vendredi 11 décembre 2015

Valerie Geary : "Celles de la rivière"

*****  - ("Crooked River", 2014) - Ed. Mosaïc, trad. M. Beury, 395 p.

J’ai beaucoup aimé ce roman, présenté comme un thriller mais qui selon moi n’en est pas vraiment un. Je le décrirais plutôt comme un roman d’atmosphère, où les lieux et les personnages jouent un rôle important.
Nous sommes en effet à Terrebonne, une bourgade de l’ouest américain, dans l’Oregon. Au milieu de la campagne, coule une rivière, la Crooked River. Dans une prairie près de la rivière, un tipi, un potager, des ruches, les fleurs des champs butinées par les abeilles...
Un homme plutôt bourru, dénommé Ours, vit ici en pleine nature, il produit du miel et cultive ses légumes, louant ce morceau de terrain à un vieux couple voisin, Zeb et Franny, octogénaires absolument savoureux.
Ours est père de deux filles, Samantha (Sam) 16 ans, à l’esprit entreprenant, et Olivia (Ollie) 10 ans, silencieuse, accrochée à son roman Alice au pays des merveilles comme à une bouée. Ours les voyait rarement. Nous en saurons plus tard la raison. Leur mère venant de décéder d’une crise cardiaque, les deux filles rejoignent leur père en attendant qu’une solution soit trouvée avec les grands-parents partis en voyage.
C’est en jouant près de la rivière que Sam et Ollie découvrent le cadavre d’une noyée. Rentrant au tipi, elles y trouvent en l’absence de leur père une veste de femme en jean tachée de sang et des clés de voiture. Le doute s’installe sur la possible culpabilité de leur père, elles essaient de le balayer et décident de croire en lui et de mener leur propre enquête. Hélas en parallèle les regards convergent vers Ours le marginal solitaire qui campe un suspect idéal.
Pris à partie, Ours peine à se défendre et s’enfonce davantage. Les deux sœurs, en quête d’indices, retracent les faits divers de la région et découvrent un pan caché de la vie de leur père.

Je n’en dévoile pas plus sur l’intrigue. Les relations familiales au sein d’une famille « cabossée » comme celle-ci sont dépeintes d’une tonalité très juste et la relation entre les deux sœurs est aussi émouvante. Sam est rentre-dedans, Ollie plus calme et introvertie, est la proie de visions où apparaissent autour d’elle les fantômes de personnes décédées (sa mère, la noyée…) qui semblent lui conseiller la marche à suivre.
Mais la force de ce livre repose surtout à mon avis sur la description, empreinte de poésie, de la nature et de la relation des personnages à la nature.
Les pages sur les abeilles m'ont passionnée...

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