mercredi 18 mars 2015

Amanda Smyth : "Une sorte de paradis" (Trinité et Tobago)

***** "A kind of Eden" 2013 (Ed. Phébus, Trad. M-O. Fortier Masek, 266 p.)
Amanda Smyth est une jeune écrivaine de père irlandais et de mère originaire de Trinité-et-Tobago.
Elle dépeint dans ce roman le double visage de cette petite île caribéenne : une nature luxuriante, la mer turquoise, les plages (une "sorte de paradis" donc...), les groupes de touristes britanniques ou allemands, et la pauvreté des locaux, la misère des infrastructures, l'insuffisance des services publics à commencer par la police complètement démunie, la violence et la criminalité croissantes. Deux mondes.
Mais ce livre est aussi et avant tout peut-être un roman sur l'usure du couple, puis la résilience de la cellule familiale.

Martin a quitté Londres et son emploi dans la police à la suite d'un drame familial, la mort de sa fille aînée, qui a contribué à éroder son couple. Il laissé en Angleterre "à titre provisoire" sa femme Myriam et sa fille cadette Gloria. A Trinidad, il est consultant pour la police.
C'est un homme de 49 ans qui entame ce que l'on peut appeler une double vie aux Antilles : rattrapé par le démon de midi, il fréquente une jeune trinidadienne de 28 ans, Safiya, qui, elle, hésite entre un engagement plus profond au grand dam de sa mère ou la poursuite de cette relation adultérine.
Ce quinquagénaire anglais n'a pas grand chose d'un personnage sympathique. 
Cela se confirme quand il doit recevoir sa femme et sa fille en vacances sur l'île. Englué dans les mensonges de sa double vie, il emmène sa famille sur l'île voisine de Tobago où il loue une somptueuse villa. Martin est décidé à avouer à sa femme qu'il veut refaire sa vie à Trinité.
Mais il n'en a pas le temps, car la villa est sauvagement attaquée par de jeunes locaux, qui violentent les parents et violent la jeune fille.

En tant que collaborateur de la police de Trinidad, Martin va vite déchanter sur les moyens et les méthodes de la police locale. On assiste alors à la véritable mise en abîme des deux mondes. Les soins à l'hôpital, l'interrogatoire de police... Le retour à Trinidad où Safiya a pris la décision de le quitter. Qu'est-il vraiment aujourd'hui, cet homme ? Lui qui a choisi d'emmener sa famille sur cette autre île, et indirectement causé un drame épouvantable. Qui a perdu une première fille et ravagé sa seconde. Qui n'a aucune autorité sur la police locale. Qui se fait larguer par sa jeune maîtresse.
On assiste alors à la renaissance de Myriam, qui reprend les choses en main, s'affirme.

Un bon livre, qui décrit les deux réalités de ces îles dites paradisiaques. Une écriture simple mais fluide, que j'ai appréciée. Je compte livre son premier roman, "Black Rock"qui se déroule également à Trinidad-et-Tobago.

De Trinité et Tobago, j'avais adoré "Calypso de nuit" de Lawrence Scott (2004)...

--> Lectures "Amérique latine"

vendredi 13 mars 2015

"Magasin Général" : géniale BD québécoise

***** Régis Loisel & Jean-louis Tripp (+ Jimmy Beaulieu pour l'adaptation au parler québécois)
(9 tomes, Editions Casterman de 2006 à 2014)

Je pourrais consacrer des pages de louanges à cette fabuleuse série BD réalisée par des Français immergés au Québec et drôlement bien adaptée en québécois par un pur laine justement.

Elle décrit en neuf tomes la vie d'une petite communauté rurale dans le village (fictif) de Notre-Dame-des-Lacs à partir des années '20 jusqu'en 1936 (avec l'arrivée de l'électricité au magasin !).

Le Québec de cette époque a l'esprit encore très conservateur. Pourtant la BD va progressivement faire taire les figures de l'autorité (le maire meurt et personne ne le remplace, le curé s'émancipe et ne tolère une messe que tous les mois...).
Place alors aux sentiments plus libres, aux valeurs nouvelles : le village ne se formalise pas que Marie, la douce et belle patronne du magasin général, s'en revienne d'une escapade à Montréal (une virée Charleston !) enceinte d'un bébé de père inconnu.

La série aborde aussi l'homosexualité et l'amour naissant entre le beau Serge, qui a ouvert un restaurant dans le magasin de Marie, et le sympathique et peu orthodoxe curé.
Au fil des tomes, on devient proche de chaque famille, de chaque personnage, et c'est si bon de les retrouver dans le numéro suivant.


J'ai adoré de pouvoir lire les dialogues en québécois et découvrir encore de nouvelles expressions.














Une lecture que je recommande très chaudement.
Vrai vrai coup de coeur !


Les neuf tomes :

T1 Marie
T2 Serge
T3 Les hommes
T4 Confessions
T5 Montréal
T6 Ernest Latulippe
T7 Charleston.
T8 Les Femmes
T9 Notre-Dame-des-lacs


Un plaisir de lecture et un plaisir à offrir !


--> Chronique "BD/Romans graphiques"...








Paco Ignacio Taibo II : "La vie même"


*****  Mexique / "La vida misma" 1987 (Ed. Payot Rivages Noir, trad. Juan Marey, 1992, 224 p.)

Une idée de départ très originale : dépassé par les événements, l'ingérence du gouvernement fédéral et la corruption, le maire d'une ville "inventée" du nord du Mexique, marquée à gauche, propose le poste de chef de la police municipale à un célèbre auteur mexicain de romans policiers.

Et celui-ci, José Daniel Fierro, accepte... au péril de son mariage. Il adressera néanmoins très régulièrement des lettres passionnantes et pleines d'humour à son épouse, qui constituent un atout supplémentaire dans la construction du récit.

Ce roman est très agréable à lire, tant le style de Paco Ignacio II est original et son approche du Mexique l'est tout autant. Notre écrivain devenu chef de la police s'empresse de se coiffer d'une casquette et d'épingler un badge de Spiderman acheté au bazar en guise d'insigne. Cela plaît à ses nouveaux subalternes, qui chacun dans son genre est un personnage attachant. Le chef tâtonne un peu dans ses enquêtes mais apprend vite des méthodes de ses collègues, et finalement c'est toute l'équipe de la police municipale qui profite de la combinaison des trucs de romans policiers et de l'expérience terrain pour avancer dans les enquêtes. Le lecteur se laisse aussi gagner par le combat à la David et Goliath que mène cette petite municipalité rouge contre les sbires fédéraux.

