dimanche 21 avril 2013

Aude Fieschi : "Le vieil homme aux dix mille dessins" (Hokusai)


***** Réf. géogr. : Japon - Genre : Biographie poétique et envoûtante du peintre Hokusai
Ce merveilleux petit livre est une grande découverte...
Quel bonheur de lecture, quel dépaysement et enchantement à chaque page !
Pourtant, je ne connais pas le Japon, et je ne connaissais que très peu de choses du peintre Hokusai (hormis la célèbre "vague" et quelques vues du Mont Fuji...).
J'ai aperçu l'ouvrage à la médiathèque, et, venant de visiter l'exposition Van Gogh (rêves de Japon) / Hiroshige (carnets de voyage) à la Pinacothèque de Paris, je me suis dit que ce roman serait un prolongement intéressant de cette expo qui m'avait passionnée.
L'auteur du "vieil homme aux dix mille dessins" , Aude Fieschi, est une remarquable conteuse et elle a si bien su nous transmettre sa connaissance du Japon que j'avais l'impression de cheminer aux côtés de Hokusai (1760-1849) dans ce Japon encore fermé aux étrangers.
Un livre coup de coeur que je recommande chaudement. (Ed. Philippe Picquier, 2012, 208 p)
[ Isabelle, j'ai beaucoup pensé à toi en lisant ce livre ! ]
La description de la beauté des érables...  
"C'était un autre beau jour de fin d'automne, il y avait de cela plusieurs années déjà. Il avait plu toute la nuit et au matin la végétation, débarrassée de toute poussière, brillait de mille feux. J'étais sorti me promener pour profiter du spectacle. Les feuilles d'érables qui dans certains bosquets commençaient à rougir faisaient ressortir par contraste la beauté des feuilles encore vertes. J'aimais particulièrement ce moment, juste avant l'embrasement complet de tous les érables.
Je me dirigeai donc vers le jardin d'un petit temple qui se trouvait non loin de chez moi et dont j'aimais l'agencement savant des espèces. et là, je cherchai "mon" arbre, un érable aussi, mais différent de ceux qui composent notre paysage. Il était plus grand avec des feuilles plus larges. et à cette époque de l'année, le grand érable, en avance sur les autres arbres, était habillé de jaune, un jaune si lumineux que même par temps gris, on avait l'illusion que le soleil était tombé sur la terre et le faisait flamber. Il ne devenait pas rouge comme les autres érables du Japon, il restait d'un beau jaune qui tournait au brun juste avant de se dévêtir d'un seul coup de ses feuilles.
J'entendais alors le râteau du jardinier qui s'occupait à collecter cette abondante moisson, première récolte de l'automne. sous peu, l'arbre tendrait ses bras noirs vers le ciel, implorant sa parure blanche d'hiver. Alors, l'envie me prenait de trouver tout de suite le dessin et les couleurs qui pourraient rendre, dans toute sa beauté, cette ultime explosion lumineuse. Puis je décidai de rentrer, heureux de cette petite promenade qui, pensais-je, renouvellerait mon inspiration. (p.162)
--> voir ma rubrique Livres d'Asie et mon répertoire Lectures d'Asie et Océanie

jeudi 18 avril 2013

Hoai Huong Nguyen : "L'ombre douce" (Vietnam)

***** Réf. géographique : France / Vietnam
Un roman intéressant, chargé de poésie, sur une page terrible de l'histoire : la bataille de Diên Biên Phu en 1954.
Des mots simples pour une écriture délicate, qui parvient à décrire des scènes si dures et des sentiments puissants.

