mercredi 24 février 2021

Arachnophile je suis devenue...

Jamais mes parents n'auraient imaginé que, plus tard, je deviendrais copine avec les araignées. 
Enfant j'en avais une sacrée frousse, comme de toutes les bestioles du reste, à l'exception des chiens. 
 
Cette frousse de toutes ces petites créatures ne s'est pas tarie à l'adolescence... 
Je dois même confesser, shame on me !, que dans ma campagne dormelloise (Sud Seine-et-Marne), il m'arrivait parfois de découvrir un énooorme mille-pattes (oui je sais, pas une araignée !) sur le rideau de ma fenêtre, qui me tétanisait : ma seule ressource était de foncer chercher des pinces à linge pour les accrocher tout autour du bestiau sur le rideau, puis de m'enfuir à toutes jambes de la pièce jusqu'à ce que ma mère vienne me débarrasser de l'impitoyable intrus. 
Je vous épargne l'abominable cri de Munch qui accompagnait cette scène si dramatique... 
Non je n'avais pas quatre ans, j'étais ado 😱 et le ciel me tombait sur la tête !
 
J'ai un peu honte aujourd'hui de ces réactions démesurées, mais quand je vois comment mes propres fils ont ensuite crié au loup en apercevant une banale araignée, je me dis que c'est dans l'ordre des choses... 
Alors, le nouveau moi qui a développé une surprenante empathie avec les araignées doit admettre que ma métamorphose (coucou Grégoire 😉) s'est tout de même déroulée sur un certain nombre d'années.  
Un déclic important fut la visite en famille de la super exposition "Au fil des araignées" au Muséum d'histoires naturelles du Jardin des plantes (oct. 2011). 
Heureusement, grâce à cette métamorphose et grâce à ce blog, mes enfants ont fini par respecter ma connivence avec les araignées, et venir me solliciter avant de commettre l'irréparable.
Depuis je me targue d'être devenue sauveteur secouriste d'araignées.

Étonnamment donc, ce sont ensuite mes deux garçons qui ont développé une franche aversion pour les araignées. 
A tel point que pour éviter les drames, surtout en hiver quand les pauvres bêtes se réfugient à l'intérieur, j'ai investi dans un super outil acheté une douzaine d'euros sur le net : un pistolet à long manche capturant l'araignée dans une sorte de panier à franges rigides qui se referme sur elle, sans lui faire aucun mal, le temps de se diriger tranquillement vers le jardin pour appuyer sur la gâchette, ce qui ouvre le panier et libère la visiteuse. 
J'ai même acheté deux de ces pistolets : un pour chaque étage... il est vrai que ces petites bêtes semblent apprécier notre intérieur. 
C'est un achat malin que je recommande à tous les foyers pour éviter les attaques de panique et crimes lèse-araignée (taper sur le web 😉 "pince attrape-araignée" ou "spider catcher").
Bon assez papoté sur ma métamorphose de anti à pro-spider, place à quelques illustrations de mes nouvelles et très chères amies :

  Sauf erreur, un ami faucheux, tranquille dans son pot en terre cuite
Vous voulez ma photo peut-être ?! (araignée crabe)
Araignée sauteuse -  Lire l'article associé


Blanc sur blanc : l'araignée crabe guette incognito sa proie (Lire l'article associé)

une cousine de Macao
(heureusement qu'on ne l'a
pas ramenée dans une valise!)
A Macao, en famille, impressionnante !



Cette toute petiote s'est invitée sur le mur de la cuisine que j'étais en train de peindre !

A l'ombre de ma sauge de Jerusalem
araignée crabe
Une araignée au plafond
(dans ma chambre au-dessus du lit : même pas peur)
Ce spécimen est très bizarre, grosse tête ?
























 

A ceux qui aiment à la fois observer les araignées et lire de chouettes livres, je conseille vivement l'excellent roman policier "Quand sort la recluse" de Fred Vargas 🕷🕸💚

Retrouvez tous mes billets/photos sur les araignées en cliquant ICI...

Un moment particulièrement magique : la découverte d'une "nichée" de centaine de bébés araignées épeires sur l'abri de jardin...
Un spectacle merveilleux. Que du bonheur, de voir toutes ces minuscules créatures jaunes et noires agglutinées ou se mouvoir sur la toile.
Par la suite, elles se sont éparpillées partout dans le jardin, et j'en croisais des dizaines où que je jardine. C'était fin mai 2012. Pas eu la chance de revoir de nouvelles portées de bébés épeires. Mais, le 16 juin 2020, mon coeur s'est mis à battre en découvrant une "nichée" de bébés tégénaires sur un plant de coquelourde.

lundi 15 février 2021

An Evening with Bruce Dickinson (Iron Maiden)

Il y a tout juste un an, le 14 février 2020, nous avons assisté à ce qui serait (sans le savoir) notre dernière sortie musicale "ante-covid". 
Une soirée passée au Trianon avec Bruce Dickinson, le chanteur (mais pas que !) d'Iron Maiden . 
Ce fut un moment fort sympathique, où l'ami Bruce, 61 ans (6 de plus que nous), nous a raconté sa vie, ses passions, le groupe (un tout petit peu)... seul sur scène, délaissant l'espace d'un soir l'ambiance démente des concerts d'Iron Maiden pour un show intimiste façon stand-up, seul debout devant un grand écran où il fait défiler et commente des photos choisies. 
Le show s'inspire de sa récente autobiographie "What Does This Button Do ?"

Ce n'est pas un homme-orchestre mais un homme à tout faire : 
Pilote de ligne, Capitaine honoraire de la Royal Air Force, escrimeur hors-pair, chef d'entreprise (accessoires d'escrime, bière), remarquable chanteur tout de même, écrivain...
Et habitant de Paris ! (ça en fait quelques-uns, qu'on rêverait de croiser dans la rue : Marianne Faithfull, Elliott Murphy, Bono (l'Oise n'est pas loin)... 
 
Bon, Bruce a 6 ans de plus que nous, mais tout de même, je me sens un peu hors circuit face à un tel parcours, quand je fais mon propre petit bilan personnel : Piloter un Boeing ? sais pas, saurai absolument jamais / Chanter ? j'adore, je chante tout le temps (pour moi) mais suis pire que nulle / Composer de la musique ? cf. précédent commentaire  / Escrimer ? euh, quelle idée... / Cheffe d'entreprise ? euh, pas encore 😕 / Ecrivain ? A part ce blogounet, que nenni / Habiter Paris ? Ah, je me rapproche ! Je l'eus fait au doux âge de la vingtaine et quelques, et puis patatras, la trilogie famille-chien-jardin oblige, migration vers la banlieue ! Être millionnaire ? Ah, ben pas assez travaillé les précédentes options, pour sûr. 
Bon, dans une deuxième vie, je tâcherai de mieux m'y prendre 😇 !

Pendant deux heures, Bruce a déroulé sa vie et sa carrière, avec beaucoup d'humour. 
Depuis son enfance, son renvoi de l'école (pour avoir fait pipi dans l'assiette de son prof : euh ça moi jamais fait !!!), l'adolescence, à la recherche de l'instrument de musique idéal, les premiers groupes... 
En particulier, il a bien fait rire le public en racontant les anecdotes de son premier groupe, SAMSON, et un voyage mémorable vers l'Ecosse dans une voiture volée avec une statue d'oie achetée en route attachée sur le toit, les passagers tous en état second (alcool, marijuana...). [Cette scène me fait penser à l'excellent roman de Peter May "Les fugueurs de Glasgow".]
 
Et puis un arrêt sur images décomplexé au sujet de ses pantalons dits "moule-machin" qu'il arborait en tournée, pas du meilleur goût... il est le premier à en rigoler aujourd'hui. Nous avec.
Des images de Sarajevo, dont il a été fait citoyen d'honneur, après avoir donné un concert live pendant le siège de la ville en 1994. [Ici me vient une aparté, un roman absolument extraordinaire de Tea Obrecht sur l'ex-Yougoslavie : "La femme du tigre"...]
 
