dimanche 1 juin 2014

L'art imprègne à nouveau la ville !

Réalisations des enfants des écoles et centres aérés
A nouveau cette année, la ville donne carte blanche aux artistes et les passants se régalent. C'est beau, gai, coloré, plein de vie, et de l'art accessible à tous.
La médiathèque se pare de lanternes magiques

J'aime toujours aller voir les réalisations faites par les enfants des écoles de la ville (fresques avec jouets collés, pantins en jouets de récupération, sculptures de peluches !) ou l'école municipale d'arts plastiques (lanternes magiques, corps en extension dans le parc : "suspendu au fil du temps").
Corps en Extension & Avataraam
Ecumoires (Murakami)


Mais il y a également une poignée d'artistes invités qui nous régalent de leurs oeuvres...


"Les écumoires" de Nobuko Murakami (2013) :
écumoires, fibre, plastique, poésie

Cet artiste d'origine japonaise révèle que dans la culture japonaise, les objets ont une vie. Les objets de plus de 100 ans ont en plus un esprit !



Face (Josyane Guitard-Leroux)
Les masques en fil de fer et vrais cheveux ("Faces") de Josyane Guitard-Leroux : "plasticienne qui utilise ses cheveux pour créer ses oeuvres, je mène une réflexion sur le temps, la perte et la mort".

Il y a trois masques (Face I - II - III) suspendus à un fil et qui tournoient légèrement, suivis par leur ombre sur le mur : c'est vraiment une magnifique réalisation.



Sylvain Lecrivain : Phénix et compagnie (2012-2014), volière métal et oiseaux faits de livres

"Depuis peu c'est le livre qui s'est vu descendre de son piédestal pour devenir simple matériau de base : à l'ère du tout numérique, que restera-t-il du livre passé sous le rouleau compresseur des écrans plats ?"

Je dois avouer que je n'ai pas encore succombé à la liseuse électronique, je suis tellement attachée au livre-objet, mais je sais que je vais y venir, c'est dans l'ordre des choses !
D'autres oeuvres étaient exposées dans d'autres lieux de la ville, mais je n'ai pu couvrir...

NB : Cliquer sur les photos pour les agrandir

--> Bravo la ville pour cette initiative qui je crois fête sa 4e année. Jetez un oeil sur les précédentes éditions : 2013 / "Il fait un froid de canard vite une expo de circonstance !" et 2012 / "Street Art'ifice 2012"
--> Rubriques "Street art" et "Expos"...

T. Morrison : "Home" - P. Auster : "Winter Journal"

J'ai lu dans la foulée en anglais deux livres de grands auteurs américains contemporains, l'un très prenant ("Home"), et l'autre plutôt... soporifique ("Winter Journal")

Toni MORRISON : "Home" ***** 

Prix Nobel de littérature en 1993 (+ prix Pulitzer Fiction en 1988 pour "Beloved")

Quel beau roman, un texte court d'environ 150 pages, superbement écrit, que l'on ne peut lâcher avant d'avoir fini de cheminer aux côtés de Frank Money, vétéran noir, médaillé, de la guerre de Corée, cassé par la guerre mais habité par le souvenir de sa petite soeur restée en Géorgie, son fil rouge qui le ramène at home...
Toni Morrison choisit les mots simples et justes pour décrire l'Amérique des années '50, la ségrégation, la pauvreté rurale, le désarroi des vétérans (aujourd'hui on parle des troubles de stress post-traumatique pour les soldats revenus de la guerre en Irak).

Le livre commence par une scène étrange, deux enfants cachés dans les herbes qui observent des combats de chevaux, du bruit, des va-et-vient, un corps jeté en terre et un pied nu et noir qui dépasse... Je n'ai compris cette scène qu'à la fin du roman, et j'ai relu le début : je pense que l'auteur a sciemment construit sa trame pour ne dévoiler qu'à la fin le sens du début. 
Frank rentre donc de la guerre et échappe à l'hôpital psychiatrique et un sort plus terrible selon le pasteur blanc qui le recueille quelques heures avec tant d'humanité. S'ensuit la traversée du pays en se cachant des autorités, des gangs, en faisant quelques belles rencontres, mais sans jamais connaître le repos de l'esprit, toujours assailli de cauchemars et de flashes de la guerre. Une petite fille qui se nourrit des restes jetés par les soldats, un bout d'orange pourrie...
Progressant vers sa Géorgie natale au secours de sa petite soeur Ycidra (Cee) tombée entre les mains d'un médecin Dr Jekyll et Mr Hyde, qui s'essaie à l'eugénisme. Les personnages sont si bien décrits (la gouvernante qui cohabite avec Cee et alerte Frank au péril de son emploi, la jeune costumière qui héberge Frank, le pasteur et sa femme, la terrible grand-mère pire que Folcoche, les femmes du village solidaires pour soigner Cee...).

Frank est parti faire la guerre avec ses deux copains pour quitter ce lieu pourri sans avenir. Les deux copains sont morts, Frank est médaillé mais porte un si lourd secret. Finalement, c'est en rentrant dans sa petite ville qu'il détestait plus que tout que Frank pourra tourner la page et se sentir enfin quelque part, à la maison.

