lundi 25 juillet 2016

Printemps 2016 : les pavots sous l'averse

Eh oui, c'était aussi au joli mois de mai : les si beaux pavots d'Orient qui n'ont duré que quelques jours, gorgés d'eau, détrempés, affaissés... 
Le temps de partir travailler le matin, de leur jeter un oeil admiratif, et le soir en rentrant de découvrir le morne spectacle des larges pétales jonchant le sol.

Ce printemps 2016 : pluie, averses, trombes, crues, inondations...

--> Autres instantanés de la vie de mes pavots au fil des ans : ici, et là...

L'art est dans la rue... édition 2016

Cela se passait au mois de mai...

Comme chaque année, la municipalité organise un événement artistique, qui se traduit par l'exposition d’œuvres d'art professionnelles ou amateurs dans la rue, sur les grilles du musée, dans les parcs, à la médiathèque...

Cette année, les enfants ont notamment travaillé sur l'architecture et j'ai choisi un petit dessin inspiré de Hundertwasser...

C'est très gai. 
Cela met de la vie dans la ville. 

Je regrette d'avoir eu si peu de temps pour mieux apprécier ce musée en herbe / euh pardon en ville...

-->  voir les expos de 2015,  2014, 2013, 2012...
EDIT + 2016 - 2018 - 

vendredi 22 juillet 2016

Zarbi : les portiques du métro... en carton !

Le 22 juin 2016, un tour aux Halles à Paris pour les soldes de l'ado n°2 (bien sûr, ça se finit par l'achat d'articles NON soldés, comme si souvent).
Sur le chemin du retour, passage par les portiques de la station "Châtelet Les Halles" EN MODE SURREALISTE...

On aurait dit que la RATP/SNCF venaient tout juste de recevoir leurs colis d'une grande enseigne de livraison par Internet, car les portiques étaient encore emballés dans leur carton, c'était très inattendu et fun !!! Franchement, on ne voit pas ça tous les jours dans le métro ! C'est tout juste si on n'avait pas envie d'aider à ouvrir les cartons...

--> A la découverte de quelques autres "zarbis"...

samedi 16 juillet 2016

Paul McCartney : Live in Paris 30 mai 2016 !

On y était, mon mari parce que c'était culte, incontournable pour un musicien dans une vie, et moi parce que j'ai suivi (perso - et suis pas musicienne... : j'aurais préféré avoir mes places pour Bruce Springsteen / Tournée "The River", mais bec dans l'eau !).

Alors, Macca, 74 ans, a assuré, j'admets. C'était joyeux, éclectique, avec des tubes des Beatles mâtinés de morceaux moins connus du groupe, avec certains choix que je trouvai surprenants, et une chanson spécialement dédiée au public français (qui ne figure pas dans les autres setlists) : Michelle...


Paul McCartney : Yesterday + La Marseillaise par le public (live Paris, 30/05/2016)

et quelques morceaux des Wings dont surtout mon chouchou Band on the Run !!!! et le Live and Let Die bondesque sur scène avec des explosions et du feu, Macca a vraiment mis le feu à Bercy !

Paul McCartney : Band on The Run (live Paris, 30/05/2016)

1. A Hard Day's Night Save Us
2. Can't Buy Me Love
3. Letting Go (Wings)
4. Temporary Secretary
5. Let Me Roll It (Wings song) (with 'Foxy Lady' outro)

6. I've Got a Feeling
7. My Valentine (dedicated to his wife Nancy… more )
8. Nineteen Hundred and Eighty-Five (Wings song)
9. Here, There and Everywhere
10. Maybe I'm Amazed (dedicated to Linda)
11. We Can Work It Out
12. In Spite of All the Danger (The Quarrymen song)
13. You Won't See Me
14. Love Me Do (dedicated to George Martin)
15. And I Love Her
16. Blackbird
17. Here Today (dedicated to John)
18. Give Peace a Chance (Plastic Ono Band cover) (snippet - audience started… more )
19. Queenie Eye (dedicated to Gracie and Zoe)
20. New
21. The Fool on the Hill
22. Lady Madonna
23. FourFiveSeconds (Rihanna and Kanye West and Paul McCartney cover)
24. Michelle
25. Eleanor Rigby
26. Being for the Benefit of Mr. Kite!
27. Something (dedicated to George)
28. Ob-La-Di, Ob-La-Da

Paul McCartney : Live and Let Die (live Paris, 30/05/2016)

29. Band on the Run (Wings)
30. Back in the U.S.S.R.
31. Let It Be
32. Live and Let Die (Wings)
33. Hey Jude

Encore:
34. Yesterday
35. Hi, Hi, Hi (Wings song) (Paul took on stage a couple… more )

Paul McCartney : Hi Hi Hi (live Paris, 30/05/2016)

36. Birthday
37. Golden Slumbers
38. Carry That Weight
39. The End

Bon, les fans puristes disent que sa voix n'est plus ce qu'elle était, ben oui, y a quand même l'âge... Mais la ferveur était intacte !
Et, en ce qui me concerne, mea culpa, l'image de mon appareil photo frôle la cata ! mais je poste quand même quelques vidéos car "souvenirs, souvenirs..."

--> chronique "ziquemu" et la page "concerts"

Pénélope Bagieu : "California Dreamin'" (Mama Cass Elliot)

***** Ed; Gallimard, 2015
"All the leaves are brown and the sky is gray
I've been for a walk on a winter's day
I'd be safe and warm if I was in L.A.
California dreamin' on such a winter's day
I stopped into a church I passed along the way
Well I got down on my knees and I pretended to pray
You know the preacher liked the cold, he knows I'm gonna stay
California dreamin' on such a winter's day
I'd be safe and warm..."
Chapeau bas ! Quelle claque que ce "California Dreamin'" : belle histoire mais surtout somptueuse héroïne, Ellen Cohen, fille d'épiciers/traiteurs juifs de Baltimore, née en 1941, qui deviendra Cass Elliott, des Mamas & Papas.

