ce n'est pas le seul sujet, mais c'en est le fil conducteur. 
Et c'est aussi l'histoire d'une jeune femme très attachante, qui en a sacrément bavé, qui a failli tout laissé tomber, et qui se reconstruit entre passé iranien et présent français, se cherche dans les mots de farsi et la langue de Molière, balaie douloureusement les démons du passé pour enfin affronter le présent. Le roman s'arrête justement là, au présent, mais le lecteur attend forcément la suite !

Le roman est harmonieusement construit par séquences qui alternent et nous projettent d'une part auprès d'une jeune immigrée iranienne à Paris, en dépression et consultant un psychanalyste, et d'autre part auprès de Donya, jeune étudiante rebelle originaire de Téhéran et étudiant à Bandar Abbas.
Que fait cette jeune iranienne, la "3e intelligence surdouée d’Iran, enfermée dans une chambre de bonne à Paris, en proie à la folie" ?
... Elle se reconstruit après une tentative de suicide, seule, connaissant à peine la langue française, gardienne d'enfants au noir payée une misère, et qui se complaît à engloutir son maigre salaire dans des séances de psychanalyse hors de prix et surprenantes, mais finalement "opérantes". Car cette jeune femme, c'est Donya, la rescapée des geôles iraniennes, des abus sexuels et de de l'enfance violentée, d'une histoire familiale étriquée. 
📜 "J’avais bien choisi mon moment pour naître. J’ai raté ma naissance… Je ne pouvais pas tomber plus mal.
Silence.
Voilà, c’est ça, je rêve que je tombe. Depuis le jour de ma naissance, je suis mal tombée dans la vie." (p.314)

📜  "Quand je suis née, mon père commençait à tout perdre. Il avait eu un grave accident. Tout allait mal. Et ma mère est restée couchée plusieurs années après ma naissance. (…) J’ai été un peu élevée par tout le monde, sauf par elle.
. Un silence.
. En fait, je n’ai été élevée par personne. J’ai grandi parce que les mois et les années passaient." (p.198)

Donya, c'est la rebelle qui veut en découdre, qui n'acceptera jamais sa sous-condition ou celle de ses consoeurs et de toutes les femmes d'Iran.  
📜  "Toute une nation triche. C’est lamentable. Par notre soumission, nous sommes devenus, tous, des êtres méprisables et chacun en impute la faute aux autres. Si le matin, à l’université tous ensemble, on se disait bonjour entre filles et garçons, si on se serrait la main, qu’est-ce qu’ils pourraient faire, expulser tout le monde ? Emprisonner tout le monde ? Le problème,c’est que nous nous sommes résignés sans la moindre résistance à être traités pire que du bétail. Nous sommes des clandestins dans notre propre pays." (p.57)

Donya qui refuse de céder à une vie de paillettes undercover qui est celle qu'acceptent pourtant nombre de femmes :
📜 "Être libre pour faire quoi ? Pour être obligée de se lever tôt et courir pour un salaire de misère ? Pour se battre dans une société où il faudrait rivaliser non seulement avec les femmes sur le plan de la beauté et de la compétence, mais aussi avec les hommes sur le marché du travail ? Oh, non merci ! Sans parler des difficultés d’une vie d’immigrée… », lui avait dit une de ses cousines qui, après plusieurs années passées en Allemagne, était rentrée en Iran, avait épousé un riche industriel et vivait dans une villa hollywoodienne au nord de Téhéran. » (p.338)
Donya l'intrépide propose donc à ses 3 copines d’université de renverser à elles 4 le régime en s’unissant aux « indigènes » de Bandar Abbas, en introduisant dans leurs produits de contrebande des tracts. A partir de là, la descente aux enfers, personnelle et politique...
Le roman m'a dévoilée une culture qui m'était inconnue : la population bandarie, sa musique particulière, mélange des musiques iranienne et arabe avec des emprunts à la musique africaine.

Alors oui, la Donya d'aujourd'hui ne jure plus que par ses séances régulières chez un psy parisien des plus "ordinaires", un genre beauf marié mais frustré, adultère, très ras les pâquerettes ce psy qui n'ouvre quasi jamais la bouche mais parvient à imposer vaille que vaille tel un rite le paiement des séances qu'elles soient honorées, manquées, ou stériles... Il ne cesse de penser à son amante, le psy, mais on sent tout de même qu'il témoigne d'une certaine empathie pour sa patiente étrangère... Il parvient à la faire puiser au tréfonds d'elle-même pour faire resurgir des bribes enfouies.