Chapitre 17 :
I stood there a long while, staring at that tree. It looked so strong So beautiful. Hurt right down the middle But alive and well. Cee touched my shoulder Lightly. Frank ! Yes ! Come on, brother. Let's go home.
Paul AUSTER : "Winter Journal" *****
(2012, Picador Editions, 209 p.) - "Chronique d’hiver"  pour l'édition française

Dans ce roman autobiographique, Paul Auster, 64 ans mais le regard toujours aussi ténébreux, se raconte à la deuxième personne du singulier ("You / Tu...") et c'est déjà assez singulier.
Il se raconte au travers des souvenirs de son corps : ses premiers bobos, sa blessure à la joue, le coup sur la tête etc.
"A history of his body and its sensations… “That is where the story begins, in your body, and everything will end in the body as well.” Après les bobos du corps, Paul Auster nous décrit ses blessures psychiques, ses crises d'angoisse : “You lay on the floor and howled, howled at the top of your lungs, howled because death was inside you, and you didn’t want to die.” (p.29)

J'ai trouvé le texte trop décousu et trop nombriliste (ben oui il parle de son corps) et ennuyeux si je puis me permettre : tous les bobos et l'apprentissage du petit Paul, puis Paul marié, son grand amour en secondes noces : Siri Hustvedt, flashback Paul ado en voyage vers la France, Paul ceci Paul cela... Paul habite ici puis déménage là... Quel intérêt ? Selon moi, ce livre est à réserver aux inconditionnels de Paul Auster. Et de surcroît, l'édition que j'ai lue en anglais est affreuse : texte ultra serré, quasiment aucune marge, pas de paragraphe : je me sentais avalée par la mise en page si dense.


NB : De son épouse Siri Hustved, je n'ai lu que le roman "Tout ce que j’aimais" (2003) : pas du tout accroché, roman limite déprimant avec New York en toile de fond...

--> Page "Lectures d'Amérique du Nord"

J. Jonasson : "L'analphabète qui savait compter"

***** Réf. géographique : Suède, Afrique du Sud (Presses de la Cité, 2013)

Ayant lu avec détente et sourire "Le vieux qui ne voulait pas fête son anniversaire" du même auteur, je me suis dit "allez, repartons pour un autre moment de détente idéal pour lire dans les transports" avec l'opus suivant de Jonas Jonasson.

L'effet de surprise est cependant passé et j'ai trouvé que l'auteur surfait un peu trop facilement sur la même vague. Mais bon, l'histoire réserve bien des surprises et possède tout de même l'intérêt de nous faire traverser l'Histoire de l'Afrique du Sud et de la Suède (et un peu de Chine, d'Israël et autres ici et là).
Les réflexions sur la royauté suédoise sont assez cocasses (le roi tordant le cou aux volailles : excellent !). L'histoire de ce missile égaré pêche en revanche par trop d'invraisemblances : mais à lire Jonas Jonasson, on s'attend à des situations des plus saugrenues. Dommage que le style narratif soit assez terne. 

Résumé de l'éditeur : 
"Statistiquement la probabilité qu'une analphabète née dans les années 1960 à Soweto grandisse et se retrouve un jour enfermée dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et de son Premier ministre est d'une sur 45,666212810 milliards. Selon les calculs de ladite analphabète."
Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d'Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l'indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l'analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale.
Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. À ce moment-là, l'humanité entière est menacée de destruction.
Dans sa nouvelle comédie explosive, Jonas Jonasson s'attaque, avec l'humour déjanté qu'on lui connaît, aux préjugés et démolit pour de bon le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou aux poules.

--> Voir la chronique "Livres nordiques"

dimanche 18 mai 2014

YES live... mythique rock progressif

Le groupe YES fait une de ses dernières tournées en jouant intégralement trois de ses grands albums : The Yes Album (1971), Close to the Edge (1972) et Going for the One (1977). Et pas de Fragile !!! mais en rappel tout de même le magique Roundabout de l'album Fragile (1971).
YES se produit rarement en concert, il ne fallait pas manquer ce moment exceptionnel qui plus est dans la salle si Art Déco du Grand Rex à Paris (bonne acoustique, proximité avec la scène, fauteuils moelleux... appréciables après la journée de travail , mais on aurait pu rester debout en transe si la salle l'avait permis !, le seul "F...k" fut la panne totale de mon si fidèle Lumix en pleine capture de Roundabout !!! une hérésie de Panasonic, en suis encore mortifiée).

Video YES : "And You and I"

Le groupe comprenait quasiment 4 membres de la formation originelle : Chris Squire (né en 1948) à la basse, Steve Howe (1947) à la guitare, Alan White (1949) à la batterie, Geoff Downes (1952) aux claviers, et Jon Davison (1971) au chant (le p'tit jeune, qui est presque l'homonyme de Jon Anderson, le chanteur d'origine).

"Close to the Edge" (1972) 
- Close to the Edge (I. The Solid Time of Change - II. Total Mass Retain - III. I Get Up I Get Down - IV. Seasons of Man)
- And You and I (I. Cord of Life - II. Eclipse - III. The Preacher the Teacher - IV.Apocalypse)
- Siberian Khatru
Video YES : Siberian Khatru

"Going For The One" (1977)
- Going for the One
Video YES : Going For The One

- Turn of the Century
- Parallels
- Wonderous Stories

- Awaken

"The Yes Album" (1971) 
- Yours Is No Disgrace
Ah le bon son des '70, les claviers, les grattes, les lyrics que l'on connaît par coeur ! Un soupçon de Uriah Heep, de King Crimson etc... mais au final , yes du YES ! 
Video "Yours is no disgrace"

- Clap (Steve Howes en solo)
- Starship Trooper (I. Life Seeker - II. Disillusion - III. Würm)
- I've Seen All Good People (I. Your Move - II. All Good People)
- A Venture

- Perpetual Change

Rappel : Roundabout

NB : A ceux qui ne connaîtraient pas YES... z'avez p't-être déjà entendu le moins ancien et plus "dancefloor" "Owner of a Lonely Heart" (1983, "Move yourself, you always live your life, Never thinking of the future, Prove yourself, You are the move you make, Take your chances win or loser ...") ?

