lundi 1 octobre 2012

Journal de Julie Manet, fille de Berthe Morisot et d'Eugène Manet

Julie MANET - Journal 1893/1899 (extraits) *****
B. Morisot : Portrait de Julie (1889)
« J’ai souvent eu envie de faire mon journal, je compte le commencer maintenant, écrit-elle en août 1893. Il me semble qu’il est un peu tard, mais plus j’attendrai, plus il sera tard, et après tout je n’ai que quatorze ans ».

J'ai beaucoup apprécié la lecture du journal de Julie, fille des peintres Berthe Morisot et Eugène Manet, nièce du peintre Edouard Manet
Je peux même dire que j'ai adoré lire ce témoignage d'une jeune fille bien née, mais naturelle et sans façons, à une époque si riche en évènements artistiques et politiques.

Ce journal, agrémenté de photos, lettres, tableaux, est un petit bonheur de lecture qui nous transporte environ cent vingt ans dans le passé (seulement !), et, outre le bonheur de lire les émois, réflexions parfois naïves mais toujours charmantes, l'optimisme incroyable de Julie, nous remémore des pages de nos livres d'histoire (la IIIe république, Mac-Mahon, l'affaire Dreyfus, Fachoda et les Anglais...) mais cette fois-ci sous un angle intime et proche de nous. (Isabelle S. et Valérie D.: lisez-le, vous allez adorer !)

Née le 14 novembre 1878, Julie perd son oncle le fameux Edouard Manet quand elle a 5 ans, en 1883.
Elle perd son père à l'âge de 12 ans en 1892, puis trois ans plus tard, à 16 ans sa mère Berte Morisot, qui décède d'une pneumonie à 54 ans.
Marquée par les deuils, la jeune Julie sera entourée par les amis artistes de sa famille, son tuteur le poète Stéphane Mallarmé, qui lui offre son lévrier Laërte, et le proche ami de la famille le peintre Auguste Renoir.

Petit mot de Stéphane Mallarmé à Julie Manet - nouvel an 1891:
"Ici-même l’humble greffier 
Atteste la mélancolie
Qui le prendre d’orthographier
Julie autrement que Jolie."
Fichier:Pierre-Auguste Renoir - Julie Manet.jpg
Portrait de Julie
 par Renoir (1887)

Julie  commence son journal à l'âge de 14 ans, et le tient avec régularité jusqu'à son mariage avec Ernest Renouart (peintre et fils du peintre Jean Rouart) le 31 mai 1900.

Fichier:Eugene Manet and His Daughter at Bougival 1881 Berthe Morisot.jpg
B. Morisot : Julie
et Eugène Manet à Bougival (1881)
C'est le compte rendu quotidien d’une jeune parisienne des années 1890, extrêmement intéressant pour son rendu de l'époque, du milieu artistique, de l'évolution industrielle et des évènements politiques français et internationaux.

Julie vit entourée d'artistes peintres, et très tôt s'adonne elle-même à la peinture. sa mère reçoit régulièrement à dîner Messieurs Degas, Renoir...

Bien que frappée par des deuils successifs et orpheline à 16 ans, Julie conserve son optimisme hors du commun, son sens des petites choses de la vie qui peuvent procurer quelques menus plaisirs, un coucher de soleil, une lumière particulière...
Après la mort de sa mère en 1895, elle s'entoure de ses cousines dans la maison familiale rue de Villejust à Paris et continue sa vie de jeune fille de bonne famille de l'époque : cours de peinture, musique, concerts, sorties en grande tenue et chapeautée au parc, visites d'expositions. Les contingences matérielles lui semblent totalement épargnées. 
Julie Manet : Geneviève au jardin (aquarelle)

Julie Manet : Paule et Jeanne à la plage de Dinard
[Julie+Manet+1874-1966,l'heure+du+thé.jpg]
Julie Manet : L'heure du thé
(portrait de Jeanne Gobillard)
JULIE ET LES AMIS DE FAMILLE, PEINTRES ou ARTISTES
 4 mars1896 : Altercation entre Degas et Monet au sujet de l’aménagement de l’exposition consacrée à Berthe Morisot :
"Est-ce que je m’occupe du public ? Il n’y voit rien, c’est pour moi ; pour nous que nous faisons cette exposition : vous ne voulez pas apprendre au public à voir ? Crie M. Degas. Eh bien si, répond M. Monet, nous voulons essayer. Si nous faisions cette exposition uniquement pour nous, ce ne serait pas la peine d’accrocher tous ces tableaux, nous pourrions simplement les regarder par terre." (p.86)
 
JULIE PASSIONNÉE : 
14 novembre 1894 : "J’ai 16 ans. Le lever de soleil est extraordinaire. Il est féerique, rose, complètement rose comme un feu de Bengale, tout est enveloppé de tarlatane, c’est merveilleux." (p.54)

JULIE DÉPRIMÉE :
16 septembre 1897 : "Jusqu’à présent, j’avais beaucoup d’ambition, je voulais avoir un vrai talent ;   maintenant je voudrais seulement être plus que la jeune fille qui peint des éventails et des abat-jour, peut-être dans quelques temps n’aurais-je peut-être même plus cette ambition-là ?" (p.116)