Les descriptions de la petite ville sont réalistes et l'on s'y croirait.

--> Mes autres "lectures d'Amérique latine"...

mardi 24 février 2015

Sonia Delaunay

Visite de l'expo Sonia Delaunay au Musée d'art moderne de Paris. Il était moins une, l'expo fermait le lendemain !
A vrai dire, avant cette expo, je ne connaissais pas grand chose de Sonia Delaunay ni de son mari Robert.
Je passe sur le mari, car là n'était pas le thème de l'expo, pour m'en tenir à Sonia. 
Eh bien, quelle femme ! Quelle personnalité ! Quelle artiste à forte tête ! Je visite cette expo un mois après celle sur Niki de Saint Phalle : on ne peut faire plus fort en matière de femmes artistes de premier plan au XXe siècle (Ah si, Frida Kahlo ! Marie Laurencin !).

Sonia Stern naquit près d'Odessa en 1885 et fut élevée par son oncle et sa tante riches bourgeois de Saint-Pétersbourg.
A 18 ans, elle partit étudier la peinture en Allemagne. A 20 ans, elle débarquait à Paris et découvrait Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Matisse... Elle exposa en 1907 aux côtés de Braque, Picasso, Derain, Dufy...
 Ses portraits de jeunes finlandaises réalisés autour de 1908 témoignent de ces inspirations.

Sonia est déjà une artiste peintre quand elle rencontre Robert Delaunay. 
Le couple s'entend à merveille et développe de concert l'approche simultanée empruntée à Chevreul (l'orphisme selon Apollinaire) qui repose sur le pouvoir constructif et dynamique de la couleur, l'introduction du contraste simultané des couleurs.
Il ne faut pas m'en demander plus car je dois avouer ne pas avoir bien saisi malgré cette expo le sens précis du simultanéisme...

Expo Sonia Delaunay au MAM, 02/2015
Par la suite, Sonia progresse toujours mais dans l'ombre de son mari. C'est une "femme de... ".
On la consacre moins comme artiste peintre (et pourtant quelles belles oeuvres) que comme styliste, designer puisqu'elle s'est lancée dans l'art pour le quotidien : vêtements prêts à porter, tapis, tissus décoratifs etc. 
A la mort de Robert en 1941, elle prend à coeur de mettre en valeur le patrimoine de son mari. Plus tard seulement, elle s'affirme totalement comme une artiste pleine et entière. Quel bonheur d'écouter son interview télévisée (archive INA) présentée à la fin de la visite. Femme de caractère, de passion, amoureuse des couleurs.
Le bal Bullier (1913)
Elle meurt à 94 ans. Quelle vie !

Ce que j'ai beaucoup aimé dans cette visite :

- la première salle avec les tableaux "finlandais" : Sonia Delaunay a peint de merveilleux portraits de jeunes finlandaises
Robert Delaunay au MAM / Paris
- la couverture en patchwork qu'elle avait brodée pour son fils en 1911
- la fresque "Le bal Bullier" représentant des danseurs de tango : superbe
- la salle "Portugal" avec les tableaux d'une femme avec pastèque, scènes de marché, puis dans la salle "Palais de l'air", les esquisses des "voyages lointains"
- certains tableaux de prismes électriques, ceux aux couleurs plus pastel (comme celui de l'affiche de l'expo)
- le rideau paravent qui provient de son appartement avec un poème de Philippe Soupault
- les tenues de baignade, avec l'ombrelle et le sac... Dans cette salle "La Fabrique", nombreux échantillons de tissus imprimés et de croquis de robes, pyjamas... Là je fus frappée par le style art Déco de Sonia Delaunay en particulier dans les dessins des mannequins et les motifs des robes (cela m'a rappelée l'expo sur Tamara de Lempicka), et je me suis fait la réflexion qu'on ne l'associait pas à l'Art Déco sinon toujours à l'abstraction ou au cubisme...
- la superbe mosaïque posée au sol.

La partie sur l'aéronautique m'a moins passionnée.

Après cette visite au pas de course, vite j'ai écumé quelques salles du MAM, en commençant par les gigantesques tableaux de Robert Delaunay.

Bien contente aussi d'être tombée sur un "tir" de Niki de Saint Phalle ("Notre Dame de Paris") dans la salle des nouveaux réalistes.

--> Rubrique "Expos"

Laurence Tardieu : découverte d'une très belle écriture

Une vie à soi ***** (Ed. Flammarion, 2014) 
Un livre extraordinaire. Ma première rencontre avec Laurence Tardieu. Et, depuis, j'ai lu deux autres livres de cette auteure.
Quelle belle écriture, un rendu si juste des émotions, une sensibilité tout en sobriété. Le début m'a quelque peu désorientée, les souvenirs de petite fille en robe blanche de l'auteure, le grand appartement parisien. Et puis tout s'est mis en place, un fil rouge qu'on ne pouvait lâcher. Je connaissais par coeur les couloirs et les recoins de cet appartement bourgeois du 16e arrondissement. Et Laurence nous enseignait en parallèle les pérégrinations de Diane Arbus dans son propre appartement bourgeois de New York.