Le roman commence par la rencontre du lecteur avec le jeune Yann, enfant orphelin de mère, ballotté de parent en parent à Belle-Île dans la Bretagne d'après la 2e guerre mondiale. Jeune adulte, Yann s'enrôle pour l'Indochine.
Mai est une jeune annamite douce et rêveuse, orpheline de mère également, infirmière bénévole à l'hôpital français à Hanoi après ses années de couvent. Elle grandit aux côtés de son père, un juge important qui ne prête guère d’attention à sa fille sauf quand il décide que faire un grand mariage conforterait son statut social et d'unir la jeune Mai à un riche (et âgé) entrepreneur chinois.
Mais entretemps les regards de Mai et Yann se sont croisés à l’hôpital, le sentiment amoureux s’est développé au fil des jours. Mai a même fait usage de ruse pour garder Yann plus longtemps auprès d’elle et retarder son retour sur le champ de bataille.
La jeune fille affronte parallèlement un autre combat : elle puise dans ses forces pour s’opposer seule à son père et au mariage arrangé, et se trouve bannie dans l’heure par sa famille. Elle trouve refuge auprès du couvent, et se marie avec Yann. Celui-ci, jugé apte à batailler à nouveau, va vivre l'encerclement de la cuvette de Diên Biên Phu, sera fait prisonnier, traîné dans la jungle avec les survivants du camp français qui meurent d'épuisement ou de maladie jour après jour.
Mai va remuer ciel et terre pour obtenir des nouvelles de son époux, ce seront plutôt enfer et terre pour elle, qui sacrifiera sa personne pour sauver Yann. Mais ces deux-là ne pouvaient que vivre ensemble, ils étaient liés par l'amour. Yann ne pourra survivre à Mai., même rentré en Bretagne, voire encore moins... et la fin est bien triste.
Bien que le sujet soit si difficile, j'ai trouvé que l'auteur le dépeignait avec justesse et maîtrise, et parvenait à nous immerger dans l'atrocité de l'Histoire et nous impliquait dans le récit. Pour ma part, c'était un peu mon premier récit "concret" sur Diên Biên Phu... Mes souvenirs de cette page d'histoire relevaient des cours de sciences politiques et mettaient l'emphase sur les accords de Genève de juillet 1954, la politique de Mendès-France...

En conclusion, un court roman, bien écrit, mais que je n'ai toutefois pas trouvé bouleversant ou exceptionnel. Je crains que ce récit ne s'évapore rapidement de mes souvenirs de lecture.
(Editions Viviane Hamy, 2013, 155 p.)
 
Extrait / Diên Biên Phu : 
"Depuis l’automne, la cuvette de Diên Biên Phu était soumise à un mouvement continuel, à l’activité d’une fourmilière qui avait rongé les champs et les bois sur plusieurs kms à la ronde. La pluie blanche de corolles avait été suivie d’un ballet d’avions et d’hommes .C’était un bruit perpétuel d’air et de métal, de bulldozers et d’arbres coupés ; ils avaient aplani, creusé, comblé la terre, ils aménageaient des champs de barbelés et de mines. Les collines s’étaient transformées en un chantier d’abris précaires. Le camp retranché des Français devait être protégé par ces défenses et par deux pistes d’aviation qui le reliaient à Hanoi. Mais à mesure qu’avançait la saison, la fourmilière de Diên Biên Phu était peu à peu encerclée par des dizaines d’autres fourmilières cachées dans les montagnes ; elles avançaient secrètement sous la terre et à travers les reliefs pour se masser autour du camp français. Ce serait un combat d’insectes dans la boue, de fourmis noires contre des fourmis rouges, il en aurait toute la furie." (p90)

"(…) s’il est vrai que chaque homme se remplit un peu des livres qu’il lit (…)" (p20)

--> voir ma rubrique Livres d'Asie et mon répertoire Lectures d'Asie et Océanie
 

jeudi 4 avril 2013

Jake Bugg en concert à Paris : A star is born

4 mars au Trianon, la chance de voir Jake Bugg en concert (complet bien sûr). Quel talent ce jeunot de 19 ans !
Il change de guitare comme de chemise sur scène, et s'est parfois laissé allé par le beat en nous montrant qu'il pourrait virer rocker one day...
Le concert est à la mesure du disque (génial !), on y retrouve tous les morceaux (joués sur un ryhtme plus enlevé que la version studio), plus 3 autres chansons et une cover de Johnny Cash. Jake Bugg manie bien ses guitares mais il reste encore timide sur scène, figé et peu communicatif (ah si, je l'ai vu sourire à son bassiste une fois !) : il est concentré dans sa musique.
Vidéo de "Seen it all"

La salle de concert du Trianon : une merveille, tellement incongrue pour un concert, mais ça ajoute au plaisir ! (On y retourne le 25 avril pour Eels...)
La première partie : Jack Savoretti, guitariste italo-anglais de 29 ans, qui nous a présenté une performance acoustique solo, lui et sa guitare. Super : c'est le Bruce Springsteen d'aujourd'hui... Ah, Jake & Jack : two guitar shows on the same venue... Glorious !