Le roman graphique de Pénélope Bagieu est exceptionnel, nous plongeant dans l'intimité de la petite Ellen, puis de l'ado, férue d'opéra comme son père, d'abord couvée en tant qu'enfant unique puis à la naissance de sa soeur, se sentant éclipsée et compensant par la nourriture. Ellen grossit à vue d'oeil et devient plus que plantureuse. Elle décide de s'affirmer comme elle est, s'habille excentriquement, chante, écrit, joue du théâtre... tombe amoureuse mais lui pas sur la même longueur d'onde. 

Toujours elle va de l'avant, à New York fait partie du groupe The Mamas and Papas, reléguée à l'arrière plan mais parvenant toujours à se faire une petite place un peu plus devant.
Et s'éclatant sur les choeurs du tube California Dreamin', qu'elle finira mine de rien par arranger à sa sauce tout en servant les boissons d'un bar sur la plage et chantant en même temps.

Un destin hors normes pour une femme de tête, spontanée, enthousiaste, pétulante, expansive...

"En 1974, elle meurt d'une crise cardiaque à Mayfair à Londres, après deux semaines de représentations à guichets fermés au Palladium. Quatre ans plus tard, le batteur de The Who, Keith Moon, meurt dans la chambre où Cass Elliot avait succombé, lui aussi à l'âge de 32 ans."

--> voir mes chroniques "BD" et "musique"

E. Moynot : "Hurlements en coulisses" (BD musique)

***** Ed. Fututopolis, 2013, 146 p.
Une BD de chez Futuropolis racontant la tournée d"un groupe musical de festivals en festivals, réalisée par un dessinateur également musicien : cela ne pouvait que me brancher...

J'avoue que cela m'a assez plu de tourner les pages pour accompagner ce groupe "Les hurlements d'Léo" (LHDL, que je ne connaissais pas du tout) durant sa tournée de l'été 2011. Le gros bémol toutefois étant que je ne connaisse justement rien de leur univers musical, et que la BD ne m'y ait connectée que par les dessins des instruments de big band et les titres assez inattendus de leurs morceaux (Bordel-de-luxe, Sexy Mariachi, Petit gris, Gibraltar...). 
Donc j'ai comme suivi un groupe X ou Y dans son bus, avec les aléas de la tournée : chauffeur mollasson, repas souvent insipides ou réchauffés (le chili con carne de la cantine), promiscuité et tensions, fatigue, vies croisées avec les familles, balances réalisées dans la précipitation et stress, etc.

J'ai été surprise de ne pas voir de vraie vie de groupe, pas vraiment d'unité, de cohésion ou de plaisir d'être ensemble et jouer ensemble. Plutôt une accumulation de petites exaspérations individuelles. Et plusieurs musiciens ayant d'autres groupes à côté, je me suis sentie vite perdue par rapport à la formation titre. Donc, pas ressenti d'empathie particulière pour ce groupe.

Si bien que j'ai plus considéré cette BD comme une intro à la vie de tournée d'un groupe lambda qu'à un ouvrage dédié à un groupe particulier, sans que cela me donne vraiment envie de découvrir leur musique. Ce qui est assez dommage. Peut-être était-ce le parti pris de l'auteur ?
Sinon, bien sûr, j'ai apprécié de jauger l'univers des festivals depuis l'oeil des musiciens s'y produisant, étant habituée à faire partie de la foule de l'autre côté du décor ("dans le pré" comme ils disent). Et puis les LHDL ont croisé Lemmy au festival de Budapest tout de même.

--> ma petite chronique "BD" et celle sur les "concerts", oh yeah !

mardi 21 juin 2016

Pierre Szalowski : "L. était si jolie" (Montréal)

***** 2015 - Réf géogr : France / Québec (Editions Héloïse d'Ormesson, 144 p.)
Incipit : "Appuyé sur sa canne, Jean Moreau est entré à petits pas dans la cuisine la bouche grande ouverte, pour prendre de l'air."

Vite lu, vite embrouillée dans les allers retours dans le temps, dans la kyrielle de personnages peu sympathiques, pas intéressants du tout, dans le manque de vraisemblance de l'histoire, la fin encore plus décevante que le tout (non mais l'avion ! et le devenir du couple !). Tout m'a semblé tellement tiré par les cheveux. Même l'écriture m'a paru insipide. 
Grosse déception... Heureusement que je n'en avais que pour 140 pages.

Rien à voir avec le premier roman de Pierre Szalowski "Le froid modifie la trajectoire des poissons", que j'avais beaucoup aimé. 

En parallèle, je recommence l'expérience du Prix littéraire France/Québec : trois livres à lire et élire le meilleur...
En 2015, ce fut le magnifique roman de Roxanne BOUCHARD "Nous étions le sel de la terre" qui avait emporté mon adhésion... mais ce fut "Mort-Terrain" de Biz qui gagna le prix (tout de même mon 2e choix, et très bien aussi !).

--> ma p'tite chronique "Québec" 

vendredi 27 mai 2016

Sylvie Brien : "Spirit Lake"

***** 2008 - Réf. géogr : Canada / Québec (Ed. Gallimard/Scripto, 237 p.)

Une très belle découverte. A l'origine, "Spirit Lake" est un roman publié en littérature jeunesse, mais il est capital d'élargir son public aux adultes également. On découvre grâce à ce roman une page peu connue de l'histoire du Canada : l'ouverture entre 1914 et 1920 de 24 camps de détention dont 4 au Québec, pour y interner des immigrants de "nationalité ennemie" (dont une majorité d'origine ukrainienne).
Comme Sylvie Brien l'explique en post-scriptum, dans le camp de Spirit Lake, le seul considéré comme un camp de concentration, les prisonniers défrichèrent et essouchèrent 500 acres de terre pour implanter une ferme expérimentale.