Julie Manet peinte par Renoir
JULIE ET LES HOMMES…

17 septembre 1897 (19 ans...) : "M. Renoir a débandé son bras ce soir, que j’ai été horrifiée à la vue de tous ces poils, que l’homme est laid ! Un animal a une fourrure, mais l’homme a des poils qui laissent voir la peau, c’est horrible ! Tout de même, il faut du courage pour se marier avec cela !" (p.116)

22 septembre 1897 : "Jeannie dit toujours que c'est un devoir de se marier et d'avoir des enfants ; mais ce devoir va-t-il jusqu'à épouser quelqu'un qui vous déplaît pour peupler la France ? En ce cas, c'est bien dur. Il m’a toujours semblé que les présentations, les mariages par arrangements, tout cela devait être odieux ; mais être aimée et aimer, cela doit être doux. Je pense que jamais je ne goûterai à ce bonheur, ce serait trop pour moi, je ne m’attends pas à de grandes jouissances dans ma vie et cependant j’espère toujours." (p. 119)

JULIE ET LE PROGRES…
Berthe Morisot : Julie (1890)
28 septembre 1897: "M. Renoir n’a-t-il pas raison ? Quel esprit sain disant toujours des choses pleines de sens ! cette mécanique qui envahit le monde est assommante, je vois avec horreur venir les automobiles, les bicyclettes, bien qu’il y en ait beaucoup trop, je trouve cela moins horrible, d’ailleurs je ne peux plus en dire de mal puisque je l’apprends. M. Renoir qui s’est cassé le bras en descendant, peut la haïr." (p.117)

JULIE ET L’AFFAIRE DREYFUS...
- 16 octobre 1898 : "Entre les grèves (des chemins de fer) et l’interminable affaire Dreyfus, on ne peut augurer rien de bon." (p.146)
- "Le 19 septembre 1898, le gouvernement Waldeck-Rousseau casse le verdict du tribunal de Rennes contre Dreyfus et gracie celui-ci (…). Le 20 septembre, Julie note dans son journal qu’elle envoie 6 francs à la souscription de la Libre Parole pour le rapatriement des juifs à Jérusalem." (p.182)
- 26 octobre 1898 : "Les journaux apportent de mauvaises nouvelles de Fachoda, quelle question inquiétante, ce serait horrible d’avoir une guerre avec les Anglais, leur marine est si forte, cette idée me navre." (p.148)
- 2 août 1899 (p.178) et 15/11/1899 (p.184) : Les remarques reprises par Julie ne méritent pas d'être reproduites, c'est je pense à mettre sur le compte de la naïveté de la jeune fille... qui fait siennes les positions farouchement antidreyfusard de son mentor de peintre le célèbre Renoir.


Quelques commentaires de Julie sur des œuvres de sa mère Berthe Morisot :

3 mars 1896 : Préparation de la rétrospective posthume "Berthe Morisot" à la galerie Durand-Ruel à Paris. Julie est chargée de numéroter les tableaux de sa mère.

"Le repos" : portrait de maman en blanc sur un canapé rouge et un pied en avant (par E. Manet)

"Le cerisier" : commencé à Mézy avec Jeannie en bas tendant le panier et moi sur l’échelle cueillant des cerises ; il a été fini rue Weber avec un modèle très gentil et Jeannie est restée comme elle était ; le ciel est celui d’un temps chaud, les bras de la figure du haut en silhouette du haut sur le ciel et les branches du cerisier merveilleusement dessinées. La robe rose souligne la douceur des tons verts de  l’arbre et la douceur de l’atmosphère enveloppe les lumières brillantes ça et là sur la robe. La figure du bas, au chapeau de paille très beau, est également enveloppée de vert.
 Le Cerisier de gauche a été travaillé rue de Villejust entre le commencement et l’achèvement de l’autre, le ciel est plus bleu, les verts dessus plus éclatants, la figure du haut en robe blanche à fleurs roses est moins dans l’ombre et a les bras plus levés, celle du bas a aussi une robe plus claire.

Berthe Morisot : La lecture (1888) - Julie dans la véranda
Musée d'Orsay 09/2019
Beaucoup de personnes ne savent pas lequel des deux tableaux elles préfèrent. On hésite, les avis sont partagés. M. Degas aime mieux le tableau n°3. M. Renoir l’aime mieux comme ensemble, mais préfère des morceaux de l’autre. M. Monet les admire tous les deux, M. Mallarmé  aime mieux le n°2 et moi aussi ;peut-être est-ce parce que maman le considérait de beaucoup comme le mieux, et qu’elle y avait le plus travaillé. L’année dernière, au mois de janvier, Carmentron avait emmené le tableau chez lui pour le vendre. Maman n’en avait demandé que 1.500 francs, mais lorsqu’il fut parti, elle le regretta et lui écrivit de le lui rendre. (p.90)
 
"Les roses trémières", roses, rouges, blanches, comme des fusées elles s’élèvent sur le ciel d’été et du matin sur l’arbre encore dans une atmosphère vaporeuse. (p.100)