Vidéo de "Two Fingers"

La setlist du concert du 4 mars 2013 au Trianon / Paris :
1.Fire 
2.Kentucky (pas sur l'album)
3.Love Me the Way You Do (nouvelle chanson !)
4.Trouble Town
5.Seen It All

6.Simple as This
7.Slide
8.Slumville Sunrise (pas sur l'album)
9.Ballad of Mr Jones

10.Someone Told Me
11.Country Song                                                UN CONSEIL D'AMIE...
12.Note to Self                                                        ACHETEZ LE DISQUE...
13.Someplace                                                                ALLEZ LE VOIR EN CONCERT !
14.Two Fingers                                                                    Ce sera votre révélation 2013

15.Taste It
16.Lightning Bolt
Encore :
17.Broken
18.Folsom Prison Blues (Johnny Cash cover)

 
Vidéo de "Broken"
 

Vidéo de "Trouble Town"

Vidéo de "Someone told me"

Vidéo de "Someplace"
 

---> Voir l'article "You have to know Jake Bugg ! " avec les vidéos de Ballad of Mr Jones et de Note to Self
---> Voir aussi la chronique "musique" de ce blog...

lundi 1 avril 2013

Cette semaine au jardin : ça fleurit enfin !

Monnaie du pape
Corète du Japon
Cette semaine au jardin : froid froid froid !!!! mais un p'tit avant-goût de printemps (il est temps : 1er avril...) grâce aux fleurs. Beaucoup de tons violets et roses dans le jardin...

Une première fleur pour ma monnaie du pape ("lunaire", Silberblätter en allemand, Honesty en anglais), plutôt précoce cette fleur unique, en fleur depuis plus d'une semaine, puisque la plante est censée fleurir à partir d'avril.

Les primevères sont splendides : de larges touffes violettes, jaunes, blanches...


Muscaris
Les élégants muscaris dressent leur petit épi de fleurs violettes.

Les arbustes font la fête :

les pompons jaunes du corète du Japon, les fleurs roses du cognassier du Japon, celles du prunus et les petites fleurs blanches et roses pâles du laurier viburnum.
Sans parler des bouquets jaunes du mahonia, en fleurs depuis un petit moment comme les viburnums.

Les crocus se fanent, et mes hellébores - roses de Noël aussi, mais dans leur  fin de vie elles sont encore si élégantes et belles... (tellement magiques que je leur réserve un article à elles seules pour bientôt).

Primevères

Crocus
Prunus





Bergera

Les bergeras, quelles solides plantes, ont commencé à étaler leurs grappes de fleurs roses au milieu de leurs larges feuilles vertes et pourpres (j'en ai deux sortes, que j'ai multipliées à tout va cet automne et ça a l'air d'avoir bien pris - suis contente !).

A côté de cela, moult petites violettes égaient la pelouse, et les braves pâquerettes aussi. 

Mais les stars du moment, ce sont mes jacinthes, qui en plus avaient commencé à pointer alors qu'il neigeait et gelait... Elles sont magnifiques, et sentent tellement bon ! Pour elles aussi : un article dédié prochainement...

--> Voir la rubrique "jardin" du blog

Come on and Syrphe again

Voilà, je dois l'admettre à présent : je suis devenue fan des syrphes !!! (cf. Le syrphe héros du mois de février)

Il y a un an environ, j'ignorais ce mot...

Et il y a un an, j'apercevais certainement, sans m'en rendre vraiment compte, des syrphes dans mon jardin, et je les prenais, sans aucun doute, pour de simples mouches...

Celui-ci m'a rendu visite le 25 mars au jardin, il avait choisi un de mes arbustes mahonias en fleurs pour se poser.

Je l'ai évidemment pris pour une mouche, puis j'ai remarqué qu'il amassait du pollen...
Le temps d'attraper mon appareil photo, je constate que mon syrphe fabrique consciencieusement ses petites boules de pollen !