Le roman narre les espoirs anéantis de Peter (14 ans), son grand frère Iwan et leur grand-mère arrivés en bateau depuis l'Autriche-Hongrie, et aussitôt arrêtés en tant qu'ennemis et traîtres. Les deux frères sont embarqués en plein hiver dans un train bondé de prisonniers, tous conduits au camp de Spirit Lake, au milieu de nulle part et par moins 40. L'optimisme du frère aîné et les dictons du jeune leur permettent de s'évader mentalement par petites touches, mais la répression brutale et l'acharnement de certains soldats sont terribles.
La structure du roman est intéressante, les chapitres alternant avec trois mois d'écart, seulement trois mois se dit-on pour un revers du temps aussi dramatique. Cela maintient tout du long un certain suspense, et je dois reconnaître que je ne pouvais lâcher le livre. Un coup de coeur.
"Le lundi qui suivit apporta enfin un redoux. Le soleil d'avril tapait si fort que la meringue croûtée de Spirit Lake fondait à vue d'oeil, happée et bue à grandes lampées par la terre d'argile. Un vent d'est nous apportait de capiteux parfums d'humus et d'excréments, annonciateurs du printemps. (p.163)"
"Soudain, frémissant, je reconnus la courbe, le rocher et ses trois épinettes." (p.236)
--> ma chronique "Québec"...

mardi 17 mai 2016

Le pointillisme par Dada

Décidément, la petite revue Dada est passionnante...
Dans son dernier n°, elle zoome sur Georges Seurat, fondateur du mouvement pointilliste dont la première oeuvre est "Une baignade à Asnières"(1884), et Paul Signac, qui fut le théoricien du pointillisme.
"A l'origine du pointillisme on trouve des théories sur la couleur et la lumière. Plus question de mélanger les teintes directement sur la toile pour créer de nouvelles nuances. Désormais, le peintre juxtapose des tâches de couleurs, pures et complémentaires. A une certaine distance, ces amas de points prennent vie."
Parmi les reproductions figurant dans la revue, j'ai adoré :
- Henri-Edmond Cross : "Les îles d'Or, îles d'Hyères" (1891), tellement lumineux, et moderne...
- Signac : "Cassis, Cap Canaille" (1889) - "La bouée rouge" (1895)
- Maximilien Luce : "Bord de mer, la pointe du Toulinguet" (1893)

Je suis moins fan des grands tableaux de Seurat.

La revue Dada nous emmène aussi à la découverte des autres peintres qui ont versé à un moment donné dans le pointillisme : ainsi "L'autoportrait" de Van Gogh (1887), mais aussi Derain, Matisse, Kandinsky, et l'incroyable "Ad Parnassum" de Paul Klee (1932).

A défaut de temps pour voir toutes les expos du moment, la petite revue fait bien l'affaire !

--> tags "peinture" et "expos"

dimanche 8 mai 2016

Déjà la fin du 1er trimestre 2016 !

Un terrain en friche 19e/20e avec Clint Eastwood et Charles Bukowski...













(NB : message rédigé le 31/03/2016... même pas eu le temps de le publier !)


Mince, déjà un quart de l'année 2016 derrière nous. Et l'impression de n'avoir plus le temps de rien faire !!!
2016 année météorite peut-être.

Bon une paire de journées quand même ayant permis de mettre le nez en l'air à Paris. Et de compléter ma collection de vues de panneaux de signalisation CLET et de Space Invaders.

A part ça quand même beaucoup de choses, mais si peu de temps ! "Time is (not) on my side", sorry Mick & buddies.







* J'ai beaucoup lu mais peu eu le temps de chroniquer. Lu (hors ce qui a été chroniqué) :

  • "The Aftermath", de R. Brook (2013)
  • "Checkpoint", de Jean-Christophe Rufin (2015)
  • "La nuit de feu", de Eric-Emmanuel Schmitt (2015)
  • "Califormia Dreaming", de Pénélope Bagieu
  • "Vernon Subutex - 1 & 2" de Virginie Despentes
  • "Fleur de Barbarie" de Gisèle Pineau
  • et tous les magazines Rolling Stones, Inrocks etc. sur les disparitions "still stunned" des artistes musicaux de ces derniers temps. STILL STUNNED.


* Vu des films intéressants (souvent des films un peu datés...) :