"Intérieur" : Une femme en noir, assise de profil, à contre-jour, derrière elle une jardinière dorée, au fond une fenêtre, tante Edma et Jeannie regardent par la fenêtre. Le noir de la robe de la femme est merveilleux, et la transparence de la manche sur les bras ! Les mains très faites sont extrêmement jolies, cette figure a quelque chose de naïf en même temps que savant. Les meubles sont admirablement faits. (p.88)

Chronologie du journal de Julie Manet et principaux événements 1893/1899 :

1893
 Julie commence son journal - Berthe Morisot et Julie vont en vacances à Fontainebleau, près des Mallarmé - Julie fait la connaissance de Camille Mauclair - Promenade en voiture avec Laërte - Berthe Morisot en barque avec Stéphane Mallarmé - A Paris, reprise de la peinture / Visite à tante Suzanne - Un incident déplaisant / Chez Durand-Ruel - L’atelier de Renoir / Autre visite à Mallarmé - L’oncle-parrain / Musique - Funérailles du maréchal Mac-Mahon - Visite à Giverny / Julie se souvient de son père - Marie Bashkirtseff / Au Louvre

1894
Julie Manet : Rue de village (***)

Mort du parrain de Julie - Voyage à Bruxelles avec Berthe Morisot - La Libre Esthétique / Retour à Paris - La collection Duret /mort du tsar Alexandre III - Visite au marchand de tableaux Camentron - Chez Tante Suzanne / 16e anniversaire de Julie -  Une soirée à la Comédie-Française
 
1895
Maladie et mort de Berthe Morisot - La dernière lettre - Julie et ses cousines vont rejoindre la famille Renoir en Bretagne - Douarnenez/Visite à la maison natale de Paule Gobillard - Un curieux personnage dans une vieille église - Peinture en haut des falaises, à Tréboul - Mme Renoir évoque des souvenirs - Le départ des pêcheurs - Retour à Paris / La fin du monde ? - Le chat de Geneviève  / Degas exprime son opinion - Commentaires sur l’exposition Berthe Morisot - M. ZandomeneghiJulie a dix-sept ans - Un dîner chez Degas - Julie copie l’un des portraits de Manet 
 
Self-portrait with
Julie Manet : autoportrait
avec son chien Laërte (**)
1896
Premier anniversaire de la mort de Berthe Morisot - Préparatifs de la rétrospective Berthe Morisot chez Durand-Ruel - Monet choisit un tableau - Discussion entre Degas et Monet - Julie décrit l’exposition - Mallarmé vient dîner - Lecture de vieilles lettres de bon-papa - Julie accompagne Paule à la banque : une mésaventure comique - La visite du tsar Nicolas II / Magnifique spectacle de feux d’artifice - Déjeuner chez Renoir à Montmartre - Visites de fin d’année de Renoir et Mallarmé

1897
A l’atelier de Renoir / Mlle Baudot - Visite de Julie et de Paule à Degas - Dans le Val de Loire - Les cousines préfèrent descendre à l’hôtel plutôt que dans un couvent - Séjour à Vassé /Paule est grondée par sa tante - A Essoyes, chez les Renoir - Renoir effraie involontairement Julie - Automne / Quelques réflexions sur le mariage - Julie aimerait que M. Mallarmé la conseille davantage - Réunions au Louvre / L’Odéon - Une représentation décevante aux Folies-Bergère - Renoir donne une excellente leçon de peinture à Jeanne Baudot - Julie fait la connaissance d’Ernest Rouart, élève de Degas - Un dîner agréable avec Mallarmé et Renoir - Discussion sur l’affaire Dreyfus

1898
A l’atelier de Renoir - Une histoire amusante sur le Dr Evans, de Philadelphie - L’affaire Dreyfus et les juifs - Julie et Paule voient de nouvelles peintures de Renoir chez Durand-Ruel - La collection Rouart - Renoir mange des huîtres et discute de l’affaire Dreyfus - Un horrible accident - Deuxième anniversaire de la mort de berthe Morisot - Les toiles de l’oncle Edouard – La collection Goupil - Lettres / la petite-fille de Helleu écrasée par une voiture - Renoir parle de Wagner - Les salons et les indépendants - Une journée à Valvins chez les Mallarmé - Julie fait la connaissance d’une Danoise – De nouveau en Bretagne - Une terrible tragédie – A Valvins - Des obsèques bouleversantes - Leçons de Renoir - Agitation à Paris - Julie se rend compte qu’elle n’est plus une enfant - Les primitifs au Louvre – L’affaire de Fachoda - Degas aborde le sujet du mariage - Julie a vingt ans - Jeanne Baudot et Degas - Julie rencontre de nouveau Ernest Rouart - Mariage d’Yvonne Lerolle