Enfin, il nous parle du cancer de la langue et de la gorge diagnostiqué à un stade précoce, juste avant Noël 2015, dont il a été déclaré "all-clear" en mai 2016 après sept semaines de chimio et radiothérapie. 
Depuis lors, il considère que "Vivre, c'est vivre maintenant, chaque minute, chaque seconde, sans attendre".
 
Ensuite, après un échange questions-réponses avec le public, Bruce entame quelques vocalises a capella, de Wasting Love et de The Book of Revelations. C'est bluffant... Quelle pêche 🎵

--> Mon unique former encounter avec Iron Maiden = le concert du World Slavery Tour à l'Espace Balard le 29/10/1984, où j'étais persuadée que le hardos assez stoned derrière moi s'amusait à me cracher dessus alors que le chapiteau avait un énorme pb de condensation, et j'ai passé une partie du concert à faire les gros yeux à ce pauvre hardos innocent !

dimanche 7 février 2021

Déco-coquillage

Tant qu'à rester enfermée, de surcroît un jour de mauvais temps, il me prend l'envie de ranger un peu le blog. A commencer par une rubrique que j'avais dû créer au tout début, et qui s'est plutôt fossilisée... (ce qui tombe bien puisqu'elle a trait aux coquillages et pierres fossilisées glanées ici et là).
Je vais donc de ce pas transformer cette rubrique fossile (sous forme de "page") en simple article, que voici 😉.

Coquillages, sable, bois flotté, verre poli... mais aussi graines, fleurs séchées, objets insolites et hétéroclites... Souvenirs de vacances (merci la Guadeloupe 💚) ou trouvailles rapportées de voyages, ou tout simplement conquises pour une piécette symbolique dans les vide-greniers.
Ils peuplent le jardin, la maison, et fleurent si bon le rêve, l'exotisme et le dépaysement en pleine banlieue parisienne !

...sur le rebord de la fenêtre de la cuisine

Composition délicate pour la commode de la chambre
Pendentif boite à pilule en argent et coquillage acheté à Dar-es-Salam
Bout d'ornement de porte en fonte trouvé par terre à Zanzibar
Panier garni d'éponges sur la terrasse
















  






La plupart des lambis qui "habitent" chez nous ont été récupérés avec moult dévotion : par hasard, en se promenant le long de la marina à Saint-François, en Guadeloupe, nous avions remarqué à travers l'eau verdâtre et glauque du port un endroit où semblaient reposer des lambis jetés là certainement après avoir été vidés par les pêcheurs (ou les restaurateurs du port). 

Un cimetière de lambis !

C'est vrai qu'à l'époque, on pouvait encore trouver facilement des fricassées de lambis dans les restos, et que les coquillages évidés se trouvaient facilement ou bien, tout beaux et brillants, s'achetaient dans les boutiques de souvenirs.
Ceux qu'on a trouvés dans le port, eh bien il a fallu que F. se jette à l'eau... une eau bien sale, et les ramasse un à un. Pouah.
Puis méga lavage des coquillages tout collants de mousse verdâtre et de mazout, désinfection à l'eau de javel, brossage... Et même vernissage. Et enfin, rapatriement en banlieue parisienne pour leur donner une deuxième vie où ils se pavanent comme des rois.
Ainsi, chez nous, les lambis sont partout : dans les arbres, sur les murets, dans les compositions de plantes grasses, et à l'intérieur, ils font aussi ce qu'ils veulent.
 
Aujourd'hui, mes parents me disent qu'il n'y a plus de coquillages ou de petite faune aquatique sur la plupart des plages de Guadeloupe, après de nombreuses années d'invasion par les sargasses. Ces algues brunes nauséabondes colonisent le littoral depuis 2011.

samedi 6 février 2021

Emil Ferris : "Moi ce que j'aime c'est les monstres" (BD)

 ***** (My Favorite Thing Is Monsters), d'Emil Ferris (Ed. Monsieur Toussaint Louverture, 2018) 💙💚💛💜

La claque. 
Cet album est absolument extraordinaire. 
Que ce soit du point de vue de l'histoire que du graphisme, incroyable. 
L'auteur est une femme (oui, Emil...) née à Chicago où elle était illustratrice quand à 40 ans elle contracta le virus du Nil occidental à la suite d'une piqure de moustique, qui la laissa paralysée durant des années. En fauteuil roulant elle décide de suivre un cours de creative writing, peinant au début à tenir un stylo qu'elle devait faire tenir avec un bout de scotch.
"Quand un événement aussi étrange s’abat sur vous, tout devient clair : le monde vous lance un défi, il vous rend spéciale. J’étais la seconde personne en Illinois à être infectée par ce virus. Statistiquement… Le jour de mon anniversaire en plus. C’est un message de l’univers. Du coup, il faut répondre. Il faut devenir sérieusement badass." (Extrait d'une intéressante interview intime parue dans Libération)
De sa persévérance est né au bout de six ans cet album de 400 pages, un ovni dans la production de romans graphiques. Les dessins sont réalisés au stylo bic quatre couleurs. C'est sidérant, d'une beauté à tomber. Chaque nouvelle page est uppercut pour les yeux, j'ai été scotchée tout du long.

L'histoire m'a happée également. 
Le livre se présente comme le journal d'une petite fille de dix ans, Karen, qui habite dans une banlieue de Chicago dans les années '60, avec son frère Deeze, ultra gominé et dissimulant une part ténébreuse, et sa mère, malade.
Complexée par son physique et bousculée à l'école pour ça, Karen se réfugie auprès des monstres qui peuplent son imagination, et dévore les magazines d'horreur de son frère. 
Elle rêve de se faire mordre par un loup-garou pour enfin devenir elle-même un monstre. 
Un jour, la jolie voisine du dessus, Anka, est retrouvée morte : suicide disent tous, sauf Karen qui décide de mener sa propre enquête. 

La deuxième partie de l'album évoque la vie d'Anka, jeune juive dans l'Allemagne des années '30, qui échappe à la déportation pour atterrir dans un bordel. Deux époques en miroir avec leur lot de violences, de racisme, de pauvreté, d'antisémitisme.
Le tome deux vient de paraître en anglais... Trop hâte de me jeter dessus.
C'est ma découverte BD de l'année 2020, peut-être de la décennie cela mérite que j'y réfléchisse.

--> la chronique "BD"...

dimanche 31 janvier 2021

Eric Plamondon : "Oyana" (Québec)

 ***** (Ed. Quidam, 2019) - « Pour toi Xavier, je te dois un tas d’explications. »

Allez zou, je poursuis dans la veine de mes lectures québécoises et la découverte d'un auteur très intéressant, Eric Plamondon (mince c'est dur d'écrire Eric et pas Luc, je sais, commentaire niaiseux mais c'est comme ça 😜).
Après "Taqawan" (chroniqué hier) qui comportait un saumon stylisé en couverture, voici dans le désordre, car lu cet été, "Oyana", avec cette fois-ci une baleine stylisée.
D'abord je n'ai pas lu ce livre, je l'ai avalé. Parce qu'il est certes très court (150 pages) mais aussi parce que j'avais envie de connaître l'issue de cette drôle d'histoire pas piquée des hannetons. Et puis, l'intérêt était décuplé parce que je lisais ce roman en vacances sur la côte basque, marchant presque dans les pas des protagonistes entre San Sebastian, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, la Rhune... (mais aussi Montréal...).

Nous sommes en 2018 à Montréal. Nahua, d'origine mexicaine, mène sa petite vie, traductrice mariée depuis une vingtaine d'années à un médecin qui court les congrès. Pas d'enfant. Pas d'autre famille. Un quotidien où l'amour a perdu son grand A.
Quand tombe une info qui lui fait l'effet d'une bombe : l'annonce de la dissolution de l'ETA (!).
Patatras, Nahua s'efface pour faire place à Oyana, cette française née au pays basque en décembre 1973, jour de l'attentat contre le bras droit de Franco, et contrainte à l'exil et à la clandestinité depuis justement une vingtaine d'années.