"Une vie à soi" est un récit autobiographique :
"Je m’appelle Laurence T., je suis écrivain, je viens d’avoir quarante ans. J’ai été au bord de l’effondrement pendant deux ans, incapable d’écrire une ligne, incapable d’accrocher le réel. Plus rien n’avait de sens. Les mots étaient vides. Et aujourd’hui j’écris ce livre. (…) Ma seule assise concrète, réelle, pendant ces deux années, a été la présence fantasmée de Diane Arbus. Que s’était-il donc passé à ce point pour qu’une présence imaginaire me retienne de m’effondrer totalement. Qu’est-ce que tout cela a été ? Du vécu, une fiction, une forme de folie ? Aujourd’hui encore je l’ignore. (…) sans Diane Arbus, sans sa lumière noire et brûlante, je serais tombée." (p.71)
Laurence Tardieu raconte son cheminement vers un retour à la vie après plusieurs années sombres. La petite étincelle qui la ranime petit à petit, c'est la découverte de la photographe américaine Diane Arbus. Par le jeu du hasard.
Elle entame au travers de ce roman un dialogue virtuel salvateur avec la photographe.
"J'ai découvert Diane Arbus un dimanche d'automne 2011. Ce jour-là elle est entrée dans ma vie, la percutant de sa lumière crue alors même qu'il me semblait, moi, errer dans ma nuit. J'étais seule, sans enfants, et je m'étais dirigée vers le Musée du Jeu de Paume parce que je n'avais rien à faire et qu'une vague envie m'avait prise de marcher dans les jardins des Tuileries. Depuis des mois, je me sentais enserrée dans un effroi et une souffrance intenses que je ne parvenais à dire à personne. J'essayais de me retenir à tout ce qui tenait, mais rien ne tenait, plus rien ne tenait. Tout s'effritait sous mes doigts." 
"À quoi ma rencontre avec Diane Arbus a-t-elle tenu ? À rien, à la lumière et à la solitude de ce jour d'automne, au souvenir du Musée du Jeu de Paume avec mes parents. À rien. J'en ai rétrospectivement le vertige. Car il y a des rencontres qui sauvent. Elles vous saisissent au corps, elles vous soulèvent du sol auquel vous êtes englués, elles vous font passer de la nuit à la lumière."
Laurence Tardieu possède un tel don pour exprimer les sentiments les plus intenses, comment passer de la nuit au jour...
"Et de jour en jour, c’était ma propre vie qui affluait en moi, comme un afflux de sang au corps. Depuis des mois, j’avais la sensation que tout s’effritait sous moi. Que tout n’était que mascarade, faux-semblants. Tout s’était tant effrité que je ne savais plus très bien ce qu’on appelait le réel. Le réel lui aussi était en miettes. Le réel lui aussi se dérobait sous ma main, sous mon regard.
Et soudain, Diane Arbus, morte il y a plus de quarante ans, était violemment présente en moi (…)" p.51
Diane Arbus ? J'avais en effet un vague souvenir d'un Télérama consacré à l'exposition du musée du Jeu de Paume. Il me semble vaguement me souvenir que j'avais lu le dossier. Les photos des deux jumelles. Mais je n'étais pas allée voir l'expo. J'aurais pu, un peu par hasard comme Laurence Tardieu, car je suis allée aux Tuileries voir l'expo Ai Wei Wei qui commençait en février 2012, quelques mois après la visite par Laurence de l'expo Diane Arbus.
Comme quoi les choses tiennent à peu de chose... Mais cette expo Ai Wei Wei m'avait aussi fascinée. Et ce fut l'une des premières à me faire réaliser ce que l'art peut nous apporter. Depuis j'essaie de courir les expos qui m'intéressent, hélas courir est un mot ambitieux.
"Je trouvais tant de résonances entre nos vies. Pas seulement dans nos vies d'artiste, mais aussi nos vies de femme, nos vies de mère. Reconstituer la cohérence de la vie de Diane m'apparaissait si aisé, moi qui avais le sentiment de ne plus parvenir à reconstituer la mienne. Grâce à Diane, soudain, les choses m'apparaissaient limpides : elle me donnait aussi des yeux pour voir ma vie, elle me l'offrait en miroir."
Laurence Tardieu écrit de telle façon que, passé le début du livre, un peu fouillis, l'on progresse à son côté. On est happé par son écriture et son propos.
"Lorsqu'on revient de la nuit le noir des ténèbres continue à luire dans la lumière et je n’oublierai rien de ce noir, il fait désormais partie de ma joie, il la compose, et peut-être en est-elle-même devenue plus belle ainsi, plus moirée, oui, peut-être précisément parce que j’ai connu un temps ce monde sans lumière, jamais je n’ai autant ressenti le bonheur de faire aujourd'hui partie du monde des vivants, jamais je n’ai autant ressenti le bonheur d’écrire."
J'ai rarement eu l'impression de me sentir si proche d'un auteur tout au long d'une lecture. Envie de recopier tout le livre.
« Diane Arbus s’est suicidée le 26 juillet 1971 à l’âge de 48 ans. " p.173
"Quatre mois plus tôt, Diane, tu écrivais à Allan : "J’ai tant à apprendre sur comment vivre. Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pendant ces quarante-sept ans ? "(p.179)
Alors, évidemment, je me suis jetée sur le précédent livre qu'elle évoque, qui l'a tant mise à mal, "La confusion des peines", qu'elle a écrit deux ans plus tôt à propos de son père.


La confusion des peines ***** (Stock, 2011, 140 p.)

Captivant. De son écriture toujours aussi subtile, Laurence Tardieu évoque le drame qui a frappé cette famille bourgeoise du XVIe arrondissement où tout était jusqu'à présent un long fleuve tranquille : jamais de vague, de propos déplacés, de sujets qui fâchent... A la place, silence et non-dits permanents. Alors quand la digue se rompt, c'est la catastrophe. 
En 2000, le père de Laurence Tardieu, directeur à la Compagnie générale des eaux, polytechnicien cultivé et mélomane, est condamné et emprisonné pour corruption. Cette même année, la mère de Laurence succombe à un cancer du cerveau fulgurant.
L'écriture habituellement douce de Laurence Tardieu a pris quelques virages surprenants, témoignant d'une façon qui reste mesurée de la violence de ses pensées (deux mots m'avaient frappé tant ils étaient inattendus dans la plume de cette auteure : "salaud" et "tôle", c'est tout dire...).
"Le reflet de mon père, à présent, était celui d’un homme jugé puis condamné pour corruption, le reflet d’un perdant, d’un humilié, le reflet d’un homme qui la nuit dormait en tôle."
Son père ne voulait pas que Laurence écrive ce livre, tout du moins pas avant sa mort. Elle a décidé de tenir tête et de revisiter toutes ces dernières années pour les coucher par écrit et se libérer ainsi de la chape de non-dits qui l'ont tant oppressée durant tout ce temps. Une démarche courageuse, qui lui a mis à dos sa famille à l'exception de sa soeur. Catharsis ? S'en est suivie une profonde dépression pour Laurence Tardieu que la découverte fortuite de Diane Arbus a réussi à lever.
Le récit vaut également pour sa peinture sociale des beaux quartiers parisiens...

Puisque rien ne dure ***** (Stock, 2006)

J'ai moins apprécié ce livre que les deux précédents. Une histoire triste (est-ce la marque de cette écrivaine ?), mais bien racontée. Vincent, Geneviève, Clara ont formé pendant 8 ans une famille heureuse. Un jour, Clara a disparu. Elle était finalement le ciment qui unissait Vincent et Geneviève, et ces deux-là vont chacun fuir à leur façon pour affronter cette perte. Quinze ans plus tard, Geneviève, mourante, appelle Vincent à son chevet.
"Bientôt Geneviève sera au fond d’un trou…Elle n’aura fait que passer. Voilà peut-être ce qu’il faudrait accepter : on ne fait que passer. Et quand bien même l’amour, le combat, la souffrance à en devenir fou…De tout ça un jour il ne reste rien."

dimanche 22 février 2015

Quoi de neuf au jardin ? des fleurs pardi !