Julie Manet : Portrait de Jeanne Pontillon,1893
1899
La lecture sur le transat by Julie Manet
Julie Manet :
La lecture sur le transat (**)
Triste début d’année - Guerre avec l’Angleterre ? - Julie évoque ses parents - Scandale à propos d’un tableau de l’oncle Edouard - Le château du Mesnil - Julie rêve à l’avenir - Le réalisme – La vente Desfossé - Exposition de tableaux laissés par Sysley - La collection Doria / Mauvais état de santé de Renoir - Le président provoque la colère de la foule - « Hamlet » - Les sentiments de Julie pour Ernest Renouart se précisent - La vente Choquet – Edgar Allan Poe - Le « sentiment » en peinture et en musique - Réflexions de Julie sur le mariage - Renoir parle du socialisme - Procès en révision de Dreyfus - Julie se demande si elle verra Ernest à Plaines - Pique-nique à Moyeux – Dreyfus de nouveau condamné - Voyage dans le midi - Le 21e anniversaire de Julie - Elle pense qu’elle aimerait épouser Ernest - Vilaine dispute entre Degas et Renoir - Une leçon de violon – Julie est souffrante - Visite de la collection Alexis Rouart - « Iphigénie en Tauride »


Une très intéressante chronologie artistique et historique figure en annexe de l’ouvrage. (Journal de Julie Manet, Ed. Scala, 1987, 200 p)
NB : L'écrivain Jean-Marie Rouart est le petit-neveu de Julie Manet.

Lettre de Berthe Morisot à Julie, écrite la veille de sa mort :

Jeune fille au jardin by Julie Manet
Julie Manet :
Jeune fille au jardin (**)
"Ma petite Julie, 
je t'aime mourante, je t'aimerai encore morte ; je t'en prie, ne pleure pas ; cette séparation était inévitable ; j'aurais voulu aller jusqu'à ton mariage...
Travaille et sois bonne comme tu l'as toujours été ; tu ne m'as pas causé un chagrin dans ta petite vie. 
Tu as la beauté, la fortune, fais-en bon usage. 
Je crois que le mieux serait de vivre avec tes cousines rue de Villejust, mais je ne t'impose rien. 
Tu donneras un souvenir de  moi à ta tante Edma et à tes cousines ; à ton cousin Gabriel, les Bateaux en réparation, de Monet. 
Tu diras à M. Degas que s'il fonde un musée, il choisisse un Manet. 
Un souvenir à Monet, à Renoir, et un dessin de moi à Bartholomé. 
Tu donneras aux deux concierges. 
Ne pleure pas; je t'aime encore plus que je t'embrasse.
Jeannie, je te recommande Julie".

Crédits - (*) : skyusers / (**) : artnet / (***) Lot-Art

Voir aussi sur ce blog :



samedi 29 septembre 2012

Je suis un acarien rouge !

Mille mercis à l'ami bloggeur et à Fredi qui ont éclairci le mystère de la petite bête rouge à 8 pattes, au corps velouté, que j'avais vue gambadant (très vif et rapide !) sur des graines de rose trémière. Voir le post "Suis-je une araignée rouge ?"
Il s'agirait donc d'un acarien, définitivement un trombidium/trombidion (en anglais : red velvet mite)...
Mais est-ce le "Eutrombidium Rostratus"/ trombidion velouté  ou le "Trombidium Holosericeum"/ trombidion soyeux ???... 
Le problème se corse, j'ai lu sur un forum que "la classification des acariens repose sur des critères parfois étranges, comme par exemple la disposition de leurs poils dorsaux." Je ne suis pas rendue dans mon identification plus précise avec ça !  
acarien rouge "trombidium"

trombidium et graines de rose trémière
C'est un acarien des jardins, que vous ne retrouverez pas dans vos matelas, les acariens des maisons étant invisibles à l'oeil nu. Cet individu-là, je ne l'ai aperçu qu'une seule fois dans mon jardin, et la photo n'est pas très nette...

Wikipedia apporte des précisions sur les trombidions  :
"Le trombidion soyeux est un gros acarien, mesurant 4 à 5 mm, il tient sa couleur rouge des caroténoïdes. Il avertit ainsi les prédateurs de sa toxicité. Le corps est couvert de fins poils, qui lui donnent un aspect soyeux. Il est parfois appelé à tort aoûtat car on le confond avec le Trombicula autumnalis, le véritable aoûtat...

Et sur la distinction entre araignées et acariens :
Les arachnides sont une classe d'arthropodes chélicérés terrestres, groupe qui comprend, entre autres, les araignées, les scorpions et les acariens.
Les Trombidiidae forment une famille d'acariens couramment désignés sous le nom d'araignées rouges, mais ce ne sont pas des araignées...
Voir les rubriques "insectes", "araignées" et la page des "habitants de mon jardin" !

mercredi 26 septembre 2012

Un gant de ménage, un bus, des pieds... zarbi

Le 25 septembre 2012, dans le bus...

un gant de ménage transparent allongé par terre,
qui dit bonjour de la main à deux paires de pieds chaussés de souliers blancs,

moi de l'autre côté, fascinée par cette mise en scène sauvage et insolite.

Le spectacle est partout, juste laisser courir son regard...

J'ai pensé à Fantomas, au passe-muraille, au mime Marceau...

Voir les "zarbis"...

dimanche 23 septembre 2012

Suis-je une araignée rouge ?

Une seule fois, me semble-t-il, j'ai aperçu cette petite bestiole rouge gambadant le 16 septembre sur les graines d'une rose trémière fanée.

J'ai d'abord pensé à une sorte de charançon rose/rouge.

Ce n'est qu'en regardant les photos sur l'ordinateur que je me suis demandé si l'individu n'avait pas en fait 8 pattes, et se rapprocherait davantage d'une araignée que d'un insecte type charançon.