📜 ".Elle s‘allongea sur le divan, Ça ne marchera pas. Quand je regarde en moi, je vois un puits noir sans fond et j’ai l’impression que la psychanalyse va me jeter dedans, sans aucun secours.
. Vous ne serez pas seule.
. Quoi, vous allez sauter avec moi dans mon passé ?
. Je serai là pour vous écouter.
. Mais les mots ne peuvent rien…
. Vous croyez ?
. Quoi, je vais me construire une autre enfance, une autre adolescence avec les nouveaux mots ?
(…) La seule chose qui peut me réconcilier avec la vie, c’est l’oubli." (p.299)
"Je fais des rêves où tout se mélange, le passé et le présent, hier et aujourd’hui, l’Iran et Paris. Je suis chez moi à Téhéran, j’ouvre une porte et la pièce suivante est ma chambre de bonne à Paris… Je suis à la fois celle que j’étais là-bas et celle que je suis ici… En une fraction de seconde, je traverse des années… Je suis de tous les âges, enfant, adolescente, adulte… Et cette fraction de seconde, dans le rêve, contient tout, la quintessence de tout ce qui s’est passé dans ma vie… " (p.426)

J'ai aussi apprécié ce roman parce que j'ai brièvement séjourné en Iran au moment où se déroule le roman, en 1991 à titre professionnel... . Inquiétant, gare aux qqs cheveux qui voulaient tenter une sortie de dessous le foulard... les fouilles exhaustives dans les aéroports (côté femmes pour moi), tout y passait, même le tube de dentifrice était vidé... L'hôtel Azadi (liberté) à proximité de la triste prison.
Un épisode traumatisant à Téhéran, mais sinon de belles rencontres jusque dans l'Azerbaïdjan iranien.
J'avais lu avant mon départ le fameux "Jamais sans ma fille" de Betty Mahmoodi, en ayant du mal à imaginer une situation aussi terrible. Et je m'étais repue des textes de Saddeq Heddayat et Omar Khayyam... J'avais ensuite vu tous les Abbas Kirostami (ah!  le magnifique "Où est la maison de mon ami ?"...) Depuis, nous pouvons lire Persépolis de Marjane Satrapi...
 
L'auteur, Chahdortt Djavann, nous dévoile partie de ses ressorts intimes dans l'épilogue de de roman :
📜 "En outre, la vérité de la fiction n’est pas celle de la réalité. Flaubert n’était pas plus Madame Bovary que Tolstoï n’était Anna Karénine, mais la phrase de Flaubert « Madame Bovary c’est moi » possède sa vérité, même irréelle.
Je suis mon personnage et je ne le suis pas. Je ne pourrais être mon héroïne, même si je le désirais, car elle existe dans le livre et à travers votre lecture va prendre sa place dans votre imaginaire, alors que moi, l’écrivain, j’existe ici-bas, sur terre, parmi vous. Je serai morte depuis longtemps qu’elle sera toujours jeune, toujours là, entre les pages, à rêver son avenir." (Epilogue, p.536)
 
--> voir les "Lectures d'Asie centrale et Moyen-Orient" de ce blog

mercredi 22 mai 2013

Paul Jacoulet et les coquillages


L'affiche retenue pour illustrer l'exposition consacrée à Paul Jacoulet est un jeune homme buvant dans un coquillage nautile. Elle est splendide, lumineuse et invite au voyage (surtout quand on a la découvre sur les murs du métro !).

Ce tableau s'appelle "Le Nautilus"  (Yap, avril 1958, gravure sur bois polychrome). Ce qu'en dit l'artiste : "Guiltamag, jeune homme de l'île de Yap (Carolines Ouest) buvant dans un coquillage "Nautilus" dont l'extérieur est de poudre de perle. Peigne et ceinture de célibataire. Il porte un collier de corail. Des oiseaux survolent une mer bleue tropique."

Ce que précise l'expo : "La qualité technique d'impression de l'estampe met en valeur la luminosité éblouissante des îles du Pacifique. Cette impression de clarté est bien rendue par le contraste des couleurs traitées en grands aplats. Les dégradés de rose des nuages sont obtenus quant à eux par les variations de pression du papier sur la matrice de bois, lors du tirage."
Méli-mélo perso d'œuvres présentées au Quai Branly
1/ Basillo, Jeune Garçon de Saipan tenant des coquillages, Marianes, 1933
2/ et 6/ détails de femme tatouée de Falalap, Ouest Carolines, 1935 (avec coquillages très rares "Cypris aufore")
3/ Conque et cauri de Micronésie
5/ et 7/ colliers en nacre sur homme et femme
Mon bracelet en nacre (très discret)
et mon collier "nautile"
J'ai choisi de photographier - ci-dessus - (ah la galère de prendre une photo derrière une vitre...) les deux personnages portant un collier de nacre, car ils m'ont fait penser à un surprenant (et énorme) bracelet de nacre que j'ai déniché dans un dépôt vente parisien pour 20 € (cf. photo contre)... 
Ce sera mon petit hommage personnel à P. Jacoulet quand je le porterai. Du reste, je pourrais aussi le porter en pendentif... L'un comme l'autre sont fort discrets... mais si beaux !