  • 😁"Siete cajas" (stupéfiant film du Paraguay, une claque, deux jeunes acteurs exceptionnels. A VOIR !!! mais donne peu envie d'aller voyager là-bas...)
  • 😐"Queen of Earth" (j'adore Elizabeth Moss découverte dans "Top of the lake", toutefois ce film est quelque peu "spécial"... de la catégorie des "vais-je m'en souvenir d'ici quelques mois ?")
  • 😫"Trois souvenirs de ma jeunesse" (longuet..., pas mémorable car fouillis aussi : plutôt déçue)
  • 😃"The Good Lie" de Philippe Falardeau avec Reese Witherspoon, excellent film sur les migrants d'Afrique de l'Est, très bien interprété, Reese Witherspoon habitée par son rôle.
  • 😁"Un château en Italie", de et avec Valeria Bruni Tedeschi : prenant, envoûtant. J'étais pendue à chaque dialogue, à chaque cadrage, à chaque image : c'est comme si j'avais été une assistante du tournage, j'étais dans le film. Des acteurs (vraiment ? Valeria et sa mère jouant leur propre rôle, cela augmentait l'impression d'être "dans" le film aux côtés des "vrais" personnages). Le vieux palais décadent, Virgilio le frère tant aimé, le jardin et cet arbre... Un film magnifique.
  • Deux films traitant de la maladie d'Alzheimer :
    😁"Still Alice" avec Julianne Moore et Kristen Stewart,
    et 😁"N'oublie jamais"/"The Notebook" de Nick Cassavetes avec Gena Rowlands, Ryan Gosling et Rachel McAdams : excellents tous les deux. Appalling...
  • 😊"Sils Maria" avec Juliette Binoche et Kristen Stewart. Décidément, moi qui ne connaissais pas grand-chose de la jeune K. Stewart hormis les potins people (jamais vu les Twilights...), j'ai été bluffée par les deux films dans lesquels je l'ai vue jouer...
  • 😁"Le Nom des gens" avec l'incroyable et pétillante Sara Forestier et Jacques Gamblin. Ce film est une prouesse pour Sara Forestier au même titre que "L'esquive". Sara, tu es devenue une actrice incontournable du paysage cinématographique français.
  • 😊"Les garçons et Guillaume à table" : fallait le voir un jour, suis pas déçue !
  • 😐"17 filles" : très bon film sur un groupe de lycéennes en Bretagne qui décident de tomber enceintes en même temps, par accident, désoeuvrement, ennui, inconscience, imitation, malaise familial... d'après une histoire vraie s'étant produite aux Etats-Unis.
  • 😊"The Homesman" : de et avec Tommy Lee Jones, et Hillary Swank. Sorte de western crépusculaire, dur, il faut survivre, trouver un mari en jouant du clavecin, trouver un toit et échapper à la pendaison, trouver une issue à la folie, perdre ses enfants, perdre le sens de la vie. Même pas une pierre tombale.
  • 😊Revu "Furyo"...

* et diverses autres activités... :
  • Expo "Beauté Congo" à la Fondation Cartier : MAGIQUE !!!
  • Suis allée voir MUSE en concert à Bercy... Ouah ! quelle énergie et quel plaisir. Mais pas eu le temps de chroniquer !
  • Très peu de virées au jardin ce 1er trimestre... Shame.
Mais où donc s'en va mon temps ???

mercredi 20 avril 2016

non-article

Mince, ceci est un "non-article" : j'ai tant de retard en tout que je ne sais plus par quel bout m'y prendre !

jeudi 31 mars 2016

G. Enders : "Le charme discret de l'intestin"


Giula Enders (Allemagne) : Le LIVRE qu'il faut lire pour comprendre comment nos boyaux fonctionnent et ressentir de l'empathie pour eux !!!

D'abord, je l'ai lu en français, puis je l'ai acheté en allemand et offert à mon mari. Maintenant je vais le racheter en français et l'offrir tout autour de moi...
Mon grand regret à ce jour : je l'ai lu trop vite ce livre, je l'ai englouti et il m'est difficile d'en retenir toutes les informations et tous les conseils de vie !!! A relire, mais plus attentivement maintenant qu'est passé le phénomène de découverte (comment ça, un livre sur l'intestin qu'on arrive à dévorer debout dans le RER !!!).

Pour faire vite (pas bon ça, Giulia, je sais... mea culpa), j'ai, à peine finie la dernière page, investi dans la meilleure huile d'olive recommandée par nos magazines de consommateurs alertés, et poursuivi ma consommation de yaourts au bifidus. De même la levure de riz rouge...

Alors l'huile d'olive me direz-vous ?
Personnellement, j'ai toujours été un peu atypique à ne JAMAIS assaisonner mes salades. Comme les lapins, je mange ça cru, souvent direct du saladier (si je suis sans témoins, sauf mon chien) ça va plus vite et ça goûte la salade point barre. En cuisine, je crains de devoir avouer que moins j'en fais, mieux ça se présente...
Et là, grâce à Giulia, j'ai acheté la très bonne huile d'olive MONINI CLASICO, pas onéreuse qui plus est, et recommandée par mes magazines consos... (NB : je n'avais jamais entendu parler de cette marque avant).
Résultat, j'en suis dingue !!! Je ne peux plus voir un bout de salade sans l'imaginer émulsionnée avec une cuiller de ma Monini Clasico. Je l'ai fait goûter à mon fils aîné (très fin gourmet) : il la trouve succulente... Sans vouloir la faire "cuculapraline", cette cuiller d'huile d'olive enrichit la saveur de mes plats (voui c'est moi l'ours des cavernes qui dit ça!). Merci Giulia !

dimanche 20 mars 2016

Priscilla Laulan-Carret : "La mauvaise réputation" (Haïti)

***** Réf. géogr : France (auteure) / Haïti (lieu)
 Ed. Thot, 2015, 120 pages

Au tout début, il y a une couverture, absolument magnifique (qui me fait penser au Douanier Rousseau), et, en main, un bel ouvrage, d'une édition soignée : pour moi qui n'ai pas encore franchi le pas de la liseuse électronique, l'objet "livre" reste très important.

Puis, il y a le tout premier paragraphe... :
"A l'horizon du Cap-Haïtien,se profile une enfilade de mornes défigurés, lacérés de ravines dégoulinantes de galets. Sur leurs flancs, les broussailles ont progressivement pris l'ascendant sur les arbres. Une poussière crayeuse s'élève des routes dépourvues d'asphalte, pour mieux les engloutir. La nationale est cerclée de pentes raides sur lesquelles s'amoncellent des cases insalubres, faites de parpaings ou de bouts de tôles, défiant les lois de la gravité. Les anciennes mangroves, qui protégeaient les côtes et absorbaient l'énergie furieuse de la rivière, ont été remblayées à l'aide de déchets. (...)" (p.9)
J'ai de suite apprécié le style de l'auteure, sa maîtrise originale de la langue française : belle, riche, poétique, et en même temps très "parlante". Priscilla Laulan-Carret a réussi à amener la lectrice que je suis dans les pas de la bande de gamins des rues, se faufilant au milieu de la foule du marché, mendiant auprès de la boulangerie, se chamaillant sous des bouts de tôle, ou retournant au village voir "la mère". Le style de cette auteure contribue énormément au plaisir de lire son livre, cela revigore de constater que de si jeunes écrivains déploient une telle richesse de la langue.