Je m'interroge surtout sur les deux pattes à l'avant, qui peuvent aussi passer pour de sortes d'antennes...

Ce pourrait donc être une araignée rouge, mais de taille bien plus grande que ce que l'on appelle communément "araignées rouges" sur nos plantes.

Toutes proportions gardées, cette bestiole est quand même minuscule, à peine la taille d'une graine de rose trémière.

Avis aux internautes "avisés" : merci de m'éclairer à propos de cette petite bête ! Et visitez ma page "les habitants du jardin" pour découvrir d'autres insectes en attente désespérée d'identification !
Pour les amateurs d'araignées : cliquez ici...
En savoir plus sur la bestiole rouge : "Je suis un acarien rouge !"

Mon 2e Space Invader ! et encore du Street Art à Paris

En me rendant à la Maison Rouge, 10 boulevard de la Bastille, voir l'exposition consacrée au peintre Louis Soutter, j'ai rencontré sans le chercher mon deuxième Space Invader ! (voir le premier...)

Il m'en reste donc 998 à découvrir dans Paris, et 1998 dans le reste du monde...

Sur ce même boulevard, m'attendait également un autre témoignage de Street Art :

Sur un pan de mur d'une petite maison appelée certainement à être démolie,
des masques de théâtre chinois ou japonais...


dimanche 16 septembre 2012

Au jardin, le papillon Tircis Pararge Aegeria

Tircis Pararge Aegeria, sur l'achillée jaune
Voici cet après-midi le papillon commun Tircis Pararge Aegeria, nonchalamment posé sur la fleur désormais fanée de l'achillée millefleurs.

Il m'a laissée l'approcher de près, le temps de quelques clichés, puis s'en est allé...

J'en vois souvent dans le jardin.

Reste à avoir l'appareil photo à portée de main au bon moment... l'éternel défi du jardinier/accrocheur de linge/dilettante etc.  Il nous faudrait un appareil au cou en permanence.

J'en profite pour ajouter entre deux clichés d'achillées cette photo du même papillon, posé sur le bras de la chaise en fer forgé du jardin.
J'aime bien cette photo, son côté un peu mystérieux, le sombre et le doré, et le mariage des couleurs du papillon avec la couleur or que j'avais choisie pour repeindre le vieux salon de jardin en fer forgé.

Tircis Pararge Aegeria, posé sur la chaise en fer forgé


Tircis Pararge Aegeria, les yeux dans les yeux...


J'ai réussi à identifier sans trop de mal ce papillon commun.



Je vous invite à visiter ma page "les habitants du jardin" pour découvrir les autres insectes qui peuplent ce petit jardin écologique de la banlieue sud de Paris.

Voir aussi la petite chronique sur mon "jardin"!

mardi 11 septembre 2012

Le "11 septembre" vu par le peintre allemand Gerhard Richter

Tableaux avec Betty,
 la fille du peintre
Attirée par la superbe affiche de l'exposition consacrée au peintre allemand Gerhard Richter, à Beaubourg, qui représente la photo de sa fille de dos, cheveux en chignon... sauf que ce n'est pas une photo mais bien une peinture... Donc je suis allée (deux fois !) voir cette expo.

Gerhard Richter est un peintre contemporain, 80 ans aujourd'hui, dont je n'avais jamais entendu parler, et dont les oeuvres m'ont envoûtée.
Aujourd'hui, je retiens plus particulièrement son tableau "Septembre". Le 11 septembre, il y a 11 ans...

SEPTEMBRE / SEPTEMBER
Huile sur toile (2005), MoMa New York

Le 11 septembre 2001, au moment où le premier avion s'écrasait dans la Tour nord du Wall Trade Center, Gerhard Richter survolait l'atlantique à bord du vol Cologne/New York de la Lufthansa.
Il se rendait à NY pour l'inauguration d'une exposition qui lui était consacrée. Les autorités américaines prenant la décision de fermer totalement l'espace aérien US, le vol de G. Richter fut détourné sur Halifax au Canada.
Quatre ans plus tard, il peignit le tableau "Septembre", d'après une photographie, et qui représente la tour sud du World Trade Center en partie cachée par la fumée provenant de la tour nord déjà frappée.

Vignette d'accompagnement du tableau "Septembre" à l'exposition de Beaubourg :
« Cette force énorme, ce pouvoir effrayant de l’idée qui va jusqu’à la mort.
Gerhard Richter : Haggada (2006) à gauche et Septembre (2005) à droite
Pour moi, c’est bouleversant, inexplicable, que nous produisions des idées qui, presque toujours sont non seulement, complètement fausses, mais surtout néfastes. L’enjeu des guerres de religions et que sais-je encore, n’est que balivernes, et nous y adhérons férocement, fanatiquement jusqu’à la mort ».