C'était émouvant à regarder, quel labeur...
Je ne suis pas une mouche mais un syrphe !
















D'autant qu'avec ce froid (proche de zéro !), syrphe chéri était bien le seul insecte à me faire l'honneur de sa compagnie ce jour-là.

Sur la vidéo que j'ai tournée (ci-dessous), on aperçoit très bien les rayures dorsales de "syrphounet", blanches et noires.
On les distingue d'autant mieux qu'à la fin de la vidéo, "syrphounet" se tourne et nous montre son postérieur à l'envi, avant de s'envoler délicatement vers une autre de mes fleurs...
 
Si je puis me permettre d'insister : ça vaut la peine de regarder Syrphounet rouler en boules son pollen et le ranger sur lui (je me demande comment les boules de pollen arrivent à rester ensuite en place sans tomber ?). C'est un spectacle fascinant, et c'est la nature !
 
Vidéo du syrphe constituant ses boules de pollen :
 
 
--> Voyez donc la page des insectes et autres bestioles vues dans mon jardin, et merci à tous ceux (dont Jardinette !!!) qui pourront m'aider à identifier les spécimens inconnus...
--> et les divers petits articles et vidéos des insectes de mon domaine dans les rubriques "insectes" et "araignées"...

Poissons... d'avril

En hommage à la tradition, en ce premier avril,

voici deux dessins de mon Nico (du temps de la petite école !) :



Et pour un méga poisson d'avril : les poissons du zoo de ShenZhen que nous avons visité en été 2010...

Des morfales !


Nico leur avait jeté un peu de pain, un attroupement de poissons rouges s'était formé, ça se poussait les uns les autres, se passait par dessus, ouvrait grand la bouche...
un sacré spectacle !

Au zoo de ShenZhen (Chine)

 

Troyes : belle ville médiévale

Trois jours à Troyes ! (sans blagues...)

Une escapade pour le travail, dans une fort jolie ville dont le vieux centre médiéval serait le plus grand d'Europe.

Un froid de canard qui ne m'a pas empêchée de déambuler dans cette ville où chaque vieux bâtiment mérite un regard. Mais tintin pour aller jeter un oeil aux musées... qui ferment à 17h.

Et une adresse de resto géniale : L'atelier du peintre, prix très modérés, cuisine excellente, dans un ancien atelier de peintre... où le peintre travaille toujours ! (23 rue des Quinze-Vingt, dans le vieux centre)

A noter que Troyes est la 1e ville à développer le concept de toutourisme pour les touristes accompagnés de leur animal favori.

dimanche 31 mars 2013

Herman Koch : "Le dîner" (Pays-Bas)

***** Réf. pays : Pays-Bas - Genre : Règlement de compte familial sur fond d'ados extrêmes
Un dîner au resto réunit deux frères et leurs épouses. Serge, politicien d'avenir, peut-être futur premier ministre des Pays-Bas, sûr de lui, présomptueux, plutôt antipathique...
Son frère Paul, apparemment "plus normal" et sympathique... 
Paul est le narrateur du roman, nous découvrons le récit à travers son prisme, ses remarques jalouses, ses pensées de plus en plus surprenantes... et petit à petit, nous parvenons à reconstituer les bouts de sa vie, enseignant en disponibilité... très particulier, qui tient plus que tout à préserver l'illusion d'une famille heureuse.
J'ai trouvé l'écriture quelconque mais la construction intéressante : l'auteur manipule son lecteur, par des retours en arrière, lui fait découvrir les facettes inattendues de la personnalité de chacun des protagonistes. Et le lecteur en prend plein la figure, quels personnages abjects derrière leurs masques trompeurs... La lecture en devient fascinante, et la découverte distillée à mince filet des horreurs commises par les deux ados des deux couples rend le lecteur impatient de suivre le récit. Est-ce possible, se demande-t-on ?
Au fil de l'intrigue, les thèmes abordent la rivalité entre frères, le couple, l'éducation des enfants, la violence et les valeurs morales, l'inné et l'acquis, le danger des réseaux sociaux...
C'est vrai que le récit m'a intéressée (y compris les vacances en Dordogne de la communauté néerlandaise : croustillant !), les thèmes ne peuvent qu'interpeller des parents... jusque vers la fin, où là, j'ai été saisie de dégoût par la tournure choisie par l'auteur. Une fin dérangeante qui laisse un goût très amer à la lecture, le sentiment de s'être vraiment fait berner de bout en bout. Un dîner qui au final passe très mal.

