samedi 22 novembre 2014

Douceur au jardin, le 22 novembre...

Très belle journée que ce samedi 22 novembre : environ 15°, soleil et linge à sécher dehors comme aux beaux jours. 
On n'est qu'à 8 jours de décembre, hum hum. Pas très normal tout ça en région parisienne.

La mission du jour, poursuivre l'arrachage du lierre qui a envahi la clôture. 
Résultat, en deux heures, à peine un mètre carré retiré, bobo aux épaules et au dos. 
Quelle plante que ce lierre : il faut le voir former de véritables troncs et étouffer ce pauvre grillage (que dire des quelques arbres qui l'ont subi). D'ailleurs, j'avais parfois peine à distinguer la plante du grillage et il m'est arrivé hélas de cisailler les deux.

Ce faisant, ai découvert un pauvre petit mulot mort au pied du lierre, le coupable me semblant hélas être mon teckel adoré, grande chasseresse de mulots à mon plus grand regret, et qui passait son temps à fourrager à mes pieds en reniflant fort et frétillant comme une obsédée. Le lierre doit abriter des cachettes à mulots, c'est clair.
J'ai aussi mis à nu un nid (je pense de merle) au milieu des lianes de lierre, mais pas osé l'abîmer donc j'ai coupé tout autour. 

Pendant ce labeur, une mésange charbonnière s'est perchée à proximité et m'a lancé quelques "vrilles", j'ai dû m'arrêter de travailler pour la regarder et essayer de deviner ce qu'elle attendait de moi. Pas compris donc me suis remis à la tâche, J'espère qu'elle ne m'enguirlandait pas pour détruire le mur de lierre qui lui fournit réserves de nourriture (y'en a des bêtes là-dessus :  araignées, gendarmes...) et cachettes ?

Du reste, les avis sont partagés concernant le lierre : tolérable et hôte pour la faune locale ou totalement nuisible à éradiquer à l'huile de coude en terminant par des injections de roundup dans les troncs... Gros boulot tout de même.

Larve de cétoine dorée
Qu'ai-je croisé d'autres en ces quelques heures au jardin ? 
Une coccinelle prenant le soleil sur le mur de la maison...
Et aussi, ô combien hélas, une de ces bestioles dont j'avais si peur jadis, et qui est un ami du jardinier, habitant son compost... La cétoine dorée (Cetonia aurata).
La mienne était très grosse, le compost lui avait fort réussi, mais comme nous avions transféré une partie du compost dans un seau, la pluie avait inondé le seau et certainement noyé ma pauvre cétoine. Réduite à un gros ver blanc mort. Bon j'en ai profité pour la prendre en photo... et l'ai exposée à l'air libre pour que quelque oiseau  profite au moins d'un bon festin.

mercredi 19 novembre 2014

C. de Metter/D. Kennedy : "Piège nuptial" (Australie)

Vues aériennes du bush et champ (Australie, 2005)
La bande dessinée de Christian de Metter, adaptation du roman de Douglas Kennedy "The Dead Heart"
Editions Casterman, 2008, 124 p.

Après avoir découvert Christian de Metter avec sa BD "Rouge comme la neige" (si noire), j'ai plongé à nouveau à ses côtés en plein bush australien. Et le voyage est tout aussi noir. Glaçant.

Nick, journaliste américain, décide de se changer les idées en sillonnant un bout d'Australie à bord de son combi Volkswagen
Vlan ! Collision avec un "Roo", vous savez, ce grand truc à poche qui saute joyeusement en plein milieu des routes australiennes.
Combi en panne, prétexte à rencontre avec Angie,  autostoppeuse sans complexe.

A partir de là, Nick entreprend sa descente aux enfers dans un bled rayé de la carte et habité d'une famille de dingos arriérés et violents. Bienvenue à Wollanup, loin de tout, à la merci d'une bande de dégénérés, pour servir d'étalon frais à cette Angie cruella d'enfer.
On peut aussi penser à l'ambiance si terrible du film "Délivrance", qui se déroulait dans un coin de nature sauvage en Géorgie où une bande de péquenots dégénérés terrifie 4 jeunes randonneurs.
Voyage en Australie 2005 :
fascinée par les kangourous..
.
Christian de Metter a soigné ses planches et l'on apprécie les dessins à l'aquarelle. Il exprime très habilement la tension et le huis-clos infernal pour Nick seul contre toute une bande de dangereux timbrés, dont l'activité au demeurant est de chasser le "Roo", de le dépecer (c'est Angie l'experte, pour tout dire !) pour la revente de la bidoche.

Quelle chance d'avoir un hublot 
pour capter cette image...
(en revanche, qui dit hublot dit renoncement 
à toute mobilité sur un très long courrier !
Faut savoir ce qu'on veut : moi c'est le paysage)
Heureusement, au milieu de cette bande de fous, il y a la douce (et surtout "normale") soeur d'Angie,

Le lecteur est alors tenu en haleine par la quête d'un moyen d'évasion et l'attente. Longue attente, simulation de la folie ou de la dépression.
Puis tout s'accélère avec cette fameuse évasion et la course poursuite effroyable et sans merci dans le bush.
Brrrrr. C'est du quitte ou double. C'est terrible.

A en faire des cauchemars en avion (avez-vous lu la fin ???). Joke avec ma photo... 
Ci-joint quelques photos prises lors d'un voyage au pays des "Roos" en 2005, où je n'ai dû croiser que deux ou trois marsupiaux vivants et sautillant dans les champs, pour une dizaine de kangourous morts écrasés sur la route.