Le petit train de la Rhune (08/2020) avec une vue saisissante des nuages
et ces parterres fascinants de mousses et lichens
Pour Oyana, ce communiqué annonçant la fin de l'organisation terroriste basque sonne la fin de l'exil et le retour à la liberté. Ayant pris la décision de rentrer chez elle au pays basque...

 "Etrange d'imaginer que j'allais revoir la plage de Saint-Jean-de-Luz, le fort de Socoa, la digue de l'Artha, la colline de Sainte-Barbe et les surfeurs qui profitent des vagues du golfe de Gascogne. Tout comme le sommet de la Rhune, les Deux jumeaux  à Hendaye, la route de la corniche."

... elle entreprend d'écrire une lettre à son mari dans laquelle elle lève le voile sur sa vie de mensonges, l'identité qu'elle a usurpé, la culpabilité qui la ronge depuis tout ce temps et qui explique aussi l'absence d'enfant.

Pays basque (07/2020)



Eric Plamondon articule son récit autour de fragments de la lettre d'adieu d'Oyana à son époux, et d'indications historiques sur le nationalisme basque et la lutte armée menée par l'ETA des deux côtés de la frontière franco-espagnole. 
On découvre que, jeune fille, Oyana n'embrassait pas particulièrement la cause indépendantiste, bien au contraire. Le hasard, un garçon, l'ont placée sur la route de la terreur, dont une mère et sa petite fille furent les victimes collatérales.

Nos vacances :
Des soirées à guetter le rayon vert !
"J'ai acheté un ciré jaune, repris la route jusqu'à la colline de Sainte-Barbe et gravi le petit chemin du parc pour arriver à a chapelle en surplomb.(...)C'est d'ici que dans le film d'Eric Rohmer, Marie Rivière voit le rayon vert. Mais là, le ciel était bas, l'océan de plus en plus déchainé. Les nuages m'empêchaient de voir la corniche en direction d'Hendaye, l'Espagne au sud et la Rhune là-bas à gauche derrière la ville." (p.114)

Les rappels historiques sont entrecoupés d'extraits de documents, coupures de presse, communiqués, qui apportent un éclairage précieux sur cette période. J'ai personnellement appris énormément sur ce chapitre violent de notre histoire.

Plamondon ayant également le mérite d'être québécois (comme Luc !), il évoque les liens historiques entre les Basques et le Québec, et c'est là que nous retrouvons les baleines... avec cette tradition de la chasse à la baleine qui amena les marins basques jusqu'à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Un passage du roman est vraiment marquant, quand Oyana se rappelle enfant l'échouage aux côtés de son père d'un cachalot sur la plage, son œil ouvert, le regard attendant la mort.
Au-delà des liens de pêcherie à la baleine, l'auteur évoque les liens de fraternité voire carrément de complicité entre certains Basques et Québécois habités d'une même fibre nationaliste.

San Sebastian by night (08/2020)

Baie de San Sebastian
Alors, finalement, j'ai dévoré ce livre, mais les scènes d'avant-fin m'ont fait l'effet d'un film de Quentin Tarantino voire, pire selon moi, m'ont fait penser aux scènes hyper violentes qui m'avaient tant choquée dans le roman "Le chardonneret" de Donna Tartt. J'admets que je ne m'y attendais pas, et que, probablement trop naïve, je pensais que l'eau de l'ETA avait définitivement coulé sous les ponts, d'où ma stupeur.
Mais, cher lecteur, il te faut aller au-delà de ces scènes pour avoir le fin mot de l'histoire, complètement inattendu. Bravo tout de même monsieur Plamondon pour ce twist.
En ce qui concerne le style, je me permets un petit bémol par rapport à l'engouement que j'avais éprouvé à la lecture de "Taqawan", "Oyana" m'ayant paru plus sec et désincarné.

--> Voir la p'tite chronique "Québec" de ce blog, la page "voyages voyages"...

samedi 30 janvier 2021

Eric Plamondon : "Taqawan" (Québec)

***** (Ed. Quidam, 2017) - "Elle monte dans le bus et s'assoit, colle son front contre la vitre fraîche." (Incipit)

J'ai découvert ce auteur québécois grâce à ma participation, quelque peu laborieuse certaines années, au Prix littéraire France-Québec (2015 ICI, 2016 LA). Eric Plamondon en est le lauréat 2018 avec son beau roman "Taqawan".

Ce roman s'inspire d'un fait réel, l'intervention brutale de la gendarmerie québécoise le 11 juin 1981 sur la réserve de Restigouche en Gaspésie, dans le but de confisquer les filets de pêche des Indiens Mi’gmaq. Depuis la nuit des temps, ces Indiens pêchent le saumon.

"Dans l'Ouest, l'homme blanc a réussi à éliminer les Indiens en éliminant les bisons. Dans l'Est, il y avait des saumons. On les a pêchés à coup de barrages, de nasses et de filets jusqu'à l'épuisement des stocks. Les Indiens aussi sont épuisés."

Droits ancestraux, pêche de subsistance, chevauchement de juridictions (Québec gérant la pêche sur le territoire de la province, Ottawa gérant les réserves indiennes...), misère sociale des réserves, discrimination, clubs privés de chasse et pêche spoliant les terrains publics... 

"L’autobus approche du pont Van Horne, qui relie la province de Québec à celle du Nouveau-Brunswick au-dessus de ce qui n’est déjà plus la rivière Ristigouche, mais pas encore la baie des Chaleurs. Ce pont marque une frontière à l’intérieur d’un même pays, davantage juridique que géographique. Le transport scolaire vient chercher les enfants de la réserve indienne le matin pour les amener à l’école anglaise et les reconduit chez eux en fin d’après-midi. Il y a le Québec et le reste du Canada, la réserve et le reste du monde. Dix générations plus tôt, ils s’étaient installés ici, à la fin des terres, Gespeg. Ce sont les Mi’gmaq. Les premiers Français les appelaient les Souriquois. Puis on a écrit leur nom de différentes manières : Miquemaques, Mi’kmaqs, Micmacs."

Le roman plonge le lecteur dans l'histoire du pays à partir de ce violent épisode de la bataille du saumon, et questionne sur les revendications d'une province en faveur d'une autonomie la plus large possible et les réticences à appliquer les mêmes principes aux communautés autochtones.

"Ostie, quand on a vendu la moitié de la province à des Américains pour le bois, l’électricité, les mines et les réserves de pêche, ça dérangeait personne. Si c’est des Indiens qui réclament, là c’est un problème, là c’est des profiteurs pis juste une gang de soûlons. Il faudrait punir toute la communauté sous prétexte que certains pêchent sans permis ? Quand on pogne des braconniers québécois pure laine, y’a personne qui dit qu’il faut punir toute la province de Québec à cause d’eux autres !" (p. 144)

Les repères historiques jalonnent utilement le récit, et pour qui s'intéresse peu ou prou à la belle province, c'est passionnant. Les récits contemporains et historiques s'entremêlent sans à-coups et ne cassent jamais l'évolution de l'intrigue.