Pourtant, il m'est difficile de déconseiller ce livre car il a le mérite de présenter un sujet de société, dans un environnement social préservé des Pays-Bas d'aujourd'hui. Le comportement des parents de l'un des couples est sidérant (je ne parle même plus de leur ado répugnant). L'intrigue est très bien amenée. Seule la fin laisse un sentiment de malaise profond...

Et puis, je n'ai pas tant que cela l'occasion de lire des romans néerlandais donc c'est une raison de plus pour forcer la lecture. A cet égard, voici mon roman favori d'un auteur néerlandais renommé : Hella Haasse, Les seigneurs du thé : sublime !
4e de couverture du "Dîner" : "Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d'une comédie de moeurs à l'humour ravageur et d'un roman noir à la tension implacable, Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale. Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam. Hors-d'oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition. Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?"

Street Art : salamandre, Space Invader, souliers...

Salamandre curieuse, rue A. Marquet
 

"Il est raconté dans la légende qu'une Salamandre... après être passée par le square où elle aurait laissé une longue trace, se serait dirigée vers la rue Albert Marquet et s'arrêta pour se reposer dans un coin de la rue Vitruve".

Tiens, au-dessus de ma tête : des souliers ! 
Je vous invite à déambuler le nez en l'air dans ce quartier du 20e, près de la rue des Pyrénées (M° Maraîchers).
Ainsi une belle salamandre (que j'ai d'abord prise pour un lézard géant) m'a interpellée du haut de cet immeuble au croisement de la rue Albert Marquet et de la rue de Vitruve.

M'apprêtant à poursuivre mon chemin et traverser la rue, je découvre pendue à un réverbère une oeuvre faite d'une paire de souliers accrochés à un cintre...
 
Sans oublier le chat de Chris Marker dans la rue Courat voisine et les deux Space Invaders sous les petits ponts de rue de Vitruve et rue des Orteaux.
On ne s'ennuie pas dans ce quartier, l'art nous tombe du ciel !
 
--> voir la rubrique "Street Art" de mon blog, et la rubrique "ART" tout court...

Atiq Rahimi : "Syngué sabour", pierre de patience (Afghanistan)

***** Réf pays : Afghanistan / France - Genre : Complainte d'une épouse au chevet de son mari inconscient
Un livre que je me devais de lire : court (140 p), parlant de l'Afghanistan, Prix Goncourt 2008, et une adaptation ciné récente aux critiques emballées...
Donc je m'y suis collée... Lecture laborieuse, un peu ennuyeuse, qui ne m'a jamais touchée, encore moins "emballée". Le livre a traîné plus de 15 jours dans mon sac, pendant que j'entamais en parallèle et finissais trois autres romans : c'est tout dire de cette "pierre de patience".
Le style est dépouillé, sans âme, avec ça et là des expressions crues qui m'ont plutôt gênée. L'histoire est pourtant intéressante, qui apporte des éclairages sur la condition de la femme en Afghanistan, les mariages forcés, l'isolement de la jeune épouse dans sa belle-famille, les traditions, la guerre et ses ravages en toile de fond. La fin m'a confortée dans mon inconfort de lecture.
Peut-être que le film tiré de Syngué sabour me réconciliera avec le roman...