--> Chronique "BD" et quelques "lectures d'Océanie"

Jean-Marie Blas de Roblès : "L’île du Point Némo"

***** - Ed. Zulma, 2014 - 430 p

Mettez dans un shaker du Jules Verne (beaucoup d’Île mystérieuse, mâtinée de Vingt mille lieues sous les mers, de Michel Strogoff, de Cinq semaines en ballon, etc.), un peu d’Agatha Christie (Le crime de l’Orient Express par exemple !), de Conan Doyle, de Maurice Leblanc, et même du Shakespeare, du Victor Hugo et une touche d’Herman Melville aussi…
Secouez intensément.
Lisez.
Vous aurez un sacré tournis. Comme moi qui ai lu ce livre beaucoup trop vite.

Jean-Marie Blas de Roblès a écrit un « roman fusée », bardé de personnages, d’aventures, d’anecdotes, de réflexions philosophiques. Un récit alambiqué et érudit, superbement écrit, qui nous fait courir sur toute la planète, et ce, sur terre, dans les cieux comme sous l’eau. On n’a jamais le temps de souffler, on doit lire aussi vite que courent les héros à la poursuite d’un diamant volé, jusqu’à l’ïle du Point Némo.

Lecture vertigineuse. 
Grand roman… mais qu’il ne faut pas avaler d’une bouchée. J’ai eu ce tort et je suis sortie de ma lecture exsangue, essoufflée, submergée par tant d’actions, d’horizons et de personnages. C’était trop en si peu de temps, et j’ai le sentiment de ne pas pouvoir digérer le roman, et qu’il ne m’en restera plus tard que des miettes confuses, des flashes de certaines scènes (le musée cirque qui brûle, le voyage dans le Transsibérien, la croisière dans le zeppelin, les détritus de plastique dans l’océan…), qui s'estomperont et à la fin, il ne me restera pas grand souvenir de l'intrigue du Point Némo. Dommage.

Tiens, j'en verrais bien un film avec entre autres Catherine Frot et André Dussolier (à la Prudence Beresford, version Jules Verne).

dimanche 16 novembre 2014

Art de rue, heureusement, sinon la rue serait si triste























Au détour de quelque rue dans Paris :
  • d'amusantes bouches d'égout ou plaques de regard électrique (de la compagnie POPP comme sur la photo en haut à droite, quartier Châtelet)
  • et des panneaux de signalisation détournés (mais le message reste compréhensible Thanks God) qui sont l'oeuvre pour celui du haut de la photo de l'artiste breton Clet Abraham (le sens interdit d'en bas ne porte pas d'autocollant, marque de fabrique de Clet, il doit s'agir d'un dérivé peint par un inconnu mais tout de même rigolo !).
  • Et puis des peintures murales, comme ce mouton ("jesuisceuxquejesuis") côtoyant une boite de thon ("Tuna") et le dessin d'un ado sac au dos et visage enfoui dans ses mains. En bas, une plaque murale "To loose Lautrec" à l'effigie du peintre, juste en face du musée Picasso à Montmartre.
--> "Street Art"

Jaume Cabre : éblouissant "Confiteor" (Espagne)

***** ("Jo confesso" 2013 - Ed. Actes Sud, Traduit du catalan par E. Raillard, 780 p.)

Oh la la... Qu'il est lourd ce "J'avoue". Et pourtant je l'ai trimbalé partout pendant une dizaine de jours, sans pouvoir décrocher de l'histoire d'Adria Ardevol à la croisée de cinq siècles d'histoire et dans une langue magnifique mais se jouant de ci de là de la ponctuation pour mieux propulser le lecteur dans un voyage dans le temps perpétuel.

Une lecture très exigeante, ardue bien souvent, qui requiert une concentration totale.

Que de personnages, que d'époques souvent balayées dans un même chapitre voire dans un même paragraphe, où un personnage s'exprime et c'est un autre d'une autre époque qui termine la phrase.
Qui cherche un défi littéraire en trouve un exceptionnel avec Confiteor. Jaume Cabre, qui a consacré huit années à écrire ce livre, a dit "J'ai compris  que j'avais besoin d'une simultanéité dans le temps et dans l'espace, même si cela devait constituer un défi à la linéarité du langage." (in Page, n°162)

Je ne me risquerai pas à résumer l'histoire de ce pavé (lourd, tellement lourd, mais si riche tellement riche). Adria, en fin de vie et atteint par la maladie d'Alzheimer, confesse ses souvenirs. Son ami de toujours, et seul ami d'une vie, Bernat s'empare du récit pour éditer un roman monumental. 
J'ai dit "seul ami" ? Je corrige : toute sa vie durant, Adria fut accompagné par ses deux figurines jouets d'enfance, l'indien Aigle-Noir et le shérif Carson. Des confidents et des conseillers omniprésents dans le livre, qui ne manquaient pas de recréer un élan de sympathie de la part du lecteur vis-à-vis du personnage d'Adria parfois peu facile à appréhender.