Les hellébores continuent de faire la fête chacune leur tour. 
Les plants de couleurs insolites (prune, rose, violet...) que j'ai plantés cet automne n'ont encore que leurs (jolies) feuilles persistantes : elle m'offriront des fleurs dans deux ans. Celles qui sont en fleurs sont les plants que j'avais plantés il y a une paire d'années maintenant, de couleur blanche et s'ourlant de rose, magnifiques avec leur pistil et étamines jaune.

Fruits de l'arbuste Elaeagnus ebbingei - Hellébore rosée - Perce-neige
jacinthe en bouton - jacinthe en fleur - laurier tin en fleur
Bouton de mahonia - Hellébore blanche

Qui pointe son nez aussi ? 
- Les perce-neiges qui éclosent en force à présent après une timide percée en janvier : finalement février serait plus leur mois de prédilection cette année.

- les jacinthes, qui me semblent en petite forme cette année, une rose est en fleurs, une deuxième violette est en bouton, et d'autres pointent seulement leur bout de nez. En regardant les photos des années passés, je réalise que c'était au mois de mars que mes jacinthes s'éclataient carrément. J'en ai même sous la neige en plein mois de mars 2013, fières tout de même.

- mes arbustes mahonias préparent leurs boutons. La floraison devrait arriver en mars. Ils sont un peu tardifs comparés à ceux plantés par la municipalité déjà en fleurs...

ET dans la catégorie des persistants toujours en fleurs ou en fruits : 
- le laurier tin, dont j'ai vraiment l'impression qu'il a toujours des fleurs quelque soit le mois de l'année. Là, en hiver, il réussit à égayer le jardin avec ses fleurs roses et blanches et porte quantité de boutons floraux. Ça promet.

- et le fabuleux arbuste Elaeagnus ebbingei, au feuillage persistant vert et argenté, qui se pare de fleurs en automne et en hiver de fruits charnus, comestibles au printemps (je n'ai jamais franchi le pas...).

A part cela, les primevères sont fidèles au poste, mais je suis déçue : aucun crocus cette année ! Que leur est-il arrivé ? Mystère.
Des nouvelles aussi de ma superbe touffe de pavots d'orient transplantée l'automne dernier dans la plate bande de devant : elle est monstrueuse, je veux dire incroyablement touffue... Une merveille !!! Même pas amochée, flétrie ou jaunie par le froid, elle est toujours bien dressée et arbore un beau vert velouté. Je la couve du regard à chaque passage, au moins deux fois par jour donc, et elle me le rend bien !

--> Chronique "jardin"...

Théâtre : "Blind Date" (Mario Diament), une pièce à VOIR


***** Blind Date (L'amour à perte de vue) - Pièce de Mario Diament (Argentine)

Dans un petit théâtre intime du si animé quartier latin, une petite estrade sobrement meublée d'un banc très quelconque en lattes de fer. Projetée en arrière-plan, une claustra lumineuse évoquant des feuillages, ou du fer forgé... Un livre aussi : L'éducation sentimentale de Flaubert.
Le décor est campé. Nous sommes sur la place San Martin à Buenos Aires et vont se succéder sur ce banc cinq personnages, pendant deux heures. Mais l'on ne voit pas le temps passer.

Tout commence avec un vieil homme aveugle (Victor Haïm) inspiré de Jorge Luis Borges, assis sur ce banc. Il sourit, le visage bienveillant. Ses pensées le ramènent toujours à un amour manqué mais "inévitable", dans sa jeunesse, à Paris.
Un banquier d'une cinquantaine d'années (André Nerman) soudain s'assied à côté sur le banc, et c'est un événement : c'est la première fois de sa vie qu'il s'arrête sur une place, remarque les arbres alentour, s'assoit sur un banc public. Et avec ça, il est en retard pour un RV important.
Le dialogue se noue entre les deux hommes, anodin d'abord, teinté d'humour ("Ah, je vois..."). Le banquier confie à l'aveugle que sa vie n'était que faux semblants mais qu'à présent, éclairé par une récente histoire d'amour avec une jeune sculptrice, "il voit" car il est habité par la passion. Attention à la passion le prévient pourtant le vieil aveugle. Puis à regret le banquier se sauve pour ce qu'il pense être un entretien de licenciement avec son patron.

Assis sur son banc, le visage amène, le vieillard est bientôt rejoint par une jeune joggeuse qui a besoin de reprendre son souffle (Ingrid Donnadieu). La conversation se noue avec facilité, sur un autre registre, la jeune fille est fraîche, spontanée, rebelle... C'est une artiste, sculptrice sur fer. Elle défie l'aveugle de rien comprendre à la nouvelle génération qui elle n'a peur d'aucun défi. Elle ne s'attache pas, elle déteste sa mère, une Madame Arnoux, froide et qui va se desséchant sans oser tenter son destin. Elle se joue bien aussi d'un vieux beau qui s'est entiché d'elle, un banquier insignifiant... Mesquine, elle s'en est du reste épanchée auprès de sa femme, psychologue qu'elle est allée consulter exprès.

Changement d'acte. Le banc devient divan, la psychologue (Raphaëlle Cambray) est sur une chaise. La patiente (Dominique Arden) est une femme mûre, aigrie, insatisfaite de sa vie, qui n'a jamais aimé son mari et se moque de sa fille de 28 ans, une sculptrice, qui en plus se laisse draguer par un vieux beau. Le ton monte entre les deux femmes. La patiente finit par avouer un amour de jeunesse manqué : une fugace rencontre sur un escalier mécanique au métro Saint Michel à Paris. La séance est finie. Après le départ de la patiente le mari de la psychologue, rentre à la maison. Elle sur des charbons ardents, reliant les confessions de la jeune patiente et de la patiente plus âgée à sa propre histoire familiale, lui, fébrile, lui annonçant qu'il vient d'être licencié de la banque...

Je n'en dirai pas plus, j'en ai déjà beaucoup dit ! 
Il y a aussi une histoire incontournable de tableau à 20000 $, de mondes parallèles, du jeu du hasard, une réflexion glaçante sur les chaînes du mariage (tout part de Flaubert) et la passion qui bascule dans l'obsession. C'est passionnant, les dialogues sont savoureux et percutants. La pièce se déroule et le spectateur petit à petit assemble le puzzle.
Une pièce excellente et remarquablement bien jouée : tous les comédiens sont parfaits. Une pièce que l'on n'est pas prêt d'oublier, on prend plaisir à se rejouer certaines scènes dans la tête pour encore mieux assembler les pièces du puzzle. 