Ornements d’oreille, Îles Carolines

Fin du 19e siècle
écorce de noix de coco
, corail, perles et coquillages

Au sujet de l'utilisation des coquillages dans la vie quotidienne, le dossier de presse de l'exposition du musée Branly précise :
"Dans les archipels de Micronésie, Paul Jacoulet découvre des sociétés qui font de la parure une forme d’expression artistique majeure. Il s’émerveille devant ces cultures dans lesquels hommes et femmes ont un même souci d’embellissement du corps, à travers les tatouages, l’usage d’ornements de chevelure et de fleurs.


Chant des vagues, Ponape,
Est Caroline (1930)
Traditionnellement, le port des bijoux est aussi indissociable des danses cérémonielles. Transmis d’une génération à l’autre par les femmes, les colliers, ornements d’oreilles et bracelets constituent le plus précieux des héritages familiaux. Les coquillages, coraux et écailles de tortues utilisés pour leur fabrication figurent en effet parmi les grandes richesses pour les sociétés vivant de la proximité de l’Océan."

Pour en revenir à Paul Jacoulet et les coquillages, j'ai découvert sur le World Wide Web une gravure de l'artiste dépeignant un jeune éphèbe écoutant le chant des vagues dans un superbe coquillage.
Ce chant des vagues (1930) ne figurait pas à l'expo. J'aurais tant aimé admiré de près ce si beau coquillage...


--> Voir article sur l'exposition "L'univers flottant de  Paul Jacoulet et la rubrique "COQUILLAGES" de ce blog...

lundi 20 mai 2013

Les mouches bleues se régalent de mes euphorbes

Mouche bleue Calliphora vicina
Ce printemps, ce fut la fête des euphorbes [euphorbe characias / Mediterranean Spurge / Palisaden-Wolfsmilch] qui forment à présent des touffes géantes dans le jardin (elles commencent à devenir envahissantes, plus d'1m de haut et je ne sais plus où repiquer les multiples rejets).

Les euphorbes sont en fleurs depuis un moment, et le bal des mouches bleues qui se nourrissent de leur nectar est incessant : de belles grosses mouches, énormes pourrais-je dire ! aux reflets bleu métallique.
D'après l'ami Wikipedia, les mouches bleues aiment voler en groupe afin de détecter les aliments plus efficacement, elles seraient pollinisatrices de quelques fleurs émettant une odeur forte comme le lysichiton américain et la verge d'or. Chez moi, elles sont folles des euphorbes. Certains jours, j'en ai compté 5 ou 6 sur une même touffe ! Et quand elles sont repues, elles aiment se prélasser sur les murs blancs orientés au soleil : je ne vous détaille pas le décor quand les mouches bleues viennent squatter chez nous !

Il s'agit de la Calliphora vicina (si tant est que ses joues sous les yeux (rouges, les yeux) sont bien rouges, en cas de joues noires c'est sa voisine Calliphora vomitoria l'affreusement-nommée qui serait en cause...). J'avoue avoir quelques difficultés à scruter la couleur des joues de la mouche même sur mes gros plans...
En tout cas, qu'est-ce qu'elle est poilue (corps et pattes) !



Derrière bleuté d'une Calliphora Vicina
goulûment enfoncée dans une fleur d'euphorbe


Vous en rêviez ! Eh bien voici un moyen de distinguer aisément les mouches calliphora vicina (blue bottle fly) et vomitoria (merci au site insecte.org) :

-"la basicosta (écaille distincte placée à la base de l’aile chez les diptères muscoïdes) est jaune orange chez C. vicina et noire chez C. vomitoria"
- "la base de l'aile est brune chez la vicina et noire chez la vomitoria"

- "Si l’on a une barbe noire sur une face qui ne l’est pas, et des points de couleur orange ou claire sur le thorax (au niveau de l’aile et à mi-chemin entre l’aile et la tête), c’est C. vicina. Si tout est noir avec une barbe bien rousse, c’est C. vomitoria".

Voilà, des fois que vous ayez un peu de temps libre, jouez au jeu des différences entre ces deux mouches bleues, c'est archi-prenant !

--> voir la page des "habitants de mon jardin", et les chroniques "Insectes" et "Jardin" de ce blog...

L'ancolie apporte de la gaieté dans ce triste temps

Ancolies et géraniums vivaces
Quasiment au jour près, il y a un an le 19 mai 2012, j'écrivais une ode à l'ancolie : "Ancolie jolie : la star du moment".