"Tu sais qu’avec l’Acte des pêcheries de 1858, la Couronne impose les permis de pêche. A partir de là, les Indiens, il faut qu’ils demandent la permission de continuer à faire ce qu’ils font depuis des millénaires. Pour eux, demander des permis pour pêcher, c’est comme demander des permis pour vivre." (p.100)

Une intrigue en effet prenante. Le roman met en scène quatre personnages principaux : Yves, ancien garde-forestier sur le départ, Océane, jeune adolescente amérindienne de la réserve, violée lors de la répression policière, William, un vieil Indien solitaire, et Caroline, enseignante française tout juste débarquée au Canada.
Le roman est passionnant aussi bien pour l'histoire, la grande et la petite, que pour tous les à-côtés que se permet l'auteur au gré des chapitres, comme l'explication de l'expression "le droit fil", la recette de la soupe aux huîtres, l'art de la pêche à la mouche ("Quand un saumon gobe une mouche, c'est sa manière de dire : fous-moi la paix ! Crisse-moé patience ! Get out !" p.139), l'arrivée de Jacques Cartier à la proue de son navire, la chasse ancestrale de l'orignal, et un précis de sciences de la nature sur le saumon... "Taqawan : [le saumon] qui pour la première fois revient de la mer pour remonter la chute." (p. 154)

L'écriture d'Eric Plamondon est enlevée, mais toujours sobre, et je la trouve belle. "C'était un soir de mouches à feu. L'éclat jaune-vert des insectes se mêlait à l'orange des étincelles." (p. 105) - "Le vent soufflait et s'engouffrait dans la baie pour remonter la rivière jusqu'à eux. Cette année, à coup sûr, Noël serait blanc." (p.106)

En bref, c'est un beau roman, qui se déroule dans ce pays où je me suis mariée, 7 ans après la prise d'assaut de Restigouche. A l'époque, j'étais jeune française débarquée dans la belle province en pleine "guerre de la morue" (voui voui !) entre nos deux pays... Certes je n'ai pas connu de discrimination, je fus accueillie à bras ouverts par les Québécois, seulement sujette à de petites taquineries administratives de la part du gouvernement qui voulait affirmer sa fermeté face à la France et aux flottilles de Saint-Pierre-et-Miquelon, en renforçant le contrôle des titres de séjour. Dire que je n'avais à ce jour quasiment jamais mangé de morue dans ma vie.
Un souvenir plus marquant de l'actualité d'alors, c'est surtout l'application de la loi 178 de Bourassa contrainte de modifier la loi 101 (charte de la langue française) en instaurant l'obligation d'affichage en français à l'extérieur et la possibilité d'un affichage multilingue à l'intérieur. Ouah c'était chaud dans les rues de Montréal. 
Ca avait donné lieu à un super morceau du groupe French B (pour French Bastards) en 1989, avec en intro le "Vive le Québec libre" du Général de Gaulle, peut-être le premier morceau de rap québécois : "J'me souviens" :
"Bill 101… Je m’en souviens de la langue, de la langue de Lepage, pis celle de Tremblay
Et je parle la langue de Ferron, Gauvreau et de PDG
J’me souviens à mort, du Vent du Mont Schärr ! [bien sûr que je comprenais "vendu mon char" ! ]
Mais on est encore pris pour tapiner Paris parce que la chicane est pognée dans la cabane...
J’m’en souviens d’la langue, d’la langue des doux french kiss...
Je m’en souviens encore mais pour combien de temps, je m’en souviens tellement
Je la mettrais dans le vinaigre pour qu’elle dure plus longtemps
T’en souviens-tu de la langue ? Do you remember when we were French ?"
Au lac, 08/2019

Montréal, 08/2019









--> Voir la p'tite chronique Québec de ce blog..., la page "voyages voyages"...

dimanche 24 janvier 2021

Bonne année !

 





Tiens, je remarque que l'an dernier, exceptionnellement je n'avais pas posté de voeux... 
Voilà donc pourquoi cette année 2020 fut si pathétique 😉.

Donc je me reprends pour 2021 et je charge mon petit rouge-gorge, devenu mon fidèle compagnon de télétravail, de transmettre à tous douceur et sérénité.

mercredi 30 décembre 2020

Les films au compteur de 2020 : "Les invisibles", "Corniche Kennedy", "A star is born", "Incendies"

Une petite chronique des principaux films regardés en 2020 mais pas forcément "estampillés 2020".
Si je devais choisir LE film de cette année, pour moi, ce serait "Corniche Kennedy"... mais suivi de très près par "A star is born" (ben oui, musique et romance, je craque).

😍 Corniche Kennedy de Dominique Cabrera (Fr., 2017) avec Lola Creton, Aïssa Maïga, Moussa Maaskri, Alain Demaria, Kamel Kadri, Cyril Brunet
Absolument génial, intense, inoubliable... Tourné avec des acteurs non professionnels (sauf Lola Creton et Aïssa Maïga, actrices professionnelles), de jeunes ados Marseillais qui plongent depuis la corniche au risque de leur vie. Voilà leur fureur de vivre. Un film vraiment génial, d'après le roman de Maylis de Kérangal (une écrivaine que j'apprécie énormément), 
Je recommande vivement ce film qui a énormément marqué mon année ; les bonus sont passionnants, qui racontent le parcours de ces jeunes retenus pour jouer dans le film, le tournage, leur participation à la présentation du film dans les festivals...
Un film d'une exceptionnelle intensité, prenant de bout en bout.
Rien qu'en y repensant, j'entends sous un soleil de plomb le clapotis de l'eau, le bruit des scooters, le rap de la bande son composée par l'un des jeunes acteurs, le "1 2 3 " avant de sauter...

😍 Les invisibles de Louis-Julien Petit (Fr. 2019) avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky, Deborah Lukumuena
Quel film...  Une pépite d'humanité. Interprétation magistrale, des comédiens professionnels et des femmes qui connaissent la rue, qui elles aussi, se sont retrouvées, un jour, "invisibles". Propos tellement fort. Touchant, mais aussi drôle... Un film vraiment formidable.
Les tribulations d'un foyer d'accueil de jour pour femmes SDF, et la ténacité des responsables du foyer pour aider ces femmes à se remettre sur la voie du travail. 

😁Les roseaux sauvages d'André Téchiné (Fr. 1994) avec Elodie bouchez, Gaël Morel, Stéphane Rideau, Michèle Moretti, Jacques Nolot, Eric Kreikenmayer
Très beau film... Remarquablement filmé et interprété. Une œuvre forte, en partie autobiographique. 
France, 1962, la guerre d'Algérie déchire le pays. Des adolescents qui préparent le baccalauréat s'éveillent à la politique et aux sentiments. L'un découvre son homosexualité. 
Le jeu des acteurs est intense.

😀 Everybody knows de Pedro Almodovar (Espagne, 2019) avec Penélope Cruz, Javier Bardem 
Vraiment excellent. 
Secrets de famille en Espagne. une gamine kidnappée en fait par la parenté qui veut extorquer une rançon à Penélope Cruz exilée en Argentine mais, ce que la famille ignore, ruinée. 
Almodovar grandissime.
Pénélope Cruz merveilleuse.

😏J'accuse de Roman Polanski (Fr. 2019) avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Grégory Gadebois, Mathieu Amalric, Melvil Poupaud, Vincent Perez...
Alors, un film intéressant pour les détails de l'enquête conduite autour du "bordereau" trafiqué par Esterházy, qui conduisit le capitaine Dreyfus au bagne, dégradé. Mais le scénario tourne entièrement autour de l'homme qui mène cette enquête, le lieutenant-colonel Picquart, et le film se déroule quasi exclusivement dans le milieu militaire, avec très peu d'aperçus de l'impact de "l'affaire" sur la société française et la vie politique, déchirées entre dreyfusards et antidreyfusards. Jean Dujardin est de tous les plans et incarne impeccablement le colonel, mais je ne pouvais m'empêcher de traquer les tics d'OSS 117 derrière le personnage. Le film est fort bien documenté, à tel point qu'il vaut mieux rester concentré pour ne pas parfois perdre pied. Un point fort : les reproductions filmées de scènes célèbres de l'époque, le déjeuner sur l'herbe de Manet, les folies bergères de Toulouse-Lautrec, les reproductions des journaux... Le film représente finalement un documentaire intéressant sur l'enquête qui a mené à la réhabilitation du capitaine Dreyfus, détaché de toute considération sur les violents clivages qui ont agité la société durant ces douze ans. 