En anecdote (ou non), j'ai suivi avec intérêt les développements consacrés à l'araignée qui vit dans la pièce où git le mari dans le coma.
"Dans cette inertie poussiéreuse, au pied du mur qui sépare les deux fenêtres, une araignée vient rôder près du cadavre de la mouche délaissée par les fourmis. Elle l'examine. Elle aussi, l'abandonne, fait le tour de la pièce, puis revient vers la fenêtre, s'accroche au rideau et flâne sur les oiseaux migrateurs figés dans le ciel jaune et bleu. Elle quitte le ciel et grimpe au plafond pour disparaître le long des poutres pourrissantes afin d'y tisser sa toile, sans doute. (...)
Au plafond, l'araignée réapparaît. Elle se suspend au bout de son fil de soie, descend lentement. Elle atterrit sur la poitrine de l'homme. Après quelques  instants d'hésitation, elle suit les lignes sinueuses du drap qui la guident vers la barbe. Méfiante, elle s'en détourne et se glisse dans les plis de l'étoffe." (pp.46/47)
"Même une guêpe, avec ses bourdonnements menaçants, n'arrive pas à perturber l'état torpide de la chambre. (...) Son rêve de nid s'achève dans le piège de la toile d'araignée. Elle gigote. Et plus rien. (p.57)
 


Résumé éditeur (Folio) : "Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines... Comment appelle-t-on cette pierre ? " En Afghanistan peut-être ou ailleurs, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d'une vie d'humiliations, dans l'espoir d'une possible rédemption. »

Un autre roman afghan m'avait tellement plus marquée : La vaine attente, par l'écrivain britannique d'origine pakistanaise Nadeem Aslam : une merveille, un de mes livres préférés...
 
--> Quelques autres lectures sur l'Asie centrale : Lectures d'Asie centrale et la page "Lectures d'Asie"

Jack Savoretti : the new Springsteen...



 
Découvert Jack Savoretti, guitariste chanteur italo-anglais, en 1e partie de Jake Bugg le 4 mars 2013 au Trianon (Paris).

Belle découverte !

Un concert en solo et 100% acoustique... et il déménage !
Une belle voix rauque et intense à la Bruce Springsteen... A suivre !

Dernier album : Before the Storm
Site Web : www.jacksavoretti.com





--> Voir la chronique "musique" de ce blog

dimanche 10 mars 2013

Ma première araignée au jardin !

Après le syrphe qui fut mon héros du mois de février dernier...

En mars, c'est au tour de cette petite araignée qui est la première que j'aperçois en 2013 dans mon jardin !

Faire un voeu...

Je prenais hier 9 mars en photo les gouttes d'eau posées sur la touffe d'euphorbes quand je découvris la petiote araignée.

Il y avait du soleil et le temps était printanier : 12° en région parisienne.

Pour le moment, à part mon unique syrphe et cette araignée, je n'ai aperçu au jardin qu'une coccinelle et des mouches...



























En revanche, quelle collection d'énormes araignées noires nous avons au garage et à la cave...

Pour compléter honnêtement ce petit billet, je me dois de publier la photo de monsieur et madame mouche aperçus ce jour également sur le mur extérieur de la maison, s'activant tranquillement sous ce rayon de soleil printanier si sympathique.
Ils n'avaient pas l'air heureux de voir débarquer un paparazzi mais ont continué leur affaire.
Dans tous les cas, dès que j'ai la chance d'apercevoir une petite bestiole dans le jardin, c'est un petit moment de bonheur... Je n'étais pas toujours comme ça avant, c'est clair ! (en l'occurrence pour des araignées et des mouches !!!)

--> Voyez donc la page des insectes et autres bestioles vues dans mon jardin, et merci à tous ceux qui pourront m'aider à identifier les spécimens inconnus...
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Concert d'oiseaux mandarins sur guitares électriques

Expo Par Nature au Cent Quatre à Paris

Nous pénétrons à pas feutrés dans la volière installée par Céleste Boursier-Mougenot, et côtoyons, émerveillés, 75 petits oiseaux mandarins qui nous gratifient d'un concert de pattes sur guitares électriques (toutes des Gibson, avec amplis Fender et écho réglé au maximum).
"From here to ear est un dispositif vivant et éphémère, un ensemble organique qui réagit instantanément aux battements d’ailes des oiseaux, aux mouvements des visiteurs et autres aléas du réel."
Nous avons été scotchés par ce spectacle visuel et musical, et interactif puisque le visiteur déambule à proximité des oiseaux qui eux volettent d'une guitare à l'autre, ponctuant l'espace de riffs ou de notes selon qu'ils se posent doucement ou courent le long du manche, voire pincent les cordes avec leur bec !
De temps à autres, les mandarins passent au-dessus de nos têtes pour rejoindre leurs nids suspendus… C'est un moment magique, unique, d'une telle créativité puisqu'il associe la nature, la liberté pour créer une oeuvre musicale inédite et ... contemporaine !