Ses parents tissent chacun des ambitions démesurées pour Adria : tandis que son père lui impose d'apprendre au moins 10 langues, sa mère rêve d'en faire un violoniste virtuose.
"Je me suis toujours souvenu de papa comme d'un homme âgé. Maman, en revanche, c'était Maman. Dommage qu'elle ne m'ait pas aimé." (p.54)

A son ami Bernat :
"Je lui parlai des cours d'hébreu et des matières de philosophie que j'intercalai avec celles de philologie et de ma décision de passer ma vie à étudier et si je peux donner des cours à l'université, super ; sinon, je deviendrai érudit privé." (p.320)

Une rencontre :
"Isaiah Berlin posa le livre sur la petite table et dit je lis tous les jours et tous les jours je m'aperçois qu'il me reste tout à lire. Et de temps en temps je dois relire, même si je ne relis que ce qui est digne du privilège de relecture." (p.573)

En fin de vie :
"Je sais bien : je t'ai tout raconté en désordre, mais c'est aussi que ma tête est un peu démeublée. (...) Je n'ai pas le courage de regarder en arrière ; d'un côté parce que lorsque j'écrivais certaines choses je pleurais ; et de l'autre parce que chaque jour je sens qu'une chaise ou un bibelot disparaissent de ma tête. Et je me convertis peu à peu en personnage de Hopper, regardant à travers la fenêtre ou à travers la vie, le regard vide et la langue pâteuse de tabac et de whisky." (p.762)

Il faut oser s'attaquer à ce livre, s'accrocher et puis ensuite, de toutes façons, on se retrouve happé et on ne peut plus le lâcher, ce livre qui pèse trois tonnes.

La passion d'Adria pour les vieux livres et les éditions rares m'a fait penser au "Cimetière des livres oubliés" de Carlos Ruiz Zafon, qui se déroule aussi dans la Barcelone des années 40, mais la comparaison s'arrête là car "Confiteor" vogue à des années lumières au-delà de "L'ombre du vent"...

samedi 15 novembre 2014

A. Juillard : "Le cahier bleu" + "Après la pluie" (BD)

André JUILLARD : "Le cahier bleu" ***** (1993)
C'est une bande dessinée joliment dessinée et expressive.
J'ai bien aimé le personnage de Louise, québécoise vivant à Paris dans un appart' sans rideaux donnant sur le métro aérien de Bir Hakeim... C'est ainsi que va démarrer l'intrigue. Le dossier en fin d'ouvrage met en avant le découpage des images de cette fameuse scène initiale en panoramique comme dans un tableau de Hopper.
Chassé-croisé amoureux, hasards qui n'en sont pas, et surtout très belles vues de Paris, en passant par le Palais de Tokyo, le Théâtre du Châtelet, l'Institut de Paléontologie...
C'est finalement plus le dessin que le scénario, un peu alambiqué, que je retiendrai.

André JUILLARD : "Après la pluie" ***** (1998)
Cet album n'est pas la suite du précédent mais il met en scène, en arrière-plan, nos deux personnages Louise et Victor. La part belle échoit dans cet opus à Eve et Abel.
Les dessins sont toujours aussi agréables, belles images de la Toscane sous la pluie entre autres. En revanche, le scénario est un brin décousu, ce qui gâche grandement le plaisir.
Et la fin m'a gênée, trop brouillonne et incongrue. De plus, le petit garçon représenté à la fin m'a paru fort mal dessiné : disproportionné, un corps et une tête de de jeune enfant pour ce qui devait être un bambin... Je n'ai pas compris une telle bizarrerie dans le dessin.

NB : André Juillard a collaboré à certains albums de Blake et Mortimer, et la série "L'épervier"

--> Chronique "BD"

Girls in Hawaii, again and again

Girls in Hawaii - Solidays 062014
Un très bel article en hommage au groupe belge GIRLS IN HAWAII a récemment été publié sur le site de Télérama (lien).
Avec humour, l'article précise en introduction qu'en lançant une recherche "Girls in Hawaii" sur Internet, on commence à moins voir de filles en maillot de bain et l'on a plus de chances d'être orienté sur ce que Télérama appelle "le meilleur des groupes belges en activité".

Girls in Hawaii
performing "Flavor" : la folie !!!
Les GiH viennent d'enregistrer un nouvel album acoustique et entreprennent une nouvelle tournée dans des salles "intimes" : c'est l'occasion de découvrir ce grand groupe, qu'humblement je consacre comme "ZE" découverte musicale de l'année 2014 en ce qui me concerne ! 




Et si j'en reste à mes découvertes musicales de l'année 2014...
Mention spéciale à LE PRINCE MIIAOU !!!
Un groupe rock français mené par une jeune auteure compositrice chanteuse prodigieuse, découverte en première partie du concert de EELS à la salle Pleyel.


NB : En 2013, ce fut la découverte de Jake BUGG...
Jake Bugg - Paris 2013
Jake Bugg - Trianon

Le jeune prodige anglais de la guitare et de la voix, et du rythme et de tout...

Il fêtait tout juste ses 19 ans quand nous l'avons vu au Trianon en 2013 : un visage de jeune ado encore poupon, mais quelle prestation !

Il avait déjà tout d'un grand...



--> Voir les posts "You have to know Jake Bugg" et "Jake Bugg, a star is born".

Alors, que réservera 2015 ?...

---> Voir aussi la chronique "musique" de ce blog et la page "concerts"

mardi 11 novembre 2014

Alaa El Aswany : "Automobile Club d'Egypte"


***** (Ed. Actes Sud, 2013, Trad. Gilles Gauthier, 542 p.)

Un très beau roman sur l’Egypte de la fin des années 40, encore sous tutelle britannique, alors que commencent à s'élever quelques voix pour davantage d'autonomie au peuple égyptien, voire certaines revendicatrices de ce que l'on n'ose encore nommer l'indépendance. Mais réprimées facilement faute de soutien conséquent à l'époque. Cependant, quelques années plus tard...

Certes, un souverain est en place, Farouk, mais qui rapidement n'a plus de fil conducteur que la débauche et le jeu, ce que seule lui permet la fréquentation de l'Automobile Club du Caire, et tant pis si ce sont les Britanniques qui tirent les rênes de cette débauche !