Après, je me suis dit, étant complètement "téléportée" à Haïti au fur et à mesure de l'avancée du livre, que Priscilla L.-C. devait être une enfant du crû, ayant grandi et vécu l'histoire de l'île. 
Que nenni, Priscilla est une pépite humanitaire et sociale et environnementale... et littéraire et douée, et digne d'une admiration sans bornes. Toute jeune (elle m'en a l'air), et déjà si entreprenante, et si méritante et débordante de projets "qui visent à ré-enchanter le monde".... Je lui prédis un bel avenir littéraire si elle parvient à conserver un peu de son temps à l'écriture. En tout cas, chapeau bas pour aujourd'hui.

dimanche 13 mars 2016

Les coccinelles sont revenues

En cette journée ensoleillée du 13 mars, premier grand tour "pré-printanier" au jardin :
ici et là des coccinelles blotties... qui au coeur d'une fleur d'euphorbe, qui sous l'ombelle d'une achillée fanée (comme quoi je fais bien de ne pas couper les hampes fanées en hiver !), qui au chaud sur les succulentes, et une entre les aiguilles du pin...
Et ce ne sont pas des coccinelles asiatiques mais celles bien de chez nous, que j'avais craint de ne plus voir au jardin !!!

--> ma p'tite rubrique "coccinelles"...

samedi 27 février 2016

Boualem Sansal : "2084"

***** réf. géogr : Algérie (auteur) / "Abistan" (contrée dystopique...)
Éd. Gallimard, 2015
Grand prix du roman de l'Académie française 2015 - Meilleur livre 2015 de la revue "Lire"

Hum hum... Livre encensé par la critique, couvert de prix, commenté à foison dans les reportages TV ou journaux. 
J'avais hâte de me propulser dans cet ovni littéraire. D'autant que j'aime l'Algérie d'où vient l'auteur et que j'apprécie le thème de la dystopie (mes favoris étant Vladimir Sorokine et Antoine Volodine - tiens je n'avais jamais remarqué auparavant la concordance de sonorité). 
Et bien sûr en son temps, j'étais férue de "1984" d'Orwell, livre culte de mes années de jeunesse, auquel je voue toujours la même addiction et que Boualem Sansal met en exergue dans son introduction.

Eh bien, pour aller droit au but : abandon du roman de Boualem Sansal "2084" à la page 31.

Certes, je lisais dans les transports... Mais tout de même, dès les premières pages, j'ai réalisé que je ne parvenais pas à "entrer" dans l'histoire. Je lisais un paragraphe puis mes pensées devaient divaguer quelque peu car j'avais complètement perdu le fil du livre. 
Les premières introductions sur l'Abistan et son prophète Abi m'ont, je n'oserais dire "ennuyée", mais laissée de marbre. Puis la rencontre avec le personnage Ati m'est totalement passée au-dessus de la tête. Je me suis à un moment donné demandé si je comprenais quoi que ce soit à ce que je lisais, et j'ai réalisé que je m'étais laissée emporter par la sonorité proche de Abi et Ati et que dans ma lecture les deux commençaient à former un même personnage.
Le style ? Je dois reconnaître que je n'ai pas ressenti de flash, je lisais une phrase, la phrase était lue et vite oubliée. Alors que je prends tant de plaisir à relire des phrases d'ouvrages dont j'apprécie particulièrement le style.

Ayant un certain âge où je me dis que j'ai tant de livres à lire avant la fin de ma vie, j'ai décidé de mettre le holà sur '2084" qui me barbait plus qu'autre chose. Et pourtant, mon livre préféré de l'an dernier fut le FABULEUX roman dystopique d'Antoine Volodine intitulé "Terminus radieux" : l'écriture m'avait emportée, le thème, les personnages... Je l'avais dévoré, m'étais agrippée à lui, ne le lâchait pas pour pouvoir grappiller une page de plus à droite ou à gauche dans les files d'attente.

De l'écrivain russe Vladimir Sorokine "ès-dystopie" : voir Journée d’un opritchnik 2006***, La Glace**** 2002,  La tourmente **2010 , Roman (1er billet) ****1985/89, Roman (2e billet) ****,

jeudi 28 janvier 2016

mercredi 20 janvier 2016

Bilan de mes lectures 2015 et palmarès personnel

Alors, année 2015 en demi-teinte... (d'un point de vue général, 2015 est une année qu'on a plaisir à quitter...) J'ai lu 68 ouvrages en 2015 (quelle petite forme par rapport aux 87 de 2014 !) dont :
- 48 romans, 15 volumes de bandes dessinées ou romans graphiques, 2 livres d’art et 1 essai
- répartis en 38 ouvrages francophones, 16 anglophones, 8 hispanophones et 2 d'autres langues (norvégien, japonais).
PALMARES PERSONNEL 2015 "ROMANS"


Le palmarès des romans que j'ai préférés pour l'année 2015 comporte 9 titres tous francophones : 2 romans québécois ("Nous étions le sel de la terre" et "Les héritiers de la mine"), 3 romans français ("Terminus radieux", "Une vie à soi", "Argentina"), 4 polars français ("Yeruldelgger", "Temps glaciaires" & "Dans les bois éternels", "Nymphéas noirs"). 
Dans ce palmarès, 5 belles découvertes de nouveaux auteurs : Antoine Volodine, Laurence Tardieu, Roxanne Bouchard, Jocelyne Saucier et Ian Manook, que j'espère suivre.