😍 A star is born de Bradley Cooper (EU, 2019) avec Lady Gaga, Bradley Cooper
Je sais, mon côté fleur bleue puissance 1 million. Tellement adoré que j'ai fini par acheter le DVD afin de le revoir au moins 5 fois d'affilée... La B.O. est dans mes écouteurs, je suis fan, je redeviens fleur bleue en regardant ce film. Bluffée par Lady Gaga que je ne connaissais quasi que par son tube Bad Romance (excellent du reste) et ses tenues extravagantes dans ses clips... Gaga, je vous aurais donné l'Oscar sans hésiter. Et bluffée par Bradley Cooper, qui a appris la guitare et le chant pour ce film et s'en sort avec tous les honneurs, coaché par Lukas Nelson, le fils du grand bluesman Willie Nelson. Et puis Bradley... dont c'est le PREMIER film en tant que réalisateur : moi je dis chapeau bas !

😞 A star is born /1976 de F. Pierson, (EU, 1976) avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson
Pas pu m'empêcher de revoir cette version dans la foulée : eh bien vraiment pas le coup de foudre, trouvée insipide, sauf pour les tenues seventies sympas des acteurs 😉

😀 Une valse dans les allées / In den Gängen de Thomas Stuber (All, 2018) avec Sandra Hüller (l'actrice de "Toni Erdmann"), Peter Kurth, Franz Rogowski
Beaucoup de poésie se dégage de ce beau film qui a pour décor... un hypermarché hard discount quelque part en Allemagne. Je n'ai jamais vu de magasin aussi gigantesque, sorte d'entrepôt libre service, où l'on aperçoit de très rares clients dans les allées désertes. Le personnel va et vient pour rapprovisionner les rayons. Bruno se charge de former Christian à la conduite du chariot élévateur au rayon boissons, Marion s'occupe du rayon confiserie. Petit à petit, devant la machine à café, Christian le taiseux et Marion la mélancolique brisent la glace. En filigrane, la vie souvent triste ou banale des employés, comme Bruno, qui se réchauffent la journée au contact de leurs collègues avant d'affronter leur solitude le soir.
La bande son est superbe, et l'image de grande qualité, qu'il s'agisse de filmer le parking du magasin la nuit ou les cohortes de camions routiers sur l'autoroute au petit jour.  

😁 Un amour impossible de Catherine Corsini (Fr. 2018) avec Virginie Efira, Niels Schneider, Iliana Zabeth 
C'est une excellente adaptation du roman de Christine Angot. Virginie Efira déploie un talent fou. J'apprécie de plus en plus cette actrice, qui m'avait déjà impressionnée dans Victoria. 

😍 Coco de Lee Unkrich & Adrian Molina (EU, 2017)
Formidable dessin animé des studios Pixar/Disney, une pépite !!! un petit chef d'œuvre d'animation ! 💚💀Festival de couleurs, de musique, d'humour, de tendresse et de poésie, sublime restitution de la fête des morts au Mexique. 

😂 Aya de Yopougon de Marguerite Abouet & Clément Oubrerie (France 2013) avec les voix d'Aïssa Maïga, Tatiana Rojo, Tella Kpomahou
Un dessin animé aussi bon que les BD qui l'ont inspiré, qui dépeint la vie dans les années '70 d'un quartier d'Abidjan, Yopougon, autour du personnage d'Aya, jeune fille de 19 ans le nez dans les études pour devenir médecin, tandis que ses copines Adjoua et Bintou ne jurent que par les soirées au maquis et la chasse au mari.
C'est absolument délicieux, et tellement drôle ! Un petit bonheur ce dessin animé...

😃 Green Book / Sur les routes du Sud de Peter Farrelly (EU, 2019) avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini 
Très bien.  Un italo-américain raciste, Tony Vallelonga, devient le chauffeur et garde du corps du pianiste de jazz noir Don Shirley lors de sa tournée dans le Midwest et le Sud des EU, dans les années '60. Ils doivent, dans cette Amérique ségrégationniste, respecter les recommandations de voyage du "Negro Motorist Green Book" et ne fréquenter que les lieux autorisant les personnes de couleur. Attention aux sundown towns... Tout d'abord distants et méfiants l'un de l'autre, les deux hommes se rapprochent, échangent sur leurs familles respectives : un frère oublié pour l'un et une femme adorée pour l'autre. Tandis que le musicien dicte à son chauffeur les belles lettres destinées à sa femme restée à NY, l'ancien videur raciste prend conscience du talent de Don et de la discrimination honteuse qu'il subit, en tant que Noir (et homosexuel).
Evidemment, que j'ai versé ma petite larme à la fin.

😂 Les crevettes pailletées de Cédric Le Gallo & Maxime Govare (Fr., 2019) avec Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul
Drôle ! De la même veine que "Le grand bain". D'après l'histoire vraie d'une équipe de water-polo gay participant aux Gay Games en Croatie. Bonne rigolade en famille, mais j'admets être très bon public dès qu'il s'agit de rire.

😊 Tel Aviv on fire de Sameh Zoabi (palestinien, 2019) avec Kais Nashif, Lubna Azabal, Yaniv Biton
Le conflit israélo-palestinien abordé de façon incongrue avec beaucoup d'ironie et d'humour. Et c'est une belle leçon de cinéma "au-dessus de la mêlée". L'histoire est celle d'un Palestinien embauché comme petite main sur la réalisation d'un soap arabe, qui, en se rendant au tournage, est arrêté au check-point israélien. Le quidam ose alors, face à l'officier juif dont l'épouse est folle de cette série palestinienne, se faire passer pour le scénariste... C'est l'engrenage, à chacun de ses contrôles au checkpoint, l'officier l'attend pour l'amener à faire évoluer le scénario en fonction des attentes de son épouse. 
Franchement, un film très bien très drôle !
Et le houmous occupe une place clé dans le film...

😊 Exodus d'Otto Preminger (EU, 1961) avec Paul Newman, Eva Marie Saint, Ralph Richardson
Pas revu depuis des lustres. Culte. Waouh Paul Newman, oublié qu'il était si beau...
La fondation de l'Etat d'Israël, l'opposition entre deux mouvements juifs, l'un pacifiste (la Hagana), l'autre terroriste (l'Irgoun), certes avec certaines libertés par rapport à l'Histoire, mais un beau grand moment de cinéma, habité par une bande son exceptionnelle (composée par Ernest Gold).

😊 Amanda de Mikhael Hers (Fr. 2018) avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin, Ophélia Kolb, Marianne Basler, Greta Scacchi
Un jeune adulte, le parfait exemple de l'adulescent, contraint de devenir le tuteur de sa nièce de 7 ans dont la mère, sa soeur, est décédée dans un attentat. 
Superbement joué, Vincent Lacoste est vraiment un sacré acteur... La gamine est également très attachante. Un film fort touchant.
(clin d'oeil à la phrase « Elvis has left the building » annoncée à la fin des concerts du King pour calmer les fans et signifier que tout était terminé et qu'ils devaient partir...)

😊 Première année de Thomas Lilti (Fr. 2018) avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Alexandre Blazy
Très très bien. 
La vie d'un étudiant en 1re année de médecine : ,j'ai trouvé cela édifiant et pensé à tous les professionnels de santé passés par ce parcours du combattant, dont un certain nombre de mes amies. Le réalisateur, lui-même diplômé de médecine, pointe l'une des causes probables des déserts médicaux actuels.
Bon, je me répète, mais Vincent Lacoste prouve qu'il peut tout jouer, il est incroyable. Mais comment fait-il pour enchainer tous ces tournages (cf. Amanda ci-dessous, aussi sortie en 2018) ?