Bon, après ce Memory Tour, je me dois de saluer tous mes amis du lycée avec lesquels je découvris YES et tant d'autres pépites !!
(Coucou Isa, Rémi, et les Globulos, Titou, Philippe, Eric et tous !!! BIZZ rock'n'roll will never die !!!
- oh la la si mes enfants me lisaient.., ah mais ouf... ils savent quand même jouer Neil Young et Nirvana à la guitare!)

--> "Video Killed the Radio Star" (Geoff Downes/The Buggles), la chronique "ZIQUEMU" et la page "concerts"...

Red Code : larves coccinelles asiatiques !

Oeufs de coccinelle (jaunes) sur mon pin
(+ mouche en bonus sur l'aiguille supérieure)
Cela faisait un bail que je n'avais pas sérieusement examiné mon jardin sous toutes ses coutures... (voui, temps pourri, bibi reste au nid !).

Aujourd'hui, armée de tous mes outils de jardinage, où que j'aille et quoi que je fasse... je tombai sur une larve de coccinelle. Il y en avait PARTOUT ! Une invasion.
Je dégaine donc l'appareil photo, et me dis en passant "ben zut faut que je vérifie, mais ça ressemble à des coccis asiatiques, les maudites !
Bon je pose l'appareil et poursuis ma mission du jour : désherber et redonner quelque apparence à mon jardin de curé.

Et voilà-t-y-pas qu'en pleine taille de mon arbuste "luzerne arborescente" qui commençait à déborder de toutes parts après sa belle floraison jaune... Je pousse un cri strident : une bête me pique ou me mord à la cheville (découverte) : et le temps de lui écraser ma paume sur la tronche, je pense avoir aperçu la silhouette d'une larve de coccinelle asiatique (= couverte d'épines souples et pourvue de deux bandes dorsales parallèles orange).
Larves de coccinelle asiatique - En bas : larve de coccinelle européenne (gauche) agressée
par une grosse larve de coccinelle asiatique (18/05/2014)

Mince, ça pique ces trucs-là ?? En tout cas, la "piqûre" m'a démangée tout l'après-midi.
Et le pire fut que je passai mon temps à croiser le chemin de ces larves, elles étaient partout. Même venue une petite pause vers 17h15, je me prépare à occuper le relax quand je découvre que 5 larves m'ont devancée et se prélassent sur les coussins ! Alors-là, du jamais vu...

Dire que l'an dernier, j'avais remarqué l'absence quasi totale de coccinelles dans mon jardin pourtant non traité, alors que, deux années auparavant, les coccinelles pullulaient.
En continuant mon jardinage, je suis tombée sur ce qui ressemblait à un affrontement entre une larve de coccinelle européenne (voir photo, image du bas, larve de gauche) et une bien plus imposante larve asiatique. 
Ce fut la seule larve de cocci européenne que j'ai croisée dans la journée, au regard de dizaines de larves de cocci asiatique...

Il faut savoir que la coccinelle asiatique est une espèce invasive, et quand la larve ne trouve pas son content de pucerons ou cochenilles à manger, elle se rabat sur les oeufs ou les larves de coccinelles européennes qui sont en danger !!!

Hélas mon jardin est la preuve de ce phénomène, c'est la mondialisation.

--> la rubrique "coccinelles" du blog !

samedi 17 mai 2014

"La Petite Galerie de Picasso" : un livre beau à tomber !!!

Quelques animations du livre La petite galerie de Picasso
***** Patricia Geis (2013), Editions Palette, grand format 16 p.
Une petite merveille !
J’ai dévoré ce livre pour enfants et dégusté chaque page, conquise par les surprises que chacune d’elles recèle. Il s’agit d’un véritable livre animé, et quel plaisir a le lecteur, quel que soit son âge, d’ouvrir les fenêtres pop-up, les différents rabats et de jouer avec tous les petits mécanismes : un miroir pour découvrir son image « cubiste », un masque africain qui nous apprend que Picasso aimait les arts primitifs, une guitare qui se déplie et nous sommes abasourdis de découvrir qu’elle a des cordes en ficelle ! (L'objectif étant de montrer aux enfants, euh pardon, au lecteur car je ne suis plus dans ma prime jeunesse, que l'on peut peindre le même objet sous plusieurs angles à la fois).
Je n’avais pas dans les mains un simple livre pour enfants, j’avais un livre trésor ensorcelant.

Et j’en ai appris des choses sur Picasso !
Car ce livre a l’avantage de mettre en perspective les œuvres de Picasso au cours de ses différentes périodes, et de suivre le fil rouge de ses œuvres de jeunesse, depuis l’âge de 7 ans jusqu’à ses vieilles années. Très intéressantes comparaisons de ses tableaux peints enfant ou adolescent et de ses œuvres ultérieures. Un quiz nous demande ainsi de deviner à quel âge Picasso a peint différents tableaux : les réponses sont impressionnantes, et ce petit jeu m’a vraiment amenée à porter un regard nouveau sur l’œuvre de Picasso.

 « A douze ans, je savais dessiner comme Raphaël, mais j’ai mis toute une vie à apprendre à dessiner comme un enfant. »

Le livre apporte aussi des points de comparaison entre Picasso et certains peintres contemporains de son époque : Braque, Gauguin Van Gogh… Une des petites représentations de tableaux de Braque (Maison à l’Estaque, 1908) est légendée de la remarque formulée par Matisse : « Ce Monsieur Braque, mon grand ami, au lieu de peindre des maisons, peint des cubes. » Ainsi était née l’expression « cubisme »…

Je n’ai qu’un conseil : à acheter pour soi, et à offrir aux petits mais aussi aux grands ! Et je dois avouer une dernière chose : je n'ai pourtant jamais été une inconditionnelle de Picasso ( j'ai quand même vu Guernica à Madrid). Ce livre change mon regard, de même que la série de BD "Pablo" de J. Birmant et C. Oubrerie, que je viens d'entamer...)
Et je vais m'empresser d'acquérir dans la même collection "La petite galerie d'Andy Warhol" (il y a aussi Calder, Magritte, La Joconde...).
Merci mille merci aux Editions Palette et à Masse Critique de Babelio de m'avoir permis de découvrir ce livre oeuvre d'art.