Michel Bussi : "N'oublier jamais"

***** (2014, Ed. Presses de la cité, 501 p.)
Mon BussiBuzz commence à s'essouffler. Mais c'est la rançon d'être devenue accro à cet auteur en un rien de temps. L'overdose me guetterait-elle ? 

"N'oublier jamais" est donc le 5e et dernier roman de Michel Bussi.
Je dois dire que, à peine commencé, le suspense m'a gagné et je grappillais tant bien que mal une page voire une demie-page de lecture supplémentaire dans les transports le temps que les portes du train s'ouvrent : eh oui, C'en est à ce point avec Michel Bussi ! On est accro...
Et le soir, rebelote, chaque page lue appelait à la suivante, tant le suspense est constant et savamment entretenu. Samedi soir, j'ai dû mettre le holà à 1h du matin, mais il faut dire que j'avais un peu de mal à me dépatouiller des multiples rebondissements à une heure aussi tardive.

Car voilà le problème de ce livre : trop de rebondissements ! Et ça devient très alambiqué, cette affaire...

Au début, bibi, lecteur lambda, suit avec avidité chaque nouvel événement, incrédule. "Quoi ça ? Comment ça se peux-tu ? Dear God ! What else ??" 

Au milieu du livre, Bibi fatigue un peu, commence à confondre les mortes (là, ça craint !). 
Mais le suspense est tel que Bibi ne peut PAS lâcher son livre. Ça s'appelle de l'addiction pure et simple. Et ainsi Michel Bussi m'a forcée à tourner chaque page, de plus en plus fatiguée, pour connaître le énième nouveau rebondissement. 
Je ne peux même pas parler de plaisir littéraire : hormis les descriptions fort intéressantes de la région d'Yport en Normandie, les falaises crayeuses, la campagne burinée par les embruns, les plages... le style de M. Bussi m'est passé complètement au-dessus de la tête :  je ne m'attachais qu'à l'intrigue qui se compliquait tant que je devais faire des efforts pour ne pas perdre le fil.

Bon, la fin ? Euh... je l'ai relue à deux fois ! C'est qu'il m' a bien menée en bateau le Bussi, c'est le cas de le dire. Et forcément, avec une fin pareille, on est obligé de se repasser le bouquin en flashback toute la nuit. Non mais eh c'est quoi ce livre ! Y'en a qui ont besoin de dormir !!!!

Conclusion : je l'ai bien entendu avalé ce roman ! Et je ne le regrette pas !
Mais d'un point de vue enrichissement littéraire ou lecture culte : que nenni. Lu pour être lu, avalé en un rien de temps car c'est de l'addiction... Et je le referai pour le prochain car je réalise que Bussi est ma parfaite lecture de transports en commun : j'oublie tout le reste, si tant est que je parviens à extraire le pavé de mon cabas et à l'ouvrir sans blesser l'oeil de mon voisin.
En revanche, pas un livre que j'aurai plaisir à offrir à la différence de "Un avion sans elle" (déjà offert deux fois) et "Ne lâche pas ma main" (deux fois aussi).

Résumé de l'éditeur : "Ça va mademoiselle ? répéta-t-il. Elle tourna vers lui. Il avança. Les herbes hautes montaient jusqu'à mijambe et il se fit la réflexion que la fille n'avait peut-être pas aperçu la prothèse fixée à sa jambe gauche. Il se trouvait maintenant face à elle. Dix mètres. La fille s'était encore approchée du précipice, le dos offert au vide. Elle avait beaucoup pleuré, mais la fontaine semblait tarie. La maquillage autour de ses yeux avait coulé, puis séché. Jamal eut du mal à ordonner les signes contradictoires qui se bousculaient dans sa tête. Le danger. L'urgence."  Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper et l'ambition de devenir le premier handicapé à réaliser l'une des courses d'endurance les plus ardues du monde, l'Ultra-Trail du Mont-Blanc. Parti s'entraîner, ce matin de février, sur la plus haute falaise d'Europe, il a d'abord remarqué l'écharpe rouge accrochée à une clôture ; puis la vision d'une femme, incroyablement belle, les yeux rivés aux siens, prête à sauter dans le vide. Ils sont seuls. Le temps est suspendu. Ultime recours, Jamal lui tend l'écharpe, mais la femme bascule. 
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, Jamal trouve le corps inerte de l'inconnue, un filet de sang qui s'échappe du crâne. A son cou, l'écharpe rouge. Ceci est la version de Jamal. La vraie? "

--> Mon billet sur "Un avion sans elle ***** " + "Ne lâche pas ma main ***** " + "Gravé dans le sable ** "

vendredi 13 février 2015

Craig Thompson : "Blankets" & "Habibi" (BD)

"Blankets" ***** 2003 (Ed. Casterman / "Ecritures", 588 p.)

Un roman graphique de très belle facture. 
L’autobiographie touchante d’un jeune garçon qui grandit dans un coin isolé du Wisconsin, où règnent encore l’intolérance et le fondamentalisme religieux.
Craig Thompson m’a d’emblée séduite en dépeignant dans les premiers chapitres son enfance ligoté à son petit frère avec qui il est contraint de partager chambre et lit. Ce sont des pages pleines d’humour et de tendresse.

Mais qui recèlent aussi des instantanés d’une réalité parfois douloureuse (le comportement du babysitter pervers, les moqueries des élèves à l’école, le poids de la religion omniprésente qui étouffe littéralement les enfants). Craig ne se sent pas comme les autres : il aime dessiner ! Mon Dieu, quel pêché… 

Adolescent, il fait la rencontre de Raina dans un camp de vacances religieux. Raina est une douce jeune fille qui ne se sent également pas à sa place au milieu de cette tribu de gamins à l’esprit étroit et marqués par le carcan religieux. C’est une jolie histoire d’amour qui se dévoile au fil des pages. La description de la vie de famille de Raina est incroyable, criante de vérité et de retenue : des parents en cours de séparation, à bout, en partie consumés par la responsabilité d’élever le frère et la sœur de Raine, handicapés mentaux.
Il y a beaucoup de thèmes dans ce roman graphique : l’enfance, l’adolescence, les relations entre frères, la religion, l’amour, le handicap, le divorce, etc. J’ai toutefois regretté le poids écrasant de la religion tout au long de ces 600 pages, moult citations ou références à la bible que je finissais par ne plus déchiffrer.
Parvenu au bout de ces 600 pages, la photo de famille a vieilli, les coins sont bien cornés … la relation entre les deux frères s’est tant distendue que cela provoque un serrement de cœur.

A lire ! Et à offrir !