😊 Qui a tué Lady Wesley ? de Hiner Saleem (Turquie/FR./Belg., 2018) avec Mehmet Kurtulus, Ezgi Mola, Ahmet Uz 
Film turc filmé dans une ambiance désuète à la Agatha Christie. 
Sorte de huis-clos sur une île au large du Bosphore, face à Istanbul, où tout le monde (turc) est cousin et hostile aux étrangers à l'île. Une romancière (américaine) y est assassinée... Un inspecteur (kurde) dépêché sur les lieux. Il s'installe dans l'hôtel du village, tenu par une belle femme (turque)...
On a l'impression que l'action se passe dans un autre temps, aussi, quand soudain l'inspecteur consulte son portable, j'ai pensé à un anachronisme tant on aurait dit que le temps s'était arrêté sur cette île. 
Seul bémol : une telle kyrielle de personnages que l'on s'y perd un peu...

😃 States of Grace de Destin Daniel Cretton (EU, 2013) avec Brie Larson, John Gallagher Jr., Stephanie Beatriz
Dans un foyer d'accueil pour ados, Grace, enceinte de son chum, se démène pour venir en aide à des ados paumés, dont l'une la renvoie à sa propre histoire quand, adolescente, elle fut violée par son père et contrainte d'avorter. Un petit film indépendant d'une grande sensibilité et portée par des interprètes formidables, à commencer par Brie Larson, extraordinaire.

😃 La chute de l'empire américain de Denys Arcand (Canada, 2019) avec Alexandre Landry, Marie-Pier Morin, Rémy Girard, Louis Morissette
Troisième et dernier volet de la trilogie initiée avec Le déclin de l'empire américain (1986, la claque !) et Les invasions barbares (2003), on retrouve deux des compères : Rémy Girard et Louis Morissette.
A partir d'une histoire un peu tirée par les cheveux (on pourrait se croire dans un film des frères Coen), le film est une satire (sympa) sur l'empire de l'argent. D'entrée de jeu, l'intelligence est décrite comme un handicap et l'argent comme l'unique clé du bonheur. Alors Pierre-Paul, thèse de philo mais chauffeur-livreur, va s'emparer sans plus réfléchir du butin d'un hold-up sanglant auquel il a assisté. Gloups, c'est là que ça se complique, que faire de ces millions, un patachon comme lui ??? Il s'amourache d'une escort girl, fait appel à un ancien taulard reconverti dans "l'optimisation fiscale", et la cavale commence. Des moments drôles, mais pas un film culte comme l'est "Le déclin..." qu'on se plait toujours autant à voir et revoir. Quand même très sympa de revoir Montréal en film. NB : j'ai été plutôt surprise de l'allusion à des quartiers de no go pour la police... 

😅 
Incendies 
de Denis Villeneuve (Canada, 2010) avec Rémy Girard, Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin
Film  inspiré de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, elle-même inspirée de la vie de Souha Bechara.
Plongée en apnée dans ce drame de la guerre du Liban qui place le spectateur au coeur des terribles affrontements entre chrétiens et musulmans. La réalisation et le scénario sont tels que l'on ne connaît aucun répit durant les deux heures de cette âpre mais captivante tragédie.
Le film débute la quête identitaire de deux jeunes québécois à la suite du décès de leur mère, Nawal, et déroule l'histoire dans une contrée en proie aux tensions religieuses, de cette femme, chrétienne, amoureuse et enceinte d'un jeune musulman que ses frères tuent devant ses yeux au nom de l'honneur de la famille. Nawal est bannie car devenue la honte de la famille, et son bébé confié à un orphelinat. Honneur bafoué, haine... le film nous montre le cheminement de Nawal d'abord mère en quête de son fils abandonné, puis terroriste, et prisonnière. Le calvaire enduré dans sa minuscule geôle, violée et battue par un tortionnaire redoutable, Abou Tarek, la pousse à chanter pour résister. "La femme qui chante" tombe enceinte de son tortionnaire et accouche de deux jumeaux qui lui sont retirés. 
A sa sortie de prison quinze ans plus tard, elle récupère ses deux enfants et s'exile au Québec. 
Impossible de raconter la fin sans gâcher le mystère, qui met KO...
Un film d'une rare densité porté par des acteurs au jeu parfait.

😏 Le chant du loup d'Antonin Baudry (Fr. 2019) avec François Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz, Reda Kateb
Pas seulement un film d'action dans le monde du silence, à l'écoute du moindre petit son de sous-marin, mais aussi une démonstration sur la dissuasion à la française, du faible au fort, qui repose sur ses sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. J'ai été bluffée et même secouée par les détails révélés par le scénario, écrit par cet ancien diplomate qui avait déjà officié sur l'excellent (mais beaucoup plus léger) Quai d'Orsay.
La fin, euh, que dire sinon qu'on est franchement sonné. Mr President, please think twice before pushing the button...

😀 Sous surveillance / The company we keep (EU, 2012) de et avec Robert Redford, Susan Sarandon, Shia Labouf et Julie Christie.
Avant, dans les années soixante-dix, ils appartenaient au mouvement radical d'extrême gauche US Weather Underground et fomentaient des attentats pour protester contre la guerre du Vietnam. 
A présent, ils ont refait leur vie sous une nouvelle identité de bons pères de famille. 
Jusqu'à ce que le FBI et un journaliste persévérant ne commencent leur traque. On ne peut enterrer ses anciens idéaux si facilement et se forger une nouvelle vie toute clean.
Bon film. 

😅 Deepwater de Peter Berg (EU, 2016) avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, Gina Rodriguez, John Malkovich, Dylan O'Brien, Kate Hudson
L'explosion de la plate-forme pétrolière BP Deepwater Horizon en Louisiane en 2010, immense catastrophe écologique. Le film souligne la bêtise de la compagnie pétrolière uniquement concentrée sur l'aspect financier et la résistance d'une poignée d'ouvriers. C'est édifiant. Une reconstitution minutieuse parait-il de la plateforme, un gros travail documentaire, et des effets spéciaux phénoménaux. Oups, ça fait froid dans le dos.

😐 Arctic de Joe Penna (Islande, 2018) Avec Mads Mikkelsen, Maria Thelma Smáradóttir,
Peu de dialogue, paysage impressionnant. Seulement deux acteurs dans un huis-clos into the Arctic wild world. Un film de survie glaçant bien sûr, mais qui tient en haleine.
Réalisé par un jeune vidéaste brésilien !

😅 The Shallows / Instinct de survie de Jaume Collet-Serra (EU, 2016) avec Blake Lively
Autre film de survie, cette fois-ci dans l'eau et l'ours féroce est remplacé par un vilain requin blanc. Une touriste américaine, seule, dans une crique perdue au Mexique, décide de... se faire une petite sortie de surf ! Je ne connaissais pas Blake Lively hormis qu'elle était mariée à je ne sais plus qui. Eh bien, j'ai tremblé tout le long avec elle dans son combat de dents de la mer. Pas ennuyée un instant, pas eu le temps tant je tremblais de me faire bouffer un bras. Bref, un moment intense ! Mais  un one shot pour moi, pas le type de film que je prendrai grand plaisir à revoir.

😏 Un divan à Tunis de Manele Labidi (Tunisie, 2019) avec Golshifteh Farahani, Majd Mastoura
Alors que la jeunesse tunisienne rêve de partir à l'étranger, Selma laisse Paris pour retourner à Tunis au lendemain de la Révolution et installer au débotté son petit cabinet de psychanalyse, sur un toit terrasse. Elle mise sur le besoin de s'épancher d'une population qui émerge de tant d'années bâillonnée. Un petit film plein de fraîcheur qui donne lieu à des situations parfois cocasses et a le mérite de nous plonger dans la Tunisie d'aujourd'hui, les jeunes, les vieux, les femmes, les jeunes femmes, la coiffeuse, l'administration, la corruption, les forces de l'ordre... Et des clins d'oeil à la relation particulière qui lie le pays à la France.