--> chroniques "enfants" et "peinture" de ce blog

Dona Tartt : "Le chardonneret"

***** (The Goldfinch, 2013) Réf. géogr. Etats-Unis/Pays-Bas - Ed. Plon/Feux Croisés, Trad. E. Soonckindt, 787 p.
Lauréat du Prix Pulitzer 2013

- "The Goldfinch is a rarity that comes along perhaps half a dozen times per decade, a smartly written literary novel that connects with the heart as well as the mind....Donna Tartt has delivered an extraordinary work of fiction." (Stephen King/The New York Times Book Review)
- "Donna Tartt's long‑awaited third novel is an astonishing achievement" (The Guardian)
- "Donna Tartt’s giant new masterpiece about a small masterpiece by Carel Fabritius" (The Washington Post)
- "Magistral" (Télérama)
- "Envoûtant" (Le monde des livres)
- "Extraordinaire" (Le Figaro Magazine)
- "Somptueux" (Elle)
- "Virtuose" (Le Point) 
- "Magique" (Les Inrockuptibles)

Alors l'humble avis de bibi après ces louanges dithyrambiques... Parlons-nous du même livre ?
Euh, un pavé bien écrit mais d'une longueur... à vous déprimer d'avoir osé entamer un livre acclamé par le monde entier mais trop trop long : comment y venir à bout sans renoncer ? D'emblée, j'aurais fait sauter un bon quart si ce n'est plus de ce pavé de quasi 800 pages, tellement le lecteur est soumis à une overdose de détails.
En parlant d'overdose, j'avoue avoir été saturée de l'omniprésence de la drogue dans ce livre. Chaque page a son content d'info sur les cachets dont ne peut plus se passer Theo, et quasi tous les gens avec qui il est en contact. Drogue, alcool, cigarettes, paradis artificiels comme unique et redondante réponse au mal-être quotidien. Cela m'a gonflée, j'en avais ma dose

Les points d'intérêt : le passages sur le vie du jeune Theo à 13 ans quand, convoqué pour bêtises au collège avec sa mère, tout bascule de façon dramatique. L'orage, le musée, l'attentat, la mort de la maman, le réconfort d'un antiquaire mourant et le vol du tableau représentant le petit chardonneret... Puis le refuge dans une famille new yorkaise bourgeoise avec des passages instructifs sur cet environnement privilégié. 
Autres point d'intérêt : la description du Las Vegas périphérique et isolé, si éloignée de notre imaginaire. Là où commence la descente dans les paradis artificiels de Theo avec son pote Boris... Deux ados livrés à eux-mêmes dans une Amérique indifférente. Sidérant.
Puis de belles pages sur le milieu de la restauration d'antiquités, quand Theo a trouvé refuge chez le si digne et distingué Hobbie, et sur la peinture.

J'arrête là l'histoire. Étiqueté thriller, le roman ne l'est pas du tout hormis une scène finale gore à souhait aux Pays-Bas. Quant à l'intrigue sur le vol du Chardonneret ... elle se dilue rapidement et ne fait réapparition que pour clore le livre.

Conclusion : Dona Tartt a mis 10 ans à écrire ce livre, le malheureux lecteur ne dispose pas de 10 ans pour en venir à bout en toute quiétude en lisant chaque mot de chacune des pages. Donc c'est la course contre la montre pour venir à bout de chacune de ces 800 pages, et cela gâche le plaisir de la lecture. Je ne m'en suis sortie que grâce aux ponts du mois de mai... Mais je me suis dit : ah que n'aurais-je plutôt consacré ce temps à me régaler par exemple du québécois Jacques Poulin ou du dernier John Le Carré ? Bon, ce qui est fait est fait, et j'aurai un nouveau but de visite à Amsterdam : ce petit tableau peint en 1654 par Carel Capricius...
NB : je me pose de sérieuses questions... sur le sérieux des critiques littéraires ! Comment ont-ils eu le temps dans leur vie d'avaleurs de livres, de venir à but de ce pavé, et pourquoi ces louanges à n'en plus finir sur un livre bien écrit mais sans rien d'exceptionnel ???

--> ma chronique "Lectures d'Amérique du Nord"

vendredi 16 mai 2014

Video killed the radio star !

Steve Howe (guitares x2 !) et Geoff Downes (keyboards)
YES concert in Paris / 13 May 2014
2  YES members & 2 ex-ASIA !
Chanson des BUGGLES sortie en 1979...
Qu'est-ce qu'on l'a écoutée ! On avait le 45 tours of course !
"Video killed the radio star - In my mind and in my car - We can't rewind we've gone to far Oh-a-aho oh - Oh-a-aho oh - Pictures came and broke your heart - Put the blame on VCR..."

Eh bien les Buggles, c'était le duo "new wave" anglais formé par Trevor Horn et Geoff Downes.

Pourquoi je parle de ça, en 2014 ?
... parce qu'avant-hier au concert du groupe de rock progressif YES, c'est Geoff Downes himself qui faisait les claviers !!!