"Habibi" ***** 2011 (Ed. Casterman / "Ecritures")

Dans la foulée, je me suis précipitée sur la lecture de "Habibi", autre roman graphique de Craig Thompson absolument encensé par la critique et les bloggeurs.
Eh bien, j'ai tenu peut-être une demie heure ou trois quarts d'heure, sans accrocher du tout à l'histoire. Les allers retours impromptus entre passé et présent m'ont vite perdue. Les enluminures et sourates du Coran à foison noyaient le propos. Je me suis sentie oppressée sous les pages surchargées. Et je n'ai pas trouvé les personnages bien dessinés. Aucune envie de poursuivre, j'ai renoncé.

--> Mes lectures "BD"

Tyler Cross, BD clinteastwoodienne

***** Scénario : Nury - Dessin : Brüno (Ed. Dargaud, 2013, 97 p.)
J'ai passé un bon moment de lecture avec cette BD en ayant l'impression d'être devant un western avec Clint Eastwood. Action, humour caustique, héros imperturbable.
Au-delà de ça, il ne devrait pas m'en rester grand souvenir dans quelques jours. BD Carpe Diem, donc. Pas un collector pour moi.

"Tyler Cross transporte 17 kilos de came, d'une valeur d'un demi-million à la revente au détail. et il a exactement 21 dollars et 81 cents en poche. Il note l'ironie de la chose et se met en marche."

--> De Fabien Nury, déjà lu : "La mort de Staline"
--> Chronique "BD"

James Salter : "Et rien d'autre", and that is all...

***** "All that is" 2013 (Ed. de l'Olivier, 2014, 365 p.)
Déçue.
Une lecture quelconque, à mon grand regret.
A me demander si je ne devrais pas relire "Un bonheur parfait" du même James Salter pour m'assurer que je n'ai pas idéalisé ce roman qui figure en bonne place de mes romans préférés de tous les temps !

Revenons-en à "Et rien d'autre" : j'en retiens tout de même un petit arrière-goût de l'Amérique à la Scott Fitzgerald, alors que nous ne sommes pourtant pas du tout dans la même époque. Mais c'est un des points positifs du roman, la description de la vie dans une certaine sphère de la société new-yorkaise, mondaine, superficielle, "creuse"...

L'histoire sur quarante ans d'un homme, Philip Bowman, qui a fait la guerre du Pacifique (long 1er chapitre sur ce thème à tel point que j'ai cru que le livre serait un roman de guerre), qui a fait Harvard, qui a décroché assez aisément un poste d'éditeur à New York. Tout cela sans appartenir à la caste des privilégiés.
Et cet homme a ceci de particulier que les plus belles femmes tombent comme des mouches dans ses bras. D'abord Vivian, jeune femme de la haute société, mais de la Gentry, à la campagne, qu'il a épousée assez facilement. Puis Enid, aristocrate anglaise grâce à laquelle nous aurons droit à un petit aperçu sur les courses de lévriers. Puis Christine, néo-grecque superbe, agent immobilier grâce à qui nous visiterons de jolies maisons en banlieue de NY (certaines scènes dans de petites villes côtières m'ont fait penser à la scénographie de "La vérité sur l'affaire Harry Québert"). Et non, Christine ne sera pas le grand amour, alors on passe à Katherine. Puis à Anet, la fille de Christine (vengeance !). Pour finir avec Ann, une collègue éditrice...
A chaque nouvelle liaison, son lot de scènes de sexe : c'est le moteur de la vie de Philip Bowman. Le soir pourtant il apprécie de pouvoir lire un livre un verre à la main. Mais on le voit rarement à l"oeuvre sur ce registre.
Voilà, et rien d'autre.

Grosse déception. C'est bien écrit, mais l'histoire n'est tout simplement pas intéressante. Et rien d'autre.

jeudi 5 février 2015

QUEEN + Adam LAMBERT : and the show goes on !!!

Suite de mon premier billet... (dur de raconter en une fois un tel moment !)
2 h 20 de concert... sans première partie. Soirée 100% Queen + Adam Lambert.
Tous les musiciens affichaient une forme éclatante.
Deux batteries : celle de Roger Taylor (né en juillet 1949) et à côté la batterie de son fiston Rufus Tiger Taylor (né en mars 1991) ! Brian May (né en juillet 1947) s'est adressé à nous en français, a chanté en français, et occupait la scène grand sourire sur le visage du début jusqu'à la fin.

Juste avant le rappel s'est affiché un poing tenant un crayon sur l'écran géant : hommage à Charlie Hebdo qui a profondément touché le public.
Le salut du groupe, tandis que des milliers de confettis dorés volent sur le public (je dois en avoir une dizaine !)
La setlist du concert parisien a été modifiée par rapport aux concerts précédemment donnés au Royaume-Uni, avec l'ajout des morceaux "A Kind Of Magic" avec Roger Taylor au chant (excellent et sautillant Roger) et "The Show Must Go On" (géniaaaal !) où Adam Lambert (né en janvier 1982) assure et assume à merveille son rôle de frontman. "The Show Must Go On" est un cadeau au public français, la chanson remplaçant "Don't Stop Me Now" joué dans les autres concerts.
Ecoutez les performances vocales d'Adam Lambert sur ce morceau...
"The Show Must Go On" (video)

Du reste, sur "Crazy Little Thing Called Love" (vidéo ci-dessous), Brian May demande au public en français ce que nous pensons de (en anglais cette fois) "our new man"... et là, ovation dûment méritée pour Adam Lambert, que l'on voit furtivement essuyer une larme. Adoubé par le public français, ce chanteur est à la hauteur du groupe Queen.
Drôle aussi quand Adam demande comment on dit "insane" en français et s'essaie à répéter "fou" en prononçant plutôt comme "foo".
"Crazy Little Thing Called Love"

Sur tous les morceaux, la complicité est indéniable entre les vieux routards de Queen, véritables rock legends et le petit dernier Adam Lambert, qui virevolte autour d'eux (surtout de Brian, le plus accessible à ses côtés sur la scène), prend la pose, fait son aguicheur en souriant. Une sacrée présence sur scène, sans en faire jamais trop. Et rigolo comme tout quand il s'allonge sur un canapé empire pour jouer la "Killer Queen", boit un coup et s'amuse à recracher d'un geste au demeurant fort gracieux (de l'eau ?) sur le public.
"Another One Bites the Dust" + "Fat Bottomed Girls" (video)

"I Want It All" (video)

Bon, l'affaire est conclue, QUEEN a trouvé l'homme qu'il lui fallait pour relancer la machine. Adam Lambert n'est pas un doublon ou une caricature de Freddie Mercury, c'est un chanteur extraordinaire qui rend hommage à Freddie.
"Radio Gaga" (video)

--> Chronique "ZIQUEMU" et page récap' des "CONCERTS"

lundi 2 février 2015

QUEEN + Adam LAMBERT live : The Show Must Go On

Concert magique !!!
... Queen, valeur sûre. Chaque 21 novembre, une pensée immense pour Freddie.
... Adam Lambert ? Il y a 6 mois, jamais entendu parler ! Revue de presse sur le web : oups c'est qui ce zigue qui va incarner la voix de Queen ??? Un ex candidat d'American Idol ? Un Américain en plus ! ah non ça va pas !