Ce concert de guitares joué par des oiseaux est le clou de l'expo, qui sinon, est assez peu conséquente (6 ou 7 oeuvres au total) et assez onéreuse (7 €). Courez quand même voir le concert d'oiseaux (avant le 17/03), vous serez vous-aussi conquis...
 Vidéo d'un volière similaire installée par l'artiste en G-B (à voir absolument !!!)

Joana Vasconcelos : Ce fut notre deuxième coup de coeur de cette courte expo...
"Son installation Jardin d’Eden s’impose comme le négatif de l’idée classique du jardin. Ce jardin, composé de fleurs artificielles, s’assume comme un simulacre de la nature. Le parcours dans ce surprenant et onirique Éden low-tech, construit comme un labyrinthe, évoque la fabrication et la maîtrise du paysage, la nature transfigurée par la main de l’homme. Des fleurs phosphorescentes comme la nature sait en produire, à découvrir dans un monde plongé dans la pénombre."

Avec Woodworms, wood, microphone, sound System, Zimoun "propose de faire entendre l’invisible. Il révèle le travail incessant de vers à bois qui dévorent goulûment une souche d’arbre. Un concerto par (ils seraient 25 vers à bois seulement !) minuscules interprètes malgré eux, qui nous fait entendre l’implacable travail de la nature." Le résultat est impressionnant (cliquez sur le lien pour voir ma courte vidéo)...

Gu Dexin est un artiste chinois, né en 1962 à Pékin où il vit et travaille. Au 104, il a déployé "un gigantesque parterre de pommes qu’il livre à un rouleau compresseur. La beauté plastique est rapidement contrebalancée par la dimension funeste d’une société de consommation qui détruit ou laisse pourrir le trop-plein de ce qu’elle produit."
De fait, quelle odeur de cidre (ou de pommes pourries) près de cette oeuvre ! sinon, pas si "émerveillante" que ça...

--> Voir les autres articles de ma rubrique "Expos"

Alvin Lee is dead...

le médiator d'Alvin Lee
Alvin Lee, une des légendes de la guitare, leader de Ten Years After, est mort à 68 ans le 6 mars 2013 des suites de complications après une opération chirurgicale de routine.

Nous l'avions vu, F. et moi, à la Stadtfest de Vienne le 2 mai 1987 (et vu Rory Gallagher au même festival). J'avais reçu le médiator d'Alvin Lee ce jour-là.

... et dire que nous envisagions d'aller le revoir le 7 avril prochain à l'Olympia en duo avec Johnny Winter.

Alvin Lee était né à Nottingham, coïncidence, car Jake Bugg le jeune guitariste et chanteur anglais que je viens de découvrir, est originaire de la même ville.

Un immense guitariste s'en va.

Le site officiel d'Alvin Lee
La rubrique "musique" de ce blog

samedi 9 mars 2013

Kressmann Taylor : "Inconnu à cette adresse" (EU/Allemagne)

***** Réf. géogr : Etats-Unis / Allemagne
J’ai lu Inconnu à cette adresse dès sa parution en France en 1999. Dire que ce livre incomparable avait été publié dès 1938 aux Etats-Unis (Address Unknown)...
J’ai dévoré le livre en un rien (il est si court : 57 pages), mais quel effet !
Quel dénouement époustouflant ! 
Quelle impression de grande découverte littéraire il m’a laissé. Un si petit livre, tellement dense et puissant.
Figure dans mon panthéon des livres cultes. Je n’ai cessé de l’offrir à mes proches ; je le conseille à tout le monde.