😏 Black Panther de Ryan Coogler (EU 2018) avec Chadwick Boseman, Lupita Nyong'o, Danai Gurira, Martin Freeman, Michael B. Jordan
Tout d'abord, je ne suis absolument pas familière de l'univers de Marvel. Black Panther, je n'en avais jamais entendu parler. J'ai d'emblée été captivée par ce film, d'abord par sa qualité visuelle, images, effets spéciaux déments, couleurs, costumes. D'ordinaire plutôt peu réceptive aux films de science fiction ou d'anticipation, là j'ai plongé dans l'environnement du Wakanda, et me suis laissée emporter par le fil rouge de l'histoire, l'opposition entre un roi wakandais du cru et un challenger exilé des Etats-Unis, sur fond de mainmise sur la richesse unique de ce pays, le vibranium, qui l'a rendu autosuffisant en tout et technologiquement en avance sur le reste du monde. A tel point que pour se protéger des prédateurs, le Wakanda se dissimule du mieux qu'il peut aux yeux du monde. Cet aspect m'a scotchée.
Voilà, un bon moment de divertissement, que j'aurais aimé voir au cinéma tant les effets sont fantastiques.

😐 Victoria de Justine Triet (Fr. 2016) avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud
Ok... Une comédie sympathique, ce n'est pas un chef-d'œuvre mais un bon divertissement.
Virginie Efira joue bien ! 

😑 Mes vies de chien de Lasse Hallström (EU, 2017) Avec Britt Robertson, K.J. Apa, John Ortiz, Dennis Quaid
Bon j'aime les chiens mais ce film n'est vraiment pas inoubliable... Suis du reste la seule de notre dogfriendly family à avoir daigné le regarder. L'histoire d'un toutou réincarné tour à tour en berger allemand, golden retriever ou labrador... auprès de différents maîtres. 

😐 Mr. Holmes de Bill Condon (GB, 2016) avec Ian McKellen, Laura Linney, Milo Parker
ok...
En 1947, Sherlock Holmes est à la retraite dans sa propriété de campagne, où il veille avec passion sur ses ruches. Néanmoins, il se fait vieux, perd un peu la mémoire, et s'obnubile autour d'une vieille affaire qu'il n'a jamais pu résoudre. Il trouve un appui dans cette enquête en le jeune fils de sa gouvernante, un petit détective en herbe. Si l'histoire est un brin tirée par les cheveux, l'amitié entre le vieil enquêteur, so British, et le garçonnet, ainsi que la très belle réalisation, avec des images sublimes de la campagne anglaise, peuvent mériter le détour. 

😀 Sing street de John Carney (Irlande 2016) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor
Très bien ! Plongée dans le Dublin des années '80, plein de grisaille, sur fond de crise économique et d'un carcan social et culturel très prégnant (divorce interdit, méthodes éducatives archaïques, furtive évocation de pédophilie...).
C'est l'histoire de Conor, quinze ans, dont les parents ne peuvent plus payer la scolarité privée et qui se trouve contraint d'intégrer l'école publique Christian Brothers School dirigée par le tyrannique frère Baxter. Pour faire l'intéressant auprès d'une fille, Raphina, Conor prétend être chanteur et doit monter en toute catastrophe un groupe de rock. Une bande de collégiens disparates fera l'affaire, mais finalement leur motivation s'avère réelle et à force de travail et répétitions, et d'organisation sous la houlette d'un apprenti manager de 14 ans, les gamins écrivent plusieurs chansons et bricolent le tournage de clips dans lesquels Raphina fait office de "model". Outre l'éducation sentimentale des deux jeunes, tendrement filmée, le film met en lumière l'éclatement de la cellule familiale de Conor, dont les parents se déchirent, et l'appel du large que représente l'eldorado anglais pour la jeunesse irlandaise.
Et puis enfin, Sing Street offre une bande son géniale qui ne peut que ravir les nostalgiques des années '80 : Duran Duran, Hall and Oats (Maneater), The Cure, Joe Jackson, "Pop Musik"... ainsi que de très bonnes compositions originales.

😐 Cézanne et moi de Danièle Thompson (Fr. 2016) avec Guillaume Gallienne, Guillaume Canet, Alice Pol 
Intéressant du point de vue de l'amitié entre Cézanne et Émile Zola, le chemin vers le succès de l'écrivain alors que le peintre ne rencontre que déception, chemine vers l'amertume, devient acariâtre... Cézanne était-il vraiment aussi antipathique que dépeint dans ce film ? Probablement.  Je l’ignorais. Cézanne et ses pommes... Seul le dernier tableau qu'il peignait dans le film m'a plu, dois-je admettre.

😐 Entre ses mains d'Anne Fontaine (Fr., 2005) avec Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde, Jonathan Zaccaï, Valérie Donzelli
Thriller. Un vétérinaire tueur en série et une agent d'assurance. Prenant

😞 Douleur et gloire de Pedro Almodovar (Espagne, 2019) avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia
Euh, d'abord c'est longuet, ensuite... c'est vraiment très très longuet. 
Point fort : le décor très années seventies de l’appartement, kitschissime ! 
Un film peut-être à réserver aux inconditionnels du cinéaste, qui découvriront ainsi des pans de sa vie inattendus (en ce qui me concerne) : accablé de moult douleurs physiques (migraines, dos, etc.), sujet à des accès de profonde mélancolie, rongé par le regret et le souvenir d'amours passées.

😌 La historia oficial de Luis Puenzo (Argentine, 1985), avec Norma Aleandro, Héctor Alterio, Hugo Arana
Alicia, professeur d'histoire dans un lycée de Buenos Aires, en 1983, s'évertue ou s'entête à enseigner l'histoire officielle qui sied parfaitement à sa condition de femme de la bourgeoisie mariée à un homme d'affaires et mère d'une petite fille, aveugle aux critiques contre la dictature de Videla. Certains de ses élèves questionnent la véracité de l'histoire officielle véhiculée dans les manuels. Alicia nie fermement puis le doute s'insinue, renforcé par les confidences d'une amie torturée par la junte. Elle ne peut plus ignorer les Grands-mères de la Place de Mai qui croisent sa route pancarte au bras, et commence à enquêter sur l'adoption de sa petite fille, subodorant qu'il s'agisse d'une enfant volée à un couple de desaparecidos.
Un film politique dont on ne peut être indifférent au propos, mais à la réalisation souffreteuse.
Oscar du meilleur film étranger

😔 Neruda de Pablo Larraín (Chili, 2016) avec Luis Gnecco, Gael García Bernal, Alfredo Castro, Mercedes Morán
En 1948 au Chili, le jeu du chat et de la souris entre Neruda, sénateur très critique envers le gouvernement, accompagné de son épouse la peintre Delia del Carril, et l'inspecteur Óscar Peluchonneau chargé de l'arrêter.
Le scénario : franchement bof, je me suis vite perdue dans ce film qu'on a décrit comme onirique, borgésien, flamboyant etc.. Je reconnais au film des images soignées et une grande poésie qui se dégage de la réalisation, et confesse mon étonnement de découvrir le portrait inattendu pour moi du futur prix Nobel de littérature en poète décadent et lubrique (voyons donc, je ne le voyais pas ainsi), Néanmoins le film m'a paru globalement foutraque.

😐 I feel Good de Benoît Delépine & Gustave Kervernxx (Fr. 2018) avec Jean Dujardin, Yolande Moreau, Joseph Dahan
Comédie sympathique portée par le duo attachant J. Dujardin/Y. Moreau. Disons que Yolande est attachante en directrice d'une communauté Emmaüs, tandis que son frère, campé par Jean, est un minable opportuniste prêt à tout pour créer sa start-up et décocher le jackpot. Il monte ex nihilo une entreprise de "relifiting" promettant aux collègues naïfs et cabossés de la communauté un miracle esthétique dans une clinique de Bulgarie qui les transformera en créatures de rêve, moyennant leurs économies. La fin est très inattendue. Tel est pris qui croyait prendre, Dujardin, victime d'un accident en Bulgarie, subit une reconstruction faciale réalisée à partir d'une photo de l'Abbé Pierre. 
A son retour au sein de la communauté Emmaüs, il réalise que la beauté était chez les gens et que l'apparence est vanité... 