Sacré claviériste ! qui après la parenthèse New wave, avait fondé en 1981 le groupe ASIA avec d'anciens membres de YES (le guitariste Steve Howe), d'Emerson, Lake and Palmer (le batteur Carl Palmer), et de King Crimson/Uriah Heep (le bassiste John Wetton).
Je suis sûre que j'avais le 33 tours (Asia, 1982) ou l'un de mes frères... avec les tubes :
YES concert -in Paris / Le Grand Rex, May 13, 2014

  • "Heat of the Moment"
    ("It was the heat of the moment - Telling me what my heart meant - The heat of the moment showed in your eyes - And now you find yourself in '82 - The disco hot spots hold no charm for you - You can concern yourself with bigger things - You catch a pearl and ride the dragon's wings")
  • "Sole Survivor"
    (I was the sole survivor / solitary fire...)
  • "Only Time will Tell"
    (You're leaving now it's in your eyes - There's no disguising it - It really comes as no surprise - To find that you planned it all along - I see it now becomes so clear - Your insincerity - And me all starry eyed - You think that I would have known by now - Now sure as the sun will cross the sky - This lie is over - Lost like the tears that used to tide - Me over (Only time will tell) One thing is sure - That time will tell (Only time will tell) If you were wrong - The brightest ring around the moon - Will darken when I die...")
Fameuse pochette avec un serpent gigantesque jaillissant de la mer, réalisée par le même graphiste que celui qui officiait pour les pochettes de YES (Roger Dean).

Bon, avec le recul et la bouteille, le disque sonne plus comme du rock progressif "commercial" comparé aux morceaux plus aboutis de YES, mais on aimait ! et tant d'années après, les paroles me reviennent spontanément : c'est dire que ça a été écouté et ré-écouté en son temps...
Une légende sur scène : YES...
Steve Howe (born 1947), Geoff Downes (1952), Jon Davison (1971), Alan White (1949) , Chris Squire (1948)
--> la chronique "ZIQUEMU" et la page "concerts"...

Les Terracota Daughters chinoises de Prune Nourry

Au Cent-Quatre à Paris, se déroule l'expo "Avec motifs apparents" qui réunit plusieurs artistes. Expo très éclectique, où je suis passée à côté des oeuvres de 3 artistes sur les 4 exposés...

En effet, le seul travail qui m'a intéressée est celui de l'artiste française Prune Nourry, avec ses  "Terracota Daughters". Cette armée d'écolières chinoises en terre cuite vaut vraiment le détour, mais il faut absolument visionner le petit film qui accompagne cette oeuvre, un film très intéressant. 

Directement inspirée par la célèbre armée de terre cuite de Xi’an, cette artiste française a constitué sa propre armée de Terracotta Daughters pour illustrer la problématique du déséquilibre démographique en Chine lié à la politique de l'enfant unique et la sélection du sexe qui en a découlé (soit des bébés filles tuées à la naissance faute d'être née "garçons").

Ce sont donc plus de 100 fillettes en grandeur nature, en rang, qui accueillent le visiteur dans la grande halle centrale du 104.
Le film dévoile l'histoire de ces statues : à la base, Prune Nourry a photographié 8 fillettes d'un orphelinat en Chine, elle a fait ses moulages d'après les portraits des fillettes, puis des artisans chinois spécialistes de la sculpture sur terre cuite ont pris le relais en créant des différences dans les chevelures (qui des couettes, qui une queue de cheval, ou les cheveux courts, une barrette...), les traits (nez, écarquillement des yeux...) de ces moulages pour qu'au final, chaque statue soit légèrement différente. Cependant toutes portent le même habit et le même foulard noué.
Ces artisans ont l'habitude par exemple de faire des reproductions de qualité de l'armée de terre cuite enterrée.



Prune Nourry a déjà présenté son armée de Terracotta Daughters à Shanghai. Cela vaut la peine d'aller admirer ces fillettes à Paris car il est annoncé qu'en 2015 l'ensemble sera enterré dans un lieu secret jusqu'en 2030... lorsque le déséquilibre démographique de la Chine se fera réellement sentir.


Favelas & Empty Gift
- Pascale Marthine Tayou (artiste plasticien camerounais) : ok pour les nichoirs à oiseaux reproduisant une certaine vision des habitats urbains (Favelas, 2012). Mais une seule de ces oeuvres aurait peut-être suffi à faire passer le message.
Sa boule géante composée de paquets cadeaux vides (Empty Gift, 2013) tournant comme un immense strombinoscope est jolie, je le reconnais, mais puis-je dire que cela n'illustre pas vraiment à mes yeux une oeuvre d'art. Mais cela fait son effet... En revanche, son oeuvre "Court-Circuit (2014) ne m'a pas emballée du tout, une horreur avec des vieux postes TV suspendus en l'air à des poteaux, des fils électriques et du bric-à-brac : comme une décharge en plein ciel...
- Jérémy Gobé a lui entouré de tricot des meubles, un plafond... (La liberté guidant la laine, 2014). Vraiment sans plus...
- Xavier Juillot a recouvert de film aluminium le château d'eau du 104, l'oeuvre s'appelle "Déprime passagère" (!?), cela m'a permis de faire une photo sympa, mais à part ça, tout cela ne casse pas des briques , ça rappelle la démarche de Christo, mais là en brillant...

--> chronique "EXPOS"

jeudi 15 mai 2014

G. Legardinier : "Complètement cramé"... complétement indifférente

Le fameux livre (2012) que tout le monde lit ou a lu ou va lire, avec une couverture sur fond vert montrant un chat hautain dans une casserole en cuivre... Un de ces "feel good" books.
Bon eh bien, cucul la praline, simplet, écriture simplette aussi.
Abandon vers la page 50 : j'aurais pu aller jusqu'au bout sans problèmes car il y a une p'tite histoire et des personnages gentillets. Mais bon, y'a pas que ça à lire, j'avais envie de belle littérature et je me replonge dans Winter's Journal de Paul Auster et les BD Pablo Picasso !