Son auteur, Kathrine Kressmann Taylor est un écrivain américain d’origine allemande, née à Portland en 1903, morte en 1996.
Son récit prend la forme d'un échange épistolaire (19 lettres) entre deux amis, de novembre 1932 à mars 1934.
Max Eisenstein, célibataire juif américain, et son ami Martin Schulze, père de famille allemand, ont monté ensemble une galerie d'art à San Francisco. En 1932, Martin et sa famille retournent en Allemagne. Les deux amis commencent alors une correspondance profonde et sincère. Mais, au fil de l'Histoire se déroulant dans l'Allemagne des années '30, cette correspondance va refléter la déréliction d'une amitié jadis inébranlable, remplacée par une distance froide puis haineuse.
Je n'irai pas plus loin dans le résumé de ce bouleversant récit pour que chacun découvre l'intrigue et et le dénouement et soit marqué à son tour par ce petit chef d'oeuvre. C'est si court, mais si fort...

L'historique des lettres traduit l'évolution délétère d'une amitié que l'on croyait indéfectible :
12/11/1932 : Mon cher Martin
10/12/32 : Max, Mon cher vieux compagnon
21/02/33 : Mon cher Martin
25/03/33 : Cher vieux Max
18/05/33 : Cher Martin
09/07/33 : Cher Max
01/08/33 : Mon cher Martin
18/08/33 : Cher Max
05/09/33 : Cher Martin
05/11/33 : Martin
25/11/33 : Martin
08/12/33 : Cher Max
02/01/34 : Martin Schulze
03/01/34 : Très cher Martin
17/01/34 : Martin, cher frère
29/01/34 : Cher Martin
12/02/34 : Max, mon vieil ami
15/02/34 : Notre très cher Martin
03/03/34 : Martin, notre frère

La pièce de théâtre adaptée du roman :
Ce 1er mars, nous sommes allés voir la pièce au théâtre Antoine où, depuis plusieurs mois, se succèdent chaque mois un duo différent d'acteurs connus pour endosser les rôles de Max et Martin.
Nous eûmes droit au duo formé de Gérard Darmon et Charles Berling.
Ce fut magique (à l'exception des quintes de toux qui prenaient parfois l'ascendant sur partie des lettres lues par les comédiens, mais nous étions en plein hiver et en "épidémie grippale").
Pour ma part, j'ai adoré le jeu de Gérard Darmon, quant à F., il a préféré celui de Charles Berling...
Dans tous les cas, une adaptation à la hauteur du roman.
NB : le théâtre Antoine est si petit que peu importe la place : ne pas hésiter à réserver un siège à 19€, nous étions bien placés.

You have to know Jake BUGG !

En janvier, mon Télérama publie un article emballé (la note : 4 "ffff", on passe pas à côté...) et emballant sur un total inconnu (de moi) : Jake Bugg, 18 ans au compteur (19 en février), le nouveau prodige de la pop britannique...

La semaine suivante, je cours de surprise en surprise à chaque fois que j'ouvre une revue ou un journal gratuit du métro : la presse est aux pieds de cet ado Anglais (et je ne le connais ni d'Eve ni d'Adam !) et annonce un concert début mars du jeune prodige.

Tous mes sens sont en alerte, je réunis les coupures de presse et commence mon enquête.
D'abord, interroger la source la mieux placée, c'est à dire ma copine Maxine qui habite à Londres.
Hello Maxine
How are you ? By any chance would you happen to know Jake Bugg ?...
... And my dear dear Maxine answers right back : Jake Bugg ? He's amazing !

Donc les dés sont jetés, je réserve deux places pour le concert du 4 mars, et je me précipite chez les disquaires pour acheter le CD.
Quoi ça ???
Le disque n'est pas encore sorti en France, il sera dispo en février... Faut donc se tourner vers You tube pour avoir un aperçu du talent de Jake Bugg !
Incroyable pour moi, c'est un blind test. Puis achat enfin du CD sur le web pour l'avoir au plus vite, découverte, dégustation...
Entre-temps, le concert a eu lieu, je prépare mes vidéos pour le suscité Youtube, et je (+ Fredi) remercie  Maxine my friend because Jake Bugg is AMAZINGLY AMAZING !

Video de "Ballad of Mr Jones" (Paris, 4 March 2013)

Video de "Note to Self" (Paris, 4 March 2013)

--> Voir l'article plus complet sur le concert du 4 mars 2013 (avec les vidéos de "Seen it all", "Broken", "Trouble Town", "Someone told me" et "Someplace")
--> et la chronique "musique" de ce blog
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