(Gerhard Richter, 1989 dans Textes, Dijon, Les presses du réel 1999)


 

G. Richter : Septembre/September, exposé au centre Pompidou (août 2012)

Extrait du catalogue du centre Pompidou / interview de Gerhard  Richter par Nicholas Serota, directeur de la Tate Gallery :

«(...) NS : Quel est donc le but de l’art ?
Gerhard Richter : Il permet de survivre dans ce monde. Un moyen parmi de nombreux autres, comme le pain, comme l’amour…NS : Et que vous donne-t-il ?
GR : Certainement quelque chose à quoi l’on peut de raccrocher. Il a la mesure de tout ce qui est insondable, insensé, absurde, de l’incessante cruauté de notre monde. L’art nous montre comment voir ce qui est constructif et bon, et à y prendre une part active.

NS : Il structure donc le monde ?
GR : Oui, il apporte le réconfort, l’espoir, de sorte qu’y participer n’est pas vide de sens.

NS : Y a-t-il des sujets qu’il vous est impossible de peindre ?
GR : Je ne pense pas qu’il y ait de sujet qui ne puisse être peint, mais il y en a beaucoup qu’il m’est impossible de peindre.

 NS : Dans le cas de Septembre, aviez-vous songé en 2001 à la possibilité de peindre un tableau inspiré du sujet, ou l’idée est-elle venue bien plus tard ?
GR : Quatre ans plus tard, à vrai dire. Bien que les images publiées dans les journaux m’aient bien entendu profondément choqué, je ne pensais pas qu’il était possible de peindre cet instant, et certainement pas de la façon qu’ont choisi certains, avec le point de vue insensé que cet acte atroce était une sorte de happening ahurissant, pour le célébrer comme une méga œuvre d’art.

NS : Vous vous êtes donc efforcé de trouver un moyen de traiter le sujet sans le rendre spectaculaire ?
GR : Absolument, en me concentrant sur son incompréhensible cruauté et son caractère atrocement fascinant…

NS : Lorsque vous peignez des tableaux réalistes, vous faut-il être très précis ?
GR : Oui, dans le sens le plus large du terme.

NS : Que cherchez-vous à obtenir avec ces images réalistes ?
GR : Je m’efforce de peindre une image de ce que j’ai vu et de ce qui m’a ému, le mieux possible. C’est tout. (...)»



John Bailiwick, chroniqueur sur le site de l'American Society of Cinematographers, familier de l'oeuvre de Richter, a d'abord vu une image plutôt bucolique dans ce tableau, avant de réaliser ce qu'il représentait vraiment. Il demanda par mail à 25 amis de lui dire ce qu'eux voyaient dans ce tableau. Les réponses sont surprenantes quand on connaît le sujet du tableau, mais l'exercice est intéressant :
  • This is a very soothing image to me, reminding me of the gentle lapping of a deep lake with the sun reflecting and playing with the surface.
  • For me it inspires ideas of the woods and the sea combined. I see trees and the texture of smooth trees, like birch. I also ‘see’ the ocean, and sea life like dolphins, swimming. Do you now think I’m crazy? Just joking. It’s lovely and peaceful.
  • My reading of the “painting” is of a young man or woman facing away from a screen door damaged by a storm but is facing the unseen damage inside.
  • Well, at first I thought it was an abstract reflection of a boat on the water.  But the longer I looked at it I began to feel something destructive and disturbing and began to imagine the debris exploding from the first impact into the twin tower.
  • I admit that it took me a while to realize that this was not a reflection in water, as I initially thought. The colors seemed so familiar and the patterns looked like ripples on a lake. Soon I realized that I was looking at the first tower collapsing, on 9/11. (...)
09
Richter devant "Septembre"
(The ASC website)
Dans une interview au Spiegel en 2005, Richter a expliqué sa difficulté à peindre "Septembre", même après avoir réalisé plusieurs études et dessins :
"These are only failed attempts. I couldn’t get this stereotypical image of the two towers, with the smoke billowing out of them across the deep blue sky, out of my mind.
Finally, I tried to paint it, but it didn’t lead anywhere. Even while I was painting, this was the wrong approach."
Il a presque peint par dessus la toile pour la recycler comme il l'avait déjà fait pour des toiles qui ne lui donnaient pas satisfaction.
"He did scrape it nearly clean, but found a solution when he painted over it, muting the yellow fireball, then applied a squeegeed layer of paint over the image of the towers." (source : ASC)

A voir sur le site de Richter : une vidéo de 19 minutes de Robert Storr présentant “September” et la place qu'occupe ce tableau dans le panorama des peintures "historiques" et dans l'oeuvre de Richter.


Quelques instantanés de l'expo RICHTER au Centre Pompidou :
Ceci est bien une peinture... 
(affiche lumineuse Ctre Pompidou d'après portrait de Betty)
Gerhard Richter : peinture abstraite (1990)


--> Voir la rubrique "EXPOS" ou celle "PEINTURE"

dimanche 9 septembre 2012

Jack White en surprise : super Friday !

Vendredi soir, sempiternelle question pendant la préparation du repas : journal télé, docu Arte ou les Guignols et le grand journal ?
Grâce au fiston, c'est Canal + qui gagne...

Merci (grand) fiston : car soudain un passage live de Jack White est annoncé !!!

Incroyable quand même, en pleine tournée européenne, après avoir déjà fait ses dates à Paris, Jack nous revient pour Freedom at 21 (3e chanson de l'album Blunderbuss), avec son groupe féminin The Peacocks.