PALMARES 2015 BD & ROMANS GRAPHIQUES


En 2015, une série m'a fait sacrément rire et j'ai hâte de dévorer le troisième tome : "Les vieux fourneaux" qui relatent les aventures d'un gang de papys. c'est mon coup de coeur 2015.

Sinon, je me suis passionnée pour "La vie rêvée d'Agatha Christie", et le retour en Algérie que conte Joël ALESSANDRA  dans "Le miracle de Constantine". J'ai aussi bien aimé "Blankets/Manteau de neige" de Craig Thompson, et fut touchée par "Les larmes de l'assassin" de Thierry Murat.

C'est un palmarès BD moins fourni que les années précédentes où j'avais craqué, je dois le reconnaître, pour des pépites qui m'ont plus fait défaut en 2015. Et je dois confesser avoir encore repousser la lecture de Guy Delisle et Riad Sattouf qui devraient donc se déporter dans mon palmarès 2016 !


Voici donc la liste des ouvrages qui ont occupé mes trajets ou mes moments libres... Ma petite notation va de 1 * à 5 * (aucune étoile signifiant que je n'ai pas du tout apprécié la lecture) ; les titres en bleu ont déjà été chroniqués sur le blog, ceux en bleu clair pas encore :

ALESSANDRA Joël : Le miracle de Constantine ***** (BD)
ANGOT Christine : Un amour impossible ****
BONA Dominique : Argentina  ****
BOUCHARD Roxanne : Nous étions le sel de la terre *****
BOURHIS Hervé : Le teckel *** (BD)
BUSSI Michel : Nymphéas noirs ***** - Mourir sur Seine ***- N'oublier jamais ***
COE Jonathan : Expo 58 **
del ARBOL Victor : Toutes les vagues de l'océan ****
de ROSNAY Tatiana : Manderley Foreverer *****
de VIGAN Delphine : D’après une histoire vraie ****
DEVILLE Patrick : Viva ***
DJAVANN Chahdortt : La muette ***
DICKER Joël : Le livre des Baltimore ***
ERNAUX Annie : Regarde les lumières mon amour **
FRECHETTE Biz : Mort-Terrain ****
GALBRAITH, Robert : Le ver à soie ***
GEARY Valerie : Celles de la rivière ****
GODDARD Robert : Heather Mallander a disparu ***
GONZÁLEZ Jorge : Chère Patagonie **** (BD)
GUELY Maud & VINE-KRUPA Rachel : Un ruban autour d'une bombe: biographie textile de Frida Kahlo *****
GUENASSIA Jean-Michel : La vie rêvée d'Ernesto G. *** - Trompe-la-mort ***
HAWKINS Paula : La fille du train ***
HETU Julie : Mot  **
HISLOP Victoria : Une dernière danse (abandon)
JONES Lloyd : Mister Pip *****
KENNEDY Douglas : Mirage  ***
KRAEHN Jean-Charles & VALLEE Sylvain : "Gil StAndré" L'Intégrale Cycle 2 *** (BD)
LA PLANTE Lynda : Clean Cut ****
LE CARRE John : Un homme très recherché **
LEMAITRE Pierre & DE METTER, Christian : Au revoir là-haut *** (BD)
LESSING Doris : The Fifth Child ***
LUNAR Lorenzo : La vie est un tango ***
LUPANO & CAUUET : Les vieux fourneaux ***** (BD, 2 t)
LUST Ulli : Trop n'est pas assez *** (BD)
MANOOK Ian : Yeruldelgger *****- Les temps sauvages ****
MARTINETTI A., LEBEAU G. & FRANC  A. : Agatha, la vraie vie d'Agatha Christie **** (BD)
MEYER, Philip : Le fils (abandon)
MOTIN, Margaux : J'aurais adoré être ethnologue **
MURAT Thierry : Le vieil homme et la mer *** (BD) - Les larmes de l'assassin ***** (BD)
NESBO Jo : Le fils ****
NURY & BRÜNO : Tyler Cross *** (BD)
PADURA Leonardo : L'homme qui aimait les chiens ****
PEREZ-REVERTE Arturo : Le tango de la Vieille Garde *** - La patience du franc-tireur ****
PICAULT Aude : Parenthèse patagone **** (BD)
SALTER James : Et rien d'autre *
SAUCIER Jocelyne : Il pleuvait des oiseaux ****- Les héritiers de la mine *****  
SMYTH Amanda : Une sorte de paradis ****
SOSA Rubén : Tigre de papier, t1 (BD)
ST. JOHN MANDEL Emily : Last night in Montreal ***
TAIBO II Paco Ignacio : La vie même ***
TANIGUCHI Jirô: L'homme qui marche *** (BD)
TARDIEU Laurence : Une vie à soi ***** -  La confusion des peines **** -  Puisque rien ne dure ***
TATAMKHULU AFRIKA : Paradis amer *****
THOMPSON Craig : Blankets **** - Habibi  * (BD)
VARGAS Fred : Temps glaciaires ***** & Dans les bois éternels *****
VOLODINE Antoine : Terminus radieux *****
WENGER Stéphanie : Jours tranquilles à Tunis ****

--> pour comparer avec mes palmarès 2014 ( Romans - BD ) et 2013 ( Romans - BD )...

lundi 18 janvier 2016

Olivier Rolin : "Le météorologue"

***** (2014, Ed. Seuil Paulsen, 224 p.)

"Son domaine, c’était les nuages. Les longues plumes de glace des cirrus, les tours bourgeonnantes des cumulonimbus, les nippes déchiquetées des stratus, les stratocumulus qui rident le ciel comme les vaguelettes de la marée le sable des plages, les alostratus qui font des voilettes au soleil, toutes les grandes formes à la dérive ourlées de lumière, les géants cotonneux d’où tombent pluie et neige et foudre." (incipit)

Ceci n'est pas vraiment un roman, car rien de vraiment romancé dans ce livre qui se présente plus comme un récit documentaire sur la vie d'Alexéï Féodossévitch Vangengheim, premier directeur du service hydro-météorologiste de l'URSS et victime ordinaire de la terreur stalinienne. 