Ancolie rose et primevères

Aujourd'hui 20 mai 2013, seul le temps diffère (de ma fenêtre je contemple un temps automnal...).

Mais si l'on se risque au jardin, les ancolies se dressent fièrement et majestueuses au rendez-vous.

J'en avais changé plusieurs de place à l'automne et les voici ravies de leur nouvel emplacement aux côtés de primevères et surtout de géraniums vivaces roses avec lesquels elles se marient à merveille.


Ancolies parmes aux pétales effilés
Ancolies rose bordeaux aux pétales arrondis
En un an, les plantes ont fort bien poussé, y compris les petits rejets que j'avais ramassés dans les graviers de l'allée (je dis et le redis : avec bibi rien ne se perd !). Je leur connais un ennemi féroce : limaces et escargots, qui franchissent sans vergogne mes barrières de coquilles d'huîtres...

--> voir les autres chroniques "jardin"

Paul Jacoulet : un artiste voyageur en Micronésie


Jolie expo sur "L'univers flottant de Paul JACOULET" au musée du Quai Branly

Je ne connaissais pas cet artiste français (1896/1960) qui a passé quasiment toute sa vie au Japon. L'affiche de son estampe "Le nautilus" dans le métro avait retenu mon attention, montrant un jeune homme buvant dans un magnifique coquillage, dans des couleurs lumineuses et un environnement paradisiaque (;=)).

L'expo m'a comblée : des aquarelles ou gravures d'une finesse exquise, aux couleurs chatoyantes, vives et vivantes, au trait précis esquissant des visages sereins, heureux, enjoués, ou plus sérieux et rêveurs, au milieu d'une nature merveilleuse, fleurs tropicales comme les anthuriums et  les  orchidées, papillons... Le monde de Gauguin mais, oserais-je dire, en plus raffiné.

Paul Jacoulet a, enfant, intégré une école japonaise et consacrera sa carrière à la peinture, tandis qu'il s'adonnera pour le plaisir à la calligraphie, à la musique, et à la collection de... 30.000 papillons !

Cet artiste français est attaché à la tradition de l'estampe japonaise (ukiyo-e : terme japonais signifiant « image du monde flottant ») de l'époque Edo (1603-1868), célèbre pour ses représentations de kimono et de la simple vie quotidienne et la recherche du trait vivant.  (NB : un film sur cette technique est projeté en salle).
Au cours de ses voyages en Asie (Chine, Corée, Mongolie, îles du Pacifique sud, etc.), il a porté un regard ethnographique et artistique et portraits et scènes de la vie quotidienne, qui constituent des "témoignages de mondes lointains sur un mode à la fois poétique et documentaire".

Photos de tableaux (entiers ou détails) de l'expo Paul Jacoulet au Quai Branly - 2013

Parmi les tableaux que j'ai particulièrement appréciés dans cette exposition (légendes de gauche à droite et de haut en bas) :

- La confidence, série Princesses royales chinoises, 1942 [1e photo]
- Le bocal de poissons rouges, Chine, 1942 [2e photo]
- Vieil Aïno, Chikabumi, Hokkaido, Japon - octobre 1950  [3e photo]
- Vent du Nord, Corée, juillet 1953  [4e photo] - "Les premiers froids soufflant de Sibérie annoncent l'hiver. Une dame coréenne retient sa coiffe en satin noir broché, sous la ruée du vent. Le ruban de son boléro est orné de nuages blancs. Des svastikas perlés décorent la jupe blanche papier. Des feuilles d'argent volent au vent. Les montagnes de Séoul, déjà enneigées, se détachent sur un ciel gris."
- L'étoile de Gobi, mongole, janvier 1951  [5e photo] - "Une riche dame mongole vient de rentrer dans sa yourte. Elle se désole d'avoir cassé son beau collier en jades et turquoises, dont elle tient un morceau à la main. Son vêtement noir est orné de pivoines bleu gammé, rehaussées d'or, sur lequel est posé un gilet également noir décoré de nuages violets et argent. au revers des manches des svastikas, croix bouddhiques, or et platine. Sur la poitrine une grosse broche de corail et pierres précieuses. La jeune femme porte une couronne d'argent. Les nattes de sa chevelure sont ensachées de noir et jaune citron à gaufrures, brochées de fleurs stylisées. La nuit va tomber sur le désert de sable, le ciel s'assombrit où volent des vautours, seule brille encore "l'étoile de Gobi". Gravure dédiée au Président Vincent Auriol."
- Les jades  [6e photo]
- Portrait of a Chamarro Woman, green, déc. 1954  [7e photo]
"Le rendu des détails, les effets de transparence et l'harmonie des couleurs traduisent bien ici l'élégance du personnage soucieux de son apparence"
- ?  [8e photo]
- Orchidées blanches, [9e photo]
- ? [10e photo]
- Runabai et Mio, élégants tatoués de Rull à Yap, Ouest Carolines, 1942  [11e photo]
- Danse d’Okesa, Sado, Japon  [12e photo]


P. Jacoulet : détails insectes et papillons
Je me suis aussi régalée des reproductions de papillons et insectes dans l'univers de Paul Jacoulet.