Jack (la main droite de...) et sa Fender Telecaster
C'est si inattendu que ça en est incroyable !
A peine le temps de lâcher les instruments de cuisine pour foncer chercher le téléphone et filmer ce moment béni à la télé !

Seul hic énoooorme : l'autre (petit) fiston était scotché à la PS3 dans le salon et menace de fin du monde si nous le virions du grand écran. Du coup, repli sur la petite TV de la cuisine, petite image et petit son...
(NB : nous aurons notre revanche sur la PS3, sûr de sûr)

Jack White : Freedom at 21, capturé depuis la TV...

Super chanson du dernier album, une des plus rock.
Et cet album, BLUNDERBUSS, est géant...

Désolée pour les photos prises depuis le petit écran de TV et pour le son, mais c'est toujours mieux que rien, et ça nous a donné un super vendredi 7 septembre !
 
25 cents US "Michigan" et "Tennessee"

Voir aussi : "Fabuleux concert d'un fabuleurs musicien" et la rubrique "MUSIQUE"

dimanche 2 septembre 2012

Buddleia : le bel arbre à papillons facile à vivre sauf pour les chenilles

C'est la fin de l'été et nos buddleias se fanent...

Ce sont tous des "pièces rapportées" : aucun ne fut acheté, tous proviennent de semis spontanés récupérés à droite à gauche : il faut reconnaître que ce bel arbuste constitue une espèce invasive. Il est résistant au froid, à la sécheresse, aux prédateurs, ne nécessite pas d'arrosage et pousse sur tout type de sol même pauvre.

Chez nous : trois buddleias violets et un buddleia blanc qui fleurit plus tard que les violets.
Le buddleia est en fleurs bien après le lilas. Il ne possède pas l'odeur délicieuse du lilas, mais répand quand même un parfum délicat.

C'est un arbuste originaire de Chine (mais qui doit son nom à un botaniste, M. Buddle), qui peut facilement atteindre les 2 à 4 m de hauteur !"
En chinois, ce buddleia est nommé 大叶醉鱼草 da ye zuiyucao, formé de zuiyucao "buddleia", morphologiquement "plante enivrant les poissons" et da ye, "grande feuille".  Les fleurs mises dans l’eau sont réputées enivrer les poissons, ce qui n’est pas surprenant sachant que des terpénoïdes ont été découverts dans la plante." (source : Wikipedia)

Evidemment, l'arbre aux papillons nous en attire de beaux !

Papillon Mégère "Lasiommata Megera" sur buddleia






















Papillon Flambé "Iphiclides Podalirius" sur buddleia


Toutefois, j'ai découvert avec surprise que le buddleia n'héberge aucune chenille, alors que les papillons adultes viennent se nourrir du pollen de ses fleurs.
Par conséquent, il ne participe pas au cycle biologique des papillons.

Et son caractère invasif l'amène à coloniser de plus en plus d'espaces (bordures de voies ferrées, d'autoroutes, jardins, friches...) au détriment d'espèces hôtes de chenilles.

Finalement, l'arbre aux papillons ne serait pas si bénéfique pour les papillons...


Voir aussi sur ce blog :

- la page des "habitants du jardin"
- la rubrique "jardin"
- la rubrique "insectes"

Un fourmilion lové sur une corde à linge


Voici ce que j'ai découvert in extremis avant d'accrocher mon linge : une drôle de chose enroulée autour de la corde à linge, qui ressemble bien à une libellule...
Pour un peu, je lui plantais une pince à linge dessus... Quel drôle d'endroit pour une rencontre...
Conclusion : toujours vérifier sa corde à linge... et ses pinces à linge (cf. "L'araignée qui habite dans une pince à linge" !)

La belle a été "mise en boite" (je parle de photo, je serais incapable de capturer la bestiole pour l'épingler dans une boite de collectionneur !)  pour compléter la page des "habitants du jardin".
Avis aux experts ès libellules pour m'aider à l'identifier...

Ca y est une experte internaute m'a indiqué que le belle est un FOURMILION.

---> Voir aussi : "Une libellule déprimée au jardin"

jeudi 23 août 2012

JO de Londres (suite): Clôture et musique !

Ben non j'y étais pas : 
Photo prise depuis ma TV...
Je reviens sur la cérémonie d'ouverture des JO de Londres 2012 : je m'étonnais alors de l'absence, lors du tableau musical, de grands noms de la musique britannique.
Je n'ai pas pu regarder la cérémonie de clôture mais me suis renseignée sur sa setlist.
OK, cette cérémonie finale complétait la cérémonie d'ouverture en accordant une place à des noms importants tels que Madness, Fat Boy Slim, allez ajoutons George Michael et les Spice Girls pour être beau joueur...
Mais manquent toujours les quand même incontournables Police, Genesis, Peter Gabriel, Phil Collins, Yes, Supertramp, Deep Purple, Black Sabbath, The Cure, Simpleminds, Dire Straits, Kate Bush, Kasabian, Texas, Rod Stewart, Elton John, The Smiths, Bonnie Tyler, Boy George, Lili Allen, King Crimson, Jethro Tull, les Animals, les Yardbirds, Jeff Beck, Moody Blues... et ma p'tite favorite du moment Katie Melua...