NB : Autre abandon de la semaine : la bande dessinée "Come Prima" d'Alfred, qui a pourtant reçu le fauve d'or 2014 du festival BD d'Angoulême. Le graphisme ne m'a pas du tout plu, totalement rédhibitoire, je ne suis donc même pas rentrée dans l'histoire, qui pourtant promettait d'être intéressante, un road movie entamé par deux frères rapportant les cendres de leur père en Italie, période post-mussolinienne. 

jeudi 8 mai 2014

mon 1er pavot cuvée 2014

A gauche, mon premier pavot en fleur dans toute sa splendeur, pour le premier dimanche de mai.












A droite, le même pavot, 3 jours plus tard après moult pluie et grand vent :
...délavé, à l'aspect encore plus froissé mais toujours vaillant !

Il y a un an, ce n'est que début juin, un mois plus tard donc, que mon premier pavot "2013" fleurissait.



--> D'autres photos des pavots de mon jardin : "Pavots et coquelicots n'aiment pas l'eau"

mercredi 30 avril 2014

M. de Kerangal : "Réparer les vivants"

***** (France, 2014, Collection Verticales/Gallimard, 288 p.)

Ce roman ne traite pas de 24 heures de la vie d’un homme, puisque cet homme est décédé ; il déroule 24 heures de la vie du cœur de ce jeune de 19 ans fauché dans un accident de camionnette en revenant du surf.
L’auteure nous décrit parfaitement ce qu’est la mort cérébrale, illustrant que "les progrès de la médecine ont conduit à donner une nouvelle définition de la mort" et la problématique du don d’organes. L’urgence d’obtenir l’accord de la famille éplorée et sous le choc, d’étudier le fichier des patients en attente d’un organe et d’établir les meilleures correspondances entre le donneur et les receveurs, de lancer la procédure, prévenir les receveurs, préparer l’intervention sur le corps du jeune décédé où 4 équipes se succèderont pour prélever les organes de leur ressort (cœur, poumons, foie et reins).  Le transport des organes vers leur destination finale aux quatre coins de la France, où chaque receveur attend son salut.

L’écriture de Maylis de Kerangal est toujours aussi prenante et belle. J’avais tant aimé "Naissance d’un pont "(2010) que je n'ai pas chroniqué mais qui figure dans mes lectures préférées, un peu moins "Tangente vers l’Est" (2011).

En revanche, si ce n’était pour cette écriture particulière, « Réparer les vivants » m’aurait assez déconcertée. Le thème est particulier, les personnages guère attachants, très « cliniques », et des longueurs m’ont interpellée (comme ces pages sur un personnage aussi mineur que cette Rose, la petite amie du chirurgien Virgilio, qui fracasse tout chez lui à l’annonce du message « urgence don d’organes »).
Le récit regorge de descriptions médicales, et moult détails sur les opérations de prélèvement : c’est certes intéressant, et chapeau pour la recherche documentaire et la maîtrise de son thème par l'auteur (je me suis demandée si elle n'avait pas fait médecine !) mais encore faut-il avoir un certain goût pour la littérature médicale. Je reconnais avoir admiré la maîtrise de son sujet par Maylis de Kerangal quand celle-ci fait allusion à cette île près du Japon où "l'on archive les battements du coeur humain, ces empreintes cardiaques collectées dans le monde entier, déposées ou enregistrées là par ceux qui auront fait tout le voyage" (p.189).

Paru en janvier 2014, "Réparer les vivants" était le roman de l'actualité médicale puisque venait d'avoir lieu la première greffe d'un coeur artificiel sur un patient qui décédera quelques semaines plus tard. Au moment où je finissais ce livre, j'apprenais le même jour qu'une nouvelle demande d'autorisation pour reprendre l'essai d'implantation d'un coeur artificiel "bioprothétique" était déposée.

Avec ce livre, j'ai eu l'impression de lire un documentaire sur la transplantation cardiaque, plutôt que de m'évader en lisant un roman, ce que je cherchais davantage. En conclusion, je pense que j’aurais fort bien pu me passer de cette lecture, qui a pourtant été couronnée du Grand Prix RTL-Lire et du prix "Roman des étudiants France Culture-Télérama"…

Extrait : "L’arrêt du cœur n’est plus le signe de la mort, c’est désormais l’abolition des fonctions cérébrales qui l’atteste. En d’autres termes : si je ne pense plus alors je ne suis plus. Déposition du cœur et sacre du cerveau - un coup d’Etat symbolique, une révolution." (p.44)

samedi 19 avril 2014

"Impressionnistes en privé" : Eva Gonzalès et Mary Cassat... impressionnantes

Eva Gonzalès : Le Moineau
Intéressante expo que celle présentant, au Musée Marmottan-Monet, 100 oeuvres impressionnistes prêtées par une cinquantaine de collectionneurs privés : des oeuvres que le quidam du coin a donc peu de chance de pouvoir admirer deux fois dans sa vie. 70% des oeuvres présentées sont inédites (expo jusqu'au 06/07/2014).