Il était précisé que l'artiste collectionneur avait parfois introduit des espèces non indigènes dans ses tableaux, mais je réserve ce constat aux experts entomologistes...
J'aimerais quand même essayer d'identifier cette énorme araignée tisseuse aux pattes roses et corps noir.


Quelques légendes des tableaux (détails)  - de haut en bas et de gauche à droite :
- Jeune homme de Faïs tatoué, Ouest Carolines, 1935 [photo 3]

- Jeune indigène d'Oléaï, Série Papillons, Ouest Carolines, 1935 [photo 4]
- Papillons Tropiques 1939 [photo 7]
- Ornithoptera Lydius (papillon), mers du Sud, 1936 [photo 9]

- Fleurs des îles lointaines, Mers du Sud, 1940 [photo 10]

L'exposition se termine par la présentation d'objets personnels de l'artiste : pinceaux, crayons, petits godets de peinture, cartes de visite et photos.
J'ai quasiment attendu les derniers jours de cette expo pour m'y rendre, en faisant preuve d'un incommensurable (NB : 1e occurrence de ce mot ds mon blog !) effort de volonté car le temps m'était compté. Je me suis cependant remémorée la culpabilité que je ressens toujours d'avoir laissé courir l'expo sur Mary Cassat, celle sur le Street Art et mon cher Space Invader au musée de la Poste, celle plus ancienne sur mon idole Klimt.
Donc finies les procrastinations : en profiter tant qu'il est encore temps ! Ce que je vais m'empresser d'appliquer pour Marie Laurencin avant que toutes les œuvres exceptionnellement réunies ne repartent... au Japon où elles sont conservées !
Tiens tiens, encore le Japon !
En ce moment, j'ai l'impression de suivre un fil conducteur japonisant, après les expos Hiroshige / L'art du Voyage ; Van Gogh / Rêves de Japon, et la biographie romancée de Hokusai...

--> voir la rubrique "Expos" du blog...

lundi 13 mai 2013

EELS : fin de concert surréaliste ! sans lumière et matos...

Lights out - 3e rappel sans projecteurs,
à la seule lumière du lustre rococo

I'm your Brave Little Soldier

Pas fini de parler de ce concert de EELS à Paris (sublime salle du Trianon) le 25 avril dernier !

C'est la première fois, dans l'absolu, pour F. et bibi, que nous assistons à un rappel aussi surréaliste !


La scène était en cours de démontage, y'avait plus de projecteurs, et le matos était en partie remballé !!!
Il fallait le voir pour le croire, surréaliste, hallucinant !

Mr E's Beautiful Blues
Déjà, Mr. E. et son groupe nous ont transportés de joie avec 2 rappels. 


En 1er rappel, 3 morceaux bien coulés et pêchus :  
- I'm Your Brave Little Soldier (bonus track from Wonderful Glorious, 2013)
- puis un mix de  My Beloved Monster (Beautiful Freak, 1996) /  Mr. E's Beautiful Blues (Daisies of the Galaxy, 2000)

Suite à quoi, le Eels Band remercie so sympathiquement sa French audience and then escapes en coulisses...
Les lumières s'estompent...
On n'y croit qu'un peu... mais des fois que... et si... allons voyons... maybe... Dear God, pleaaaaase !!!!
Certains fans (no names !) restent scotchés et "inversement proportionnellement", hurlent et tapent des mains et des pieds et chantonnent même "Seven Nation Army" pour faire revenir le Band on stage...  And it works !!!!
Le matos est déjà en partie remballé... 'y a plus de projecteurs... et les roadies font les fous !

Prizefighter
So second encore (2e rappel) : Stick Together (Wonderful, Glorious, 2013)

Après cela, d'après mes calculs sur place, on en est à 21 morceaux... (Voui... Je me promène en concert avec : Appareil photo (my one and only Panasonic Lumix et sa batterie de rechange + moult SD cards + Feuilles + Stylo + bouteille d'eau de survie + sac à main  (NDLR : méga allégé le sac coz attaques RER D !) + cartable du boulot + blouson chaud pour voyage retour + écharpe + kleenex etc.)  : il me faut mon matos aussi pour lister la setlist "live"... 