L’histoire est contée à plusieurs voix, celle de chacun des membres de la famille d'Abelaziz Hamam, ancien grand propriétaire à la campagne, contraint, ruiné, de rabattre sa famille au Caire dans des conditions précaires. Une voix par chapitre, et des sauts de chapitre qui entretiennent un vrai suspense puisque l'on laisse en l'état tel personnage confronté à un véritable dilemme et pouf changement de chapitre, il faut que le lecteur enchaîne sur les déboires de tel autre personnage et se souvienne de ce qui précède : bref, un procédé littéraire haletant, mais aussi exigeant.
On se trouve rapidement pris par le sérieux scolaire de la petite Saliha, ses déboires avec les fausses ballerines de gym, puis son mariage forcé ; on suit la vie des trois autres fils, l'un arriviste et arrogant, l'autre un peu simplet qui a vite fait de tomber dans l'escarcelle des vieilles européennes un brin nympho, et le troisième studieux et responsable, et dont la conscience politique s'élève petit à petit, jusqu'à...

Donc : un excellent livre sur l'Egypte, fouillé et foisonnant. On en s'ennuie pas à une seule page, on est totalement projeté dans cette Egypte des années 40.

Résumé de l'éditeur : "En cette fin des années 1940, sous les pales des ventilateurs de l’Automobile Club du Caire, l’Égypte des pachas et des monarques flirte avec aristocrates et diplomates de tout poil, pour peu qu’ils soient européens. Régulièrement, Sa Majesté le roi honore de son éminente présence la table de poker. Extravagance, magnificence et décadence qui s’arrêtent aux portes des salons lambrissés. Dans les communs, une armada de serveurs et d’employés venus de Haute-Égypte et de Nubie s’escriment à satisfaire les exigences de l’inflexible El-Kwo, le chambellan du roi. L’esclave du monarque est aussi le chef suprême des employés de tous les palais royaux, qui régente dans ses moindres détails leur misérable existence et se délecte à professer l’art de la soumission.
Parmi ses “sujets” : Abdelaziz Hamam, descendant d’une puissante famille ruinée, venu au Caire dans l’espoir d’assurer l’éducation de sa progéniture. À suivre les chemins contrastés qu’empruntent ses enfants, on découvre les derniers soubresauts de l’Égypte pré-nassérienne : morgue des classes dominantes, dénuement extrême des laissés-pour-compte, éveil du sentiment nationaliste. De toute part l’édifice se lézarde, et dans le microcosme de l’Automobile Club, où le visage noir charbon d’un domestique ajoute une touche d’élégance au décorum, frémissent les temps futurs et l’explosion révolutionnaire qui va embraser le pays."

--> voir aussi la chronique "Lectures d'Afrique" ou la page "Littérature africaine"...

"Panique à Londres" ! (Petillon & Rochette)

*****
BD archi drôle !!!
Comme quoi se faire un moment de lecture amusant et revigorant, ça ne mange pas de pain (merci notre bibliothèque municipale sans laquelle je n'aurais pas découvert cet ouvrage si rigolo).

L'histoire ? Rocambolesque et énorme clin d'oeil aux relations franco-anglaises (l'entente cordiale, que nenni !)... D'ailleurs tout commence par la conduite à gauche ou à droite selon notre côté de la Manche. C'est ainsi que deux patients (français) d'un asile de Dieppe profitent d'un accident entre leur ambulance et une voiture de hippies anglais roulant à contre-sens, pour se faire la malle dans la perfide Albion.

Ces deux représentants de la nation française sont Louis le Vétilleux, qui se clame "véritable et unique souverain de Jersey et Guernesey" en vertu d'un authentique parchemin du XIIe s, et "Dico", personnage un tantinet à côté de la plaque qui change d'identité à chaque nouvelle entrée du dico des noms propres qu'il trimballe avec lui. Ainsi, il passe de Sartre à Tamerlan, ou Thatcher (pas longtemps vu son impopularité) et finit même en Winston Churchill puis Cantona !

Les deux hurluberlus réussissent à semer la panique en Angleterre sous couvert d'invasion et revendications territoriales de la France. Ce pourrait rester au registre du farfelu si ne s'était ajouté un quiproquo avec des islamistes britanniques ayant pris le "faux" Tamerlan au pied de la lettre.

Et la fin est savoureuse... Pauvre Québec !!!

Drôle drôle drôle !

--> chronique "BD"

samedi 8 novembre 2014

London Tour

Alors... fin octobre un petit changement d'air s'imposait pour la Toussaint.

Direction London, et première fois en Eurostar (on ne s'est même pas rendu compte du passage sous la Manche).
Un temps printanier fort agréable (estival selon l'appréciation des Anglais).
De ci de là des Britanniques, mais partout des... Français !
Nous avons donc quadrillé Londres dans tous les sens et à toute heure (attention le soir quand on cherche à dîner accompagné d'un mineur ! je ne parle pas bien sûr du pubcrawl).
Beaucoup de sightseeing mais aucun musée ! la faute hélas à l'overdose de Moma et de Met à New York cet été.
Première découverte du London Eye : 
intéressant de jour comme de  nuit...
un petit coup de Trafalgar Square et la Cathédrale Saint Paul de nuit.

Bien sûr : Big Ben... solennelle et sous le soleil !