Olivier Rolin ne s'embarrasse pas de belles phrases et de construction subtile ; il déroule la vie et la mort du météorologue d'une plume très (un peu trop ?) sobre. Le déclic à l'origine du livre pour cet auteur féru de culture russe (son "tropisme russe" comme il en parle en fin d'ouvrage) fut la découverte d'un recueil des lettres que le météorologue a écrites à sa femme pendant ses 4 ans de captivité, chaque lettre se terminant par de petits messages à visée éducative à l'intention d'Eleonora, sa fille de quatre ans (herbier, dessins de la faune locale, devinettes pour apprendre à compter...).

En début d'ouvrage, Olivier Rolin présente l'ascension d'Alexeï Féodossévitch Vangengheim dans la haute sphère des services météorologiques soviétiques.

"Il me plairait de penser qu'Alexéï Féodossévitch sentit naître en lui une curiosité pour les météores en regardant rouler les nuages au-dessus de la plaine infinie. Peintres et écrivains ont maintes fois décrit ce paysage de la campagne russe ou ukrainienne. Profondeur vertigineuse de l'espace, vastitude où tout semble immobile, silence que ne trouent que des cris d'oiseaux, cailles, coucous, huppes, corbeaux [...]. Parfois, au fond d'une distance immense, la cheminée d'une locomotive rappelle qu'au sein de ce temps apparemment figé, quelque chose de neuf est en train de se produire, qui est peut-être le progrès et qui est peut-être aussi une menace... "

Alexéï a organisé en 1932 la première conférence en URSS sur l’influence du climat sur l’homme, avec des architectes, des ingénieurs, des médecins, des sylviculteurs, des planificateurs. « Il s’agissait de réfléchir aux rapports entre le régime hydro-météorologique et la santé, la conception des immeubles, l’urbanisme. Penser l’habitat et les villes en fonction du climat, ce n’était pas si commun à l’époque. Il est décidément un précurseur. » (p.121)

Soudain, quasiment du jour au lendemain, Alexeï entre en déchéance. Arrêté le 8 janvier 1934, il finit par signer comme des milliers d'autres, de faux aveux. Condamné pour sabotage économique ("Il fallait trouver des boucs émissaires pour les désastres de l’agriculture collectivisée et les responsables des prévisions météorologiques étaient tous désignés"), et espionnage, à dix ans de camp de rééducation. Il est déporté sur l'archipel des îles Solovki, près du cercle polaire, dans un monastère qui "avait abrité à partir de 1923 le premier camp de ce qui allait devenir la Direction centrale des camps, Glavnoïe Oupravlénié Laguéreï (GOULAG)".
"Longtemps prisonnier de la glace, le printemps éclate avec fougue, les coucous se mettent à chanter, les grenouilles à coasser dans les centaines de lacs et de marais qui criblent l’île, les mouettes sont revenues et leurs criailleries empêchent de dormir, la végétation croît à toute vitesse, airelles, myrtilles, canneberges jettent dans les sous-bois des millions de perles de couleur. Mais à quoi bon le printemps ? Il n’y a pas de nuit, le soleil baisse, rase l’horizon au nord et remonte, faisant éclater dans les nuages toutes les couleurs du spectre. Il ne faut pas compter sur Vangengheim pour  faire des descriptions colorées des splendeurs de la nature, c’est même curieux comme son goût du dessin semble s’accompagner d’une parcimonie du regard. Si l’on veut avoir une idée des joailleries célestes des nuits blanches, mieux vaut lire les lettres de Pavel Florenski à la même époque : « Hier soir, en revenant du Kremlin, je ne pouvais m’arracher à la richesse prodigieuse des coloris du ciel : pourpre, violet, lilas, rose, orange, doré, gris, écarlate, bleu clair, bleu-vert et blanc : toutes les couleurs jouaient dans le ciel rayé de longs nuages fins et en couches violettes." (p.132-133)
Arrêté en 1934, exécuté le 3 novembre 1937 dans une forêt de Carélie lors d'une exécution de masse de plus de mille prisonniers, c'est la sinistre époque de La grande terreur -1937/38.
Après d'intenses recherches, des descendants de disparus et des membres de l'association Mémorial localisent les fosses communes. Ce n'est donc qu'en 1956 (3 ans après la mort de Staline) que la femme et la fille d'Alexeï sont informées de sa mort, 19 ans plus tôt, alors qu'elles l'espéraient toujours en vie. A l'entrée du site est aujourd'hui écrit : "Lioudi, nié oubivaïtié droug drouga" "Hommes, ne vous tuez pas les uns les autres".