Finally, seems like this is the end of the Eels show...
Part of the audience (2nd floor at least) has already left, going down this beautiful Trianon staircase to the floor - Yet many people are sharing special moments of the show, singing and hoping it could last some more...
When suddenly... Is it true ?
Yeah, we can hear a bit of a drum, bit of a guitar and voice(s) and sound of music !!!!!!!!!!!!!!!
Oh Well Fleetwood Mac cover
Yeah !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Eh oui, nom d'un beau teckel : lumières éteintes, au milieu des roadies se frayant un chemin entre les câbles, le matos à moitié remballé, partie du public déjà évacuée...
Soudain le Band revient sur scène (y'a même plus de scène !) et entame le 3e rappel dans la semi-obscurité : surréaliste !!!  

Deux morceaux bien déjantés pour finir en beauté et comblés ce super concert : Open my present & Go Eels (vidéo ci-dessous, je sais, ça manque vraiment de lumière ! on a fait avec les moyens du bord)
                              
                                Vidéo du rappel ultime : Open my Present & Go Eels

Sacré E. et sacrés Eels ! Même moi j'avais remballé l'appareil photo et étais en train de quitter la salle... quel volte-face soudain pour se ruer à nouveau inside ! Naughty boys !
Tremendous !!!! Goddamn right 't was a beautiful day, uh uh !!!
Dear Everett and crew, on sera de nouveau là on your next venue. Oh yeah ! So wonderful and glorious.

--> voir aussi Prendre des photos avec un compact numérique en concert
--> et ma rubrique Ziquemu !!!

dimanche 12 mai 2013

Zoé Shepard : "Ta carrière est finie !"


***** Réf géogr : France - Genre : Suite version au placard de... Absolument dé-bor-dée ou  le paradoxe du fonctionnaire   (Albin Michel, 2012, 295 p.)
Le retour de Zoé, alias Aurélie Boullet dans la vraie vie, après son année de congé sabbatique.
Un regret liminaire : que le livre n'aborde pas du tout cette année passée au Sénégal dans le cadre d'une mission humanitaire. Raison probable à cela : l'auteur n'aborde jamais sa vie personnelle dans ses deux romans, consacrant toute sa verve à décrire sa vie professionnelle. Lire Zoé Shepard, ce n'est pas tout-à-fait embarquer à bord du journal de Bridget Jones ! mais certaines situations valent leur pesant de rigolade ou  de consternation face à ces révélations de ce qu'il y a derrière le miroir de nos élus.
Nous retrouvons les personnages croisés dans Absolument dé-bor-dée. J'y ajoute ceux qui m'avaient échappé dans ma 1ere chronique : Communicator, Géant Vert, et le nouveau Directeur des relations internationales : The Gentleman (le pauvre, il va vite en revenir...). 