Portait Street Art d'Elizabeth à Soho quand nous cherchions désespérément un samedi soir
un pub acceptant un ado de moins de 18 ans !
Autres photos : Passage obligé avec deux ados au marché de Camden Lock.
Bilan des courses : un sweat Run DMC, un Tshirt Run DMC
un Tshirt avec le singe qui s'était pris en selfie, une enceinte haut parleur miniature ultra forte
et des plats sur le pouce qui à l'Indien, qui à l'Oriental, qui au Chinois, et bibi aux donuts


On commence par d'excellents Fish and Chips accompagné de Mushy Peass et de London Beer
au Brook Green Cafe non loin de l'Hammersmith Apollo ("No Sleep til' Hammersmith !")
puis fascination pour les double decks
que nous avons pris à foison compte tenu des fermetures de métro

Le Bus stylisé est un exemplaire des Street Art Buses parsemés dans la capitale :
celui-ci est le Punk'ed Bus par V. Osment.
--> Voir aussi la partition musicale de cette escale londonienne : "London Calling" et les autres voyages...

dimanche 2 novembre 2014

Les fleurs toujours au RV au jardin

Au 31 octobre et en ce premier jour de novembre, de courageuses fleurs restent fidèles au rendez-vous... 
Penstemons et gauras - rose - gerbera - sauge jaune -
sauge violette - plumbago dentelaire sauvage
Il faut dire qu'avec un peu plus de 20° en ce weekend de la Toussaint, le jardin se sentait d'humeur estivale.

Ici et là, une poignée de jolies roses.

Les touffes de penstemons (fleurs en clochettes) et de gauras (fleurs aériennes comme des papillons) sont toujours d'actualité (en haut à droite sur la photo).

Les sauges arbustives s'éclatent vraiment, comme d'habitude : sauges rouges, fuschias, jaunes (photo), violettes (photo) et la petite dernière plantée il y a une semaine : une sauge bleue ! (celle-ci, je l'ai installée entre un pied de sauge violette et un pied de lavande : je pense qu'elle sera à son aise avec ces deux voisines).

Et qui m'a fait la surprise de pointer son nez entre les touffes d'épais feuillages verts : une fleur de gerbera ! (fleur rose, milieu gauche de la photo). Il me semble pourtant que ce n'est pas le moment... mais je ne vais pas me plaindre.

Enfin, et vraiment pour finir en ce qui les concerne car elles sont en fin de floraison : une fleur de plumbago dentelaire issue d'un plant ramassé dans les friches aux abords du parking de la gare (en bas à droite sur la photo ).

Sauge de Jérusalem : nouveaux boutons floraux début novembre !
Alors, au tout début du mois de novembre, qui nous réserve encore de belles surprises ?

La sauge de Jérusalem ! J'avais coupé ses boutons floraux fanés il y a quelques temps, me disant qu'il fallait commencer à préparer la belle pour l'hiver. Et voilà que surgissent de nouveaux boutons qui, s'il ne se met pas à geler sans prévenir, vont s'épanouir en plein automne...
Ce plant de sauge de Jérusalem est une de mes grandes réussites... Pourtant planté aux pieds d'un néflier et d'un laurier, sa touffe gagne en majesté et il produit des fleurs jaune vif magnifiques.

F. Couao-Zotti : "La traque de la musaraigne" (Bénin)

***** (Editions Jigal, 2014, 215 p.) - Réf. géogr. : Bénin / Ghana / France
Je n'ai pas retrouvé dans ce roman profondément sombre de l'auteur béninois Florent Couao-Zotti la poésie et la magie de son roman "Les fantômes du Brésil" (2006).
La quatrième de couverture évoque pourtant "néologismes, audaces grammaticales, jeux de mots." Le livre est certes bien écrit mais je suis restée sur ma faim quant aux audaces du style.

Enfin, s'agissant de l'histoire... le personnage principal est un jeune Breton fuyant ses responsabilités , débarqué au Bénin pour ne sembler se préoccuper que de la "bagatelle". Il se dit poète et se veut les "semelles au vent", mais il n'est guère attachant, au contraire je l'ai trouvé désagréable et irritant.. 
En revanche, le personnage de Déborah a beaucoup plus d'épaisseur. Jeune ghanéenne en cavale après avoir fauché l'argent d'un casse, elle est dotée d'un aplomb et d'une vivacité incroyables. C'est à elle que le lecteur s'intéresse finalement.

Le livre fut avalé en un rien de temps, l'intrigue se durcissant soudain autour de la menace de "ravisseurs islamistes venus du Nigéria voisin à la recherche d'otages européens." C'est là que l'on bascule dans l'actualité la plus contemporaine. Et le résumé de l'éditeur frappe très juste en évoquant "un âpre condensé de l'actualité politique en Afrique de l'Ouest." Le Bénin, que je pensais encore calme (aussi parce que l'on en parle peu dans l'actu occidentale), secoué des mêmes soubresauts que le reste de la région.

Une fin de roman inattendue, pour bien marquer qu'il s'agit là d'un sombre roman. Pauvre Déborah. Culot et vivacité font peu le poids face à l'hydre géopolitique. Je m'attendais à un avenir plus optimiste pour elle. Brrr...  

--> Autres "lectures d'Afrique"...

jeudi 30 octobre 2014

Girls in Hawaii

Girls in Hawaii à l'Olympia (18/03/2014)
"ZE" découverte de l'année 2014 !!!
(avec beaucoup de retard: sorry guys !).
Mais on s'est rattrapé en allant les applaudir deux fois en trois mois, c'est tout dire de notre engouement pour ce groupe... merveilleux.

Et vous, vous ne connaissez toujours pas le formidable groupe belge "Girls in Hawaii" ?

Mais qu'attendez-vous pour vous faire du bien ???
Point n'est besoin de compter que sur les anglo-saxons... (bon, ces Belges chantent en anglais, c'est vrai, but who does not nowadays ?...).

Au début des années 2000, une bande de copains belges francophones monte le groupe Girls in Hawaii : pas de filles là-dedans et ça ne se passe pas à Hawaii...
Au sein du groupe, deux frères, dont l'un, le batteur, meurt dans un accident en 2010. Le groupe se tait. On a cru qu'il tournait définitivement la page, abattu par ce drame.