Cette expo m'a révélé, entre autres, deux pépites, deux coups de coeur absolus... par deux femmes peintres:
  • Mary Cassatt : "Portrait de Anne-Marie Durand-Ruel" (pastel sur toile, vers 1908) : le portrait d'une fillette en robe rouge et chapeau, avec ses deux tresses de cheveux "en boudin" : si beau et saisissant que l'on dirait une photo
    (A propos de Mary Cassat : "Lydia Cassat lisant le journal du matin")

Il me semble que c'étaient les deux seules oeuvres représentées pour ces deux artistes exceptionnelles. Dommage.
Mais d'autres artistes nous réservaient aussi de très belles surprises. Pour moi, ce furent ainsi : 
  • de magnifiques Sisley, avec la lumière qui fuse, qui explose sur la forêt et le ciel, un bonheur... 
  • Idem pour Monet ("Bras de la Seine près de Vétheuil" 1878, "Bord des falaises de Pourville", "Hémérocalles au bord de l’eau"). Des tableaux lumineux, et si beaux. 
  • "Le Bar aux Folies Bergères" d’Édouard Manet : la lumière qui émane de la serveuse, resplendissante... Et j'ai enfin pu constater de visu le parallèle entre ce tableau et le "New York Movie" d'Edward Hopper
  • Le très grand et impressionnant tableau "La Terrasse à Méric" de Frédéric Bazille, ce jeune peintre mort pendant la guerre de 1870. 
  • la sculpture de Degas en bronze : "Petite danseuse de quatorze ans" (vers 1879-1881), avec son tutu qui ressemble à un pagne...
  • "Les Dahlias, le jardin du Petit-Gennevilliers" (1893), "Intérieur, femme à la fenêtre" (vers 1880) de Gustave Caillebotte. Les premiers Caillebottte auxquels je prête aussi attention, pour la première fois de ma vie, habitant pourtant à deux pas de la maison Caillebotte (pour réparer : au programme l'expo Caillebotte prochainement et en famille SVP).
 Jeunes filles au bord
de la mer (
Renoir)

Les Boudin, Corot, certains Pissaro, Degas, Pierre-Auguste Renoir (mention spéciale cependant au "Madame Renoir et son chien" et aux "Roses et pivoines dans un vase"), Jongkind m'ont un peu moins tendue la main, si je puis dire, ou si je puis faire ma chochotte.

Et toujours dans ce joli musée Marmottan-Monet, la collection de nymphéas de Monet et les tableaux de Berthe Morisot, dont mon préféré, les "Roses trémières" (1880). Et le sublime portrait de Berthe Morisot peint en 1882 par Manet. Voir : "Journal de Julie Manet, fille de Berthe Morisot et Edouard Manet"

--> Voir la rubrique "Expos" ou la chronique plus spécifique "peinture"...

J'ai vu un agneau la semaine de Pâques

Aperçu dans la rue, en cette semaine pascale, un agneau Street art... qui se moque bien des religions : dans tous les cas , il va passer à la casserole, façon brochettes ou gigot de Pâques.

(Tiens, cela me fait venir une pensée pour Shawn, l'adorable mouton de Wallace et Gromit.)

--> Tag "Street Art"

lundi 14 avril 2014

Eels... Smell the Peach blossom, the Tiger Lily, the Marigold...

Fou. 


Anders Nilsen : affiche Eels
pour Rock en Seine 2013
Chronique jardin laissée orpheline quasiment depuis un mois. Never happened before.

Jardin lui-même un peu délaissé jusqu'à ce weekend où un travail d'arrache-pied (de liserons et autres indésirables) a permis d'y voir clair dans les plates-bandes. Et encore...

Ce printemps, même pas eu le temps de m'arrêter, béatement, sur chaque nouvelle tulipe ou jacinthe en fleur... J'ai constaté ce week end que les tulipes étaient fanées, sans que j'aie pu vraiment les contempler et les admirer en plein épanouissement (oui, en temps normal, avec du temps, je suis "béate" devant mes fleurs en fleurs, 'y a pas d'autre mot !). Pas une photo à date des tulipes de cette année : shameful.

Bon, inscrire dans ma To Do List : ne pas oublier de se rattraper le printemps prochain.

Alors pour me faire pardonner, c'était il y a un an : le concert de Eels à Paris : la chanson sur l'éclosion du printemps "Peach Blossom", de l'album Wonderful Glorious le bien nommé


EELS - Peach Blossom video (Paris/Trianon, 25 April 2013)

"Oh man... feels so nice.
That was a long cold night,
But then the sun came out to thaw the ice.
Open the window man and smell the Peach Blossom,
The Tiger Lily, the Marigold."

  NB : Tiger Lily = Lys = Lilium lancifolium
  et  Marigold = Souci = Ringenblume   = Calendula




Et les nouvelles : Eels / Mr E. va sortir un nouvel album... the upcoming EELS album "THE CAUTIONARY TALES OF MARK OLIVER EVERETT" (out April 22)

"Dans l'ombre de Charonne" : Un récit graphique pour ne pas oublier

***** Désirée et Alain Frappier - 2012 (Editions du  Mauconduit, 136 p.)
Très très beau et sombre récit graphique en noir et blanc.

D'abord tout commence par la préface passionnante et édifiante de Benjamin Stora...

Ensuite, nous sommes emportés aux côtés de Maryse au fil de pages, tellement intéressantes... et  sur tant de sujets... (y compris l'exode des juifs égyptiens au moment de la guerre israélo-arabe, l'attente des papiers en France...), et même le quotidien des lycéens français des années 60... 

La plaque "Place du 8 février 1962" a été apposée
par la RATP  sous le nom de la station Charonne en février 2014
Une leçon d'histoire dans chaque case dessinée sans que cela paraisse : 
C'est le signe d'une reconstitution admirable de l'époque, oui, et des événements qui ont conduit aux 9 morts du métro Charonne. Conduit aujourd'hui, 52 ans plus tard, à ce que cette station de métro de la ligne 9 soit rebaptisée en "Charonne, Place du 8 février 1962".

Pour moi, qui a pourtant étudié la science politique et l'histoire, il y a sur cet événement de Charonne un avant et un après la lecture de ce roman graphique.