Notre Zoé relate dans ce second opus sa "placardisation (Pla.kaʁ.di.za.sjɔ͂) : n.f. du lat. placibilitas : clémence et arduus : difficile - Résultat de la crise d'autoritarisme d'un chefaillon frustré consistant à mettre à l'écart tout salarié qui n'exécute pas béatement ses ordres imbéciles." (NB : Chère Zoé, imagines-tu le temps que j'ai passé à trouver les caractères spéciaux pour la transcription phonétique Pla.kaʁ.di.za.sjɔ͂ ... mais c'est pour la bonne cause).
En filigrane d'une narration au second degré jamais à court de cocasseries ou de bons mots, pointent les stigmates du harcèlement moral que va subir Zoé, peu à peu dépossédée de ses dossiers, rendue inutile, moquée, et placardisée.
Les dossiers sur lesquels Zoé a encore le droit de collaborer sont les plus ennuyeux, ou ceux bourrés de tracasseries, ceux dont personne ne veut.
Ainsi, la soudaine lubie (tellement fashion !) de Fred l'élu en charge du protocole qui décide de transformer une vieille annexe... en maison "SECS" (solidaire, écologique, citoyenne et sociale),  vitrine internationale du développement durable de la municipalité. Peu importe le budget, les normes, l'intérêt aux yeux des habitants de la ville, la priorité... seule compte l'esbroufe.
Autre dossier : la préparation de la visite d'une délégation d'élus de la collectivité et de chefs d'entreprise - tous frais payés par le contribuable bien sûr - pour participer aux Assises de la coopération décentralisée et du développement durable à Nairobi. Là, nous avons droit à des moments grandioses : inculture consternante des élus, gabegie des deniers publics, tourisme avec safari inclus aux frais de la princesse, interventions bidons lors des colloques, beuveries post-conférences. Hélas, il y a tellement de vrai dans ce que narre Zoé.
Certains passages m'ont laissée plus dubitative face à autant d'incompétence : Coconne la secrétaire qui porte bien son (sur)nom a jeté dans la poubelle des papiers recyclables la chemise comportant la trentaine de passeports de la délégation... Et la petite équipe de fouiller les poubelles au sous-sol pour retrouver les documents...
La délégation française : totalement inculte quant au continent africain, ce qui ne laisse pas de stupéfier notre pauvre Ambassadeur.
C'est toujours écrit avec humour et second degré, mais la recette de ce 2e opus a moins bien pris que le 1er récit. L'effet de nouveauté s'était estompé.
Pourtant, le récit de la mise au placard de Zoé est prégnant.
Mais il n'a pas la force du récit, sur le même triste thème, percutant et désarmant des Heures souterraines de Delphine de Vigan. 
En effet, ces deux écrivaines brossent le portrait de deux femmes confrontées à une situation de harcèlement moral au travail, progressivement placardisées, vivant l'angoisse dès le petit matin de se demander à quoi bon se lever et se rendre au travail si c'est pour ne plus gérer de dossiers à la mesure de leurs compétences, de voir ses dossiers récupérer par un(e) intrigant(e) qui prend la main sur tout et s'éclate sans vergogne, se sentir soudain devenue totalement incompétente et inutile, useless.
Se forcer à se rendre au travail même si on n'a plus de responsabilités, pourquoi ? parce que sinon c'est la faute que cherche à tout prix le manager pour vous jeter. Le pain bénit. Alors y aller la mort dans l'âme, oui.
Se demander, une fois parvenue à son poste de travail, que faire qui ne finisse pas en matière à reproche, en boomerang de faute au dossier.
Essayer tout simplement de rester la tête hors de l'eau pendant que la hiérarchie vous l'enfonce : dur, intenable, invivable.
Zoé est forte, elle s'accroche et l'on ne peut que la soutenir dans son cauchemar. 

NB : je dédie cette p'tite chronique à mes ami(e)s de l'IEP Paris, en nos vertes années incluant l'abominable AP juste après après le bac, les deux infernales années suivantes, l'épreuve du diplôme, la prep-ENA...
Pas une partie de plaisir, mais avec le recul quelle dévotion aux révisions, et à la cause du Service Public...
Alors coucou les Valérie(s) D. et L., Gwénaëlle, Dominique L. et tou(te)s les autres compagnons de souffrance et éclate. Quelle capacité de résistance au stress nous avions... On l'a bien mérité ce sacré diplôme ! Cher Daniel B. tout là-haut, je pense souvent à toi.
Et tant que j'y suis : coucou à l'un de mes jeunes maîtres de conf' d'alors, fascinant et si proche de ses élèves, the one and only Guillaume Pépy ! Ah qu'il a su faire grandir la flamme du SP en nous.


Morceaux choisis :
  • "Notre DRH ne réalise sans doute pas qu'après 8 années d'études passées à rêver de servir l'intérêt général, se retrouver dans un no work's land ponctué de réunions stériles et à rendre des notes jamais lues est tout simplement invivable. Et que quitter temporairement la mairie était la dernière étape avant le pétage en plombs en règle." (p.10) 
  •  Au sujet de la grande mode des nouveaux managers de transformer l'appellation des services :
    "Après la brillante transformation de l'AIE (Affaires internationales et européennes) en DIE (Direction internationale et européenne), Simplet n'en est pas resté là : tous les services sont passés à la moulinette et la note qu'il me tend m'apprend donc que les affaires européennes ont été rebaptisées Pôle Union européenne et que les Affaires internationales s'appelleront désormais Pôle international service. PUE et PIS. Même dans mes rêves les plus démoniaques, je n'aurais jamais envisagé ça. Si ces nouvelles appellations ne changent en rien ce qui est fait dans les services - pas grand chose -, elles ne laissent aucun doute sur le degré de mégalomanie de leur directeur. L'occupation favorite de Simplet - s'écouter expliquer que la modernisation d'un service passe par son changement de nom (...)". (p.19) 
  • "- C'est ça, soupire la nouvelle recrue qui se tourne vers moi et, apercevant le "Canard enchaîné" étalé sur mon clavier d'ordinateur demande : Vous êtes occupée ?
    - Je prends du recul par rapport à mon travail." (p.35)
     