Voilà, un petit constat musical ! Ce furent tout de même de passionnants jeux olympiques, les premiers pour lesquels je me suis du reste passionnée. Ah, nos basketteuses "braqueuses" ! nos judokas hommes et femmes, et tous les autres !

---> voir la rubrique "musique" du blog

D'Eva Gonzalès à Federico Zandomeneghi


Par erreur, j'avais attribué à la peintre impressionniste Eva Gonzalès un tableau réalisé par le peintre italien Federico Zandomeneghi, représentant une enfant endormie. Je remercie le bloggeur qui m'a alertée et permis de m'intéresser davantage à ce peintre italien né en 1841 à Venise et mort à Paris en 1917. Il rencontra le groupe des Impressionnistes à Paris et participa à 4 de leurs salons.



Federico Zandomeneghi : In bed (1878)
Je trouve magnifique le tableau représentant cette enfant endormie, certainement par temps de forte chaleur.
La reproduction du papier peint, de l'édredon, l'allure si naturelle de la jeune dormeuse, les cheveux remontés épars sur l'oreiller, les plis de la chemise, de l'oreiller et de l'édredon, le galbe du bras. Impressionnant de réalisme. Pour faire court : impressionniste ! ce tableau m'impressionne vraiment.


A compter de ma rencontre avec Berthe Morisot grâce à l'exposition qui lui fut consacrée à Paris en 2012, de fil en aiguille, je remontai jusqu'à Eva Gonzalès grâce au "Fifre" du romancier cubain Eduardo Manet. Puis je découvris le "Journal de Julie Manet", fille de Berthe Morisot et Eugène Manet (frère d'Edouard).

Justement, dans son journal, je me souvins que  Julie Manet faisait à plusieurs reprises référence à notre peintre italien Zandomeneghi.
En effet, la jeune Julie Manet, orpheline de père à 15 ans et de mère à 16 ans, put compter sur l'amitié et la sollicitude de proches de la famille tels que le poète Stéphane, Mallarmé, les peintres Degas et Renoir.
Ces peintres avaient un avis assez tranché sur la personne de M. Zandomeneghi... Les remarques le concernant reproduites dans le journal de Julie sont en effet très acerbes !

Dans son journal, Julie évoque les propos (p.71) que tint Renoir sur Federico Zandomeneghi :
"(...) M. Renoir nous conta comment M. Zandomeneghi était brouillé avec lui parce qu'il ne comptait pas les visites, habitant dans la même maison, mais M. Zandomeneghi ne rendait pas deux visites pour une. M. Renoir l'imitait admirablement avec son accent italien - lui montrant ses tableaux, M. Renoir, trouvant toujours cela affreux, lui disait: "C'est très joli, mais il y a un bleu dans le fond qui est un peu vif" - "C'est justement pour ce bleu que j'ai fait ce tableau", répond M. Zandomeneghi, qui le porte chez Durand-Ruel; là, toute la maison se moque de son bleu et il est obligé de rentrer l'effacer." M. Renoir nous a raconté bien d'autres histoires sur lui, mais qui n'auraient pas de charme dites autrement que par par M. Renoir, avec l'accent du nez du peintre italien."

p.72 (chez Edgar Degas) :
"La conversation roula sur M. Zandomeneghi, M. Degas fait son portrait et il ne veut poser que deux heures environ chaque semaine ! "Je travaille", dit-il, etc. Tout le monde part sur son désagréable caractère."

p.76 : (chez Edgar Degas) :
(...) dit M. Degas en enlevant les linges qui couvrent le buste de M. Zandomeneghi. Celui-ci ne vient plus poser et est de plus en plus désagréable. "ce cochon-là dit : tout le monde fait toutes les volontés de Degas, Bartholomé est à ses ordres, moi, je ne lui céderai pas." On commence à voir apparaître le grand nez un peu de travers de Zandomeneghi, puis sa tête tout entière, c'est une merveille. "Que sa gueule est belle", dit M. Renoir, en effet il y a dans le mouvement de la bouche, sa moustache, quelque chose de superbe. Il a une vie extraordinaire. M. Degas paraît content (cela se comprend) de son portrait, il se penche et regarde de près son buste. "Nom d'un petit bonhomme, dit l'autre, que je voudrais avoir une tête d'imbécile comme cela, c'est moi qui viendrais poser."
Voilà donc des propos plutôt durs et condescendants sur ce peintre italien qui me semble pourtant avoir réalisé de belles oeuvres...
Mais la lecture du journal de Julie Manet nous éclaire sur les avis fort tranchés portés sur tel ou tel artiste ou personnalité de l'époque par leurs confrères. Le pire ayant trait à l'affaire Dreyfus avec des commentaires incroyablement antisémites de Renoir, pris pour argent comptant par Julie... Effrayant quand on met en parallèle le cheminement de l'histoire.
Ci-contre, je ne puis me retenir de reproduire le tableau d'Eva Gonzalès, "Le sommeil" qui, je trouve, se marie si bien au tableau de F. Zandomeneghi.
Eva Gonzalès : Le sommeil (1876)
Federico Zandomeneghi : In bed (1878)


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...