Et puis vint le lundi 26 janvier au Zenith de Paris. L'immense rideau au dessin de Queen s'est affaissé à 20h20 sur les accords de "One Vision", et l'entrée en piste de Brian May, grandiose, et de ce jeune Adam Lambert (32 ans) qui donne une première impression d'un tantinet "too much" pour les aficionados qui ne le connaissaient pas encore (comme nous).
C'est que j'ai tant eu l'impression (première impression, j'insiste) de voir déambuler un sosie de Georges Michael remuant sacrément du popotin, que je me suis dit : "gloups, c'est pas vraiment ça..."
Et puis Adam Lambert entre dans la chanson, s'approche des vieux acolytes et l'on sent alors une vraie complicité entre le jeune américain et les vieux Britanniques Brian May et Roger Taylor, aux anges et en super forme.
"Seven Seas of Rhye" + "Killer Queen" + "I Want to Break Free" (Video)

Voilà, la partie était gagnée : ADAM LAMBERT chante divinement !!!

"Bohemian Rhapsody" (video)
Adam Lambert avec projection de Freddie Mercury sur l'écran géant

"Save Me" (video)

Sans essayer d'imiter Freddie Mercury, il conserve son propre timbre et fait montre de capacités vocales extraordinaires. Le public parisien fut rapidement conquis.

La setlist de ce concert magique :

  1. One Vision 
  2. Stone Cold Crazy
5.     In the Lap of the Gods... Revisited
9.     Somebody to Love
  1. Plaisir d'Amour (Brian May au chant en français et à la guitare acoustique)
  2. Love of My Life (Brian May à la guitare acoustique)
  3. '39
  4. A Kind of Magic (Chantée - très bien ! par Roger Taylor)
  5. Drum Battle (père et fils)
  6. Under Pressure (Roger Taylor reprenant le duo de David Bowie avec Adam Lambert)
  7. Save Me 
  8. Who Wants to Live Forever
  9. Last Horizon - Guitar Solo
  10. Tie Your Mother Down
  11. I Want It All 
  12. Radio Ga Ga 
  13. Crazy Little Thing Called Love 
  14. The Show Must Go On 
Encore:
  1. & 26. We Will Rock You + We Are the Champions 
  1. God Save the Queen 
We Will Rock You + We Are The Champions (video)



A côté de cela, Adam Lambert est une sacrée bête de scène, qui entretient une étroite relation avec le public et avec les autres membres du groupe. Cela fait plaisir à voir, c'est magique. C'est beau.

--> Suite de cet article : "And the Show Goes On !"

-->  Chronique "Mes concerts"...

dimanche 1 février 2015

Natural Art

Belle surprise sur le pare-brise de l'auto...


mais après il faut gratter... l'art éphémère.

--> les "zarbis"...

jeudi 29 janvier 2015

Mon palmarès BD et romans graphiques 2014

En ce qui concerne BD et romans graphiques, je me suis éclatée en 2014, et j'ai rigolé franchement à de très nombreuses reprises, tandis que d'autres ouvrages m'ont captivée par la qualité du dessin et l'histoire racontée. 
Bilan lecture de bandes dessinées et romans graphiques : 38 volumes lus en 2014.
De belles découvertes d'auteurs que je ne connaissais pas : Désirée & Alain Frappier, Chloé Cruchaudet, Margaux Mottin, Nicolas Wild...

Voici mes douze chouchous de 2014 :

"Mauvais genre" 
"La vie sans mode d'emploi : putain d'années 80 !" 
"Poulet aux prunes" 
"Magasin général" 
"Kaboul Disco"
"Pablo" 
"La tectonique des plaques" 
"Dans l'ombre de Charonne" 
"Le journal de Frankie Pratt" 
"Une histoire d'hommes" 
"Elmer"
Dire que cela ne fait que deux ans que je me suis lancée à corps perdu dans la lecture de bandes dessinées ! Que seraient mes journées sans une bonne BD aujourd'hui.

Sont déjà prêts à être dévorés au cours de cette nouvelle année 2015 : "L'arabe du futur" (R. Sattouf), "Shenzen" (G. Delisle), "Putain de guerre" (J. Tardi), "Blankets/Manteau de neige" (C. Thompson) et "Hyperbole and a half " (Allie Broch). Allez, faut se mettre au boulot, 'y a du pain sur la(les) planche(s) !

--> Chronique "BD" !

J. Saucier : "Il pleuvait des oiseaux" (Canada)

***** 2011 (Ed. Denoël, 205 p.)

Un très joli roman d'une auteure canadienne, Jocelyne Saucier, née au Nouveau-Brunswick et qui habite au Québec, en Abitibi, à 700 kms au nord de Montréal.

Une photographe découvre un sujet méconnu de l’histoire du Canada : les Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle. Captivée par ce sujet, elle part en quête des derniers survivants pour leur tirer le portrait. Ce parcours l’amène dans une contrée reculée où elle espère « débusquer » Ted Boychuck, l’un des derniers rescapés. Hélas elle arrive une semaine après le décès du vénérable Ted. Ce sont ses deux acolytes, deux vieillards qui vivent en ermite chacun dans sa cabane, qui l’accueillent provisoirement et avec méfiance : ne serait-elle pas une engeance du gouvernement ? Une envoyée des redoutés services sociaux ?
Car Charlie et Tom ont trouvé ici dans ce coin perdu refuge pour couler des jours heureux en toute liberté, loin de toute contrainte sociale, administrative, médicale… Ils vivent au jour le jour, à commencer par les patates au lard le matin avec un thé bien sucré. Chacun a son chien, et ça leur suffit.
Cette photographe qui débarque de la ville, ça les perturbe. Et voilà que débarque une autre femme ! Mais là, il s’agit de Marie-Desneige, une congénère au visage délicat auréolé de cheveux blancs soyeux, une petite mamie fragile qui a passé toute sa vie internée dans un asile, et qui cherche un refuge et de l’humanité.