  • "Les jours où je veux vraiment voir la vie du bon côté, je me dis que placer deux agents pour un unique poste permet de réduire le chômage. Le reste du temps voir un tel gâchis des deniers publics me navre." (p.53) 
  • "- Ce qui fédère le mieux un groupe, c'est un ennemi commun. (...)- Je ne peux pas critiquer Nicolas Baudet, c'est mon supérieur hiérarchique.- Qui vous parle de critiquer Simplet ? Non, ici, l'ennemi commun c'est la photocopieuse. - Un peu restreint comme sujet de conversation, non ?- Pas nécessairement, elle fait aussi scanner, trieuse, impression couleurs et la plupart du temps rien ne marche. croyez-moi, critiquer la photocopieuse est le meilleur moyen de vous intégrer. Et déverser toute votre diatribe devant la machine à café vous fera gagner des points supplémentaires." (p.78)
Le harcèlement moral via le retrait des dossiers habituellement traités :
  • Zoé : "- Monsieur Baudet, je souhaiterais vous parler du dossier Chine qui, de toute évidence, m'a été retiré sans que...- Ça suffit, me coupe Alix [NDLR : Alix est une pétasse jalouse et moins diplômée, qui a mis Zoé sur la touche et se charge de récupérer ses dossiers les plus intéressants]. Tu te permets d'arriver en retard, donc tu ne vas pas en plus nous harceler avec tes problèmes existentiels ! conclut-elle avant d'entraîner Simplet vers son bureau." (p.115) 
  • "Se sentir mal au travail n'est pas l'apanage des catégories C ni des salariés en burn-out. Trimer comme un âne pour décrocher un concours puis arriver dans un no work's land et se faire mettre plus bas que terre toute la journée par une bande de nullités ravies d'exercer leur pouvoir démolit tout autant. (...) Mon bilan de la semaine est comparable à celui de la VIE en Chine: nul. J'ai vaguement synthétisé un rapport parlementaire afin que ma semaine comporte quelques activités reliées à ma fiche de poste et suis occupée à arracher des dalles de moquette lorsque The Gentleman débarque dans mon antre, surexcité (...)." (p.145)
 --> Voir aussi mes chroniques de lecture tous genres tous pays... et la page que je construis petit à petit sur mes romans préférés...

dimanche 5 mai 2013

Un jardin un peu toufou (touffu + foufou !) bien à mon goût

Une mésange (artisanat du Zimbabwe), survole euphorbes et lunaires
Par de ci-de là, mon jardin affiche parfois selon son humeur une petite allure brouillonne ou forêt vierge.

Ça me plaît !

Les plantes s'installent et se ressèment où bon leur semble, et dans des endroits même incongrus (en bon milieu de l'allée de graviers : que de roses trémières, luzerne arborescente, giroflées, camomille, myosotis etc.).

Parfois je les déplace par la force des choses, sinon nous ne pourrions plus faire un pas.
Quand je manque un peu de temps pour ordonner le jardin, eh bien la nature s'en donne à coeur joie et c'est un méli-mélo de couleurs, variétés, espèces... qui se succèdent à chaque saison.
Tulipes et giroflées (fin mars)
Lors de notre récente visite de l'expo du peintre et architecte autrichien Hundertwasser à Paris, j'ai redécouvert (ce que j'avais oublié) son amour de la nature à l'état de nature, non cadrée, recadrée, décadrée, désencadrée par l'homme.

Tulipes, muscaris, euphorbes naines
Géranium vivace, giroflées, tulipes
"Quand Dieu créa la terre, il a vu que la nature était imparfaite. Aussi créa-t-il le jardinier. (C'est un sarcasme). Le jardinier est comme l'architecte : il détruit la nature. L'homme doit remettre la végétation spontanée dans son droit. (...)
Il faut se laisser recréer par elles-mêmes les barrières de beauté.

Une barrière de beauté est faite par des irrégularités non maîtrisées, non contrôlées par l'homme."
(in F. Mathey, Hundertwasser, Flammarion, 1986, p.72)

Ci-dessous, vue (un peu dans l'esprit de Hundertwasser), d'un coin du fond du jardin masquant le bac à compost, où les plantes s'en donnent à coeur joie :
les lunaires (monnaies du pape) et leurs fleurs violettes poussent en arrière-plan, au milieu de mahonias, et de giroflées jaunes et d'autres sublimes giroflées orange foncé.
En premier plan s'élancent les grandes tiges et ombelles jaune citron des euphorbes.
A gauche, on entrevoit une belle "pousse" d'achillées (les feuillages dentelés hauts d'une dizaine de cm).  

Au tout 1er plan, photo de gauche, superbe touffe de géraniums sanguins provenant d'un petit rejet dormellois offert par ma mère. Et à la droite de cette végétation touffue, ne figurent pas sur la photo les jeunes touffes vaporeuses de mes chers fenouils associés à mes braves roses trémières. Vive la joyeuse diversité !

--> Voir la rubrique "jardin" du blog
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