Avant ? Charonne sonnait comme une vague référence à un événement douloureux de l'histoire de France... C'était dans mes "révisions" de cours, j'avais appris la date et la raison de la manif...  La date de la manif des travailleurs algériens du 17 octobre 1961 contre le couvre-feu imposé par le préfet Papon forcément fut mise en lumière pendant le procès Papon fin des années 90. 
Mais je n'aurais même pas pensé que le 8 février 62, des gens avaient péri écrasés dans les escaliers du métro. Que les policiers avaient jeté sur eux les grilles en fonte qui bordent les arbres.
Et pourtant j'emprunte chaque jour le trajet me jetant à deux stations de là... Deux stations sans savoir ce qui se passa dans ces escaliers le 8 février 1962... 

L'ouvrage de Désirée et Alain Frappier ouvre les yeux, au-delà de tous les cours de sciences po ou autres que l'on a pu recevoir : les années lycée en parallèle avec la guerre d'Algérie, certes, mais ensuite, le crescendo des événements, la France quasi coupée en deux, les associations, les débats à l'école et au bar du coin, et puis la manif. Cette foule pacifique, qui a marché et marché puis qui, le soir tombé, pense (un brin lassée) genre "mal aux pieds dans ces chaussures, il est temps de rentrer...". 
Combien l'ouvrage décrit incroyablement et horriblement, comme si on y était, l'appel tranquille à la dispersion, puis la déconnexion entre manifestants/syndicats et police, la charge de la police, la furie, la débandade, les chaussures et sacs abandonnés, les corps piétinés et paniqués qui cherchent à se réfugier dans la seule voie de secours qui s'offre à eux  : la goulue bouche du métro Charonne.

"Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l´un contre l´autre
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne" (La foule, Edith Piaf)

Evidemment, chaque station de métro a sa propre histoire. Mais croiser la station Charonne mérite de se questionner sur les événements de 1962. Il faut lire "A l'ombre de Charonne" pour comprendre simplement.


Le résumé sur le site de l’éditeur (Editions du Mauconduit) :  
"Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962. 
Après 8 ans de guerre, l’indépendance de l’Algérie devient inéluctable. L’OAS, regroupant dans ses rangs les fervents défenseurs du dernier bastion d’un empire colonial agonisant, multiplie les attentats à la bombe sur la capitale. Le 8 février, après 14 attentats, dont un blessant grièvement une petite fille de quatre ans, des manifestants se regroupent dans Paris aux cris de « OAS assassins », « Paix en Algérie ». La manifestation organisée par les syndicats est interdite par le préfet Maurice Papon. La répression est terrible. La police charge avec une violence extrême. 
Prise de panique, Maryse se retrouve projetée dans les marches du métro Charonne, ensevelie sous un magma humain, tandis que des policiers enragés frappent et jettent des grilles de fonte sur cet amoncellement de corps réduits à l’impuissance. Bilan de la manifestation : 9 morts, dont un jeune apprenti, et 250 blessés.
50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. C’est une véritable histoire dans l’Histoire à laquelle nous invite l’auteur, restituant ce témoignage intime dans son contexte historique et tragique, tout en nous immergeant dans l’ambiance des années soixante : flippers, pick-ups, surboums, Nouvelle Vague, irruption de la société de consommation."

--> Voir aussi l'interview des deux auteurs sur http://www.histoire-immigration.fr/magazine/2014/3/dans-l-ombre-de-charonne 

... et des mêmes auteurs, Désirée et Alain Frappier : un autre excellent ouvrage, je ne dirais pas plus léger car le poids de l'histoire est là aussi, mais plus proche et quand même teinté d'une juste et délicieuse dose d'humour  :  "La vie sans mode d'emploi, Putain d'années 80 !"

Citizens ! nouveau groupe londonien à déguster frappé

Jeune groupe londonien qui a joué en 1e partie de Franz Ferdinand le 10 mars 2014 au Zenith de Paris...
Pas n'importe qui !

5 jeunes musiciens emmenés par le chanteur Tom Burke, à la voix assez unique, haut perchée, qui fait penser à Pavlov’s Dogs (un compliment donc !).

Le groupe est produit par… Alex Kapranos, qui a le nez fin pour flairer les hauts potentiels. En plein concert des Franz Ferdinand, il a d'ailleurs dédié "Lucid Dreams" à Citizens !

Sur scène, Citizens ! a interprété 7 morceaux dont 3 nouveaux issus de leur prochain album (sortie prévue en 2014) et 4 chansons du 1er album "Here We Are" (2012) : 
- Reptile (2e), 
- Caroline (3e), 
- True Romance (6e) 
- (I'm In Love With Your) Girlfriend (7e).
Le public ne semblait pas trop les connaître non plus (comme nous) mais peu à peu s'est laissé gagner par les mélodies entraînantes et la voix particulière du chanteur.

Les InRocks avaient classé leur tube True Romance au 10e rang des 100 meilleures chansons de 2012.

NB : ils font aussi l’actu grâce à leur reprise de Feeling good pour la pub Sosh et leur chanson Reptile pour Sodebo.

Vous ne connaissez pas encore Citizens ! (comme moi avant le 14 mars), eh bien ne perdez pas une seconde et foncez sur le site officiel du groupe  http://www.citizenscitizens.com/videos/  qui présente 3 vidéos différentes de True Romance dont le clip de High5collective, et une vidéo de Reptile et de Caroline. De super chansons, vous verrez, on devient accro !

NB : Même l'écrivain Christophe Ono-dit-Biot connaît et apprécie Citizens ! dont il cite quelques paroles de "Reptile" dans son dernier roman "Plonger" sorti en 2013.

--> chronique "musique / concerts"
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