Mais en 2013, Girls in Hawaii s'est entre-temps remis sur les rails. Life goes on. Et sort son 3e album "Everest".
Le concert à l'Olympia nous a permis de découvrir ce nouvel album, et la scénographie était féérique: brouillard, montagne sur fond de ciel étoilé, des jeux de lumière très réussis.

Girls in Hawaii : "Not Dead" (Paris/Olympia, 18/03/2014)


Un groupe qui a la particularité de compter sur deux (très bons) chanteurs. 
Et moult instruments, y compris xylophone.
Une musique classée "indie pop", planante, prenante...

Girls in Hawaii à Solidays, 29/06/2014
La setlist du concert du 18 mars 2014 à l'Olympia / Paris :
1. Wars
2. Not Dead (video)
3. The Fog
4. Sun of the Sons
5. Time to Forgive the Winter
6. Changes
7. Here I Belong
8. Misses (video)
9. Switzerland
10. Rorscharch
11. Connections (inédit) (video)
12. Birthday Call
13. Mallory's Heights (tiens, Robert Wyatt, ça vous parle ?) (video)
14. Grasshopper
Encore:
15. Plan Your Escape (video)
16. Build The Devil (inédit) (video)
17. Flavor (video)

Girls in Hawaii : "Misses" (Paris/Olympia, 18/03/2014)















Le concert à Solidays fut, avec notre groupe national FFF, le moment culminant du festival. Une belle prestation, un jeu de scène plus acrobatique et affriolant qu'à l'Olympia certes, mais sans les superbes projections de la montagne sous le ciel étoilé... Il faut de tout pour ... !!!

Au Festival Solidays, Girls in Hawaii en concert à 20h00 pour 14 morceaux :
1. 9.00 AM
2. Sun of the Sons
3. Not Dead
4. The Fog (video)
5. This Farm Will End Up in Fire
6. Time to Forgive the Winter
7. Changes
8. Connections
9. Found in the Ground
10. Misses
11. Build a Devil
12. Switzerland
13. Rorscharch
14. Flavor
Girls in Hawaii : "Flavor" (Paris/Olympia, 18/03/2014) 
Pour casser le planant cool de GIH, il faut écouter "Flavor" où se mêlent à partir du bon milieu du morceau des relents de "You Really Got Me" et de "Walk this Way" à la sauce hard rock... Oh Yeah !

Un mot de conclusion : si GIRLS IN HAWAII passe en concert près de chez vous, ou si vous voulez offrir un album de choix par exemple pour les fêtes à venir... Foncez !!!

--> Voir aussi la chronique "musique" de ce blog et la page des "concerts" vécus live, waouh...
Et une pensée pour Jack Bruce, batteur et chanteur de Cream, qui vient de nous quitter.

mercredi 29 octobre 2014

Kim Thuy : "Ru" (Vietnam/Canada)

***** (Ed. Libre Expression, 2009, 146 p.)
Réf. géogr : Vietnam/Canada (Granby/Montréal)

Le récit autobiographique d'une jeune vietnamienne contrainte de fuir son pays sous la menace communiste, à l'âge de dix ans. 
Du jour au lendemain, l'auteure dépeint le basculement d'une vie aisée à Saigon à la condition de "boat people", réfugiée dans un camp en Malaisie puis acceptée à l'immigration au Québec, à Granby. 

La petiote se voit confiée dans cette fuite pour la vie un bracelet de plastique rose bourré de diamants, qui sera perdu...
"Absolument plus personne ne connaîtra la vraie histoire de ce bracelet rose une fois que l’acrylique se sera décomposé en poussière, une fois que les années se seront accumulées en milliers, en centaines de strates, car après seulement trente ans je ne nous reconnais déjà plus que par fragments, par cicatrices, par lueurs."
"Alors, peut-être qu’un jour, dans des milliers d’années, un archéologue se demandera pourquoi des diamants sont placés ainsi en cercle dans la terre ? Il interprétera peut-être cela comme un rite religieux et les diamants, une offrande mystérieuse, comme tous ces taels d’or découverts en quantité étonnante dans les fonds marins du Sud-Est asiatique." (p.142)
Kim Thuy déroule ses souvenirs entre sobriété et poésie, d'une plume délicate. Elle oscille au gré des chapitres entre souvenirs de sa vie au Vietnam et nouvelle vie au Canada.
C'est un petit livre magistralement écrit, qui en quelques pages nous plonge dans le quotidien vietnamien, les odeurs, la maison de famille, la tante si particulière, puis dans le froid québécois où l'accueil par les gens de Granby est si sympathique et pourtant si incongru pour une petite Vietnamienne :
"Je me demande si je ne l’ai pas inventée cette amie. (…) Elle faisait partie d’une armée d’anges qui avaient été parachutés sur la ville pour nous donner un traitement de choc. Ils étaient à nos portes par dizaines à nous offrir des vêtements chauds, des jouets, des invitations, des rêves. (...) 
"Comment visiter le zoo de Granby plus de deux fois par fin de semaine ? Comment apprécier un weekend de camping dans la nature ? Comment savourer une omelette au sirop d’érable ?"
L'intégration dans une autre communauté, un environnement différent, n'est pas si simple en dépit des meilleures volontés. Kim Thuy écrit que petite, quand bien même les petits Canadiens ne juraient que par leur bol de céréales le matin, elle ne pouvait se passer de son bol de riz.  
Intéressante aussi la description de toutes ces formalités d'intégration dans le nouveau pays d'adoption. 