Petit à petit, les deux vieux ermites se font à la compagnie des dames.
Ils se lâchent et acceptent d’évoquer leur ami Ted. Ted n’était pas causant, il peignait à longueur de journée de « drôles de tableaux » qui illustrent en fait les épisodes du Grand Feu de Matheson que Ted a vécu enfant. Et la photographe va finir par soulever le voile de l'histoire d'amour de Ted et des deux jumelles embarquées sur un radeau pour fuir les grands feux... Une histoire dans l'histoire.

Un roman en forme de conte, d'ode à la nature et à la vieillesse.
Ma deuxième lecture du défi Québec-o-trésors

Coïncidence, le précédent roman québécois que j’ai lu se déroulait aussi dans les bois… (« Le jour des corneilles » de Jean-François Beauchemin), mais la nature occupe une telle place dans cette contrée que ce n’est pas vraiment un hasard…
Sur la culture sauvage de pavot au Québec (cannabis dans le roman de Jocelyne Saucier): voir aussi "Crimes horticoles" de Mélanie Vincelette .

--> Chronique "Québec"

lundi 26 janvier 2015

Larve de cétoine dorée, petit ange du compost

A la suite de mon billet du 22 novembre où j'évoquais la découverte d'une larve de cétoine dorée présumée morte après avoir vidé le compost... Eh bien bonne nouvelle : la petiote (bien dodue) a fini par remuer.
Larve de cétoine dorée (cetonia aurata) : un gros bébé bien dodu
Le 23 novembre 2014, je m'approchai en effet d'elle, m'étonnant qu'elle n'ait pas encore été picorée par les oiseaux. Et je remarquai que la larve avait changé de position. En regardant de plus près et en la titillant avec une brindille, je vis les pattes remuer. Ma larve était en vie !
Ni une ni deux, je l'ai remise dans le compost. Je ne sais pas ce que cet épisode certainement traumatisant pour elle aura pour conséquence sur son développement.

Adulte, ma larve dodue se transformera en cétoine dorée, un beau coléoptère couler vert métallisé : c'est vraiment la fable du vilain petit canard.

Et la larve de hanneton fit à son tour son apparition...
Deux mois plus tard, le 18 janvier 2015, je vis posé sur l'herbe et à deux mètres de mon composteur un gros ver blanc. Après lui avoir infligé l'incontournable séance photo (c'est que c'est rare de voir des insectes en hiver, alors j'en profite !), et pensant (quelle nunuche) qu'il s'agissait d'une larve de cétoine dorée, je l'ai délicatement installée dans le compost.
Larve de hanneton : longues pattes, petite tête mais grosses mandibules...
Ce n'est que plus tard en examinant les photos que je réalisai qu'il s'agissait d'une larve de hanneton : une méchante quoi ! Je veux dire, pas un allié du jardinier comme la larve de cétoine dorée qui se nourrit de végétaux en décomposition (= saproxylophage) ; la larve de hanneton mange les racines vivantes des plantes. Normalement, j'aurais dû la laisser sur la pelouse pour qu'un oiseau s'en régale.

Finalement, les deux larves se reconnaissent facilement :

  • larve de cétoine dorée : plus ronde et trapue. Petite tête et gros derrière, pilosité bien visible, plus ou moins abondante. Pattes courtes. Très mobile, y compris sur le dos (ce que j'ai pu constater !).
  • larve de hanneton commun (Melolontha melolontha) : moins dodue. Grosse tête, petit derrière, peu de poils. Pattes plus longues. Mandibules plus développées. Ne peut pas se déplacer quand elle est sur le dos.
--> Ma chronique "insectes" et la page récapitulative des "habitants de mon jardin"

dimanche 25 janvier 2015

Un peu d'hiver

25 janvier, où est donc passé l'hiver ?



Il n'y a qu'au petit matin que l'on aperçoit quelques gelées.

Comme ce morceau de mousse emprisonnée par le gel au fond d'une soucoupe.

En tout, je n'ai dû entr'apercevoir qu'une poignée de floconnets depuis le début de l'hiver.

vendredi 23 janvier 2015

Le Carré : "Un homme très recherché"

***** Réf. géogr : R-U/Allemagne/Tchétchénie (Ed. Points, 2014)

Je l'ai trouvé moyen moyen ce John Le Carré. Bien sûr qu'il se lit, mais ce n'est pas de la trempe de la "Constance du jardinier"...
L'intrigue se déroule à Hambourg, sur fond de psychose internationale au lendemain des attentats du 11 septembre. Plongée dans la communauté turque immigrée, et l'arrivée au sein d'une famille sans histoire et en attente de naturalisation, d'un jeune musulman russe en fuite, Issa.
De fil en aiguille, se présentent à nous un banquier anglais à l'ancienne (mais dont le père faisait fonctionner les caisses noires des lippizans), une jeune avocate allemande idéaliste travaillant pour une association d'aide aux immigrés, et une pléiade de policiers, agents des services du renseignement, de la sécurité du territoire, auxquels se mêlent les services britanniques et américains. 
Tout ce beau monde à la recherche du même homme, Issa, mais pas dans les mêmes objectifs...

C'était donc assez confus, les personnages pas très attachants, et la fin dérangeante (certes, c'est du John Le Carré !) mais aussi décevante...
Il semblerait que le film soit "plus réussi", en tout cas moins confus (Phillip Seymour Hoffman y jouait son dernier rôle)...

NB : j'avais été déçue de mes deux précédentes lectures de John Le Carré : "Une amitié absolue" et "Single et Single"... Il faudrait remonter la pente !

--> petit tour côté "polars et espionnage"...

T. Murat : "Le vieil homme et la mer" (BD)

***** Réf. géogr. : France / Cuba (Ed. Futuropolis, 2014, 128 p.)
Adaptation libre du roman d'Ernest Hemingway, cet album rend un bel hommage au roman d'origine.
Thierry Murat utilise peu de texte, aucune bulle, privilégiant un dessin apuré avec deux ou trois larges planches par page. Le texte n'en prend que plus de valeur, et accompagne parfaitement le dessin.

On ressent profondément au travers de ces dessins dépouillés et de ce texte sobre la solitude du vieux pêcheur, raillé par ses pairs car cela fait déjà 84 jours qu'il rentre bredouille. Son seul compagnon : un gamin qui n'a même plus le droit de l'accompagner à la pêche (il doit pêcher utile...) mais qui est toujours là à croire encore en lui.

Le récit de la sortie en mer et de la nuit en tête-à-tête avec l'espadon est magnifique. Homme et poisson ne font plus qu'un.

--> Chronique "BD"
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...