Olivier Rolin ne fait pas d’Alexeï un héros exemplaire. "Ce n’était ni un génie scientifique ni un grand poète, c’était à certains égards un homme ordinaire, mais c’était un homme innocent. D'autres ont été plus lucides sur Staline et le stalinisme, ont compris plus vite que lui à quel prix de sang se faisait la « construction du socialisme »" (p.188)
En effet, Alexeï écrit que sa confiance dans le pouvoir soviétique et dans la construction du socialisme n’est pas ébranlée, et joint à ses lettres des portraits ou mosaïques de Staline qu’il a réalisés. On suppose que c’est pour épargner sa femme et sa fille. 
« Peut-être me suis-je laissé dépasser par la vie, écrit AlexeÏ Féodossiévitch le dernier jour d’octobre. Je n’ai pas vu grandir la nouvelle éthique, et je ne comprends rien à ce qui se passe. » (p.109)
Ce livre m'a fait penser, parmi mes dernières lectures, à "Peste et choléra" de Patrick Deville pour le récit biographique d'un scientifique, au "Divan de Staline" de J-M. Baltassat (que Fanny Ardant va adapter au cinéma avec Depardieu en Staline), au récit sur Hundertwasser et sa conception d'un habitat en adéquation avec l'environnement, et pourquoi pas le climat (Alexeï Féodossévitch était un sacré précurseur)... sans oublier évidemment tous les récits que j'ai pu lire sur les purges staliniennes.

--> "Lectures de Russie et d'Ukraine"...

dimanche 17 janvier 2016

Coup de froid au jardin


Et voilà, le pavot d'Orient qui faisait son fiérot en pointant un gros bouton en plein décembre (voir "Une dernière semaine de décembre ahurissante"), a piqué sérieusement du nez hier matin avec les premières vraies gelées.

La luzerne arborescente, habituée quant à elle à fleurir aussi en hiver, s'en sort bien.
Le viburnum est toujours paré de quantité de fleurs.
Bon on est tout de même en janvier, rien de sensationnel !

M. Motin rencontre La femme parfaite est une connasse

"Il me faut absolument une machine à pain"
***** Margaux Motin / Anne-Sophie Girard & Marie-Aldine Girard (Ed. Fluide Glacial & J'ai Lu, 2015, 103 p.)

Je me suis moins intéressée au texte des pages de gauche (les règles de "la femme parfaite est une connasse") qu'aux illustrations de Margaux Motin que je trouve toujours très drôles et fort à-propos. C'est ce qui m'a arraché des sourires dans ce livre.
Une BD majoritairement destinée aux trentenaires célibataires bobos parisiennes : tout le monde ne s'y retrouve pas forcément... mais on n'échappe pas à des situations familières : la liste des chansons honteuses mais qu'on aime quand même, par exemple !
Cela dit, je ne me vois pas aller acheter le livre de La femme parfaite est une connasse.

De Margaux Motin, voir le génial "La tectonique des plaques", le très bon "La théorie de la contorsion" (pas chroniqué), et le débutant "J'aurais aimé être ethnologue".

dimanche 3 janvier 2016

Les derniers insectes vus en 2015

Un syrphe vu de profil et de dos, butinant le viburnum
La fin de l'année 2015 fut exceptionnellement douce et me donna l'occasion d'apercevoir encore quelques insectes.
Le laurier tin, ou viburnum, est en pleine floraison et attire encore quelques butineurs.
Ce fut le cas de ce joli syrphe, et photo du dessous, d'un autre insecte que je n'ai pas encore identifié (abeille ? syrphe ?...). Lui aussi s'en donnait à coeur joie sur le viburnum.

Les autres insectes aperçus en cette fin d'année s'abritaient sous les feuilles d'euphorbe : moult coccinelles y élisent refuge en hiver. Et j'y vois aussi des punaises, dont cette très belle punaise verte.

Pas aperçu une seule araignée depuis un bon moment...

--> ma chronique "insectes" et la page des "habitants de mon jardin"

Joël Dicker : "Le livre des Baltimore"

***** (Ed. de Fallois, 2015)
J'ai hésité à mettre trois étoiles : deux étoiles 1/2 auraient suffi. Il faut dire que Joël Dicker avait mis la barre tellement haut avec "La vérité sur l'affaire Harry Québert"... qui avait été l'une de mes plus belles lectures de l'année 2014.

"Le livre des Baltimore" n'a jamais réussi à vraiment "m'emballer", je l'ai lu parce que c'était Joël Dicker, mais sans accrocher non plus au style adopté par l'auteur. Celui-ci fait référence tout au long de son roman au fameux "Drame" qui ne va pas manquer d'arriver, et j'ai trouvé cette référence constante assez lourde.
On retrouve dans ce roman Marcus Goldman, le "héros" de L'affaire Harry Québert. Marcus est issu des Goldman de Montclair (petite ville en banlieue de NY), d'une famille de la classe moyenne qui détonne comparée à la branche huppée des Goldman de Baltimore...
Chaque année, la famille se réunit pour la dinde de Thanskgiving dans l'immense demeure de l'Oncle Saul et de la Tante Anita à Baltimore. Marcus y retrouve son cousin Hillel, enfant chétif, surdoué et harcelé, et Woody, gamin de la rue adopté par oncle Saul et Tante Anita, qui va se révéler une future star de football. Voilà le « gang des Goldman »...
Rien n'est épargné au lecteur sur la différence de standing entre les G. de Baltimore et ceux de Montclair. Réussite, fortune, bonheur affiché d'un côté, train train de banlieue dans une petite maison de brique, vie de famille planplan et budget serré de l'autre.

Marcus se met en tête de conter la saga familiale, en déroulant la vie des Goldman par ordre chronologique pour en arriver jusqu'au "Drame". Il alimente le suspense en introduisant son propos par des phrases telles que « A cette époque je ne savais pas que…» « Personne ne se doutait que…», et cela m'a personnellement vite agacée.

Alors trois étoiles (généreusement) accordée pour l'intrigue, mais rien de transcendant dans le style. Je doute de me souvenir de l'histoire des Baltimore dans un an... si ce n'est le roman sombre d'un bonheur de façade qu'une illustre famille a pu entretenir.

Rien à voir avec le plaisir incroyable que j'ai eu à lire, pardon dévorer, avaler... "La vérité sur l'affaire Harry Québert", à qui j'attribue 5 étoiles faute de pouvoir en mettre davantage dans mon ranking.
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