😏 Woman in Gold / La femme au tableau de Simon Curtis (GB, 2015) avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Brühl, Katie Holmes
Trouvé ce film divertissant mais surtout très intéressant car inspiré de l'histoire de Maria Altmann, juive rescapée de la shoah, qui défie l'Autriche de lui rendre des tableaux de Klimt dont sa famille a été spoliée, en particulier le portrait de sa tante Adèle Bloch-Bauer (tableau renommé La femme en or par le Musée du Belvédère à Vienne pour dissimuler l'origine juive). Elle est soutenue par l'avocat Randol Schönberg, petit-fils du compositeur Schönberg.
Certes, je suis tombée amoureuse des tableaux de Klimt à l'aube de mes vingt ans, donc mon appréciation est probablement biaisée.

😐 Une séparation de Asghar Farhadi (Iran, 2011) avec Leila Hatami, Payman Maadi, Shahab Hosseini
Thriller psychologique à Téhéran... L'épouse veut s'exiler pour offrir un avenir à leur fille tandis que le mari entend rester pour soutenir son père atteint d'Alzheimer et malade. Alors ils se séparent, s'opposent et la garde de leur fille entre en jeu. Lui engage une aide ménagère pour s'occuper de son père, ignorant que cette femme pauvre et sous l'emprise d'un mari violent qui s'épuise à venir de l'autre bout de la ville est enceinte. Bousculade dans l'appartement, il la fait tomber. Fausse couche. Procès.
A la séparation entre le couple se superpose au cours du procès une séparation entre deux classes sociales. Interprétation remarquable. Oscar et ours d'or 2011.

😏 A propos d'Elly de Asghar Farhadi (Iran, 2009) avec Taraneh Alidoosti, Golshifteh Farahani, Shahab Hosseini
D'abord j'ai pensé au "Déclin de l'empire américain", pour cette ambiance de couples et amis en weekend. Le début est léger et joyeux : les couples dont certains avec enfants ont prévu un weekend dans une villa au bord de la mer caspienne. Tous rient, échangent des souvenirs, nettoient de bon cœur la villa poussiéreuse. Fin de la 1ere partie. La suite est angoissante : qu'est devenue Elly, l'amie institutrice célibataire (finalement pas tant que ça), dernièrement aperçue surveillant les gamins au bord d'une mer très agitée ? J'avoue que le suspense est total, et que durant toute cette 2e partie, on se demande si Elly a vraiment pu se noyer ou si elle n'est pas retournée en catimini à Téhéran.
Donc un film au suspense maîtrisé, aux dialogues enlevés qui révèlent les failles de la vie de couple, que ce soit dans l'Iran contemporain ou ailleurs, avec des acteurs parfaits, mention spéciale à Golshifteh Farahani qui est plus que parfaite (honnêtement, quelle formidable actrice...), et les paysages impressionnants de la région autour d'une mer caspienne déchainée. 
Pour ceux qui s'attendent à une peinture plus approfondie de la société iranienne, seules des bribes disséminées ici et là apporteront quelques indices.

😪 Les sept jours / Shiv'ah de Shlomi Elkabetz & Ronit Elkabetz (Israël 2008) avec Ronit Elkabetz, Albert Illouz, Yaël Abecassis, Simon Abkarian, Hanna Laslo, Moshe Ivgy, Keren Mor, Alon Aboutboul, Evelyne Hagoel, Rafi Amzaleg, Hanna Azoulay Hasfari...
Sur fond de guerre du Golfe (1991) et d'alertes aux bombardements de Saddam Hussein, une (grande) famille israélienne se réunit pour observer le deuil traditionnel de sept jours dans la maison du défunt. Au fil des jours, les uns prennent certaines libertés avec les coutumes pourtant très strictes du deuil, rabroués par les autres, puis franchement c'est la cata dans cette famille où tous finissent par cracher leur haine, leurs jalousies refoulées, leurs secrets de famille. Le grand déballage bien cruel et bien cru.
Euh, comment dire, déjà tant de personnages que j'en confondais beaucoup, ensuite, mazette, les coutumes du deuil juif, pour qui n'en est pas familier, c'est une découverte qui impressionne... et le film les met en exergue tout du long mais en montrant en parallèle les travers des uns et des autres, l'hypocrisie, les ressentiments, les convoitises, les règlements de comptes très amers... Alors au bout du compte on regarde ce film empreint d'un malaise croissant, que la fin ne soulage pas. Mais on est soulagé que l'épreuve soit finie.

😉 Operation Petticoat de Blake Edwards (EU, 1959) avec Cary Grant, Tony Curtis, Joan O'Brien
Pendant la deuxième GM, des machos de l'US Navy aux prises avec des femmes soldates qu'ils ont sauvées d'une île dans le Pacifique. Chacune d'entre elles prend ses quartiers sur le sous-marin, perturbant l'ordre masculin établi. Et le sous-marin finira même repeint en rose ! Pink submarine.
Pas du meilleur Blake Edwards, qui signe un petit film drôle-désuet-charmant mais avec tout de même un bon coup de vieux. 

😠 Chambre 212  de Christophe Honoré (Fr. 2019) avec Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay, Vincent Lacoste, Camille Cottin
Absolument pas accroché à cette histoire de couple qui bat de l'aile entre Chiara Mastroianni (qui passe une partie du film à poil, surprenant) et Benjamin Biolay. Je me suis rarement autant ennuyée au cinéma, à tel point que j'ai réellement piqué du nez et ma voisine aussi !

😕 Parasite de Bong Joon Ho (Corée du Sud, 2019) avec Song Kang-Ho, Woo-sik Choi, Park So-Dam
Euh, suis gênée de dire que je n'ai pas apprécié ce film auréolé de prix.
Je ne critique pas la satire de la société coréenne au travers de l'opposition de classe entre les deux familles, les maîtres de maison et les servants. Non, j'ai juste été déroutée par la violence débridée du film dans un crescendo hallucinant, jusqu'à une fin digne d'Orange mécanique, qui m'a causé autant de hauts le cœur. 
Interprétation néanmoins excellente. Mais pour moi un film qui fait trop froid dans le dos.

😕Happy Together de Wong Kar-Wai (Hong Kong, 1997 reprise 2017) avec Tony Leung Chiu Wai, Leslie Cheung, Chen Chang - Prix de la mise en scène Cannes 1997
Deux homosexuels hongkongais en exil en Argentine, qui se déchirent. 
L'histoire me semblait intéressante mais les deux protagonistes ont passé tout le film à se HURLER dessus à tel point que, pour échapper au stress de ces cris et disputes incessants, j'ai choisi d'abandonner le visionnage. 
Franchement, c'est rare qu'un film finisse par m'épuiser à ce point.

😠 Youth de Paolo Sorrentino (It., 2015) avec Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz
Oh la la, tellement ennuyeux, pour ne pas dire "chiant"... 
Trop de blabla égocentrique. Pas tenu jusqu'à la fin.

😠 Le daim de Quentin Duprieu (Fr., 2019) avec Jean Dujardin, Adèle Haenel.
Vraiment pas réussi à m'intéresser à ce film concentré sur un personnage, joué par Jean Dujardin, et sa veste en daim à franges. Abandon à un tiers du film.

😠 Mamma Mia 2 : Here I go again d'Oliver Parker (EU, 2018) avec Lily James, Amanda Seyfried, Meryl Streep, Colin Firth, Pierce Brosnan, Cher, Andy Garcia
Mince, j'avais bien aimé le premier opus - qui n'aime pas les tubes d'Abba ni Meryl Streep ? 
Mais cette suite (disons le début de cette suite) m'a paru si désastreuse que je me suis résolue à interrompre après 15 minutes.

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