Sur Monsieur Minh, rencontré dans un restaurant de Côte-des-Neiges :
"Il avait écrit plusieurs livres pendant ses années au camp de rééducation, et ce, toujours sur le seul et unique bout de papier qu’il possédait, une page par-dessus l’autre, un chapitre après l’autre, une histoire sans suite. Sans l’écriture, il n’aurait pas entendu aujourd’hui la neige fondre, les feuilles pousser et les nuages se promener. Il n’aurait pas non plus vu le cul-de-sac d’une pensée, la dépouille d’une étoile ou la texture d’une virgule."

J'ai aussi trouvé cette phrase tellement magnifique...
"Ma mère a commencé à vivre, à se laisser emporter, à se réinventer à cinquante-cinq ans." (p.72)

--> voir ma rubrique "Livres d'Asie" et mon répertoire "Lectures d'Asie et Océanie"

mardi 28 octobre 2014

Cette semaine au jardin

Pommier d'amour
Iris monté en graines
Début octobre, déjà...


euh...


Une des dernières belles fleurs
de rose trémière
Oups !
Quel retard !!!

Ce sont là les photos que j'avais préparées pour marquer le début du mois d'octobre... et nous voici déjà rendus au 28 du mois...

Comme le temps passe vite, je dirais de plus en plus vite :((




vendredi 10 octobre 2014

Marina Lewycka : "Une brève histoire du tracteur en Ukraine"

***** A Short Story of Tractor in Ukraine - (2005, Penguin Books)
Réf. pays : GB/Ukraine

Genre : Loufoque, sénile lubrique, tracteur, famille immigrée...

J'ai adooooooréééééééééééé.
C'est excellent. Qu'est-ce que j'ai ri ! Belle description de la vie de banlieue en Angleterre, notamment pour une famille d'immigrés ukrainiens, de la famille, de la vieillesse non je ne me laisserai pas faire, etc. 
Kiev recèle de belles façades
Je recommande !


Et je recommande aussi le roman "Deux caravanes" de Marina Lewycka, tout aussi remarquable.

Paysages arborés à Kiev...



Résumé de l'éditeur :

"Quand leur père Nikolaï, veuf depuis peu, leur annonce qu'il compte se remarier avec Valentina, Vera et Nadezhda comprennent qu'il va leur falloir oublier leurs vieilles rivalités pour voler à son secours. Car Valentina a cinquante ans de moins que lui, des ogives nucléaires en guise de poitrine, et un certain penchant pour les plats surgelés! Mais surtout, elle est prête à tout pour assouvir sa quête du luxe à l'occidentale. Tandis que Nikolaï poursuit tant bien que mal son chef-d'oeuvre - une grande histoire du tracteur et de son rôle dans le progrès de l'humanité - les deux soeurs passent à l'action. Commence alors une bataille épique pour déloger l'intruse aux dessous de satin vert, sur fond de secrets de famille."

Vues de Kiev fin des années 2000

L'auteur  : 

"Marina Lewycka est née à la fin de la guerre de parents ukrainiens dans un camp de réfugiés à Kiel, en Allemagne, et a grandi en Angleterre. Elle est mariée, mère d'une fille aujourd'hui adulte et vit à Sheffield, où elle enseigne à Hallam University."
Il me reste à lire "We Are All Made of Glue" que M. Lewycka a écrit en 2009.

Kiev : églises et beaux immeubles














Les photos :
prises lors de voyages en Ukraine en 2008 et 2009

--> Voir aussi sur ce blog :

Mia Couto et sa jolie "Pluie ébahie" (Mozambique)

"La pluie ébahie" ("A chuva pasmada") *****
(Ed. Chandeigne, 96 p. - trad. Elisabeth Monteiro Rodrigues)

Comme j'avais aimé "La véranda au frangipanier" de Mia Couto, un livre à l'histoire aussi insolite que poétique, qui donne à connaître ce pays africain lusophone qu'est le Mozambique, je me suis aussi laissé emporter par la poésie et l'originalité de "La pluie ébahie".

Un tout petit récit, qui se lit si vite mais laisse de beaux souvenirs, car l'écriture est magique (j'admire la traduction). Le narrateur est un enfant et le récit prend la forme d'un conte, qui met en scène le père, triste et aigri depuis son retour de la mine, la mère, énergique et impudique qui attrape le problème de la pluie à bras le corps, le grand-père qui se dessèche dans son fauteuil à bascule jusqu'à "revivre" dans une pirogue lancée sur le fleuve, la tante, un peu mystérieuse. Il y aussi le petit garçon blanc fils du propriétaire de l'usine, qui veut jouer aux billes mais est décontenancé par le racisme de son père... Tout le long du récit, on attend comme cette famille et les autres villageois, que la pluie se décide à tomber pour de bon... car la pluie n'en finit plus de rester en suspens.
Une sorte de petit conte fantastique qui est une ode à l'eau et qui aborde le sujet de la pollution et de ses ravages notamment dans les régions pauvres.

Étonnante coïncidence, je lis ce livre après avoir lu récemment un roman sud-africain ("Ninive") où le monde aquatique jouait aussi son rôle, et qui m'avait amenée à penser à cet autre roman aquatique "Le poison de Goa" de Maurice Magre.

Résumé de l'éditeur: "À Senaller, un village dont on ne peut que partir ([d'où son nom "Senaller" en français], la pluie ne tombe plus, elle demeure en suspens. Le fleuve est à sec, la sécheresse menace. Le village est-il la proie d’un châtiment divin ou des rejets de l’usine installée à proximité ? Devant l’impuissance des commandeurs de nuages et des villageois, la mère du narrateur décide de se rendre à l’usine. Devenu le complice malgré lui d’un terrible secret, l’enfant n'a pas d’autre choix que de protéger sa mère de la fureur paternelle. La présence aimante du grand-père est l’unique refuge de l’enfant. Afin que la pluie tombe à nouveau, la famille devra dérouler les fils de son histoire et revivre la légende des Ntowenis."

Morceaux choisis :
"L'indécision de la pluie n’était pas motif de joie. Malgré tout j’inventai une facétie : mes parents m’avaient toujours traité d’ébahi. Ils disaient que j’étais lent pour agir, attardé pour penser. Je n’avais pas vocation à faire quoi que ce soit. Peut-être n'avais-je même pas vocation à être. Eh bien la pluie était là, clamée et réclamée par tous et finalement aussi ébaubie que moi. Enfin, j’avais une sœur tellement maladroite qu’elle ne savait même pas tomber." (couverture)
"(…) c’était une pluie légère en suspens, flottant entre ciel et terre. Légère, ébahie, aérienne. Mes parents appelèrent ça un « pluviotis ». Et ils rirent, amusés par ce mot. Jusqu’à ce que le bras du grand-père se dresse : - Ne riez pas si fort, la pluie est en train de dormir…" (p.9)
"Cette nuit-là, la lune était pleine. Dans le noir, le clair de lune se répliquait en mille gouttelettes, allumant une crèche fantastique. Jamais je n'avais assisté à tant de lumière nocturne, l'étoilement du ciel juste sur notre toit. Mon père sourit :
 - On a la lune électrique !" (p.22)
"(…) tous les papillons de la région s‘étaient rassemblés sous l’auvent. C’était une sempiternité d’ailes et de couleurs. Je touchai légèrement els ailes de l’un d’eux. Une poussière dorée resta emprisonnée sur mes doigts. On aurait dit de petites écailles. Des écailles comme celles d’un poisson sans poids, en définitive." (p.55)
"Le fleuve avait vaincu l’usine. Dans notre pensée précise, tout prenait un sens : c’est la force de l’eau qui alimentait les machines. Le fleuve s’était éteint, l’usine s’était évanouie, les fumées disparaissaient. (…) Puis, un tel tonnerre gronda que je vis le ciel se déchirer comme un papier sans valeur. Et les tintinnabulations magiques débutèrent aussitôt sur notre toit. Le zinc riait aux éclats avec l’arrivée de la pluie." (p. 90)
--> Sur le Mozambique aussi : voir "Le secret du feu" de Henning Mankell, écrivain suédois qui  dirige le Teatro Avenida à Maputo (son roman policier "Le Chinois" met aussi en scène des passages au Mozambique, mais j'en ai été déçue...)
--> et mes "Lectures d'Afrique"

mardi 7 octobre 2014

Un nouvel habitant : Ectobius Pallidus

Un inconnu nouvellement identifié grâce à un autre bloggeur, expert en insectes !
Il s'agit des photos n° 165 et 166 de la page qui recense les habitants de mon jardin.

Ectobius Pallidus

Je trouve que cet ectobius
possède la grâce d'une danseuse
Je trouvais (à mon corps défendait) que ces deux insectes ressemblaient à des sortes de cafards pâlots.
De fait, il s'agit de l'Ectobius pallidus (lividus), soit la blatte pâle, un insecte de la famille des Blatellidae comptant une quinzaine d'espèces en France, et qui vit naturellement dans les jardins, dans les buissons et le long des chemins de campagne.
L'ectobius se nourrit essentiellement de matière végétale morte. Rien à voir avec le cafard germanique noir qui sévit dans l'obscurité des immeubles ou maisons et se nourrit de reliefs de repas, de squames etc..
Cet ectobius pallidus au contraire aime se dorer la pilule en plein jour, au soleil. Il peut parfois se risquer à entrer à l'intérieur des habitations, notamment depuis les terrasses ou fenêtres ouvertes, mais c'est peu fréquent.
Ce n'est pas un nuisible, mais il peut être embêtant, avec ses longues antennes qui font penser à son cousin. Embêtant au même titre que les gendarmes (qui eux, pour le coup, envahissent mon jardin et que je n'arrive vraiment pas à regarder d'un bon oeil !).

Voir le site jardifaune : vous serez morts de rire en lisant les commentaires des internautes devenus paranoïaques et insomniaques suite à la vue de quelques ectobius dans leur jardin (même sur leur barbecue !), pensant être infestés du cousin germanique. Comme le recommande l'auteur de ce site : ne pas se prendre la tête avec ces bestioles inoffensives.
Les commentaires des internautes tendent toutefois à pointer la propagation depuis deux ans des ectobius dans quasi toutes les régions. Pour ma part, je ne leur ai prêté attention que depuis un an.
probablement ectobius juvénile
ectobius juvénile aussi

Grâce à ce site, je pense être en mesure de rattacher aussi mes inconnus n°163 et 164 à Ectobius, mais à différents stades juvéniles. Ils sont noirs avec une bande blanche, et de taille petite (ectobius de gauche) à très petite (individu de droite).

--> chronique "INSECTES" du blog...

dimanche 5 octobre 2014

Ouf un autre Space invader

Je commençais à désespérer...
Quand ce Space Invader m'a cligné de l'oeil du haut de son perchoir au 160 boulevard Saint Germain !

C'est qu'il est imposant le bestiau (et protégé par une plaque transparente).

Je pense que j'en suis à mon (seulement ?) 11e Space invader dégotté dans la capitale... et dire que j'ai l'album en deux tomes de Space Invader à la maison. 'Y a du progrès à faire...

--> "Street art"
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